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ÉLECTRISATION LOCALISÉE

et que la surface du corps où le courant aura ces pro-

priétés sera d'autant plus considérable que le rhéophore aura une plus grande étendue.

On voit donc par ces considérations toutes physiques, que lorsqu'on veut obtenir les contractions d’un muscle large ou de tout un groupe musculaire, il faut employer des rhéophores à large surface. Par ce moyen, on arrive également plus facilement à atteindre et à exciter les nerfs moteurs. Si, au contraire, on veut localiser l'influence de l'électricité en un seul muscle court, ou à une seule branche nerveuse, 1l sera indispensable d'employer des rhéophores qui n’offrent qu’une petite surface.

De l'électrisation localisée.

Nous avons dit dans le paragraphe précédent que la localisation mathématique de l’électricité dans une partie déterminée du corps était impossible. Mais d’un autre côté, nous savons qu’il faut aux courants électriques une certaine intensité pour produire une excitation des nerfs ou une action directe sur la contractibilité musculaire. De plus, nous venons de voir que la plus grande intensité se trouve au voisinage des rhéophores. Il est. donc possible en rappro- Chant les deux pôles, et en n’employant que la force électrique voulue, de faire contracter individuellement chaque

muscle ou chaque faisceau musculaire. Ce fait important,

découvert par Masson, a été surtout généralisé par M. Duchenne, et c'est là le principe de l’électrisation localisée.

Il y a deux choses importantes à distinguer au point de vue de lélectrisation localisée : & l'intensité du courant; b le point du muscle où les pôles sont appliqués.

a. est évident qu'il ne peut être question ici de courants énergiques, car alors, comme nous l'avons dit, plusieurs muscles entrent en contraction. Il faut donc employer des courants moyens, qui aient assez d'intensité pour exciter les faisceaux musculaires que l’on veut faire contracter, mais qui n'aient point assez de force pour faire contracter des muscles voisins. |

Pour atteindre ce but, il faut que le muscle que l’on veut faire contracter soit le plus rapproché possible des rhéophores, c’est-à-dire du point où le courant a le plus d'intensité; il faut de plus que dans son trajet à travers l’épiderme, le courant ne perde point de son intensité.

Il est donc important, lorsqu'on veut agir surtout sur un muscle, de déterminer sur la peau une pression plus ou moins forte. L'espace à parcourir par le courant est ainsi diminué, et le courant arrive par conséquent au muscle avec plus d'intensité. Cette condition est surtout très-utile lorsqu'on veut électriser un nerf profond.

En second lieu, pour que l'épiderme n'offre pas une résistance aussi considérable au passage du courant, il est indispensable de l'humecter, et surtout avec de l’eau salée ou acidulée. Le courant arrive alors au muscle avec une intensité assez énergique, car elle n’a point été diminuée trop notablement par la résistance de l’épiderme. De plus, le courant n'étant point trop concentré à la peau, etsuivant plus volontiers les corps bons conducteurs (eau, humeurs, muscles), n’agira que très-faiblement sur les nerfs de la peau. Il n'aura donc, dans ce cas, qu’une très-faible action générale, car l'excitation des nerfs sensitifs étant en partie évitée, il n’agit que localement sur les muscles sous-jacents.

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