‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 14 sur 173 · COPIE · texte numérisé non relu

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obtenions une déviation de l'aiguille tellement prompte et tellement forte(même avec le galvanomètre spécialthermoélectrique qui est bien moins sensible aux courants électriques que le galvanomètre ordinaire), que nous avons assez

promptement reconnu l'erreur de notre expérimentation,

et que nous avons été obligés de changer les conditions de nos recherches. |

Cette déviation de l'aiguille ne s’obtenait jamais comme conséquence de courants électriques, lorsqu'on employait, pour électriser un membre, des courants d’induction, même lorsque les pôles se trouvaient très-rapprochés de l’une des aiguilles thermo-électriques. En employant un galvanomètre ordinaire très-sensible, nous n’obtenions non plus aucune déviation de l'aiguille dans ces mêmes circonstances. Nous pouvons donc conclure de ces faits : que les courants d’induction ne donnent pas lieu dans l'organisme à des courants dérivés (1). Il en est tout autrement des courants continus ; ceux-ci déterminent constamment des courants dérivés. C'est ainsi qu’on obtient une déviation de 20 degrés du galvanomètre thermo-électrique due aux courants dérivés, en électrisant un des membres avec dix éléments Remak. Le courant centrifuge nous donnait une déviation qui semblait indiquer une augmentation de chaleur, et ce fait a beaucoup contribué à nous maintenir quelque temps dans l’erreur. Le courant centripète donnait une déviation à peu près identique comme grandeur, mais eu sens inverse.

Si les pôles sont placés complétement en dehors des

(1) I est certain qu'avec les instruments les plus délicais on n'obtient pas la preuve de l'existence des courants dérivés en se servant des courants d'induction ; on peut néanmoins admettre qu'ils existent, seu-

lement ils seraient tellement rapides qu’ils ne peuvent être manifestés par le galvanomètre.

membres dans lesquels plongent les aiguilles thermo-électriques, mais toujours dans le corps du même animal, par exemple dans les deux membres antérieurs, lorsqu'on élecirise un membre postérieur, il y a encore une déviation de l’aiguille due à la production de courants dérivés. — En employant le galvanomètre ordinaire au lieu du galvanomètre thermo-électrique et des fils de platine enfoncés directement dans une partie du corps, et communiquant avec le galvanomètre, on obtient encore des déviations trèsgrandes de l'aiguille. — Il est donc certain que les courants continus donnent lieu à des courants dérivés qui, dans certaines circonstances, peuvent déterminer des phénomènes sensibles. | | |

Il y a plus. Voulant éviter l’erreur due à la déviation de l'aiguille du galvanomètre thermo-électrique, nous avons, pendant le passage du courant détaché, un des fils conducteurs du galvanomètre, et aussitôt après avoir supprimé le passage du courant, nous remettions les fils conducteurs en rapport avec le galvanomètre. Nous espérions ainsi obtenir les effets de température dus au passage du courant, effets qui durent quelque temps après la cessation de l'électrisation. En même temps nous voulions, par ce procédé, nous mettre à l'abri de l’influences des courants dérivés, puisque ceux-ci n’ont lieu que pendant le passage du courant. Or, dans ces conditions même, l'aiguille du galvanomètre est déviée par des courants électriques. Ces courants sont évidemment le résultat de phénomènes de polarisation, car ils sont foujours en sens inverse ‘des courants qui sont manifestés pendant le passage des courants électriques ; ils font quelquefois dévier l’aiguille de 10 à 15 degrés, et la maintiennent pendant quelque temps au delà de zéro. Nous

sommes certains que cette déviation de l'aiguille est due à des courants électriques, car ils ont lieu très-rapidement, et en sens inverse de la direction du courant de la pile.

Sur les animaux morts depuis quelque temps, les courants* dérivés et les courants de polarisation sont bien moins marqués.

Nous aurons, comme nous l’avons déjà dit, à revenir sur l'importance des courants dérivés et des courants de polarisation. (Voyez le chapitre sur le système nerveux.)

Pour compléter cette étude des phénomènes physiques de l'électricité dans les corps vivants, 1} nous resterait à parler des effets chimiques de l'électricité dans son passage à travers la substance organique. Mais cette étude, amsi que celle de quelques autres propriétés des courants électriques, trouvera mieux sa place dans un des chapitres suivants. |

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