‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 19 sur 173 · COURANT MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

COURANT MUSCULAIRE

et une contraction du muscle, quoique ce nerf ne soit pas électrisé directement.

Ce phénomène découvert par Matteucei est connu sous le nom de contraction induite.

PC

FiG. 36.— Disposition de l’expérience qui sert à démontrer la contraction induite,

M. du Bois-Reymond est mème parvenu à constater l'existence du courant musculaire chez l’homme, sans mettreles muscles à nu. Voici en quoi consiste l'expérience : On plonge les doigts des deux mains dans deux vases pleins d'eau salée communiquant avec le galvanomètre par l'intermédiaire de deux lames de platine. Quand l'aiguille est fixe, on contracte aussi fortement que possible les muscles de l’un des bras, en ayant soin de ne pas remuer les doigts; on voit alors l’aiguille dévier, en indiquant constamment un courant dirigé dans le galvanomètre, du vase qui communique avec le bras non contraclé, au vase opposé. Si donc l’on admet avec M. du Bois-Reymond qu'il existait avant la contraction dans les deux bras des courants égaux qui s’entre-détruisaient, on comprend que lorsqu'on contracte l’un des bras, 1l y ait une déviation de l’aiguille aimantée, puisque, comme nous l'avons dit plus haut, la contraction amène une diminution du courant musculaire.

Le courant musculaire actuel cheminait dans chacun des bras, de l'épaule vers la main. Chez la grenouille, le courant est dirigé d’une manière contraire, ce qui serait dû,

d’après M. du Bois-Reymond, àla disposition différente des muscles dans le bras de l’homme et dans les membres de la grenouille.

M. Becquerel a fait à l'expérience de M. du Bois-Reymond une -objection très-sérieuse. Il explique la production du courant par une transpiration subite du membre contracté. Ayant contracté un de ses bras, et plongé les doigts dans les vases, quelques instants après que la contraction eut cessé, ce savant observa une déviation de l'aiguille. M. du Bois-Reymond explique ce résultat par la persistance, après la contraction, de la modification qu'éprouve le courant musculaire, car dans l'expérience ordmaire l’aiguille ne revient à zéro qu'avec une très-grande lenteur. De plus, M. du Bois-Reymond a constaté le même courant en mettant un vésicatoire sur les mains, et en éliminant ainsi l’nfluence de la sueur.

Du courant nerveur.— Nous avons, dans le sédédiséhs précédent, cité les conclusions de Matteucci, qui considérait les nerfs comme de simples conducteurs de l’électricité, participant à l’état électrique des points musculaires avec lesquels ils sont en contact.

M. du Bois-Reymond a réussi à démontrer qu'il existe des courants propres dans les nerfs comme dans les muscles. Ces courants sont dirigés également de la surface longitudinale à la surface transversale. Il est parfaitement indifférent pour la direction du courant que ce soit l’une ou l’autre des deux sections transversales.

Nous verrons plus loin la différence qu’occasionne sur le courant nerveux l'irritation du nerf par des courants continus et par des courants interrompus.

Avant d'étudier les théories des courants électriques des

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