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PHÉNOMÈNES VASCULAIRES RÉFLEXES

les nerfs sensitifs, les courants induits produisent immédiatement un plus grand aflux de sang dans les parties électrisées.

C’est ainsi qu’en électrisant avec des courants induits la corde du tympan (CI. Bernard), on produit dans la glande sous-maxillaire une augmentation considérable de la cireu— lation et de la sécrétion. De même, lorsqu'on met à nu le nerf auriculo-temporal et qu'on électrise le bout central (Schiff), on obtientune turgescence très-prompte detoute l'oreille. Le même phénomène a lieu en électrisant la plupart des nerfs sensitifs qu'on peut isoler(Loven). Nous avonsexaminé ailleurs les différentes théories auxquelles ces faits ont donné lieu ; mais au point de vue où nous nous plaçons, 1l nous importe seulement de tenir compte du fait, quelle qu’en soit la cause.

L'électrisation des membres au moyen des courants interrompus porte en général sur toutes les parties ; les nerfs moteurs et les nerfs sympathiques sont aiteints par le courant aussi bien que les nerfs sensitifs, et par conséquent l'effet consécutif est un resserrement des vaisseaux.

Il existe cependant un procédé d’électrisation, dans lequel on agit surtout sur les nerfs sensitifs : c’est lorsqu'on électrise la peau avec des réophores secs, comme le pinceau métallique. Dans ce cas, la non-conductibilité de l’épiderme (lursqu’il n’est pas humecté) empêche l'électricité de pénétrer dans l’intérieur des organes. On agit donc ainsi principalement sur les nerfs sensitifs cutanés, et l'excitation de ceux-ci, comme celle de nerfs sensitifs spéciaux et prolonds, produit une circulation plus active et une élévation de température. M. Brown-Séquard et Lombard ont observé d’ailleurs que l'irritation des nerfs cutanés déteriine, d'une

manière active, l'élévation de température du membre irrité (1).

Les courants induits agissent donc d'une manière toute

différente sur la circulation, selon leur mode d’application. Mais, dans le cas d’électrisation cutanée, ce n’est plus une action spéciale des courants électriques ; l'électricité n’agit

plus que comme mode d’irritation énergique et facile à.

manier ; le pincement, les frictions, les sinapismes, etc.,

agissent de la même facon, mais dans des proportions

moindres.

M. Duchenne a proposé l’électrisation cutanée dans les

névralgies, les hyperesthésies cutanées et musculaires. Selon ce médecin, l'électrisation cutanée produirait indirectement l’anesthésie du nerf malade en déterminant une douleur dérivatrice. Cetteexplication est un peu hypothétique, d’autant plus qu’elle implique un terme vague par lui-même, celui de dérivation. Nous venons de voir que l’irritation des nerfs sensitifs cutanés détermine une augmentation de Ja

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circulation, et c’est dans ce fait physiologique que nous . trouvons la meilleure explication de l’action des médica- M

ments dérivatifs ; car, nous le répétons, dans les cas où

l'électrisation cutanée est suivie de succès, om obtient égale-

ment de bons résultats avec les frictions, le fer rouge pro

mené rapidement sur la peau, les vésicatoires, etc. À. Becquerel, avait donc parfaitement raison lorsqu'il soutenait,

contre M. Duchenne, que l’électrisation cutanée agissait dans .

les névralgies en produisant « une véritable hypérémie ca-

pillaire qui, très-probablement, doit jouer un rôle dans le

déplacement de la douleur névralgique ».

44) Archives de physiologie, novembre-décembre 1868.

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Nous voyons donc que, sans recourir à des hypothèses qui ne reposent sur aucun fait anatomique, ni sur aueune preuve physiologique, on peut expliquer d’une manière très-nette l'influence des courants induits sur la circuialion.

En résumé, les courants induits appliqués directement sur un membre, et d'après les méthodes ordinaires, déterminent le resserrement des artérioles, par leur action sur les nerfs vaso-moteurs, comme le prouvent les expériences physiologiques et les faits cliniques.

Ces mêmes courants électriques peuvent, dans certains cas, amener une augmentation de la circulation :

1° Immédiatement après leur application, probablement par épuisement momentané des fibres musculaires des artérioles ;

2° En produisant des contractions des muscles, contracions qui sont toujours accompagnées d’un plus grand afflux de sang ;

3 En agissant directement sur les nerfs sensitifs.

On comprend, d’après ces données, que dans certaines conditions, les courants induits peuvent agir avantageusement sur la circulation d’un membre, et par suite sur la

nutrition. M. Duchenne (fils) nous avait donc mal Ju ou lu très-incomplétement, lorsqu'il nous reprochait (Gazette des hôpitaux, avril 1869) de croire que la faradisation localisée n agit sur la nutrition des muscles, que par l'achon indirecte de la contraction musculaire. Certes, nous le répétons, c’est à l’action la plus importante des courants induits, mais nous ne nions nullement que dans un membre où les muscles ont perdu toute contractilité électro-musculaire, les

courants induits ne puissent à la longue agir sur la nutrition

Ce dd don de »

de ces muscles et en ramener la contractilité électro-mus= culaire. L'exemple choisi par M. Duchenne, n’est d’ailleurs" pas bien heureux, car s’il est vrai «qu'à force de persévée rance il est parvenu à triompher » d’une paralysie. trauma tique au moyen de courants induits, c’est Justement dans ces cas qu'il es! plus avantageux d'employer les courants" continus pour lesquels la contractilité musculaire est conservée, et qui agissent en même temps bien plus énergie quement sur la nutrition générale. L

Enfin, pour montrer l'influence directe des courants. d'induction sur la circulation, M. Duchenne et plusieurs” autres médecins s'appuient sur la rubéfaction de la peau, aux eudroits où sont appliqués les rhéophores. 3

Nous ferons d’abord observer que dans les premiers mo= ments, on remarque plutôt la pâleur de la peau, et que las rubéfaction n'apparaît qu'un peu plus tard. On pourrait” donc admettre dans ce cas, comme cela a été admis dans« beaucoup de cas, qu’une contraction très-forte des fibres cellules des vaisseaux est bientôt suivie d’un relâchement de ces fibres. Ce fait d’ailleurs est incontestable, mais il faut encore tenir commis, dans ce cas, d’autres conditions sur lesquelles on n’a pas encore attiré l'attention. Au- dessus | et bien plus superficiellement que les vaisseaux sanguins, | se trouve le réseau lymphatique. La coloration rouge du. réseau vasculaire est donc cachée ou atténuée par la ca ration blanche de la lymphe, et chaque fois que le réses lymphatique est enlevé (plaie, eczéma, maladies diverses de la peau, etc.), on à une coloration rouge rm de la peau. |

Donc, lorsque le réseau lymphatique sera vide de ty ] la peau paraîtra Loujours rouge en ces points, et c’est, en

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