DES DIFFÉRENCES D EXCITABILITÉ
le nerf est très-excitable, n’a lieu, lorsque le nerf est épuisé, qu’au moment de l’ouverture. De plus, la contraction à ce moment, même dans sa forme graphique, ressemble parfaitement à celle qu'on obtient avec un courant descendant. C’est là une nouvelle confirmation de ce que nous avons dit, à savoir : que lorsque le nerf a perdu de son excitabilité, la contraction produite à l'ouverture d'un courant ascendant est due à la formation en ce moment d'un courant de polarisation qui n’est autre dans ce cas qu’un courant descendant.
L'existence de ces courants de polarisation peut également être constatée chez l’homme. Nous avons vu, en effet, qu’en appliquant à la partie supérieure de la moelle un courant ascendant assez énergique, on obtenait des phosphènes surtout à la fermeture du courant, tandis qu’en employant un courant descendant, c’est surtout au moment de l’ouverture que les phosphènes les plus intenses se produisent, Ce fait ne nous paraît explicable qu’en admettant qu'au moment de la rupture du courant descendant, il se forme un courant ascendant de polarisation, et comme le courant ascendant est celui qui influe le plus sur les phénomènes réflexes, c’est lui probablement qui, se produisant au momen de l'ouverture du courant descendant, agit jusque dans e cerveau et excite ainsi le nerf optique.
$ 8, — Des différences d’excitabilité produites par les changements d'intensité et de rapidité du courant,
La contraction d’un muscle est d’autant plus forte que Tintensité du courant est plus grande. Cette proposition n'est vraie que jusqu’à un certain maximum, au delà duquel les variations d'intensité ne produisent plus aucune
excitation, Nous avons fait à ce sujet l'expérience suivante : On fait passer à traversune grenouille, préparée à la manière de Galvani, le courant affaibli d'une pile de Daniel, et tandis que ce courant est maintenu, si l’on ajoute l'influence d’une seconde pile, on obtient encore des contractions à la fermeture. Mais si l'on fait passer d’une manière continue le courant de deux piles, on a beau ajouter l’action de deux, quatre, etc. autres piles, on n'obtient plus aucune contraction ; les membres de la grenouille restent immobiles. Cela se conçoit aisément, car l'excitation du nerf a atteint son maximum par l'influence des deux premières piles, et elle ne peut plus être augmentée par des courants plus forts. Ce fait démontre que, dans la pratique, lorsqu'on obtient l'excitation d’un nerf périphérique par un courant d’une certaine intensité, 1l est inutile d'augmenter l'énergie du courant, car l'effet n'en sera pas plus considérable, et l'on n’aura que linconvémient de déterminer de plus grandes douleurs. |
Dans cette même expérience, si, au lieu de faire passer le courant dans le même sens, on emploie d’abord un courant de deux piles que l’on fait passer d’une manière conlinue, de gauche à droite, par exemple, et qu'on agisse alors de droite à gauche avec un courant d’égale force ou même deux, trois fois plus faible, on obtient aussitôt une série de contractions, surtout dans le membre traversé par le courant ascendant. Ce fait démontre qu’un courant, même beaucoup plus faible qu’un autre qui influe déjà sur les nerfs, détermine encore des contractions lorsqu'il est dirigé en sens inverse. Le courant primitif, étant descendant par exemple, agira sur les nerfs moteurs, et un courant ascendant étant appliqué pendant le passage du premier sur
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