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arrivent quelquefois à se localiser, et dans ce cas le mode opératoire doit nécessairement un peu varier.
Sous le rapport thérapeutique, nous diviserons les névralgies :
1° En névralgies aiguës dites essentielles, c’est-à-dire sans lésion appréciable ;
2° En névralgies anciennes ou consécutives à tes «3 névrites. | |
Dans les névralgies essentielles, et nous prenons surtout pour type la sciatique, qui sont accompagnées d’une dou- 4 leur très-vive s’irradiant dans la direction de tout le trajet nerveux, et Survenant souvent par accès, voilà comme nous avons procédé et toujours avec un succès très-rapide.
Nous mettons, pour le traitement de la sciatique, le pôle positif sur la région lombaire du côté du nerf malade, ét sur le creux poplité, le pôle négatif. Les tampons employés sont très-larges et constamment humectés d’eau tiède. Nous faisons ainsi passer pendant près de quinze minutes, et sans faire la moindre interruption, un courant de 30 éléments Remak. ‘ 4 :
Quelquefois, après la première séance, il ÿ à un peu d’excitation et une légère augmentation de la douleur, mais ce fait est bien rare et n’est d’ailleurs que passager. Presque toujours, dès la première séance, la douleur est calmée et diminue graduellement. Nous avons ainsi traité quatre cas de névralgies récentes excessivement douloureuses. LE cas qui à duré le plus longtemps a nécessité sept séances. M L'une de ces observations surtout est remarquable, parce que le malade avait eu quinze mois auparavant une scia- A tique qui, soignée par des injections de morphine, des 4 bains de vapeur, avait duré plusieurs semaines. Dans la
+ AUGMENTATION DE SENSIBILITÉ. “aus” seconde attaque qu'il eut un an après et qui survint tout à coup, il souffrait depuis deux jours lorsqu'il nous fit
appeler ; les douleurs étaient tellement fortes qu’il n'avait
- pas dormi les deux nuits précédentes. Au bout de la pre-
- mière séance, les douleurs diminuèrent, et le malade passa
une nuit assez bonne. Au bout de trois séances, 1l fut
entièrement guéri, et sans récidive.
Voici deux autres observations, l’une de sciatique et l’autre de névralgie du nerf radial, qui démontrent surtout
l'importance de la direction des courants.
Métrage du nerf sciatique. — M. T... souffre depuis trois jours die douleur très-violente de la jambe droite. Cette douleur suit le - du nerf sciatique, elle est plus vive à la pression, elle augmente pendant là nuit, ne disparaît jamais complétement pendant le jour, et rend la marche très-diffcile et très -douloureuse. . Après une première séance où le pôle positif est appliqué sur la moelle, La lémergerice du nerf sciatique, et le pôle négatif dans le creux poplité, là douleur fut enlevée au bout d’un instant, mais reparut quelques heures après, quoique moins vive, …. Le surlendemain, j'appliquai le pôle négatif sur la moelle et le pôle | positif sur la jambe. La douleur fut peu amoindrie et fut même très-
ë 4% du Re — M°°B..., âgée de quarante-deux ans, cest affectée ue trois semaines une névralgie du bras «at Les
points s sont Dlué douloureux que d’autres, surtout à la ss et ces | points se trouvent disposés suivant le trajet du nerf radial. 4 La malade ses sa douleur : à un Lade de 4 commence à la
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consisté dans l'emploi des opiacés, du sulfate de quinine et des bains de | 1 vapeur, sans qu'il y eût d'amélioration sensible. :
La malade fut guérie radicalement au bout de huit séances d’application du courant continu ; mais il est à noter que, dans deux séances où. le pôle négatif fut maintenu sur le plexus brachial et le pôle posiuf du | côté dega main, les douleurs ne furent presque point enlevées, tandis qu’elles le furent toujours en renversant le sens du courant.
Îl n’y a que dans dés cas très-rares qu'il est important de ne pas employer un courant centrifuge, et ce sont là des . circonstances pour lesquelles on ne peut donner aucun précepte bien exact ; cela dépend souvent des régions et des … autres symptômes, comme le prouve l'observation suivante.
Névralgie vésico-uréthral. —M"° L... fut prise, vers le 10 décembre 1865, d’envies fréquentes d’uriner et de douleurs très-vives dans l’urè-. thre pendant la miction, douleurs qui augmentaient encore au moment où les dernières: gouttes sont évacuées. Il y avait, de plus, de légers accès de fièvre, de l’inappétence, de l’insomnie. État chlorotique.
Deux mois auparavant, la malade avait fait une fausse couche à deux mois, suivie d’une hémorrhagie assez abondante. Les accidents utérins # disparurent au bout de quelques jours, et un mois après les ai seré- 1 tablirent.
Depuis cette fausse couche, la malade éprouve d’une façon continue une douleur sourde immédiatement au-dessus du pubis. Ce point douloureux devient tout à coup Le centre d’une douleur très-aiguë qui s’irradie dans le ventre et les lombes et dans les cuisses. Pendant ces exacerba- * tions, la malade se tient en double et se comprime fortement le ventre, trouvant du soulagement dans cette position. 2
Ces phénomènes douloureux sont accompagnés d’envies Len d d’uriner, une fois toutes les demi-heures, et par une augmentation: de * douleur pendant la miction. Les urines sont très-chargées de pus muco- « glaireux et dégagent une odeur ammoniacale. Fu: 0
M. le docteur Reliquet, qui avait été appelé, institua secesirementf le traitement suivant : injections vésicales d’abord avec de l’eau tiède, puis avec une solution d’acide phénique de 70 centigrammes. pour. 4 1000 grammes d'eau distillée. (La vessie recoit à peine 60 grammes | d’eau.) Lotion avec 4 grammes d'extrait mou de quinquina.
dde bis x mn:
À la suite de ces injections, qui furent continuées pendant trois jours, les urines deviennent tout à fait limpides, la miction devient moins douloureuse, excepté pendant les exacerbations de la douleur. Les envies d’uriner continuent à être aussi fréquentes, surtout quand les douleurs névralgiques sont vives. Prescriptions : pilules de térébenthine, bromure de potassium.
Après la première potion de bromure de potassium à la dose de 9 grammes par jour, la malade dort cinq heures de suite, et la miction devient bien moins douloureuse. Cette amélioration ne se maintient pas, malgré la continuation du traitement, car les jours suivants, les douleurs névralgiques reparaissent, et en même temps les envies fréquentes d’uriner et la douleur pendant la miction. Les urines restent toujours très-claires. ;
C’est alors que M. Reliquet nous adressa cette malade comme atteinte d’une névralgie vésico-uréthrale, consécutive à une cystite.
Nous appliquâmes pendant les deux premières séances les deux électrodes, l’un sur le périnée et l’autre sur le ventre, au-dessus du pubis, sans trop tenir compte de la direction du courant. Le courant était de la force de 12 à 44 éléments Remak.
Il n’v eut aucune amélioration sensible pendant ce temps.
A la troisième séance, nous appliquâmes un des pôles sur la moelle à la hauteur du plexus sacré, et l’autre pôle au-dessus du pubis, ou sur le périnée. Après une application de cinq à sept minutes, les douleurs disparaissaient complétement lorsque le pôle positif était placé sur Île pubis, et le pôle négatif du côté du plexus. Les douleurs ne diminuaient point et même reparaissaient chaque fois que le pôle positif était placé sur
la moelle et le pôle négatif du côté de la vessie. A partir de la quatrième
séance, nous n’employämes plus alors que le courant ascendant, et, après cette séance, les douleurs disparurent complétement pendant quelques heures, les envies d’uriner furent moins fréquentes, mais le soir il y eut comme toujours de l’exacerbation de la douleur qui empê- *cha tout sommeil. |
Après la sixième séance, les douleurs avaient presque cessé, le sommeil était revenu en partie, ct l’état général s'était également sensiblement relevé. Cette amélioration continua pendant les jours suivants: trois autres séances suffirent pour faire disparaître toute douleur, ainsi que les envies fréquentes d’uriner. Les séances avaient lieu tous les jours, et il fallut en tout neuf séances pour arriver à une guérison complète.
ONIMUS ET LEGROS. 20
Cette observation semble contredire les précédentes, car ici un courant descendant augmente les douleurs, tandis qu'un courant ascendant les diminue. Mais nous devons tenir compte d’autres influences. En effet, dans ce cas la douleur est localisée dans un organe contractile ; il faut donc éviter avant tout de produire des contractions , qui augmenteraient la douleur. D'ailleurs, dans tous les cas de ce genre, il est difficiie de donner d’avance des préceptes exacts, et c’est au médecin à savoir distinguer les cas où il faut moditier les règles générales.
On pourrait croire que dans ce cas, 1l eût été préférable d'introduire le pôle positif dans la vessie, au lieu de le maintenir sur le pubis ou sur le périnée. Mais le cathétérisme était très-douloureux, et, de plus, le pôle positif, en contact direct avec les fibres musculaires de la vessie, aurait pu déterminer des contractions qui auraient diminué l’influence favorable du courant électrique. Nous vêrrons, dans l'étude des fibres lisses, l'influence à ce point de vue du pôle positif.
Il faut, de plus, noter que dans le traitement de ces névralgies aiguës 1l est important d'employer un courant peu intense, et nous préférons le maintenir pendant un temps assez long que de l’employer, comme Remak, trèsénergique, « même douloureux », mais de courte durée. En employant des courants tébnens on risque d’augmenter les douleurs.
Dans les névralgies de la face, dans celles du trijumeau, il y a également un désaccord entre les médecins qui ont employé les courants continus. Niemeyer applique le pôle positif, sans s'inquiéter de la direction du courant, sur les parties les plus douloureuses et sur les en
Léo
= AUGMENTATION DE LA SENSIBILITÉ. 307 droits où le nerf se rapproche de la surface, sur le trou sous-orbitaire ou sus-orbitaire, sur le trou malaire. S'il est possible de comprendre le nerf entre les deux électrodes, comme cela peut se faire à la joue ou au nez, il conduit l’un des pôles dans la bouche ou dans le nez jusqu’à l'endroit d’où partent les douleurs, et il applique le pôle opposé à l’endroit correspondant de la peau extérieure. Benedikt, au contraire, met le pôle négatif sur les points douloureux, et à la sortie des nerfs, et le pôle positif sur les points douloureux ou sur la nuque.
Niemeyer, quoiqu'il ne paraisse pas tenir comple de la direction, arrive toujours, d’après la disposition qu'il indique, à employer un courant centrifuge. Nous croyons eu même temps qu'il est inutile de mettre un des pôles dans le nez ou dans la bouche, car cela ne présente pas de grands avantages et est de plus assez douloureux.
Quant à nous, nous croyons qu’il est préférable de mettre le pôle positif à la sortie des nerfs sur le trou sus-orbitaire ou sous-orbitaire, et le pôle négatif sur un point quelconque de la face ou sur le ganglion cervical supérieur. Il suffit d’un courant de 10 éléments qu'on maintient sans interruption pendant six à huit minutes. Nous avons ainsi
guéri des douleurs névralgiques de la tête datant de plus d’un an.
Chez un malade qui, sans cause connue, fut pris subitement d’une amblvopie de l'œil droit, avec de vives douleurs dans toute la moitié droite de la tête, nous avons eu, par cette méthode, un résultat trèsavantageux ct très-rapide. L’amblyopie avait disparu quelques semaines après le début de la maladie ; mais les douleurs persistaient toujours et revenaient surtout très-violentes chaque fois que le malade voulait
s’occuper intellectuellement ou qu’il fixait un objet pendant quelque temps.
Les nuits, en même temps, étaient souvent très-mauvaises. Nous le vimes neuf mois après le début de la maladie, il ne restait pas la moindre trace de l'affection de la vue, mais la névralgie occipitale et auriculotemporale, existait toujours. Au bout de neuf séances, il en fut complétement guéri. Nous appliquions pendant quatre ou cinq minutes le pôle négatif sur le ganglion cervical supérieur, et le pôle positif sur Les parties douloureuses.
On peut supposer, dans ce cas, que les courants continus ont surtout agi par leur influence sur la circulation.
Tic douloureux. — Pour les cas de tic douloureux, dont nous avons eu occasion de traiter deux cas avec succés, nous avons placé le pôle positif (tampon assez étroit), sur le trou sous-orbitaire, et le pôle négatif (tampon ordinaire) sur le sanglion cervical, et nous faisions passer sans la moindre interruption un courant de douze éléments pendant 7 à 10 minutes. Dès les premières séances, l'amélioration se déclare, et le sommeil, qui souvent est impossible ou troublé chez ces malades, revient, et c'est là un des meilleurs sigues de succès définitif.
Niemeyer cite deux cas de tic douloureux, dont l’un remontait à trente ans, et dont l’autre avait été successivement traité sans résultat par onze opérations, parmi lesquelles plusieurs très-graves, telles que la ligature de la carotide. la résection du maxillaire supérieur, etc., qui ont été guéris complétement entre ses mains par l'emploi du courant constant.
Benedikt rapporte également cinq cas de tic douloureux guéris par lui au moyen des courants continus.
M. Daily nous à communiqué une observation de tic douloureux datant de treize ans et qu'il a guéri par des courants continus, et après que tous les genres de traitement avaient été essayés sans résultat.
NÉVRALGLES ANCIENNES OU CONSÉCUTIVES A DES NÉVRITES. 909
Nous avons eu l’occasion de traiter un cas de tic douloureux sans convulsions.
La malade, déjà assez âgée, souffrait depuis longtemps de douleurs permanentes et sourdes dans les muscles de la face, du côté droit ct dans la langue. Chaque fois qu’elle voulait parler ou manger, les douleurs revenaicnt excessivement fortes, et empêchaient toute mastication.
La malade en était presque arrivée à ne plus pouvoir prendre de nour-
riture, et son état général devenait de plus en plus mauvais. Les injections de morphine ne parvenaient à soulager la malade que momentanément, et devant l’insuccès des moyens thérapeutiques ordinaires, M. le docteur Tenneson conseilla l'emploi des courants continus. . La malade ne se plaignait pas de points douloureux fixes, et la pression sur les branches du nerf trijumeau n’augmentait pas les souffrances : les douleurs résidaient surtout du côté du masséter et s’irradiaient vers la langue ; chaque mouvement des mâchoires les exagérait. Quoique le nerf sous-orbitaire ne parût pas spécialement atteint, nous plaçämes le pôle positif à l’ouverture du canal sous-orbitaire, et le pôle négatif sur le masséter.
Au bout de la deuxième séance, les douleurs de la langue et des muscles inférieurs de la face avaient beaucoup diminué ; la parole et la mastication devinrent plus faciles ; mais les douleurs s'étaient portées vers les parties avoisinant le trou sous-orbitaire, Malgré cela, nous continuâmes le même mode de traitement, et après deux autres séances, elles disparurent également de cet endroit. Après neuf séances, toutes les douleurs. étaient éteintes, la malade pouvait manger facilement sans crainte de provoquer des accès, et elle cessa son traitement.
Névralgies anciennes ou consécutives à des névrites.
Dans les névralgies anciennes ou consécutives à des névrites, il y à toujours une lésion organique plus ou moins marquée. En général, on constate l'injection des vaisseaux qui se trouvent dans le névrilème et même un exsudat épanché dans le névrilème ou dans les interstices des fibres nerveuses. Dans quelques cas, et surtout à la suite de né-
vrites, 11 y a un fort épaississement du névrilème et une atrophie des tubes nerveux. |
Dans la plupart des cas de névralgies anciennes, il y a une atrophie plus ou moins grande des muscles innervés par le nerf malade. Dans les sciatiques, ce sont surtout les muscles du mollet qui commencent à subir des altérations de nutrition, mais les atrophies les plus promptes et les plus rebelles sont toujours celles des péroniers et du Jambier antérieur. Quand les muscles commencent à s’atrophier, on peut toujours constater des contractions fibrillaires.
On comprend que pour guérir de pareilles lésions, 1l faille toujours beaucoup plus de temps que pour des névralgies aiguës. D'ailleurs, la cause des douleurs n’est pas la même dans les deux cas, car dans les névralgies anciennes ou dans les névrites chroniques, c’est, à notre avis, Paltération progressive des tubes nerveux qui provoque les douleurs. Nous avons pu vérifier ce fait plusieurs fois, et un cas des plus probants que nous ayons vu sous ce rapportest celui d’une jeune dame qui, à la suite d’une sciatique très-forte, avait eu une atrophie du Jambier antérieur et des deux museles péroniers et une perte de la sensibilité de toutes les régions innervées par le nerf musculo-cutané, branche du sciatique poplité externe. Plusieurs mois après l’apparition de la névralgie, les douleurs reparaissaient encore irès-violentes et par accès, mais le point de départ de ces douleurs était toujours le dessus du pied et la région externe de la jambe, c’est-à-dire les parties anesthésiées. Dans ce cas, nous avons en même temps constaté une abolition assez grande de la contractilité électro-musculaire pour tous les muscles de la jambe; sous l’influence des
courants induits, les jumeaux, les fléchisseurs se contractaient encore quoique faiblement. Mais sur le jambier antérieur et les péromiers, les courants induits ne déterminaent aucune action, tandis que les courants continus produisaient une légère contraction. | a
Tous ces cas demandent un traitement assez long, car on ne peut espérer de guérison que lorsque les altérations qui se font dans le nerf ou dans les muscles auront été enrayées et modifiées. Il faut donc surtout agir sur la nutrition des membres et ne pas autant chercher à combattre l'élément douleur.
Remak, dans plusieurs de ces cas, prétendait sentir à travers la peau, dans les régions où les nerfs sont superficiels, des différences de volume dues à l’épaississement du névrilème, et il affirmait qu'après chaque séance d’électrisation par les courants continus, 1l sentait le gonflement dimmuer. Peut-être faut-1l se méfier, dans ce cas, de l'enthousiasme de Remak, et craindre de sa part quelque exagération. Mais sans nous occuper de ce gonilement des nerfs, perceptible à travers les téguments, il est certain que dans beaucoup de ces cas, on peut espérer un bon résultat, et nous trouvons dans nos notes huit cas de sciatiques anciennes avec atrophie musculaire plus ou moins prononcée qui ont été assez rapidement améliorés et guéris. Nous croyons inutile de les rapporter, car chaque cas pris séparément n’a rien de bien instructif. Nous allons en résumer les points importants dans les propositions suivantes :
Dans les névralgies très-anciennes et surtout dans les affections des nerfs consécutives à une névrite, la coniractilité électro-musculaire est diminuée pour les courants induits et pour les courants continus; elle est au contraire
augmentée pour ces deux espèces de courants dans les névralgies aiguës et récentes.
Ces affections des nerfs périphériques déterminent presque toujours une atrophie des muscles. Cette atrophie est la plupart du temps simple et facile à guérir. Dans quelques cas, les muscles éprouvent une altération bien plus grave, ils cessent alors de se contracter sous l’influence de la volonté et des courants induits. Les courants continus seuls peuvent encore provoquer des contractions. Cette différence d'action des deux courants permet d'admettre une altération presque complète des filets nerveux qui se rendent à ces muscles, comme le démontre d’un autre côté la perte de la sensibilité de la peau dans ces régions.
Dans les atrophies musculaires simples, on peut employer les courants mduits ; il est alors plus avantageux d’électriser chaque muscle séparément. | |
Comme l'affection dépend de l’altération des nerfs, 1l vaut mieux agir d’une manière générale sur le nerf et sur la nutrition du membre, et par conséquent il est préférable de se servir des courants continus. Dans l'emploi de ces courants, il faut placer le pôle positif sur les centres, sur la partie lombaire de la moelle (en supposant une sciatique) et promener le pôle négatif sur les régions où les nerfs sont superficiels et sur les muscles atrophiés. Le courant doit être assez intense, et il est avantageux de faire par moments quelques interruptions. Dans ce cas, la direction du courant, quoique n’étant pas indifférente, a cependant moins d'importance que {lans les névralgies aiguës.
On peut espérer une amélioration très-notable et la guérison, chaque fois que les névralgies ou les névrites ne sont pas symptomatiques d’autres affections. Lorsqu'une des
branches nerveuses est profondément altérée, et que les courants induits ne déterminent plus de contraction sur les muscles, le traitement est très-long et la guérison complète parait impossible : mais on peut cependant obtenir une amélioration assez notable, comme nous l'avons observé dans un cas de ce genre.
Lorsque les malades ont suivi précédemment un traitement par les oplacés, on remarque dans les premières séances d’électrisation par les courants continus, une légère excitation générale. Nous ne pouvons affirmer que ce fait existe toujours, mais dans trois cas où les malades avaient pris de la morphine à haute dose pendant longtemps, nous avons observé dans le commencement du traitement, non pas une augmentation de lexcitabilité des nerfs affectés ni une exagération des douleurs, mais une surexcitation de tout l'organisme, un sommeil agité, et un ensemble de symptômes qui ressemblent beaucoup à ceux qu’on observe chez certaines personnes sous l'influence de très-faibles doses d’opium.
Névralques utérines. — Certaines névralgies, lorsqu'elles existent chez des femmes, présentent de suite les symptômes d'un état plus général; ces névralgies, dites hystériques, sont souvent le résultat de la maladie générale, mais quelquefois aussi elles en sont l’origine et dans tous les cas entretiennent les phénomènes hystériques. Elles doivent alors être traitées séparément, et parmi celles-c1 les plus importantes sont celles du col de la matrice ou des régions voisines de la matrice. Chez quelques femmes tresnerveuses, l'approche des règles et le gonflement des ovaires augmentent l'irritabilité des nerfs du bassin et l’excitation générale ; elles se plaignent alors de douleurs dans
o1/ RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.
les reins, d’hyperesthésie de toute la peau du ventre, de maux de tête, etc. Ces symptômes sont passagers et n’ont pas pour origine réelle une excitation des nerfs périphériques, ils ne soni qu’une conséquence des changements d'état d'autres organes. Mais 1l est d’autres cas, et c’est de ceux-là seuls que nous voulons parler, où il existe constamment une hyperesthésie de la peau du ventre, et une vraie névralgie de la matrice. L'observation suivante nous présente un cas de ce genre :
M"° X..., âgée de trente et un ans, a eu deux enfants dont l’aîné a neuf ans et le plus jeune sept ans. Pas d’affections antérieures, bonne constitution; depuis trois ans seulement elle présente quelques symptômes dits hystériques, sans avoir jamais de crises bien prononcées. Elle souffre très-souvent de maux de tête, de douleurs de reins, de sensibilité extrême du côté droit de l’abdomen ; de plus, depuis plusieurs mois elle est sujette à des migraines assez fréquentes qui la forcent de garder le lit, et qui sont accompagnées de dyspepsie. — Les règles sont régulières ; mais elle se plaint de fortes coliques au moment de ses menstrues et de leucorrhée. Le caractère est devenu très-irritable, et les moindres émotions deviennent pénibles.
En promenant la main le long de la colonne vertébrale, elle indique en plusieurs endroits, surtout du côté droit, des points très-sensibles ; en ne faisant qu’une pression assez légère, on rencontre près de l’avantdernière vertèbre dorsale, un endroit tellement sensible que la malade pousse un cri et se trouve mal. Toute cette région est hyperesthésiée, la peau est d'une sensibilité extrême, le moindre contact est douloureux ; mais en s’éloignant des vertèbres, la partie droite seule de l'abdomen est excitable, et la ligne blanche offre une démarcation très-nette.
L'examen de la matrice, fait par M. Tarnier, donne pour résultat: col un peu volumineux, position de la matrice normale, hyperesthésie de la moitié droite du col ; le doigt promené sur le côté gauche du col ne produit aucune douleur ni aucune sensation, tandis que: du côté droit il détermine des douleurs très-vives.
Les lavages froids et plusieurs médicaments internes n’ayant produit aucune amélioration, nous avons essayé l’emploi des courants continus,
Voulant éviter l'application d’un des pôles sur le col de la matrice, nous avons agi uniquement sur la moelle. Nous placions le pôle positif
sur la colonne vertébrale, au-dessus du point douloureux, à peu près de 3 ou 4 vertèbres au-dessus, et le pôle négatif à la partie inférieure de la moelle. Le courant était, surtout dans les premières séances, assez faible (15 éléments), et il fut augmenté peu à peu. Au bout de deux mois (20 séances), l’état général de la malade s'était sensiblement amélioré, les douleurs avaient beaucoup diminué, les phénomènes généraux d’irritabilité avaient disparu ; on pouvait promener le doigt sur la colonne vertébrale sans produire une sensation aussi douloureuse, et l’excitabilité de la peau de l’abdomen du côté droit était presque la même que du côté gauche. Nous n'avons pas constaté si le col de la matrice du côté droit avait également perdu de son excitabilité ; mais il est permis de le supposer d’après les phénomènes morbides. Il y a plus de deux ans que ce résultat a été obtenu, et l’amélioration s’est maintenue. La malade ayant quitté Paris, le traitement n’a pas été continué. La migraine qui coïncide presque toujours avec les époques menstruelles a seule persisté.
On peut, d’ailleurs, rapprocher ce cas de ceux mentionnés dans Île chapitre sur l'influence des courants continus sur la circulation, et surtout d’un cas assez analogue cité par Remak.
Névralqies par contusion.— Les névralgies par contusion sont assez rares, et c’est pour cette raison que nous rapportons l’observation suivante.
M%eG...,ouvrière en broderies d’or, âgée de vingt-huit ans, bonne constitution, pas de maladies antérieures, est tombée au moment d’un étourdissement sur le coude du bras droit. Elle à ressenti aussitôt une douleur extrêmement violente dans le coude, un fourmillement dans tout l’avant-bras, et une impossibilité de remuer les doigts. Le lendemain, la plupart de ces symptômes s’amendent, surtout la perte de motricité ; elle peut remuer les doigts et même se remettre au travail. Il lui reste cependant une douleur sourde au coude, une douleur continue dans la main et surtout au bout du petit doigt, de l’annulaire et du médian ; cette douleur est surtout limitée au bout des ongles. De temps en temps, les douleurs s’irradient jusqu’à l’aisselle. Elle éproûve une sensation de chaleur dans tout le bras. Lorsqu'elle travaille un peu, la main se gonfle aussitôt, et elle a des tremblements dans tout le bras lorsqu'elle veut porter un objet un peu lourd. L'accident avait eu lieu au mois de juillet 1868, et elle nous fut adressée au mois de mars 1869, par M. À. Richard.
Au bout de douze séances, elle fut entièrement guérie de tous ces symptômes et put reprendre son travail sans fatigue. Nous la revimes deux mois après, et la guérison s'était maintenue.
Pendant chaque séance, nous appliquions le pôle positif sur les vertèbres cervicales et le pôle négatif sur le nerf cubital, dans la région du coude, oùil est placé supertficiellement.
Migraine. — 1 ne faut pas confondre avec les névralgies proprement dites, les douleurs diffuses dues à une cause rhkumatismale ; c’est surtout pour les névralgies de la tête que cette différence est importante. Si quelques céphalalgies sont dues à des névralgies, la plupart, au contraire, ont une autre origine.
I faut avant tout, dans la plupart de ces cas, bien examiner l'influence que peut exercer sur l'encéphale l’état des organes digestifs. Beaucoup de douleurs de tète n'ont pas d'autre cause que des digestions pénibles.
Dans certaines migraines, il n’est pas toujours facile de bien distinguer si l’état névralgique n’intervient pas également dans les souffrances ressenties par les malades.
Au point de vue du pronostic, ces distinctions ont une grande importance, car de toutes ces céphalalgies ce sont celles qui sont dues à une névralgie qui sont les plus faciles : à guérir. Dans la migraine, nous ne pouvons rien affirmer de bien précis, car les cas que nous avons observés ne sont pas assez nombrenx. Nous avons cependant vu quelquefois, sous l'influence d’un courant de 8 à 10 éléments appliqués pendant près de cinq minutes sur le front, disparaître des maux de têle très-violents d’origine rhumatismale. Ces succès pourraient faire espérer que ce traitement serait de quelque utilité dans les migraines (1). |
(4) Récemment, chez un malade auquel nous électrisions le ganglion
Anesthésie des nerfs périphériques.
Comme pour l'hyperesthésie, l’anesthésie peut dépendre de plusieurs causes, et accompagne la plupart des affections nerveuses centrales. Presque toujours, dans ces cas, la perte de la sensibilité est accompagnée d’une paralysie motrice. D'un autre côté, l'anesthésie offre plusieurs modes différents : souvent la sensibilité est perdue pour certaines excitations, tandis qu'elle est conservée pour d’autres excitations qui ne sont pas plus fortes que les premières.
cervical supérieur pourune paralysie du droit externe et droit supérieur de l’œil gauche, nous avons en même temps fait disparaître les migraines dont il souffrait depuis plusieurs années. Dans ce cas, il est certain que ce sont les courants continus qui ont produit cette amélioration. Le malade, employé au chemin de fer de Lyon, ne pouvait suivre le traitement qu'à des jours fixes, et était toujours obligé de mettre quinze jours d'intervalle entre chaque série de six séances. Pendant les quinze jours où il n'était point électrisé, ses migraines revenaient toujours dans les premiers mois, tandis qu’elles n’avaient jamais lieu pendant les quinze jours qu'il suivait le traitement. Actuellement, ce malade, qui, pendant plusieurs années, avait souffert des migraines, en est complétement débarrassé. Cette observation semble donc démontrer que la migraine pourrait être guérie par les courants continus et qu’il serait avantageux d’électriser exclusivement le ganglion cervical supérieur.
Dans un cas d'affection du grand symphatique que nous relaterons plus loin, les symptômes observés (tels que : chute de la paupière, le resserrement de la pupille, sueurs, eic.) furent précédés de migraines
très-violentes. On peut donc considérer d’une manière presque certaine me migraine comme une affection du symphatique. — Ce sont là des faits qui viennent à l'appui des observations de M. du Bois-Reymond. Cet éminent physiologiste attribue la migraine à un état d’excitation du sympathique, provoquant une contraction tonique des muscles vasculaires etoculo-pupillaires. (Voyez, pour cette question, Jaccoud, Traité de pathologie interne, p. 452.)
Les anesthésies de cause périphérique peuvent tenir à une lésion traumatique, à la compression par une fumeur ou un exsudat ; au défaut de nutrition du tronc nerveux, à la suite d’une névralgie, à une diminution de circulation, à l’action*prolongée du froid. Cette dernière cause est peutêtre la seule qui donne lieu à une anesthésie limitée au trajet d'un nerf sensitif et sans autre complication du côté des nerfs moteurs où des centres nerveux.
Cette forme d’anesthésie se rencontre surtout chez les personnes qui ont les mains presque toujours plongées dans l’eau, comme Îles laveuses. Nous l'avons observée chez un ouvrier uniquement occupé à laver les voitures et les chevaux.
L..., âgé de trente-cinq ans, laveur à la Compagnie des omnibus, a été pris, au mois de novembre 1869, subitement, d’un fourmillement très-grand dans l’avant-bras droit qui le fit cher le seau d’eau qu'il tenait dans la main. Nous fe vimes quinze jours après le début de la maladie ; tous les mouvements de l’avant-bras et de la main sont possibles, mais le malade se plaint néanmoins de faiblesse dans le bras droit et d’une difficulté très-grande dans les mouvements. Il sent constamment un fourmillement le long du côté interne de l’avant-bras, et surtout dans le petit doigt et l’annulaire. L’insensibilité, dans toutes les parties innervées par le nerf cubital, est très-prononcée ; les différences de tempépérature sont cependant bien moins appréciées que les piqûres d’une épingle ou les pincements de la peau.
Nous lui fimes passer un courant ascendant sur le nerf cubital, le pôle négatif appliqué sur la nuque, et le pôle positif placé sur le coude ou promené sur la partie interne de l’avant-bras. Au bout de six séances il fut complétement guéri.
Dans l'observation suivante, l’anesthésie eut également pour cause l'impression du froid. |
À..., âgé de quarante ans, menuisier, étant pris de vin, s'était en=
dormi dans sa chambre, la fenêtre ouverte, le bras droit découvert et placé sous sa tête dans sa partie supérieure.
Le lendemain matin, 1l se réveille avec des fourmillements très-prononcés dans la main, et une perte de la sensibilité dans presque tous les doigts. A partir de ce moment, il ressent constamment un fourmillement dans la main, et le bras reste toujours froid et engourdi. Les mouvements de la main ne sont pas abolis, mais un peu affaiblis ; dans tout le bras il y a un peu d’anesthésie ; mais c’est principalement dans les doigts que la diminution de la sensibilité est très-marquée; il y a anesthésie incomplète mais assez prononcée à Ja pression, au pincement, el aux variations de température. Le malade ne sent nine peut tenir les objets de petite dimension.
Au bout de douze séances d’électrisation avec un courant ascendant de quarante éléments, le pôle négatif sur la nuque, et Le pôle positif placé sur le plexus brachial ou promené sur le bras, le malade reprend son “travail et se dit complétement guéri.
Nous croyons que dans ces deux cas les courants induits auraient également réussi, surtout en les employant comme le recommande M. Duchenne, c’est-a-dire en se servant de pinceaux métalliques, et en faisant passer un courant rapidement interrompu à travers la peau. Ce procédé est donc le même, ou à peu près, que celui qu’on emploie pour les hypéresthésies de la peau, et quoique nous ne mettions pas en doute son utilité dans certains cas d’anesthésie, nous le croyons moins efficace que dans les hypéresthésies. Dans ces derniers cas, en effet, on conçoit qu’il diminue la sensibilité ; car les courants interrompus, et surtout lorsqu'ils sont intenses, font toujours perdre aux nerfs de leur excitabilité, d’où leur indication logique dans les hypéresthésies. Dans les anesthésies, au contraire, cet effet est loin d’être utile, et les courants induits n’agissent alors qu'indirectement. L’électrisation de la peau amène toujours, comme nous l’avons tant de fois répété, une dilata-
tion vasculaire réflexe, et par conséquent doit modifier favorablement les anesthésies qui sont dues à l’anémie de la peau et au manque de sang oxygéné.
Mais les courants continus agissent également et même plus efficacement sur la circulation, et de plus, comme nous l'avons dit, leur direction a une influence trèsmarquée sur les nerfs sensitifs. Nous insistons d’autant plus sur ce point, quoique nous l’ayons étudié complétement dans la partie physiologique, que nous sommes presque seuls à soutenir que dans les organes périphériques le courant ascendant est un excitant de la sensibilité, tandis que le courant descendant diminue l’excitabilité des nerfs sensitifs. La raison qu’en donnent les médecins allemands n'est nullement tirée d'expériences précises ou d’observations pathologiques, mais elle est la conséquence de leurs théories sur les molécules électriques des nerfs. D’après Pflüger et Eulenburg, lorsqu'on veut diminuer l'excitabilité dans les nerfs ou dans les muscles, c’est l’anelectrotonus extra-polaire descendant qui doit être employé, et lorsqu'on veut ranimer Pexcitabilité, 1l faut employer le katélectrotonus extra-polaire descendant. Or, dans uu langage plus simple, l’anelectrotonus extra-polaire descendant signifie : courant ascendant, et le katélectrotonus extra-polaire descendant signifie : courant descendant. Donc, d'après ces auteurs, c'est le courant descendant qui augmente l’excitabilité des nerfs et des muscles, et le courant ascendant qui diminue l’excitabilité des nerfs et des muscles.
Pour nous, au contraire, et c'est sans théorie, sans idée préconçue, que nous sommes arrivés à cette conclusion : le courant descendant diminue l’excitabilité des nerfs sensitifs, tandis que le courant ascendant augmente cette excitabilité.
Nous avons rapporté plusieurs expériences et plusieurs faits d'observation pathologique qui établissent et confirment cette loi, et le paragraphe précédent dans lequel nous avons montré l'avantage, dans les névralgies, du courant descendant, est une nouvelle preuve de ce que nous avancons. Il faut bien remarquer que la plupart des auteurs sont d'accord sur ce point pathologique, que, dans les hyperesthésies, le courant descendant est préférable, tandis que c'est
» le contraire qui devrait avoir lieu d’après les lois théoriques . des physiologistes allemands.
Voici un fait que nous avons eu l'occasion d'observer quelquefois chez l’homme, et qui démontre d'une manière bien uette l'influence de la direction des courants continus
- sur l’excitahilité des nerfs sensitifs.
Si l'on applique un des rhéophores au cou, sur le plexus brachial, et l’autre au cou, sur le nerf cubital à l'endroit où il est superficiel, on détermine au premier instant du passage du courant continu, un fourmillement très-prononcé,
. surtout dans le petit doigt et l'annulaire. À ce moment, . une piqûre ou un pincement faits sur le dos de la man,
près de la région interne ou sur le petit doigt, ne déterminent qu’une impression très-obseure, parce que le fourmillement provoqué éteint les autres sensations, Mais si ‘on maintient les rhéophores de manière que le courant traverse d’une facon constante le nerf cubital, on observe que les irritations déterminées sur la main ousur le petit doigt sont perçues comme à l’état normal lorsque le pôle positif est appliqué sur le coude et le pôle négatif sur le cou, c’est-à-
… dire lorsque le nerf cubital est traversé par ur courant
. ascendant, tandis que la sensibilité de ces parties est beaucoup
… diminuée lorsque le pôle positif est appliqué au cou et le ONIMUS ET LEGROS. 21
pôle négatif sur le coude, c’est-à-dire lorsque le nerf cubitai est parcouru par un courant descendant. C’est done ce courant qui diminue la transmission au cerveau des excitations produites sur les nerfs sensitifs. |
La plupart des cas d’anesthésie limitée et sans cause générale, sont presque toujours dus, comme nous l'avons dit, à Finfluence du froid. Remak (1) rapporte cependant un cas d'anesthésie provenant de l’action de la chaleur longtemps prolongée et qui avait déterminé des extravasations sanguines. Comme cette observation nous paraît encore importante au point de vue de l'influence des courants continus sur la résorption des exsudats, nous allons la rapporter tout entière.
Le 40 juin 1858, se présente à ma consultation, M"° Schotz, âgée de soixante-dix ans, laitière. Cette femme souffre depuis douze ans, mais en particulier depuis trois ans, d’un engourdissement des pieds, consécutif à l'usage fréquent d’une chaufferette. L’engourdissement s'étend de la plante des pieds jusqu’au-dessus des malléoles, et tourmente beaucoup la malade pendant la marche ; elle prétend aussi que cet état se complique d’une gêne circulatoire et d’angoisses. Je croyais avoir affaire à un émoussement des fibres sensitives, provenant de la trop forte chaleur de la chaufferette, et, partant de ce point de vue, je traitai cette maladie singulière et nouvelle pour moi, du 10 juin au 8 juillet, six fois avec des courants constants forts, que je dirigeai sur les pieds, parce qu'un essai m'avait semblé prouver que les courants. induits ne produisaient pas d’effet. Il est vrai que la malade avait éprouvé quelque amélioration ; mais ses plaintes n'étaient pas en rapport avec la rapidité des effets curatifs que je vois habituellement dans les anesthésies périphériques. Sur ces entrefaites, mon attention fut captivée par l’existence de grandes taches jaunâtres qui entouraient la partie inférieure des deux jambes, el que j'avais regardées comme d'anciennes cicatrices d’ulcères, avec lesquelles elles avaient la plus grande similitude ; mais la malade m'assura que ces taches brunes s'étaient développées depuis
(1) Loc cit., p, 395.