‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 52 sur 173 · CRAMPE DES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

CRAMPE DES ÉCRIVAINS

compliqués; c’est ainsi qu’on observe la crampe des pianistes, la crampe des cordonniers ou la crampe des trayeuses de vache.

Il faudrait, pour employer rationnellement les courants électriques, connaître au juste la pathologie de cette maladie; mais malheureusement on ne connaît rien de bien précis à ce sujet. Romberg, et avec lui M. Axenfeld, admettent pour cause une lésion centrale. M. Jaccoud considère les symptômes de cette affection comme dus à une paralysie ou à une atonie. D’après Niemeyer, l'explication qui paraît la plus plausible est celle de Fritz, d’après laquelle cette crampe serait une névrose réflective, dans

.laquélle l'excitation des nerfs moteurs ne partirait pas, comme dans la plupart des autres névroses de ce genre, des nerfs sensibles de la peau, mais des nerfs sensibles des muscles.

Cette explication, en effet, paraît très-satisfaisante, car ce n’est que la position de la main pour écrire qui amène la contracture, et tous les autres mouvements, de même que toute espèce d’excitation périphérique, ne peuvent la produire. Dans cette hypothèse, on devrait chercher à diminuer l’excitabilité des nerfs sensitifs des muscles, et non celle des nerfs moteurs. Il faudrait done employer un courant descendant dirigé de la moelle au muscle même. Les auteurs qui ont employé les courants électriques dans ces cas ne sont pas d'accord sur la manière de les appliquer. La plupart, il est vrai, considèrent les courants induits comme fort peu utiles, mais ils diffèrent sur le mode d'emploi des Courants constants. Benedikt emploie unuprocédé assez compliqué. Il électrise d’abord la moelle avec un courant. -ascendant, puis il fait passer un courant descendant de la

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moelle aux tissus nerveux et aux muscles, et enfin il em- .ploie encore plus tard la faradisation périphérique.

Niemeyer s'exprime ainsi : « Dans un cas de crampe des écrivains, que j'ai combattu sans espérance de succès, presque brutalement, par les courants constants, j’ai obtenu un rétablissement tellement complet que le malade qui depuis des années s'était servi de sa main gauche pour écrire, écrit aujourd’hui de nouveau avec la main droite. Le traitement de la crampe proposé par Benedikt, et à l’aide duquel quelques succès ont été obtenus, a complétement échoué entre mes mains, eta même aggravé le mal dans quelques cas. S'il en est de la pathogénie de la crampe des écrivains comme Je l'ai dit plus haut, mon traitement, sans que je m'en fusse rendu compte, a été des plus rationnels. Je faisais, en effet, agir le courant sur les muscles du pouce et de l'index, et par conséquent aussi sur les nerfs musculaires sensibles qui les parcourent; et le résultat favorable s’expliquerait simplement par ce fait quele courant constant aurait fait disparaître, par son action câtalytique, l’état pathologique de la nutrition et l’exagération morbide de l’excitabilité des nerfs musculaires sensibles, provoquant le spasme par voie réflexe. »

Nous avons eu l’occasion d'employer les courants conlinus dans plusieurs cas de crampes des écrivains, et est-ce coïncidence, cas plus favorables, ou traitement plus rationnel, nous n’avons obtenu de bons résultats que dans les deux dernières affections de ce genre que nous avons traitées. Les autres cas où nous n’avons pas obtenu d’amélioration ont été traités par nous il y a trois à quatre ans, em- . piriquement et sans aucune donnée bien nette. Nous appliquions les deux rhéophores directement sur les muscles ou

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