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PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES. 3h
force ; ils sont aussi gros, aussi fermes que du côté opposé, — Le malade peut lever le bras et fléchir complétement l’avant-bras sur le bras. Les fléchisseurs des doigts, les radiaux, le cubital antérieur, se contractent sous l'influence de la volonté et par l’électrisation avec des courants induits et des courants continus.
Le malade peut légèrement soulever le poignet, et les courants induits amènent une contraction des extenseurs qui ne peut être aperçue que par un mouvement très-peu prononcé du poignet. Le soulèvement du poignet est bien plus faible par les courants induits que par la volonté ; les courants continus, au contraire, agissent plus énergiquement que la volonté. :
La main est toujours œdématiée, mais beaucoup moins que précédemment. Ni la volonté, ni les courants induits ne peuvent y déterminer d’autres mouvements que ceux de flexion des doigts ; le pouce est complétement inerte. Les muscles de l’éminence thénar et hypothénar sont tout à fait inactifs. Un courant continu très-fort peut seul y déterminer de faibles contractions musculaires.
Au commencement du mois d'avril, les muscles de l’avant-bras ont pris, la plupart, leur volume normal, Les fléchisseurs, excepté ceux du pouce, se contractent bien, et le malade peut saisir des objets. Le poignet se soulève de manière à former un plan horizontal avec l’avantbras. — Les extenseurs des doigts sont toujours les plus arriérés.
La main n’est presque plus œdématiée ; les veines du dos commencent à bien apparaître, et la sensibilité est revenue dans tous les doigts.
… Les muscles de la main sont atrophiés, mous sans contraction volonlaire. Les courants induits n’y déterminent aucune contraction ; mais
les courants continus y provoquent des contractions bien manifestes. Le malade se plaint de démangeaïson sur le dos de la main, qui ressemblent à celles qu’il éprouvait autrefois sur l’avant-bras.
Cette observation est instruclive sous plusieurs rapports. Elle nous montre d’abord que lorsque le plexus est contus,
il survient très-rapidement une paralysie de tout le membre, avec atrophie granulo-graisseuse des muscles, perte
Ces différents phénomènes pathologiques ressemblent
beaucoup à ceux qui surviennent à la suite d’une contusion ou d’une maladie aiguë de la moelle. Ils différent au contraire de ceux qui suivent la section, d’un nerf exciusivement moteur. Nous ne faisons qu'indiquer ici ces particularités ; car nous les examinerons plus longuement dans
étude, des atrophies musculaires. *
La guérison procède peu à peu des centres à la périphérie. Ce sont d’abord les muscles du bras, puis ceux de Vavant-bras, puis enfin ceux de la main qui reprennent leur volume et leur fonctionnement.
Ce sont les muscles extenseurs qui, dès de commencement, sont le plus gravement atteints et qui reviennent à l'état normal le plus lentement.
La contractilité électro-musculaire pour les courants induits ne revient que quelque temps après que les contractions volontaires ont reparu. Elle est toujours très-faible, et même pour les muscles complétement guéris, elle est beaucoup plus faible que pour les muscles qui sont restés sains.
La coutractilité électro-museulaire pour les courants continus précède toujours les contractions volontaires et celles par les courants induits. £7/e est un signe du rétablissement prochain des muscles aliérés.
La contractilité par les courants continus, au lieu d'être augmentée, comme dans les cas de paralysies traumatiques qui n'endommagent que les seuls nerfs moteurs, est toujours très-faible el n'a lieu qu'avec des courants très-forts.
Au moment où réapparaît la contractilité pour les courants continus, c’est-à-dire quelque temps avant le rétablissement des mouvements volontaires, il ÿ a une hyperesthésie de la peau et une np esihese musculaire pour les cour ants électriques. |
PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES. ahS
Ce dernier fait a été signalé par M. Duchenne, et dans le eas qu'il rapporte (Obs. VIT, page 179) il signale une exallation de la sensibilité qui nécessita une suspension de iraitement pendant quelques jours, durant lesquels le malade prit des bans émaellients locaux. M. Duchenne conclut d’ailleurs que « l'hyperesthésiämusenlaire qui se développe sous l'influence de la faradisation dans un membre paralysé par lésion traumatique de ses nerfs, est un signe favorable ».
Dans notre observation, nous avons fort peu employé les courants induits, et pour l'hyperesthésie qui s’est développée sur le dos de la main, on ne peut en aucune façon accuser les courants électriques. Cette hyperesthésie doit done tenir à d’autres causes qu'à la faradisation. Ce que nous avons surtout observé chez notre malade, ce sont des démangeaisons à la peau, et un peu d’exaltation de la sensibilité. Lorsqu'on comprime un nerf à l'état normal, il apparaît
d’abord de l'hyperesthésie, puis seulement de la paralysie; de
même peut-être lorsque les nerfs reprennent leurs fonctions, ils semblent passer par les mêmes phases, mais en sens inverse. MM. Bastien et Philippeaux ont observé qu'en com-
primant un nerf il y avait, au début, des fourmillements, des
2 te - D
espèces de fausses crampes, puis arrive un stade d’hyperesthésie. La sensibilité du tact, du chatouillement, de la température s’exalte, et il en est de même des autres modes de la sensibilité cutanée. Enfin, dans un dernier stade, l'hyperesthésie disparaît et est remplacée par l’anesthésie et la paralysie musculaire.
L'hyperesthésie survenant dans une paralysie est donc un signe favorable et qui annonce la guérison, ou au moins
une amélioration.
Réciproquement, on peut également admettre, lorsque
all RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.
l’état antérieur était normal, que l'hyperesthésie est un signe de paralysie prochaine ou d'un commencement d'allération des nerfs.
Et en effet, dans beaucoup de paralysies, on voit l’hyperesthésie précéder la perte de mouvements et de sensibilité. C'est surtout chez les fiystériques que l’on voit souvent d’un moment à l’autre l hyperesthésie être suivie d’une paralysie des nerfs moteurs et d’une anesthésie complète. C’est donc là un symptôme important pour le pronostic, aussi bien quand les nerfs passent de l’état normal à un état pathologique, que lorsqu'ils recouvrent leur excitabilité et leurs fonctions.
Paralysies rhumatismales des nerfs périphériques.
Le froid est une des principales causes des paralysies des nerfs périphériques. Tous les nerfs peuvent être affectés, mais ceux qui le sont le plus souvent sont le facial, le radial et le tibial antérieur. En ne tenant pas compte ici de la paralysie du nerf facial sur laquelle nous aurons à revenir plus longuement, nous pouvons dire et donner comme une loi généraleque dans les paralysies qui surviennent à la suite d'une exposition au froid ou à des courants d'air, ce sont toujours des nerfs qui se rendent à des muscles extenseurs qui sont atteints.
Cette loi existe presque pour tous-les cas de paralysie périphérique, et lorsqu'un plexus entier est paralysé où que tous les muscles d’un membre sont atrophiés, ce sont toujours les muscles extenseurs qui sont paralysés les premiers, ce sont ceux dont l’atrophie est la plus prompte et la plus complète, et qui en même temps guérissent le plus lentement et le plus difficilement.
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Il est évident que, pour les muscles de la jambe, nous considérons comme exlenseurs ceux qui correspondent aux extenseurs des bras; ainsi, le triceps crural et surtout le droit antérieur sont dans ce cas des muscles extenseurs,
ainsi que les muscles péroniers et le jambier antérieur.
Il est difficile de donner une raison de cette prédominance de la paralysie des muscles extenseurs. Pour Îles
paralysies rhumatismales, on peut croire à la rigueur que
leur exposition plus superficielle les rend plus faciles à être impressionnés par le froid. Mais cette cause anatomique n’a plus de raison d’être dans les cas. d’empoisonnement général, de lésion de la moelle ou des plexus. Quoi qu’il en soit, le fait existe et nous aurous l’occasion d'y revenir dans l'étude des atrophies musculaires.
Paralysie dunerfradial.— Ingouf, trente-deux ans, ouvrier chaudronnier, s’est aperçu le matin en se réveillant (juin 1868) qu'il ne pouvait plus relever la main gauche et éprouve en même temps un peu
- de fourmillement dans le pouce et le doigt indicateur. Il avait dormi le
bras découvert et la fenêtre entr’ouverte. Dix jours après le début de la
—… maladie, il vint nous trouver. Le cubital postérieur, l’extenseur propre
du petit doigt, l’extenseur commun des doigts, le long abducteur du pouce, les extenseurs du pouce et l’extenseur da l’index sont complétement paralysés. La contractilité électro-musculaire est conservée pour les courants induits et pour les courants continus.
Les muscles fléchisseurs se contractent tous sous l’influence de la volonté; mais malgré cela le malade ne peut fléchir les doigts qu'avec une
certaine difficulté, et sans grande force. Il ne peut pas soulever un objet un peu lourd en le retenant par la flexion des doigts.
Au bout de huit séances d’électrisation par les courants continus, la guérison est complète.
. —M. Bouillet, employé à l'octroi de Paris, sans aucune maladie anté-
: rieure, est pr is subitement, au mois de Hoteles vers onze heures du
matin, d’une paralysie complète des extenseurs ds doigts de la main droite. Le matin, en se levant, tous les mouvements se faisaient trèsbien et il ne sentait aucun fourmillement dans le bras. Vers neuf heures,
il éprouve un refroidissement assez fort, et conserve quelque temps l'impression de froid. A onze heures, sans ressentir aucune douleur, il. s'aperçoit qu’il ne peut plus se servir de sa main droite. Il peut encore. la fermer, mais avec difficulté et sans grande force; il lui est impossible de relever la main et les doigts. RS 1
Il vint nous trouver trois jours après le début de la maladie et nous. | constatons tous les symptômes de la paralysie de la branche musculaire du nerfæadial. La contractilité électro-musculaire était conservée pour les courants induits et pour les courants continus. Le traitement consiste dans l'application des courants continus en mettant le pôle positif sur le plexus brachial et le pôle négatif sur le nerf radial, à la partie antérieure, dans l'espace qu'il occupe entre le brachial antérieur et le long «4 supinateur. Les interruptions du courant étaient rares et js séance durait à peu près dix minutes.
Après la troisième séance, le malade pouvait mieux fermer la main. et serrer fortement, et il relevait le poignet, mais les doigts restaient toujours abaissés. Au bout de six séances, tous les mouvements volontaires étaient revenus.
Dans les paralysies complètes de toule la branche musculaire du nerf radial, il est rare d'obtenir une guérison aussi rapide que dans ces deux cas, surtout lorsque la para- s lysie est complète. Cependant, lorsque la paralysie rhumatismale est limitée à deux ou trois muscles, la guérison peut encore êlre plus rapide. Dans Pebservation suivante, au bout de deux séances d’électrisation, le malade fut com- # plétement guéri.
Lebris, trente-trois ans, ouvrier terrassier, se réveille, le 30 mai. 1868, sans pouvoir remuer le pouce et l'indicateur de la main droite. Il s'était couché la veille après avoir travaillé toute la journée, sans rien : éprouver de particulier et tout à fait bien portant. La paralysie a eu : lieu sans cause bien connue, pendant la nuit. Fn même temps qu'il à ne peut mouvoir le pouce et l'indicateur , il y ressent un fourmillement très-intense, Ce fourmillement existe également dans le médius, mais il peut relever et fléchir ce doigt sans aucune difficulté. Le lendemain du » débutde celle paralysie partielle, nous fimes la première application |
électrique. Nous appliquions le pôle positif sur le plexus brachial, et nous promenions le pôle négatif sur les muscles extenseurs du pouce et de l’indicateur. Après la seconde séance, qui eut lieu quatre jours après le début de la maladie, les mouvements revinrent dans les deux doigts et les fourmillements disparurent complétement,
Les trois observations que nous venons de citer sont les
seules où nous ayons commencé le traitement presque aussitôt apres le début de la maladie, et certainement il est
difficile d'espérer par d'autres moyens une amélioration aussi prompte. Dans le service de M. le professeur Sée,
nous avons eu l’occasion d'observer un malade qui avait
une paralysie du nerf radial. Cet ouvrier maniait des pré-
parations plombiques, mais malgré cela la contractilité - électro-musculaire étant conservée, nous crûmes, et M. Du-
chenne fut du même avis, que la paralysie était de cause
rhumatismale. Les courants continus furent employés dès le commencement et ne donnèrent aucun résultat, Cest le - seul cas où nous 'n’ayons pas vu une amélioration très- … prompite, et cela tient peut-être à une légère influence
d'intoxication plombique, quoique la paralysie ne fût pas
… réellement de cause saturnine. De plus, l’électrisation étail … faite par une personne connaissant peu l'emploi des cou- … rants électriques et l'appareil employé était très-défectueux.
Nous pouvons citer à côté de ces faits quelques autres où
4h paralysie périphérique durait depuis bien plus long- …. iemps, et dont la guérison complète ne fut obtenue que par . l'emploi des courants continus.
— Worans, ouvrier ajusteur, âgé de vingt-neuf ans, s'aperçoit en se
… réveillant qu'il ne peut plus relever la main droite ni les doigts de celte … main. On lui prescrit d’abord des frictions avee de lessence de téré- — henthine, et des vésicatoires volants, Après trois semaines, ne voyant
aucune amélioration, il entre à l’Hôtel-Dieu où il reste un mois et demi.
On l’électrise tous les jours avec des courants induits, et il sort del hôpital |
ne pouvant encore ni relever les doigts ni le pouce, mais pouvant -
relever la main. Au bout d’une semaine (trois séances) de traitement
avec les courants continus, il peut faire contracter les extenseurs des ‘
doigts et reprendre son travail.
Paralyste du tibial antérieur. — Humbert, glaisier, après avoir
travaillé dans la terre humide, aperçoit qu’il ne peut plus relever »
le pied droit ni les orteils. Il ressent en même temps une légère dou-
leur dans le pied, et accuse une sensation de froid. — Il fait d’ abord
des frictions, puis entre à l’hôpital, où il est électrisé tous les jours avec.
des courants induits. Après six semaines, il relève un peu le pied, mais.
très-faiblement et ne peut relever les orteils. Quand nous lexaminons,
nous remarquons que la contractilité électro-musculaire est peut-être
un peu affaiblie pour les courants induits, mais elle est plutôt exagérée
pour les courants continus. On fait en même temps des applications de courants induits et de courants continus, et la guérison fait de suite des
progrès très-rapides.
Paralysie rhumatismale de plusieurs muscles du bras. — Prosper
Denis, âgé de quarante-deux ans, se réveille un matin et s'aperçoit, en « voulant mettre sa chemise, qu’il ne peut plus lever le bras. Il avait
couché toute Id nuit la fenêtre ouverte. Il entre quelque temps après à l'hôpital Lariboisière, dans le service de M. Verneuil. Malgré lapplication de courants induits, il y avait, quand nous le vimes, un commen-
cement d’atrophie musculaire et de diminution de contractilité dans le * deltoïde, le triceps et les extenseurs des doigts. Le biceps et les fléchis- “ seurs se contractaient sous l'influence de la volonté, mais leur action. était fort peu puissante. Le traitement qui fut d’abord employé fut « l’électrisation par les courants induits, puis nous essayâmes d’employer « simultanément ces derniers courants et les courants continus. L’'amé- « lioration fut assez lente, car il fallut deux mois pour faire revenir la |
plupart des mouvements.
— Cormière, âgé de quarante-neuf ans, maçon. Après avoir travaillé M dans les égouts toute la journée, il a ressenti tout d’un coup des crampes dans les doigts de la main gauche, principalement dans le pouce, et. s’aperçut en même temps qu’il ne pouvait plus lever le bras. Il entre à l'hôpital Lariboisière, dans le service de M. Verneuil, où il est traité « par des douches froides et l'emploi de courants induits. Lorsque nous. le vimes un mois après le début de sa maladie, il y avait déjà une.
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PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES. 3h19
notable atrophie du deltoïde et des muscles de la face postérieure de Pavant-bras. Les muscles fléchisseurs sont en meilleur état, mais leurs mouvements sont très-lmités et ils ne peuvent agir que très-faiblement. IL existe des fourmillements au bout des doigts, et un peu d’arthrite dans l'articulation de l’épaule,car on ne peut soulever le bras qu’à moitié, et l’on détermine alors des douleurs assez vives dans l'articulation.
. La contractilité électro-musculaire est affaiblie pour les courants in- “duits, surtout pour le deltoïde; elle est un peu augmentée pour les cou- |
S rants continus.
Le malade peut à peine fléchir les doigts et plus légèrement le bras. Après sept séances d’électrisation par les courants continus, il peut porter la fourchette à la bouche, mais il ne peut encore lever que très-faiblement le bras. Il fallut une vingtaine de séances pour que le malade pût exécuter facilement tous les mouvements. Les muscles n’avaient pas encore pris complétement leur volume normal, mais le malade put reprendre son travail à partir de celte époque.
: Dans toutes les observations que nous venons de citer, le froid ou les courants d'air ont été la cause de la paralysie ; dans un seul cas cité par Benedick, on trouve une paralysie du nerf radial, due à l’action trop forte de la chaleur. Cette paralysie à calore survint à la suite d’une brûlure par le fer rouge dans le voisinage du nerf radial, sans que le nerf lui-même ait été affecté soit primitivement soit par la cicatrisation.
Quoique la paralysie n'existe en général que pour un seul nerf, il arrive la plupart du temps que les autres nerfs voi- Sins semblent en même temps plus ou moins affaiblis, ou du moins que les muscles innervés par ces nerfs ont perdu de leur force contractile. C’est ainsi que dans la paralysie du nerf radial, les muscles fléchisseurs se contractent égalenient plus faiblement. On peut admettre que la cause qui à déterminé la paralysie complète du nerf radial a également agi, mais moins énergiquement, sur les nerfs
le siége de l'affection est done uniquement dans le nérf
médian et cubital. C’est, dans tous les cas, un fat ce. rieux à noter et qui montre bien que les mouvements d’un membre dépendent non-seulement de l'action isolée d de tel ou tel muscle, mais qu'ils sont toujours le résultat d’une synergie d'actions musculaires. M. Duchenne à me. appelé l'attention sur ce point, et nous nous rangeons com=, plétement de son avis. Nous sommes heureux de rendre celte justice à M. Duchenne, qu'il a observé avec beau-« coup d'exactitude et de netteté tous les phénomènes qui se rapportent aux mouvements physiologiques des muscles et. aux conséquences dynamiques qui résultent de la paralysie, d’un muscle isolé où d’un groupe de muscles. Soi nom restera attaché à cette étude, car il a fait faire à la science. tellement de progrès dans cette voie, qu'il semble l'avoir complétée dans tous ses détails et en avoir établi les lois définitives. 13
Traitement. — Le principe fondamental de toute théra* peutique est d’agir sur le siége de la maladie où sur 1e tissus primitivement atteints. H est donc important dans tout traitement électrique de tenir compte d’abord du siége dé la maladie, et en second lieu des agents qui ont le plus d'influence sur les tissus affectés. Cr, dans les paralysiés rhumatismales que nous venons de passer en revue, la causes de la maladie est la perte de conductibilité du nerf moteur;
moteur. Sous l'influence du froid, une portion du nerf n10% féur, soit par trouble de la circulation, soit par une modf J fication quelconque, à perdu sa faculté conductrice dë l'isflux nerveux. Logiquement, le traitement doit done con sister à rétablir la conductibilité du nerf en ce point. “4
Si la cause est due à un trouble de la circulation, ets si
PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES. 391 les phénomènes vasculaires peuvent facilement être rétabis, tout agent qui exerce une action directe sur la cireulation peut amener la guérison. C'est ainsi que des vési- |catoires, des douches froides, des frictions même peuvent obtenir dans ces cas légers des résultats avantageux.
Si les troubles vasculaires sont plus grands, et si l’excitabilité d'une portion du nerf est complétement abolie, les agents révulsifs ordinaires restent mefficaces, et alors 1l n’est pas de traitement qui soit aussi indiqué que celui par les courants électriques.
… Quels sont dans ces cas les courants qu’il est préférable d'employer ?
Pour les médecins qui w’ont sous la main que des cou- | rants induits, 1ls devront toujours les employer le plus tôt possible et sans crainte d'amener un effet nuisible. Les courants induits dans ces affections ont une action thérapeutique incontestable et peuvent sans inconvénient Lêtre employés même quand il n’y a encore aucung atrophie musculaire. fs empêchent ainsi l’atrophie et amènent par 1 ur action sur la contraction musculaire et par leur excitation des nerfs cutanés une augmentation de la cireulation. … Mais il est toujours préférable, comme le prouvent queltire des observations que nous avons rapportées, &'éniployer dans les premiers jours, les courants continus. En plaçant le pôle positif sur les vertèbres ou sur le plexus, et le pôle négatif sur les parties les plus superficielles du nerf paralysé ou sur les muscles, on fait passer un cou- | vant par tout le trajet du nerf; on force ainsi la partie | du nerf qui à perdu son excitabilité à transmeltre l’excitan électrique, et à fonctionner pour ainsi dire. L’excitan qu'on détermine dans le nerf n’est pas identique, il
est vrai, à celle que donne l’influx nerveux, mais elle a beaucoup d’analogie et détermine un ébranlement moléculaire dans toute la fibre nerveuse. Par ce procédé, onagit. directement sur le siége de la maladie et c’est toujours. là le moyen thérapeutique le plus logique et le plus efficace.
Gette influence des courants continus a en même temps: l'avantage d’agir puissamment sur la circulation et sur la nutrition générale du membre.
La direction du courant dans ces cas de paralysie rbu— matismale, ne nous paraît pas avoir une grande influence,
ar, que le courant soit descendant ou ascendant, on agit
toujours sur tout le trajet du nerf, et l'affection étant net-. tement périphérique, l'influence des centres est peu consi-" dérable. | |
D'après les théories anciennes, et en se fondant surtout sur cette expérience de Mariani que le courant ascendant rend aux nerfs l’excitabilité perdue ou affaiblie, on pourrait préférer l'emploi du courant ascendant. Mais, comme nous: l'avons vu dans la partie physiologique, cette expérience: est plus compliquée qu'elle ne le paraît au premier abord,: parce qu'il intervient dans ce cas des courants de polarisaton et des phénomènes réflexes. Elle ne peut pas être prise comme loi exacte à suivre en pratique. Nous croyons même que l'action plus directe et plus énergique des courants descendants sur les nerfs moteurs, et leur influence sur la
circulation doivent les faire préférer dans les paralysies des nerfs moteurs (1).
(4) Voilà le passage de Matteucci si souvent cité, et auquel nous avon fait allusion en parlant des déductions thérapeutiques qu’on a tiré d l'expérience de Mariani. « Nous pouvons admettre que, dans quelqu cas de paralysies, les nerfs du membre sont altérés d’une manière ana logue à celle qui y serait produite par le passage continu d’un courant
Lorsqu'il y a de l’atrophie musculaire en même temps . que de da paralysie, il est utile d'employer simultanément les courants continus et les courants induits : les courants - continus sur le trajet des nerfs, et les courants induits pour - l’électrisation localisée des muscles. L'atrophie dans ces - casesttoujours simple, el la contractilité électro-musculaire - est conservée pour les courants induits, ce qui constitue les meilleures indications pour l'emploi de ces courants. Il faut pu cependant que les courants continus avec intermit- tence pourraient remplacer l’action des courants induits, | Doux que ceux-ci ne peuvent jamais déterminer les mêmes 4 que les premiers.
électrique. Nous avons vu que pour rendre à un nerf qui a perdu, par € passage. du courant, son excitabilité par ce courant ; il faut agir sur avec un courant diri igé en sens contraire. De même, pour faire cesser 1 paralysie, on devra faire passer un courant en sens contraire à celui , qui aurait pu le produire. On voit par là que nous supposons que la . paralysie qu'on doit soumettre au traitement électrique est de mou- - xement ou de sensibilité séparément. Ainsi, pour la paralysie du meu- - xement, cest le courant inverse qui sera appliqué; tandis que pour la paralysie du sentiment, on devra appliquer le courant direct. Dans le cas de paralysie complète, il n’y a plus aucune raison pour se décider à Hplquer le courant plutôt direct qu'inverse. »
. Nous n'avons qu’un mot à ajouter à ces déductions de Matteucci, c'est e d'abord rien ne prouve que la paralysie d’un nerf consiste dans e lésion analogue à celle que produit le passage longtemps continu un courant; c’est le contraire qui paraît plus exact. En second lieu, cette influence de la direction des courants n’est due dans ces difféentes expériences qu’à des actions électrolytiques.
UNIMUS ET LEÉGROS. 23
35h RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.