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CONTRACTURES HYSTÉRIQUES

Contractures hystériques. — Parmi les autres symptômes de l’hystérie, nous devons encore considérer les contractures, où très-souvent l'emploi de l'électricité, et surtout des courants continus, amène de très-bons résultats.

Dans quelques cas, les contractures sont passagères, ou du moins ne sont pas dues à une lésion centrale; mais quelquefois la contracture est persistante et est symptomatique d'une lésion centrale. Dans ces derniers cas, on ne peut pas dire que la contracture est de nature hystérique, mais comme elle entraîne souvent d’autres phénomènes hystériques, on les considère au moins comme étant de même nature. M. Charcot (1) a publié un cas d’hystérie avec paraplésie et contractures, qui était dû, comme l'autopsie l’a démontré, à une sclérose de la moelle épinière. On peut se demander, dans ce cas, si les troubles fonctionnels auxquels se rattache l'hystérie peuvent, à la longue, aboutir à - des lésions organiques des centres nerveux, et si ces lésions sont capables de déterminer consécutivement des atrophies musculaires.

Nous avons observé chez une jeune fille une contrac- fure qui, d’abord intermittente, est devenue permanente et paraît actuellement avoir pour cause une lésion organique, tandis qu’au début elle n’était évidemment qu'un - symptôme hystérique. Cette contracture était en même - temps accompagnée d'autres phénomènes nettement hysté- riques, qui ont fini par s’amender ou disparaître, tandis que

la contracture a constamment persisté.

ME B., âgée de 21 ans, sans affection antérieure, bien réglée, fut prise tout d’un coup, le 1° janvier 1868, à la suite d’une contrariété, de

(1) Charcot, Sclérose des cordons latéraux de la moelle épinière chez une femme hystérique. (Union médicale, 1865.)

spasmes de l’arrière-gorge; elle éprouve de la difficulté à avaler, et comme les amygdales étaient un peu volumineuses, on les enlève, ce qui ne diminue que fort peu la difficulté à avaler. Quelques jours après, il lui survient par instant un hoquet, et elle se plaint en même temps de douleurs et d’une extrême sensibilité sur la partie supérieure de la colonne vertébrale. Pendant vingt-trois jours, elle est dans un éta® d’excitation extrême; elle a du délire, des hallucinations, ne peut manger, mais elle peut se lever et marcher. A la suite de frictions

sur le dos, avec de l'extrait de belladone et de l’huile de jusquiame, son

état empire, elle ne peut plus se lever, le hoquèt revient plus fréquent, et dure constamment, excepté pendant le sommeil. En même temps elle a cinq à six crises nerveuses par jour.

Le 2 mai, elle se lève un peu, mais marche difficilement. Au mois de juillet, elle marche mieux, mais sa jambe gauche commence à se replier et les crises comme le hoquet persistent toujours. Pendant quelques semaines, il y a un peu d'amélioration, mais tous’ ces symptômes deviennent plus forts. Les crises à cette époque paraissent tous ies jours régulièrement à sept heures du matin et à six heures du soir. Le hoquet est très-fort, et la jambe se rétracte de plus en Pr

Pendant toute cette période de sa maladie, il n’y a pas d’agent thérapeutique qui nait été essayé : bromure de potassfum à haute dose, iodure de potassium, asa fœtida, noix vomique, atropine, sulfate de quinine, etc. Aucun de ces médicaments n'avait produit d'amélioration. L'hydrothérapie avait également été employée, mais loin d’amener un apaisement de tous ces phénomènes morbides, elle les avait exagérés, et, à deux reprises différentes, elle avait toujours déterminé les mêmes inconvé-. nients.

Lorsque nous la vimes, la malade était dans l'état suivant : le hoquet persistait constamment, la jambe gauche était à moitié fléchie sur la cuisse, et les efforts les plus grands ne pouvaient parvenir à surmonter « cette contracture. Sur le dos, entre les deux omoplates, la sensibilité | était exaltée au plus haut point; au moindre contact, la malade poussa | des cris, le hoquet augmentait de force et de fréquence, et les muscles À de l'épaule se contractaient spasmodiquement. Les crises avaient lieu » deux fois par jour, le matin à sept heures, et le soir à six heures. Ces“

crises duraient deux heures, pendant lesquelles la malade, sans perdre M

complétement connaissance, avait les mouvements incoordonnés les plus . étranges. Nous ne pouvons mieux comparer les phénomènes qu’elle pré- « sentait qu’à Ceux d’un animal empoisonné par la strychnine; elle avait M4

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