‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 58 sur 173 · HOUR · texte numérisé non relu

HOUR

de M. Beau sur la nature de la paralysie. On se rappelle, en effet, que la paralysie hystérique présente une perturbation dans l’état de la sensi-. bilité qui est ordinairement diminuée dans les muscles ou quelquefois augmentée à la peau. En l'absence de ce dernier signe, et en présence « de l'intégrité de la contractilité électro-musculaire, je diagnostiquai chez « cette jeune fille une lésion cérébrale, par exemple un tubercule occupant « le côté droit de la base du cerveau; la possibilité de la présence d’un tubercufe cérébral me paraissait s'appuyer encore sur l'existence d’une expiration prolongée au sommet du poumon gauche. Cette jeune fille mourut rapidement par suite d’une suffusion séreuse dans les méninges et les ventricules. On trouva à l’autopsie un tuber cule du volume du

haricot dans le pédoncule cérébral droit. 5

Meyer (loc. cit., p. 190) rapporte ég sisi le fait Sui-. vant, Qui inde bien que dans les cas de paralysie, au moins dans certains cas, la sensibilité électro-musculaire est abolie, tandis que les contractions sont normales.

Une jeune dame de vingt-six ans, qui depuis quelque temps avait des “ paralysies passagères, tantôt au bras, tantôt à la jambe, fut atteinte définitivement d’une paralysie complète des membres inférieurs, accompagnée d’une anesthésie cutanée. La contractilité électro-musculaire. était normale dans les deux jambes, tandis que la sensibilité électro-* cutanée et électro-musculaire était tellement abolie pour la région externe. dela jambe gauche, que les courants les plus énergiques, soit qu’on se. servit d’électrodes humides ou du pinceau métallique, n'étaient pass ressentis. La malade fut améliorée par les courants induits, et guérie complétement à Wildbad. à

On peut donc, dans un certain nombre de cas, recon-« naître une paralysie hystérique selon les phénomènes que présentent la contractilité et la sensibilité électro-muscu-" laire. Mais, comme nous l’avons dit, ces caractères sont loin d’être rigoureux, et c’est surtout dans les cas difficiles au point de vue du diagnostic que ces caractères devieunent | douteux.

Dans l'hémiplégie par exemple; et surtout dans les premiers jours de la maladie, la sensibilité, soit cutanée soit musculaire, est également souvent affaiblie, et d’un autre côté les malades se trouvent souvent dans un tel état de prostration qu'ils sentent peu ou ne peuvent rendre compte dé leurs sensations. Nous avons observé dans le service de M. Sée un cas très-mtéressant sous ce rapport. Une jeune fille est amenée à l’hôpital, avec une hémiplégie du côté gauche, coma profond, perte de la parole, sans fièvre et sans qu'on puisse découvrir la moindre lésion organique. La contractilité électro-musculaire est normale, et la malade n'a pas l'air de souffrir par des courants très-lorts. La plupart de ces symptômes font croire à quelques médecins que l’on est en présence d’une paralysie hystérique, mais la malade succomba le surlendemain, et l’autopsie fit décou-

vrir une embolie cérébrale.

Quel eût été le moyen d'aider, dans ce cas, le diagnostic par l'emploi des courants électriques ? La contractilité normale et la perte de la sensibilité électro-musculaire

n'avaient aucune valeur, mais peut-être eût-il été possible d'essayer les courants continus, non sur les membres où

- ils n'auraient rien appris de plus, mais du côté du cerveau.

- Dans le cas d’hémiplégie hystérique, il est possible et même probable qu'ils auraient amené, pour un temps plus ou moins long, une modification aux troubles qui existaient,

. tandis que si lhémiplégie avait pour cause une embolie

. ou un épanchement sanguin, ils n'auraient, cela est de toute évidence, absolument rien pu modifier.

Nous croyons que, dans ce cas, un courant continu ap-

pliqué sur la tète pendant quelques minutes aurait pu

* apporter quelques changements aux symptômes, d’après un Ÿ ONIMUS ET LEGROS. 24.

fait que nous avons observé dans le service de M. Oulmont et chez une malade hystérique qui par moments offrait tous les symptômes d’une lésion cérébrale. Dans un de ces » états, nous fimes passer pendant près de cinq minutes un. courant à travers la tête, le pôle positif sur le front et le « négatif aela nuque, et aussitôt les symptômes d’excitation disparurent pendant un instant, et la malade s’endormit pendant une demi-heure.

Dans la plupart des paralysies hystériques, les maladesressentent très-vivement les courants continus, surtout lorsque … les éléments employés ont une forte action chimique(1). Nous . avons VU UN Cas où l’anesthésie était presque complète pour tous les excitants, excepté pour les courants de la pile à « action chimique assez forte. La contractilité pour ces cou- 4 rants est en même temps plutôt diminuée qu'augmentée, | mais ce caractère est loin d’être suffisant pour établir le diagnostic, au moins d’avec d'autres lésions cérébrales. Dans les lésions de la moelle, cependant, les effets des courants continus peuvent avoir quelque utilité. D'abord, de . ce que la contractilité n’est pas augmentée pour les courants continus, et est plutôt diminuée, tandis qu’elle reste la même pour les courants induits, on peut déjà être certain que la paralysie n’est pas périphérique. Enfin, ces mêmes faits démontrent que la lésion centrale n’a pas at-. teint les cellules de la moelle, dont partent les nerfs péri- « phériques. Nous verrons dans un prochain chapitre la raison. de ces différents phénomènes. |

En électrisant les nerfs périphériques, ou les né et la . moelle, avec des courants continus, on observe de plus que 1

(4) En cas de simulation, cette influence des courants qui ont une action chimique considérable pourrait être utilisée. F

même lorsque la sensibilité est abolie, le courant ascendant donne des contractions plus étendues et plus énergiques que le courant descendant. Cela ne s’observe dans ces conditons (c’est-à-dire avec une abolition de la sensibilité) que dans les cas de tumeurs ou d’hémorrhagie de la moelle. C’est

. donc là encore une action des courants qui peut avoir une importance pour ce diagnostic. Ce moyen peut surtout être avantageux dans les cas de simulation, et dans ces cas il faut surtout se rappeler, ce dont les malades ne se doutent guère, que les contractions sont toujours plus fortes en électrisant les nerfs moteurs que lorsqu'on électrise directe. ment la fibre musculaire.

Enfin, on pourrait peut-être encore se fonder sur ce fait, qu’en électrisant la moelle avec un courant ascendant on augmente en général dans les paralysies hystériques les phénomènes d’excitation, tandis que cela arrive bien plus difficilement dans les cas de tumeurs ou d’hémorrhagies avec lesquels on pourrait les confondre.

Irritation spinale,

« Pour les pathologistes, dit M. Axenfeld (1), qui la décrivent comme une maladie distincte, l'irritation spinale est caractérisée par la réunion des symptômes suivants : douleur perçue le long du rachis, provoquée surtout par la pression sur les apophyses épineuses, présentant des irradiations très-variées, accompagnée de troubles fonctionnels multiples et remarquablement mobiles, et presque constamment de perte de forces et d’amaigrissement. » En faisant un chapitre à part pour cette affection, nous

(4) Des névroses, p. 28/4:

ne voulons pas cependant en faire une maladie distincte et bien déterminée, seulement 1il est certain que dans beaucoup de cas on observe un ensemble de symptômes qui rentrent dans la définition donnée par M. Axenfeld. Nous en excluons toutefois les symptômes, amaigrissement et affaiblissenfent, car s’ils existent, ils ne sont que très-rarement le résultat de l’irritation spinale.

Il nous paraît difficile de dire exactement la cause de celte affection ; cependant il est probable qu'elle est due à une eongestion, soit de la moelle, soit des enveloppes de la moelle, ou à une excitation réflexe de la moelle. Chez la femme, tous ces symptômes rentrent assez bien sous la dénomination générique d'hystérie. Il nous serait impossible d’ailleurs de dire en quoi les phénomènes hystériques diffèrent de ceux de l’'irritation spinale; nous les croyons même dus à la même cause, c’est-à-dire à des troubles de la circulation. On sait en effet combien sont fréquents chez les femmes hystériques les désordres vuso-moteurs, comme le prouvent les changements alternatifs de vascularisation de la peau et de la face, l'augmentation ou larrêt des sécrétions, etc.

Il en est de même dans l'irritation spinale, seulement dans cette affection les troubles cireulatoires paraissent limités à la moelle, ets’observent aussi bien chez l’homme que chez la fenime.

Cette affection a évidemment un grand nombre de complications et de degrés. Elle peut varier depuis la simple excitation générale jusqu'aux douleurs rachidiennes les plus intenses et produire même des crises épileptiformes.

La douleur rachidienne, souvent spontanée, peut être provoqnée soit par la pression, soit par l’application de la cha-

leur. Pour la découvrir, on promène le doigt le long de la région vertébrale, ou bien on applique sur la région vertébrale une éponge imbibée d’eau chaude.

Nous avons observé un mode d'exploration même plus sensible que ces deux derniers, car il indique des hyperesthésies le long de la colonne vertébrale, alors que ni la pression n1 la chaleur ne les font découvrir.

Ce moyen, qui n’a jamais été indiqué jusqu'ici, consiste à promener le long de la colonne vertébrale un des rhéophores d’un appareil à courant continu. L'un des rhéophores est maintenu fixe à la partie supérieure de la colonne vertébrale, l’autre est glissé lentement de haut en bas. Il faut en mème temps employer un courant moyen. Le courant, s’il n’y a point d'irritation spinale, n'est guère ressenti dans cette exploration, ou du moins la sensation qu’il détermine est la même en quelque région que soient placés les électrodes. Dans les cas contraires, le malade accuse en certains points une doulenr assez vive et surtout une cuisson très-forte, Lorsque la pression et le contact de l’eau chaude déterminent de la douleur dans une région quelconque, les courants continus agissent de même, ce qui démontre bien que c’est là une . influence provoquée par des conditions pathologiques. Une autre preuve que ces sensations ne sont point une coïncidence ou un phénomène ordinaire, c’est qu’elles disparaissent lorsque le traitement est suivi de succès.

Il est mdifférent d'employer pour cette exploration l’un ou l’autre pôle, car tous les deux provoquent cette mème sensation. Le pôle positif assez souvent même, quoique en général il agisse moins énergiquement, détermine, au contraire, dans ces cas, une impression plus forte.

Il faut promener le rhéophore des deux côtés de la colonne vertébrale, car les points douloureux sont rarement symétriques.

Dans les cas d’irritation spmale, c’est presque toujours vers la partie inférieure de la moelle qu’on trouve ces différents points douloureux; quelquefois cependant ils existent dans la partie dorsale et même cervicale. Leur nombre est très-variable. |

Dans d’autres affections de la moelle, dans la myélite chronique, même dans la sclérose des cordons postérieurs, on rencontre également des régions douloureuses au contact des électrodes. |

C'est toujours un signe favorable, et qui indique une guérison prochaine, de voir la sensation douloureuse de ces points diminuer ou disparaître.

Voici quelques faits qui se rapportent à ce Eee d’affection.

M. C..., âgé de trente-deux ans, ressent, depuis plusieurs mois, des douleurs le long du dos et surtout dans les reins; il a de la lassitude dans les membres, et un peu d’hyperesthésie généralisée. Par moments,

il éprouve des fourmillements dans les jambes et principalement à la plante des pieds.

Du côté des voies urinaires, il n’y a qu’un peu d’excitation avec des * envies fréquentes d’uriner et des spasmes après la miction,.

Insomnies fréquentes, sommeil agité, caractère devenu ärritable. Genre de vie peu régulier. |

Nous appliquons sur la moelle un courant descendant de 30 éléments, le pôle positif est placé sur les vertèbres cervicales, et, en promenant le pôle négatif le long de la colonne vertébrale, nous trouvons à droite, près de la neuvième vertèbre dorsale, un point douloureux et un autre + du même côté, au niveau de la troisième vertèbre lombaire. À gauche,

il n°y a qu'un seul point douloureux qui se trouve un peu au-dessus de Ja troisième vertèbre lombaire,

Au bout de quatre séances, le point douloureux supérieur disparaît et les deux inférieurs ont diminué. En même temps, l’état général du malade s'améliore, le sommeil est meilleur, et la lassitude a disparu.

Au bout de la sixième séance, on ne retrouve que très-difficilement les points douloureux, et le malade se trouve presque complétement remis: Le courant employé était toujours descendant, d’une durée de dix à douze minutes et d’une intensité de 20 à 30 éléments.

— M. L.., âgé de vingt-six ans, d’an tempérament assez délicat, qui depuis plusieurs mois à eu beaucoup de préoccupations morales et a été obligé de se livrer à des travaux intellectuels fatigants, accuse une excitation générale, une sorte d’agacement, de la faiblesse dans Îles membres.

Il ressent des fourmillements dans la jambe droite, et parfois de petites douleurs lancinantes et des engourdissements passagers de cette jambe.

Le jet d'urine ne se fait pas d’une manière suivie, et il semble que la vessie ne se vide jamais complétement.

Il y à par moments, et surtout après le repas, une plus grande dilatation de la pupille droite que de la pupille gauche. Le malade a lui-même remarqué ce symplôme et en a été très-inquiété. La vue est normale.

Nous conseillâmes d’abord, pour cette affection qui ne nous paraissait pas bien limitée ni bien nette, l’hydrothérapie. Ce traitement, suivi pendant deux mois, ne détermina aucun changement, et c’est alors seulement que nous essayâmes l'emploi des courants continus.

En explorant la colonne vertébrale avec l’électrode positif et avec

. le négatif, nous rencontrons dans les deux cas une région très-sensible au niveau des vertèbres lombaires et uniquement à droite. La sensation produite par un courant de 15 éléments n’est pas ressentie dans les,

autres points de la colonne vertébrale, tandis qu’en cet endroit elle

.est cuisante et insupportable. Vi à la pression, ni avec l’eau chaude, on ne peut provoquer de douleur dans cette même région.

Nous électrisons la moelle avec un courant descendant de 35 élé-

ments. Le pôle positif est placé sur les vertèbres cervicales, et le négatif au-dessus du point douloureux sur les vertèbres sacrées.

Au bont de cinq séances, on ne détermina plus de sensation particulière et douloureuse sur la région antérieurement si hypercesthésiée, et le malade se trouve en même temps très-amélioré. Le traitement fut encore continué pendant quelque temps, et jamais en aucun point de

: la colonne vertébrale neus n’avons pu donner ou déterminer cette même douleur. |

Dans cette observation, il est probable que l'affection; à cause de sa localisation dans une moitié du corps et des phénomènes du côté de la pupille, était due à une irritation des sympathiques.

M. M..., âgé de vingt-huit ans, employé, sans affection antérieure, souffre depuis quatre mois de crises nerveusés, qui se sont présentées la première fois sous la forme suivante. Etant à écrire, le malade sent tout d’un coup, selon son expression, que le sang lui monte à la tête, et qu'il éprouve une sorte de vertige. En même temps, il ne peut plus remuer ni le bras gauche ni la jambe gauche. Il ne peut se lever.

Pendant près d’une heure, tout le côté gauche reste complétement anesthésié, il ne sent pas la piqûre d’une épingle.

Deux mois après, il est pris d’une même crise, qui dure un quart d'heure, mais il ne perd pas connaissance. Pendant tout le temps de l'accès, il a remarqué que la main qauche et le bras gauche sont devenus pâles et ont la chair de poule apres l'accès. Ces mêmes parties et ces parties seules sont couvertes de sueur.

A ces crises sont venus se joindre peu à peu des fourmillements persistant dans la main gauche, de la faiblesse des jambes, des constrictions à la gorge, la sensation d’une boule remontant de l'estomac vers le cou, des envies de vomir, et enfin par moments du tremblement dans tous les membres.

C'est dans ces conditions que M. le docteur Tenneson nous adressa ce malade (novembre 1868), et, au bout de dix-sept séances (courants descendants), les crises, les fourmillements, et tous les symptômes dis + parurent.

Six mois après, ce malade revient nous trouver, se plaignant de douleurs vagues dans les bras, de sueurs constantes dans les mains, et de légères douleurs du côté gauche de la tête. Il transpirait également trèsfacilement de la tête, mais uniquement du côté gauche. — Nouvelle application des courants continus en agissant en même temps du côté du ganglion cervical supérieur. Amélioration très-prompte, qui dure depuis cette époque. Il reste néanmoins toujours la même excitabilité nerveuse et passagèrement des phénomènes périphériques, résultant de cet état général.

Nous verrons dans un autre chapitre d’autres faits qui

semblent également être la conséquence d’une affection du sympathique. 4

Les observations que nous venons de citer et auxquelles nous pourrions encore en ajouter d’autres, suffisent pour montrer les. avantages que l’on peut tirer de l'emploi des courants continus. Maus 1c1, comme dans l’hystérie, et peutêtre plus que dans cette dernière affection, il est important d'agir avec prudence et de n’employer que des appareils bien conditionnés. Il faut que l’action sur la peau soit aussi faible que possible, que la constance de la pile soit bien certaine. En un mot, il faut rejeter les appareils où Von plonge plus ou moins et à volonté les métaux, car ces appareils ne sont pas bien constants; il en est de même pour les piles à grande surface, pour la pile en bisulfate de mercure et même pour la pile en chlorure d’argent qu'emploie M. Gaïffe pour son appareil portatif. Cette pile a pour ces cas une action chimique trop grande, elle agit vivement sur la peau, et sa tension est moindre que celle de Daniell. D’autres médecins ont peut-être été plus heureux que nous, mais avec cet appareil nous n'avons jamais pu obtenir un effet sédalif, et il faut dans ces cas que l’électricité, au lieu d’être un excitant, soit un calmant, ce qui n’est possible que dans certaines conditions.

Chorée.

Avant d'étudier l'influence thérapeutique des. courants électriques dans la chorée, nous allons examiner les phénomènes que présente cette affection au point de vue physiologique. Nos recherches expérimentales ont surtout été faites chez le chien qui présente tres-souvent des

mouvements choréiformes. Chez trois chiens qui nous” présentaient ce genre d'affection, les mouvements anormaux se voyaient dans les membres antérieurs, ils étaient plus marqués d’un côté que de l’autre (deux fois à gauche, une fois à droite); on remarquait toujours un ou plusieurs musclés spécialement atteints; dans un cas c'était le grand pectoral, dans un autre les extenseurs de la patte, dans un troisième la plupart des muscles de l'épaule.

Pour étudier les mouvements choréiques et les variations qui surviennent dans leur forme et leur intensité, sous certaines influences, nous avons employé la méthode graphique. L'animal étant fixé solidement dans une gouttière, on multipliait les liens sur le membre choréique, de façon à s'opposer à tout mouvement, le tendon d’un muscle était mis à découvert et rattaché par un fil au levier enregistreur. \ Sur l’un des chiens dont les muscles extenseurs étaient” presque exclusivement atteints, on se contentait de fixer le, fil à un ongle de la patte, à demi fléchie.

Nous avons ainsi constaté que le plus ordinairement l'in tensité des mouvements choréiformes croissait propcrüvñ=

AARARR

FiG. 49, — Contractions rhythmiques normales ; le cylindre enregistreur exécul® un tour par minute,

nellement avec leur fréquence. Chaque mouvement, qu'il soit simple ou complexe, est suivi d’un repos complet dont la durée est sensiblement la même (fig. 49).

T1 n’y à pas cependant isochronisme complet, comme on le voit dans les tracés lorsque le cylindre enregistreur tourne rapidement ; on apprécie alors plus aisément les distances qui séparent chaque contraction, et l'on reconnaît qu'elles ne sont pas absolument égales.

* Cette apparence de régularité dans les mouvements nous a conduits à rechercher s'ils ne seraient pas en rapport avec le pouls et s'ils n'étaient pas sous l'influence de limpulsion du sang, dont le choc pouvait ébranler les éléments nerveux de la moelle. Notre hypothèse parut d’abord se confirmer ; enauscultant le cœur, nous crûmes trouver, surtout sur Pun des chiens, que chaque mouvement des membres choques coacidait ayec une pulsation cardiaque, mais nous avo oulu ‘constater rigoureusement cette-coïncidence. coment ER, avons dant ep inen un ana

pend Hit quete js qe éhotsiques “ten PAR au er nee servait à à inscrire Mod mouvements; Rat e

ler % si as vaine do Îl is y avait dns Ement concordance plus ou moins complète, 1l y avait le plus souvent une dissemblance bien marquée; nous avons même remarqué que la rapidité des mouvements ne croissait pas en raison de l'augmentation du nombre des battements cardiaques.

… Si l’on étudie séparément la forme de chaque mouvement choréique, on voit d’abord que ce mouvement est - brusque, instantané ; le retour au repos est aussi très-rapide, mais moins brusque, quelquefois même il se fait en … plusieurs temps; de sorte que les tracés enregistrés, en don-

nant à l'appareil un mouvement très-lent, montrent une, ligne d’ascension verticale et une ligne de descente légères ment oblique, devenant quelquefois très-oblique à sa partie \ inférieure ; le sommet est aigu ou légèrement obtus; fréquemment la descente est interrompue par une secousse plué faible, qui la divise en deux parties distinctes, chaque grande contraction est. alors doublée d'une contraction plus faible (voyez fig. 49). | Si l’on imprime au cylindre une grande vitesse, on voit | ordinairement une ligne d’ascension légèrement oblique, un sommet arrondi et une ligne de descente ?très-oblique fig 50). 4

FiG. 50.— Le cylindre fait 45 tours par minute.

Dans les cas où le mouvement est plus violent, on trouve Je sommet constitué par un plateau ; c’est alors surtout que la descente s'effectue en plusieurs temps (fig. 51).

On remarquera que dans ce tracé la ligne d’ascension est presque perpendiculaire, la contraction est brusque et puissante, la descente est au contraire lente et se fait en plusieurs fois. On voit également ce plateau très-prononcé lorsque l’ascension se fait exceptionnellement par une série

he

de secousses, ce qui du reste est-assez rare et ne se montre Jamais avec une grande netteté; on observe alors que les

Fi, 51.— Le cylindre fait 45 tours par minute.

ligues d'ascension et de descente sont réunies par une ligne droite qui indique une contraction tétanique durant un temps appréciable (fig. 52).

M6, 52.— Pour le tracé supérieur, le cylindre fait un tour en une minute ; pour l’inférieur, il fait 45 tours:

* La contraction des muscles choréiques n’est donc pas toujours identique; tantôt elle est unique et brusque, tantôt il ÿ à une succession de mouvements qui s’ajoutent ; en d’autres termes, nous aurions en premier lieu ce que M. Marey appelle les secousses musculaires, et en second lieu la con-

traction tétanique. Cette distinction est peut-être un peu | subtile, car s’il n’est pas douteux que dans l'effort prolongé, comme sous l'influence de la faradisation, le mouvement. résulte d’une série de secousses, ne peut-on pas admettre une contraction complète et instantanée du muscle et une contraction progressive. Ce que l’on observe dans le tic confirmerait cette manière de voir, puisqu'on trouve un Hi passage insensible entre la secousse simple et les 1. ments composés de séries de secousses.

unique; faut-il donc admettre que dans le cœuril n°y a pas de contractions réelles, mais seulement, des. s secousses mus=

culaires ? ! Le re à

| Détermination eu siége ati de. mo. |

La section des nerfs qui se à rendènt RARE choréiques 2 entraine l'arrêt des mouvements ; il ne pue na être qu à

moelle. M. Chauveau, ayant coupé la moelle d’un chien | choréique au niveau de l’espace altoïdo-occipital, constatä que l'animal, entièrement privé des mouvements volontaires,

éprouvait les mêmes violentes secousses choréiques qu'avant

l'opération. M. Carville et M. Bert ont présenté à la Société de biologie des observations analogues.

Non-seulement nous avons constaté les mêmes effets après la section de la moelle, mais nous avons utilisé ce procédé spécialement pour nos recherches sur l’action des courants électriques, où il est nécessaire de se mettre à l'abri des mouvements volontaires; nous avons conservé trois ou quatre heures des chiens choréiques dont la moelle était coupée vers la région cervicale supérieure (au niveau de la troisième ou quatrième vertèbre). Pendant ce temps, les animaux, qui respiraient très-difficilement et qui cessaient

. même complétement de respirer dans les premiers instants qui suivaient la section de la moelle, étaient soumis à la respiration artificielle au moyen d’un tube placé dans la trachée. Immédiatement après l'opération, les mouvements choréiques sont d’abord ralentis, et dans un cas ils ont cessé complétement pour reparaître spontanément après quatre ou cinq minutes. Ils se maintiennent dès lors tant - que l'animal n'est pas très- arabe Si l’on arrête la respiration, la chorée ne tarde pas à décroître, les mouvements sont moins forts et moins fréquents, 1ls disparaissent com- plétement au bout d’une à deux minutes et se montrent de - nouveau progressivement dès qu'on insuffle de l’air. La chorée n’est donc pas sous l'influence directe du cerveau, l’expérimentation le démontre nettement; 1l n’est pas douteux cependant que les pathologistes ont vu la chorée . se développer à la suite de certaines lésions de l’encéphale (hémorrhagie, ramollissement). Nous pensons que les connexions intimes qui unissent les cellules nerveuses céré- - brales et les cellules médullaires expliquent suffisamment

l'influence des premières sur les secondes, et l'excitation pathologique de la moelle après une lésion cérébrale. Nous avons constaté cette action éloignée du cerveau sur less mouvements choréiques dans quelques expériences; les caresses modifient momentanément les contractions rhyth® miques, il en est de même de la peur, Dans la figure 53,

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