‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 59 sur 173 · LL LA · texte numérisé non relu

LL LA

À F16. 53.— Le cylindre fait un tour par minute, il

un chien craintif étant attaché sur une table et par faite = ment calme, on frappe avec force sur une lame métallique de facon à produire un grand bruit ; les contractions, très fortes d’abord, cessent pendant un temps assez court (de AM à B), puis elles se rétablissent; lorsque l'animal s’est ha. bitué au bruit, on n'obtient plus les mêmes effets, 1l y a au contraire augmentation des mouvements. k

On sait que, pendant le sommeil, l'agitation choréique” cesse, ce qui prouve bien qu’il y a repos des éléments mé dullaires et des éléments cérébraux; la moelle sommeille comme le cerveau. 4

Les anesthésiques agissent de la même manière que le“ sommeil normal et permettent de suivre la décroissance progressive des contractions. Après avoir injecté 3,50 dem chloral hydraté dans le rectum d’un chien choréique, nous avons obtenu une série de tracés (fig. 54) dans lesquels on

| CHORÉE, 289 voit l'amplitude des mouvements décroître peu à peu. On obtient enfin une ligne droite, c'est-à-dire que tout mouvement cesse sans que pour cela les contractions volontaires -soient suspendues; si l’on pince l'animal, il crie et s’agite.

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F6, 54, — Le cylindre fait un tuur par minute,

Pour la figure 54, le nombre des mouvements augmente dans les deux derniers tracés à mesure que l’amplitude décroît, mais lorsque l'absorption du chloral est plus avancée, le nombre diminue notablement.

Ainsi, en supprimant le cerveau, on ne fait pas cesser les

mouvements choréiques; d’un autre côté, en donnant les anesthésiques, dont l'action se porte plus spécialement sur . les cellules sensitives de la moelle, on abolit les mouve- # ments, ce qui laisse déjà supposer que ces cellules ou les nerfs qui en dépendent sont le siége de la maladie. Sur deux de nos chiens choréiques, dont les mouvements rhythmiques affectaient l’un des membres antérieurs, nous avons mis la moelle à découvert sur une longueur de 2 décimètres, en partant de la troisième vertèbre cervicale. Nous avons noté d’abord qu'après l'opération il v avait un affaiblissement marqué des mouvements qui se rétablissaient ONIMUS ET LEGROS, 29

300 RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES. À peu à peu |par le repos. Si, daus ces conditions, on {venait à exciter légèrement les cordons postérieurs en promenant le dos d’un scalpel à leur surface, les contractions devenaient énormes, comme on le voit dans notre figure 55, qu’il faut”

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ic. 55. — Le cylindre die GE Dir NE

comparer au tracé normal de la figure 49. Peu à peu la moelle exposée à l'air se refroidissait, les mouvements s'affaiblissaient et disparaissaient même entièrement ; pour M les rétablir, il suffisait de rabattre les couches musculaires sectionnées et de recouvrir la moelle, mais on obtenait un» : “résultat bien plus prompt et plus marqué en la réchauffant artificiellement au moyen d'éponges imbibées d'eau chaude. …

Après ces constatations et divers essais d’électrisation sur. | lesquels nous reviendrons plus loin, nous avons sectionném les racines postérieures du côté choréique, sur l’un des | chiens dont la moelle était séparée du cerveau ; cette expé j rience a été tentée déjà par M. Bert (Leçons sur la respi ration), et nous avons obtenu le même résultat, c’est-à-dires queles mouvements rhythmiques n’ont pas disparu (fig. 56); ils avaient notablement diminué d'intensité, la coute était moins brusque et durait plus longtemps, comme on | voit sur le tracé ; nous devons dire que l’animal était soumi à la respirauon artificielle depuis plus d’une heure et sem trouvait tres-affaibli. Du reste, il importe peu que ces s|

CHORÉE. 387 … inouvements soient faibles ; ce qu’il est utile de constater, ? Cest qu'ils persistent avec leur rhythme habituel après É section des racines postérieures, et que par conséquent ils . me sont point sous l'influence des nerfs périphériques. Nous avons, sur un autre chien, sectionné la moelle sur Ja ligue médiane, et les mouvements ont continué ; puis, avec

F6 . 96— Le cylindre fait un tour par minute.

$ -des ciseaux courbes, nous avons excisé une partie des cornes et des cordons postérieurs; les contractions rhythmiques sont devenues plus faibles, 1l semblait mème qu’elles avaient F jessé dans quelques points ; ce n’est qu’en excitant profon- FR ent la région postérieure, que nous avons suspendu … tous les mouvements choréiques qui dépendaient de la portion de moelle en expérience ; les secousses choréiques n’ont point cessé dans les muscles innervés par le tronçon

. de moelle demeuré intact.

— Ilest donc permis d'affirmer que le siége de l'affection ë « choréiforme se trouve dans les cellules nerveuses de la & corne postérieure ou dans les filets qui unissent celles-ci aux cellules motrices. Nous verrons que l’expérimentation, au ‘à moyen des courants électriques, confirme ces déductions.

Influence des courants électriques sur les mouvements choréiformes,

- Nous avons multiphé les expériences au moyen des courants électriques de sources diverses, nous »’insisterons que

sur celles qui ont uné importance capitale dans la question qui nous occupe.

Les courants d'induction étant dirigés sur le membre choréique où mieux encore un des pôles étant appliqué à l'extrémité du membre et l’autre sur le dos de l'animal, 1l survient une contraction tétanique qui abolit complétement les mouvements rhythmiques lorsque le courant est fort ;

avec un courant très-faible, si faible qu’on le supporte sur.

la langue, on détermine un certain degré de contracture qui, sans abolir complétement les mouvements, les modifie et les rend faibles et irréguliers (fig. 57). La figure 57, qui

F1G. 57. — Le cylindre fait uu tour par minute.

représente imparfaitement ce que noûs venons de décrire et ce que nous avons vu plusieurs fois, montre au contraire très-bien que les contractions sont plus faibles après la cessation du courant qu'avant son passage. Nous avons toujours remarqué qu’une série de contractions puissantes ou de convulsions tétaniques des muscles était suivie d’un calme relatif, excepté dans les cas où l’on agit directement sur la moelle, ainsi que nous le dirons bientôt.

Les courants continus appliqués sur le membre choréi- . ‘

que nous ont donné, dans tous les cas, une diminution dans

l'intensité des contractions. Quelle que fût la direction du«

courant, on voyait les mouvements s'affaiblir et en même temps leur fréquence augmentait.

L'électrisation directe ou indirecte de la moelle devait nous donner les résultats les plus imtéressanis.

Sur nos chiens dont la moelle à découvert était sectionnée transversalement à sa partie supérieure, nous avons cherché d’abord l'influence directe des courants continus fournis par 8 piles Remak; le canal rachidien était ouvert sur une longueur de 2 décimètres dans la région d’où émergeaient les nerfs qui se rendaient au membre choréique ; les pôles étaient appliqués aux deux extrémités de la région découverte à la surface de la partie postérieure de la moelle, les rhéophores étaient préalablement placés, et au moyén d’un commutateur on établissait le cireuit sans toucher de nouveau à la moelle.

Au commencement du tracé 58, on reconnaît les contrac-

FiG. 58. — Le cylindre fait un tour par minute.

tions normales ; au point À, qui devrait être placé en bas, on fait passer un courant ascendant, c’est-à-dire que le

pôle négatif est placé du côté de la section faite près du

bulbe, et le pôle positif vers l'extrémité mférieure de la parle ouverte ; immédiatement, les contractions augmentent

de nombre et d'intensité, elles durent plus longtemps, ce qui est indiqué par un plateau qui réunit les lignes ascen-

dantes et descendantes ; en outre, il n’y a presque plus de

repos. Dès qu’on interrompt le courant, l'amplitude des

oscillations diminue et devient plus faible même qu'avant

l’électrisation. Si, à ce moment, on change la direction, on voit (fig. 59) que le courant descendant au point A, après

NAANNARA AN

F16. 59. — Le cylindre fait un tour par minute.

avoir déterminé une brusque secousse, donne des contractions plus faibles; en B, on arrête l’électrisation et les contractions augmentent. En continuant plus longtemps le courant descendant sur la moelle, on remarque toujours la faiblesse et la rareté des mouvements rhythmiques (fig.60).

Fi6, 60, — Le cylindre fait un tour par minute.

Dans ces expériences, nous ne sommes pas arrivés à arrêter complétement les mouvements ; 1l est vrai que nous n'avons jamais employé plus de 15 piles Remak.

Ainsi, pendant le passage du courant ascendant appliqué 1

à la partie postérieure de la moelle, il y à augmentation des contractions ; à la rupture, on trouve, au contraire, une diminution; avec le courant descendant, c’est l'inverse,

lin, .

Nous avons insisté bien des fois sur l'importance de la direction du courant, et nos observations dans ces cas de mouvements choréiques confirment tout ce que nous avons dit à cet égard; c’est à tort que l’on attribue au contact du pôle positif ou négatif des effets physiologiques différents que l’on doit rapporter au sens du courant. Nous en avons eu la preuve en répétant l'expérience précédente d'une, autre facon. Sur le chien dont la moelle était à découvert. et seclionnée en haut, nous avons appliqué les pôles non plus directement sur la moelle, mais aux extrémités de l'animal, dans la œueule et dans le rectum, et les modifications du mouvement sont survenues comme dans le cas où l'électricité était portée sur la moelle mise à nu.

Dans le tracé 61, les contractions normales sont faibles ; au point À, on fait passer un courant ascendant par tout le

A fLn ’Rf Ra RER ES

. Fi. 61. — Le cylindre fait un tour par mire, Ne tee |

bn à cireuit. fous avons répété. cette hote ün grand nombre de fois et toujours avec le même succès ; souvent même, lorsque les mouvements s’arrêtaient com- Plétement, soit sous l'influence d’un poison, soit à la*suite

de l’affaiblissement progressif de l'animal, nous avons pu, par ce moyen, ranimer la contraction rhÿthmique.

Dans le tracé 62, un courant descendant appliqué aux extrémités du chien détermine, comme on devait s’y: attendre, une diminution notable des mouvements, l’électrisation commence en À et finit en B. On le voit donc. il est

F16. 62. — Le cylindre fait un tour par minute,

impossible d'admettre ici autre chose que l'influence de la direction du courant, qui agit à la façon du chloral lorsqu'il est descendant, et comme la strychnine lorsqu'il est ascendant.

FIG. 63. — Le cylindre fait un tour par minute,

Pour montrer l'indépendance complète des racines pos-

CHORÉE. | 398 térieures de la moelle dans les faits que nous venons d’étudier, nous avons sectionné ces racines et nous avons attendu que l’affaiblissement de l'animal fit cesser les contractions ; le passage du courant ascendant étant alors établi comme ci-dessus (fig. 63), au point À, nous voyons une brusque ascension succéder à la ligne droite du repos, puis après cette secousse on enregistre des mouvements rhythmiques qui sont faibles à la vérité, mais 1l faut bien noter qu'on n’observait aucune contraction avant l’électrisation. À l'interruption du courant en B, on constate de nouveau une petite secousse, les mouvements continuent quelque temps, puis ils s’éteignent.

Le tracé suivant (fig. 64) nous montre les effets du cou-

ze

0 Fc. 64,— Le cylindre fait un tour par minute,

rant descendant dans les mêmes circonstances. L'instrument

enregistreur donnait une ligne droite. On électrise en A et

- apres une brusque secousse on a quelques légères contrac-

- tions plus faibles que dans le précédent tracé, puis une ligne droite qui n’est pas indiquée dans la figure; en cessant - Pélectrisation, il y a quelquefois de nouveau quelques oscil- lations et l'immobilité reparaît.

Nous ne voulons point dire cependant que l'excitation des racines postérieures n'ait aucune influence sur l'intensité

de la chorée, nous allons voir le contraire ; mais si elle peut modifier le mouvement, elle n’est pour rien dans sa production.

Sur un de nos chiens, dont le canal rachidien est ouvert et qui est sous l'influence d’une légère dose de chloral, nous soulevons une racine postérieure, un mince fil de platine est glissé dessous et un autre placé au-dessus, de facon qu'ils ne se trouvent pas exactement dans le même plan; on met les fils de platine en rapport avec un appareil d’induction qui donne un courant extrêèmement faible. Dès que le courant passe (fig. 65) au point À, 1l y a une secousse très-

FiG 17.— Le cylindre fait un four par minute,

vive ; on continue l’excitation pendant un quart de minute ; dans la figure, on a indiqué cette période, dont l’enregistrement donne une ligne droite par une série de points; quand on cesse, le tracé descend au niveau primitif et les oscillations reparaissent ; les premières sont déjà plus fortes que celles qui ont précédé l’électrisation, mais elles acquièrent au point D une énergie remarquable. Cette expérience vient ajouter une nouvelle preuve à la localisation de la

chorée dans les cornes postérieures ; l’excitation des racines postérieures se transmet aux cellules sensitives en déterminant une exagération anormale de la fonction.

Nous avons obtenu des résultats analogues en électrisant de la même facon une portion des cordons postérieurs de la moelle. |

Pour terminer, nous dirons quelques mots de l’ ce du galvanomètre qui nous apprend peu de chose sur les contractions choréiques. Des seules de platine, placées l’une dans la profondeur et l’autre à la surface des muscles atteints de secousses, ont amené une déviation semblable à celle que nous obtenions sur des muscles au repos; il est vrai que dans les membres choréiques la contraction et le repos se succédaient si rapidement qu'il était difficile d’avoir une déviation en sens contraire de laiguille du galvanomètre au moment de la contraction, en tout cas il n’y avait pas la moindre oscillation. En enfonçant une aiguille dans «un muscle choréique et une autre dans un muscle immobile sur Je même animal, et mettant en communication les deux aiguilles : avec le galvanomètre, la déviation qui survenait semblait indiquer que les muscles choréiques étaient positifs pr rapport aux autres.

. L'examen microscopique de la moelle de ces chiens ne nous a rien appris sur l'anatomie pathologique de cette singulière affection ; nous avons seuleinent remarqué que les régions HédoNéire d’où partaient les nerfs des membres choréiques étaient plus congestionnées, mais nous n’oserions affirmer que c’est là une lésion constante. Recherches thérapeutiques. — Le premier cas de chorée que nous avons eu l'occasion de traiter chez l homme € est le

M'eT., âgée de dix-neuf ans, ouvrière dans la chapellerie, a été prise pour la première fois, au mois d'octobre 1864, de phénomènes cho-. réiques. Cette affection s’est prolongée très-violemment pendant tout l'hiver. Les règles, qui apparaissaient régulièrement depuis un an, cessèrent en même temps, et ne revinrent qu’au printemps, lorsque la chorée eut disparu.

Eh automne, la chorée reparut très-forte et ne dura que quinze jours.… Mais après cette seconde atteinte, la malade éprouva des douleurs mus= culaires et articulaires, même pendant l’été qui suivit. La chorée revint en hiver, dura quelques jours et disparut tout d’un coup,

Enfin, la quatrième attaque a été la plus forte et la plus persistante ; elle a commencé au mois d'octobre 1867, et s’est prolongée jusqu’au mois de février 1868, époque à laquelle nous vimes la malade. Les mouvements choréiques avaient existé au début dans tous les membres, mais ils s'étaient bientôt localisés dans le bras droit et dans la jambe droite. Le mouvement pour le bras consistait dans un soulèvement brusque de l’avant-bras et surtout dans des mouvements incoordonnés | du pouce et de l'index. Dans la jambe, les extenseurs étaient affectés, et le pied se trouvait soulevé et dévié en dehors à chaque instant.

La malade avait déjà subi plusieurs traitements ; elle avait pris du bromure de potassium, des bains sulfureux (40 bains), des toniques, etc." Avant de commencer le traitement électrique, nous lui fimes prendre pendant dix jours 30 grammes de bromure de potassium, sans obtenir| le moindre résultat. Nous essayâmes alors l’emploi des courants continus, et pour électriser en même temps toutes les parties affectées, nous pla-Ml câmes un des pôles dans la main droite et l’autre sur le pied droit. iroyant fermement que le courant descendant ou centrifuge devait être employé dans ce cas, car il est calmant, nous mettions dans la main le pôle positif et près du pied le pôle négatif. Nous avions ainsi un courant | allant du bras à la jambe, et par conséquent ascendant pour le bras | seulement, ét descendant pour la moelle et la jambe. Au bout de quatre séances, le bras était complétement guéri, et les mouvements choréiques. | n'existaient plus que dans la jambe. Les séances suivantes, nous mettions M ua pôle sur la partie lombaire de la moelle et l’autre sur les nerfs scia-M tiques, et comme nous étions toujours persuadé que nous devions agir avec le courant qui, d’après nos recherches, diminuait et empêchait . même les actions réflexes, nous nous servions constamment d’un courant descendant. Au bout de six séances de ce mode d’électrisation, ne voyant”

aucun Changement, et comparant ce résultat peu satisfaisant avec le

Succès que nous avions obtenu du côté du bras, où nous avions été obligé d'employer un courant ascendant, nous fimes passer sur le nerf sciatique un courant ascendant, et, fait remarquable, au bout de deux séances, la jambe fut également complétement guérie. La malade reprit son travail, et, depuis cette époque, la guérison s’est maintenue.

- Les courants employés étaient de force moyenne et le minimum d'application de quinze minutes. En moyenne, la durée de l’électrisation était de vingt-cinq à trente minutes. | Ce qui, à notre avis, rend cette observation instructive, “cest que nous avions été conduit par des idées purement théoriques, à employer dans le commencement du traite- \ ment un procédé défectueux, ou, tout au moins, moins effi- çace. Croyant, avec la plupart FE médecins, que dans la chorée il fallait chercher à modérer les centres nerveux, “nous avions employé avec persistance un courant descendant qui a la propriété d'empêcher ou tout au moins de di-

| minuer les actions réflexes.

… Le hasard presque nous a forcé de reconnaitre notre er- -reur, ef nous avons pu constater ainsi que le courant qui -agissait avec le plus de succès dans certains cas de chorée était celui qui, au contraire, augmentait l’excitabilité de la poele.

M" C..., âgée de onze ans, est atteinte de chorée depuis deux ans et demi. Pas de maladie antérieure. Pas de rhumatisme. Les mouve- - ments choréiques, au lieu d’apparaître en automne ou en hiver, comme c'est la règle, apparaissent au printemps et cessent en automne. La pre- … mière attaque choréique a eu lieu au commencement du mois de fé-

vrier 1867, elle s’est prolongée jusqu à la fin du mois d’août. La seconde k attaque a eu lieu à la fin du mois de février 1868, et a également duré de tout l'été. La dernière, enfin, a commencé au mois d'avril 1869, La … malade a été traitée successivement par les bains sulfureux, le bromure - de potassium, l’arsenic, l’hydrothérapie.

Les mouvements choréiques existent très-forts dans tous les membres, mais ils sont plus prononcés dans les membres du côté droit ; la marche est très-difficile et ne peut être longtemps prolongée; la parole est eme barrassée, et quelquefois même impossible, etc. Ne

A la première séance d’électrisation, nous appliquâmes un courant de 20 éléments Remak sur la lot vertébrale; durée 15 minutes. Courant ascendant. L'état reste le même pendant l’électrisation et l’éleétrisation,

Il y a, vers le soir, un peu plus d’agitation. #

Le surlendemain, pendant la seconde séance, les mouvements cho réiques se calment au moment de l’électrisation; mais ils parie plus prononcés aussitôt après, et la malade, pendant toute la soirée, est à très-agitée, plus agitée même qu'avant le traitement. La nuit est bonne; ct le lendemain matin la malade est très-calme ; les mouvements cho Lréiques ont beaucoup diminué, la marche devient plus facile, la paro # plus aisée. |

Pendant la troisième séance, les mouvements choréiques sont fort peu prononcés, mais ils reviennent très-énergiques quelques heure après l’électrisation, et disparaissent de nouveau le lendemain matin. A | mère elle-même fait la remarque qu'après chaque séance sa fille paraît plus agitée, mais que, l'agitation passée, elle paraît presque guérie.

Pendant la quatrième séance, nous employâmes un courant descenM dant, appliqué également sur la colonne vertébrale, Pas ou presque pas de mouvements choréiques pendant la séance; la malade est calme le restant de la journée, mais le lendemain l’état est moins bon. #

Cinquième séance : courant ascendant, Absence de mouvements choréiques pendant l’électrisation; mais, quelques heures après, les mouvements choréiques reparaissent dans tous les membres, et aug= mentent encore d'énergie le lendemain. | |

A partir de ce moment, nous employämes de nouveau le courant ascendant; 25 éléments; durée, 20 à 25 minutes. Au bout de sept séances d’électrisation de ce genre, la malade est rétablie; il n’y a plus” que très-rarement quelques soubresauts musculaires, mais les mouve= ments sont coordonnés, la marche est facile et la parole est compléte= ment revenue. L’agitation qui suivait l’application des courants ascen” - dants n’existe plus, et l'enfant reste calme pendant et après l'électri=, sation.

Daus l'observation suivante, nous avons également con=

CHOREE. | 899 staté une sorte de recrudescence quelques heures après lapplication d’un courant ascendant ; mais le lendemain,

. l'état de la malade était beaucoup amélioré, et la guérison dans ce cas fut très-rapide, malgré lintensité de la maladie.

M'eF..., âgée de seize ans, blanchisseuse, a été prise d’une frayeur très-grande pendant l’époque de ses règles. Les menstrues ont été sup-

primées immédiatement et n’ont pas reparu depuis.

Quelques jours après surviennent des étouffements, des crises nerns, et tous les symptômes qui caractérisent l’hystérie. Les sym- … ptômes disparaissent peu à peu, mais deux mois après surviennent des douleurs dans les deux genoux et des mouvements incoordonnés de tous “les membres. En même temps, la malade ne peut plus marcher que … très-difficilement et a la jambe embarrassée.

Ces phénomènes augmentent de jour en jour, et lorsque nous començâmes le traitement par le courant continu, la malade ne pouvait us saisir aucun objet; elle laisse tomber ceux qu:on lui met entre les mains. Tous les muscles de la face présentent des contractions irrégu- …lières; les lèvres remuent constamment; la langue est projetée, subite- ment en avant; toute la tête est par moment entraînée à droite et à

gauche. Les muscles de l'épaule et du bras accentuent les mouvements : les plus irréguliers ; les membres inférieurs sont moins affectés.

* - Première séance : électrisation de la moelle avec courant ascendant

r pe dix éléments ; durée, 15 minutes. Pas d’effet appréciable.

Deuxième séance : Même application. Le soir, un peu plus d’excition, mais le lendemain l’état général est meilleur, A la troisième séance, nous augmentons l'intensité du courant, et, - quelques heures après, tous les symptômes paraissent aggravés; la

De:

faible et de courte durée après la quatrième séance. Le cinquième jour,

là parole et la marche étaient complétement rétablies, les mouvements

É : “moins violents, et au bout de douze séances la guérison fut complète.

F Nous devons à l’obligeance de M, le docteur Ordenstemn,

h00 RECHERCHES PUYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.

l'observation suivante, qui est trés-intéressante, surtout : comme concordance du rhumatisme articulaire et de h chorée,

Mlle G. S.…, âgée de dix ans, sans maladie antérieure, d’une trèsforte constitution et née de parents parfaitement sains, fut prise, le . h juin#1868, d'un rhumatisme articulaire. L’affection débuta par le poignet de la main droite et s’étendit rapidement dans plusieurs autres articulations ; les deux épaules et les deux genoux furent pris, mais. F l’arthrite la plus douloureuse et la plus opiniâtre fut celle de + articulation : tibio-tarsienne du côté droit. k,

Au bout de huit jours apparurent des phénomènes ésiaqeil très- | prononcés : souffle très-rude mais superficiel au premier temps, fièvre | très-vive, inappétence, etc. Traitement : sulfate de quinine.

Tous ces phénomènes s’amendèrent, mais, à leur déclin, le 22 juin, « apparut le premier symptôme choréique, consistant dans des projections de la langue et dans de légères grimaces de la figure. Les muscles de la « face, du côté droit surtout, étaient le siége de contractions involontaires et incoordonnées. A ces symplômes vinrent s’ajouter très-rapidement des mouvements choréiques de tous les membres. La marche devient impossible, l'enfant ne peut plus porter les aliments à la bouche, elle ne. peut ni donner la main ni saisir un objet. Les membres supérieurs, ct principalement le bras droit, sont incessamment portés dans tous les sens, Les douleurs articulaires ont complétement disparu, mais le souffle cardiaque persiste. C’est dans ces conditions que M. le docteur Ordenstein nous prie d'employer les courants continus pour le traitement « de la chorée. Nous appliquâmes un courant de quinze éléments Remak « (courant ascendant) sur la colonne vertébrale, et également pendant « quelques minutes sur le bras droit. Au bout de la troisième séance, | l'enfant put marcher et se servir plus facilement de ses mains. Au bout de sept séances, c’est-à-dire dix jours après le commencement du trai-« - tement, l'enfant était rétablie; il ne lui restait qu’une faible inclinaison de la tête, du côté gauche, simulant un léger torticolis et qui disparut bientôt. La guérison s’est complétement maintenue, et il n’y a eu aucune récidives :

Nous voyons, d’après ces observations faites avant n0S recherches physiologiques, que, pendant l'application du

courant descendant, les malades sont plus calmes, tandis qu'avec le courant ascendant ils sont plus excités, et qu'il y a quelque temps après les séances une recrudescence des mouvements choréiques. Ces faits concordent exactement

avec ce que nous avons vu dans les expériences sur les animaux, et ils ont d'autant plus d'importance qu'ils ont été

observés à des époques différentes et sans idée préconçue. Ce qui est plus difficile à expliquer, c’est justement dans

» ces cas l'avantage de l'emploi du courant ascendant; il

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