ART D
sewble que le contraire devrait avoir lieu.
M. Duchenne, dans un travail récent (1), s'exprime ainsi : « Est-1l bien démontré, comme l’affirme M. Onimus, que le courant continu ascendant ait sur le courant descendant l'avantage de guérir la chorée? Il m'a semblé que la contre-
épreuve expérimentale était ici nécessaire. Je viens de la faire; on en va voir le résultat dans l'observation suivante, | exposée en résumé. »
« L'occasion de faire cette contre-épreuve, chez un jeune garçon
atteint d’une chorée depuis cinq mois, s’est justement présentée le jour où la découverte de cette curieuse propriété thérapeutique du courant
ascendant était annoncée par M. Onimus, dans la Gazette des hôpitaux. J'ai fait passer le courant descendant continu de 30 éléments de ma pile au sulfate de plomb, pendant 5 à 6 minutes, dans chacun des membres
agités par des contractions choréiques, en plongeant alternativement les
mains dans une cuvette remplie d’eau en rapport avec le pôle négatif, et
. en plaçant l’autre rhéophore (positif) dans un point correspondant à l’o- . riginé du plexus brachial. Après la deuxième séance, l'agitation des membres supérieurs avait notablement diminué. Je fis alors passer un Courant descendant dans les membres inférieurs et (suivant la direction de la moelle) dans le tronc, qui était le siége de quelques contractions
(1) Examen critique des principales méthodes d'électrisation. 1870. (Extrait de l’Électrisation localisée.) ONIMUS ET LEGROS. 26
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convulsives isolées. A dater de ce moment, l’amélioration a été progres - : sive ; après quatorze séances, le jeune choréique paraissait guéri. » :
«Il est possible et même probable qu’un plus ou moins L: grand nombre des guérisons de chorée, obtenues par d’au= s tres obsérvateurs, l’aient été également par le courant con tinu descendant. Mais le fait qui m'est personnél, fût-il seul, prouve, contrairement à l’assertion de M. Onimus, « que le courant continu descendant possède, de même que le courant ascendant, le pouvoir de guérir la chorée. »
Nous n'avons jamais soutenu que le courant ascendant seul parvenait à guérir la chorée, mais nous avons dit que dans les cas que nous avons observés, et contrairement à ce que nous supposions, ce courant nous a donné de meilleurs résultats que le courant descendant.
D'ailleurs, 1l faut bien le remarquer, les cas que nous avons eu à soigner, et surtout le premier, sont des cas assez rebelles et chez lesquels le bromure de potassium avait plutôt fait empirer la maladie. En est-il de même de celui de M. Duchenne? D'un autre côté, n'est-il pas remarquable que certains cas de chorée cédent à l'emploi de médica- … ments hyposthénisants, tandis que d’autres guérissent par une médication tout opposée? Il est curieux de voir que. le médicament qui excite le plus les centres nerveux et le courant électrique qui possède également cette propriété . soient les agents les plus efficaces dans le traitement de » certains cas de chorée, La strychnine a été préconisée | dans cette affection, et Trousseau la prescrivait très-souvent . et en a obtenu de bons résultats. 2
Nous pouvons ajouter que Benedick a également observé » que, dans la chorée, 1l était plus avantageux d'employer le
s vga *
ÉPILEPSIE. h0ë
courant ascendant, et 1l recommande d’électriser la moelle avec un faible courant ascendant. F
Dans cette affection, de même que dans toutes celles que nous pouvons passer en revue, serait-ce mème dans les névralgies et les affections hystériques, nous n'avons pas la prétention de poser des lois immuables, et nous ne doutons pas que, selon les personnes, les appareils, etc., on puisse souvent obtenir de bons résultats en donnant aux courants
- des directions opposées à celles que nous recommandons.
| Nous indiquons les méthodes qui nous ont le mieux réussi et celles qui semblent les plus logiques, afin que d’autres puissent en profiter; mais ici, comme dans tous les traitements, il ÿ à toujours des conditions spéciales dont le médecin, selon chaque cas, doit tenir compte.
Ainsi, dans la chorée chez les femmes enceintes, dont nous soignons dans ce moment un cas, nous nous départissons complétement des règles ci-dessus, car lélectrisation
- de la moelle entière pourrait amener des accidents du côté de l'utérus.
Épilepsie.
= Dans les premières années où l'électricité fut découverte, —… dans toutes les parties de l'Europe, on crut immédiatement avoir découvert la panacée universelle, et les médecins - s'appliquèrent aussitôt à l’employer dans les affections re- - connues incurables jusqu'alors. Si l’on se reporte à cette … époque, et si l'on parcourt la quantité d’écrits et d’observations qui se firent dans les principales universités, on est … frappé de l'enthousiasme et de l’émulation qui existaient … sous ce rapport. On avait trouvé le secret de la vie, on gué- … rissait les surdités invétérées, les amauroses, l’épilepsie, etc.
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et au lieu de se maintenir dans un cadre plus modeste, de chercher à réveiller la vitalité plus ou moins éteinte des muscles et des nerfs, les médecins sérieux comme les charlatans ne cherchaient qu'à appliquer l'électricité dans les
maladies les plus rebelles et dans les cas où tous les autres
traitements échouaient complétement.
La conséquence naturelle de cette tendance fut qu'au bout de quelque temps les observateurs honnêtes reconnurent que l'électricité, pas plus qu'aucun autre traitement, ne pouvait guérir les atrophies complètes du nerf auditif, du nerf optique, ni certaines paralysies, ni l’épilepsie ; et l’électrothérapie tomba dans une défaveur d'autant plus grande que les charlatans continuèrent à s’en servir, à crier leurs succès et à exploiter les idées mystiques. Il n’y a pas de maladies qu'ils ne guérissent, et alors, comme aujourd'hui, ils ne doutent de rien et le persuadent même quelque temps au public.
La déconsidération dans laquelle est tombée l’électrothérapie se ressent encore de ces guérisseurs à tout prix, et tous ceux qui actuellement osent affirmer que ce mode de traitement a son utilité et qu'appliqué scientifiquement il est un des moyens les plus puissants de la thérapeutique, doivent être reconnaissants aux savants qui, quelque temps « plus tard, relevèrent ces études de la déconsidération dans M laquelle elles étaient tombées. C'est un hommage que nous devons à Magendie, Becquerel, Duchenne. Ce dernier savant surtout, qui, sans titre officiel, a su maintenir et honorer cette spécialité (selon une expression qui, dans ces conditions, est des plus honorables), a rendu la tâche plus facile à ses successeurs. | |
Comme le disait Biot, il ne faut jamais ni trop abaisser ni M
ÉPILEPSIE, h05
trop élever une science, car, dans ce dernier cas, on s’en désabuse et on la rabaisse au-dessous de son véritable prix.
Il ne manque pas d'observations d’épilepsie guéries par l'électricité, mais elles n'ont aucune valeur scientifique. Ce qui peut être vrai, ce qui même est vrai, c'est que, pendant le cours du traitement, 1] y à souvent absence d'attaques épileptiques, ou un plus grand intervalle entre les attaques, mais C’est là ‘une action momentanée et non durable.
On comprend eu effet que-l’épilepsie, qui est une action réflexe (Brown-Sequard) en un changement momentané de la circulation spino-bulbaire (Sée), puisse être modifiée par les courants continus. Nous avons essayé ce traitement «dans quatre cas d'épilepsie bien déterminés, et nous avons en effet obtenu un peu d'amêlioration. Mais cette amélioration n'est pas notable, et le-bromure de potassim à toujours donné de meilleurs résultats.
Dans un seul cas, où les attaques épileptiformes étaient très-faibles (petit mal), nous avons vu échouer le bromure de potassium, tandis que les courants continus ont paru agir plus efficacement.
Mie L. R..., âgée de treize ans, a depuis bien des années de petites attaques, pendant lesquelles elle perd connaissance ; il n’y a ni écume à la bouche, ni convulsions, et le seul symptôme manifesté c’est une crispation de la main gauche qui se ferme complétement. Ces attaques durent à peine deux ou trois minutes, et souvent même beaucoup moins. Elle dit sentir le commencement de l'attaque, et avoir alors des mouvements incoordonnés dans la main gauche. Le bromure de potassium pris inême à haute dose ne détermine aucune modification. Les courants continus employés en électrisant le sympathique et les régions avoisinantes du bulbe amènent un peu d'amélioration.
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|(Catalepsie.
La catalepsie est sans contredit une des affections où « l’électrisation, si elle n’est pas toujours un moyen curatif «
complet, est dans tous les cas d’une incontestable utilité pour faire sortir le malade de l'état léthargique dans lequel il se trouve. .
On peut pour cela employer, soit les courants induits, soit les courants continus.
Les courants induits doivent être employés, soit pour faire contracter les muscles de la respiration et déterminer
ainsi une sorte de respiration artificielle, soit comme excitant général. 0
Les courants continus doivent être appliqués directement «
sur les centres nerveux. M. Benedick, dans un cas qu'il a
observé récemment (1), à d’abord essayé la faradisation des « membres supérieurs, du visage, du larynx, et le lendemain «
il constaia une légère amélioration. Puis il employa un courant continu qu'il appliqua sur la moelle et sur les muscles,
Le quatrième jour, la malade put parler facilement et
marcher, et faire mouvoir tous ses membres.
Dans le Journal de Hufeland, on trouve la relation d'un .
cas de léthargie compliquée de catalepsie, et remontant à quatre mois, développée chez une jeune fille de onze ans.
La guérison fut obtenue au bout de trois séances d'une heure chacune avec des courants de la pile.
On peut sous certains rapports comparer la catalepsie aux phénomènes que présentent les animaux hibernants; et
(1) Wiener, Medicinische Presse. 1869, N° 17,