‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 72 sur 173 · R. CR · texte numérisé non relu

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paralysés ; les artérioles ayant perdu leur contraclilité auto- |

| nome ne peuvent plus combattre localement ces troubles circulatoires. Les vaisseaux se laissent distendre et restent inertes, et, par conséquent, dès qu'en un point il y a un léger obstacle et quelques globules accumulés, aussitôt la circulation est arrêtée en ce point, la masse sanguine qui vient incessamment se trouve interceptée, les capillaires s’obstruent peu à peu, et l'inflammalion est déclarée. L'arrêt du sang dans les capillaires, la privation de sang nouveau oxygéné, doit nécessairement amener conséculivement et très-rapidement des troubles de nutrition, Nous ne voulons pas insister plus longuement sur ce sujet, et nous en tirons aussitôt la conclusion suivante :

Il y a des lésions trophiques quisont le résultat d'un changement dans la circulation capillaire à la suite d'altérations des nerfs vaso-moteurs.

Mais nous ajoutons de suite qu il existe d’autres lésions trophiques où les troubles de la circulation sont peu marqués. Ce sont ces cas qu’il nous reste à étudier.

— La plupart des auteurs qui nient l'existence des nerfs trophiques n'admettent que les nerfs moteurs, les nerfs sensitifs, et les nerfs vaso-moteurs. Ils rejettent, par conséquent, les nerfs sécréteurs, et ils considèrent les organes sécréteurs comme agissant«en vertu d’une propriété inhérente à leur tissu, et qu'ils ne doivent nullement aux nerfs qu'ils reçoivent. Ceux-ci se bornent, comme dans l’acte de la nutrition, à régulariser la marche du phénomène sécrétoire. » (Chauveau.\ |

Cependant des expériences de Ludwig démontrent que la sécrétion salivaire peut avoir lieu en l’absence de toute circulation et par une action directe des nerfs. L’excita-

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ton de la corde du tympan amène une sécrétion de salive, mème en liant l'artère ou en enlevant complétement la glande sous-maxillaire. Ludwig en conclut très-légitimement que l’on doit admettre, outre les fibres vaso-motrices, d'autres fibres spécifiques qui agissent directement sur la sécrétion, et Pfliger même prétend en avoir constaté l'existence et avoir observé des tubes nerveux se terminant directement dans les cellules glandulaires.

Comme les auteurs qui rejettent l'existence des nerfs trophiques n'admettent pas celle des nerfs sécréteurs, 1l est arrivé nécessairement, comme cela arrive toujours dans l’histoire des sciences, que la découverte des nerfs sécréteurs est devenue un argument en faveur de l'existence des

nerfs trophiques. C’est, en effet, sur cette seule expérience de Ludwig, que s'appuient les partisans des nerfs trophiques.

Ils prétendent, avecraison, que cette influence des nerfs sur la sécrétion indique que le système nerveux a une action sur les phénomènes chimiques qui se passent dans les éléments anatomiques. |

Quant à nous, jusqu'à présent, nous sommes en accord

“complet avec les partisans des nerfs trophiques, et pour simplifier la discussion, nous avons admis sans conteste les nerfs sécréteurs ou les nerfs glandulaires. D'un autre côté, cependant, nous ne saurions admettre des nerfs spéciaux

agissant sur la nutrition, et nous croyons qu'à partir de ce point, les défenseurs des nerfs trophiquesont fait une grande confusion entre la nutrition et la fonction d’un élément, entre les phénomènes chimiques qui accompagnent la nu-

-.trition et ceux qui s’'accomplissent pendant le fonctionnement.

STUNT ..

h7l RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.

La nutrition consiste dans une rénovation moléculaire continue, dans un échange de matières, les unes pénétrant l'élément anatomique par assimilation, les autres en sortant par désassimilation. Pour quelques éléments anatomiques ou pour certains animaux inférieurs, il n'existe que cette seule propriété, et la fonction est purement passive ou du moins elle est continue et se confond avecla nutrition. Chez les animaux supérieurs, et pour les éléments qui constituent les organisations élevées, la fonction est au contraire inter mittente et consiste physiologiquement dans l'activité ;. c’est-à-dire dans la manifestation des propriétés inhérentes à telle ou telle substance, et chimiquement dans la combi= naison des molécules en présence, combinaison qui est presque toujours une oxydation. Toute fonction use, dé pense les activités moléculaires accumulées lentement par la nutrition. La nutrition est, il est vrai, également une oxydation, mais elle est lente, tandis que le processus chi-\ mique qui accompagne la fonction est une oxydation ral pide.

La nutrition a lieu constamment (excepté peut-être pen=M dant le fonctionnement), et elle constitue le caractère essentiel et fondamental de la vie ; la fonction, au contraire; ne peut durer qu’un certain temps, elle a bientôt épuisé toutes les énergies possibles de l'élément, et il faut des m4 stants de repos pour que la nutrition puisse de nouveau y accumuler les matériaux nécessaires à l'oxydation ra: pide qui détermine la fonction. |

Or quel est le rôle du système nerveux dans toute l’éco=4 nomie ? Il consiste uniquement à provoquer la fonction des{ éléments anatomiques avec lesquelsil correspond. Quel quel soitle nom que l'on donne à des filets nerveux ou à un en-4

DES NERFS DITS TROPHIQUES. . h75

semble d'éléments nerveux, on esttoujours obligé en dernier heu de leur reconnaître ce caractère essentiel, d'agir comme force de dégagement. Ce n’est que par un abus de langage qu'on dit qu'il ya des nerfs moteurs oudes nerfs sensitifs, car 1] ny a à vrai dire que des filets nerveux qui se rendent à des éléments spéciaux dont ils déterminent le fonctionnement. Les nerfs dits sensitifs se rendent à des cellules nerveuses dont la sensibilité est la propriété immanente, de mème que la contractilité est la propriété immanente de la fibre musculaire, et l'excitation des filets qui se rendent aux cellules sensitives les met en activité, provoque leur fonction de sensibilité, de même que l'excitation des nerfs qui se rendent aux muscles provoque la contraction. Le rôle des filets nerveux est donc partout et toujours le même; il met en activité les propriétés des éléments avec lesquels il communique, il fait fonctionner les éléments, c'est-à-dire qu'il fait oxyder les principes immédiats qui y sont renfermés.

De quelque manière qu’on veuille envisager le système nerveux, quels que soient les nerfs qu’on suppose, on ne peut Jamais concevoir un rôle autre que celui de provoquer le fonctionnement des éléments spéciaux. Le nerf moteur met Aa fibre musculaire en activité, le nerf sensitif met la cellule sensitive en activité, le nerf secréteur met les cellules glan- “dulaires en activité; tous ainsi agissent forcément sur les modifications chimiques qui se font dans chaque élément Spécial ; mais en augmentant la dépense et l'usure. L'influence directe du système nerveux, loin d'être frophique, c'est-à-dire d'agir sur les actes moléculaires ou chiiniques de la nutrition, est donc au contraire toujours andibrophique, car elle détermine l'oxydation des principes

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