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ALTÉRATIONS DE LA FIBRE MUSCULAIRE

“tandis que les courants continus dont l’action ne se borne | pas à mettre en jeu l’activité musculaire, mais qui favorisent la nutrition, seront d’un grand secours dans les mêmes circonstances.

. Outre les granulations graisseuses qui remplissent le tube du myolemme, on peut rencontrer, en dehors des faisceaux, des amas de vésicules adipeuses disposées ordinairement en séries longitudinales ; ces vésicules adipeuses, pas plus que les granulations graisseuses, ne sont une transformation de la substance musculaire, et de fait, on les voit à Le l'état normal entre les faisceaux musculaires secondaires ; limmobilité da muscle favorise la ‘production d’un piné grand nombre de ces vésicules, et comme, en outre, les faisceaux musculaires diminuent simultanément de volume, les séries de vésicules adipeuses se trouvent plusrapprochées. «C'est pour la même raison qu’on croit reconnaître plus de tissu lamineux dans un muscle atrophié ; supposons, en “ellet, que le tissu musculaire disparaisse en entier, on trou- “verait à la place du muscle le tissu lamineux normal, qui sépare les faisceaux secondaires; il se peut du reste que dans certains cas, le tissu lamineux soit plus abondant, . mais son développement ne se fait point aux dépens des - fibres musculaires. | … A la suite des lésions nerveuses, on remarque de notables différences dans l’état des muscles; tantôt ils sont à peine atrophiés, tantôt ils ont subi une dégénérescence trèsé | avancée ; il est certain que la paralysie des nerfs moteurs suffit pour déterminer l’atrophie des muscles correspon- dants, mais dans les cas où le muscle est entièrement dégé- néré on doit rechercher si les nerfs vaso-moteurs ou Îles vaisseaux eux-mêmes ne sont pas atteints.

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L'atrophie simple peut persister longtemps, pendant toute la vie même, sans arriver à la période de dégénéres:. cence granulo-graisseuse. Dans le pied bot, par exemple, les muscles sont seulement atrophiés, c’est un arrêt du développement dont l’origine doit être cherchée dans les centres nerveux, ce n’est pas en réalité une affection mus= culaire, mais une maladie congénitale des centres nerveux.

Dans le voisinage des abcès, des tumeurs, on rencontre” d’autres variétés de dégénérescence musculaire qu’on a: désignées sous différents noms (dégénérescence cireuse,… vitreuse, colloide). Nous mentionnons seulement ces altérations qui intéressent spécialement les anatomo- -pathologistes. et dont la nature n’est pas encore nettement déterminée. M

Enfin, on a observé l’ossification des muscles qui n est en réalité qu'une production osseuse développée entre les faisceaux musculaires, et dont l’évolution n’est pas sans analogie avéc l’ossification des tendons des oiseaux.

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Traitement des affections musculaires. é

Fatique musculaire. — Si nous nous reportons aux conditions physiologiques de la contraction, et à l'étude” chimique si neuve et si nette faite par M. Hermann, nous, pourrons très-facilement comprendre l'influence des cou=" rants électriques sur l’état de fatigue et sur l'état de con . tracture des muscles. “4

La contraction du muscle a pour résultat la formation d’une substance albumineuse, la myosine. Celte substance, | après un exercice violent, se trouve en grande quantité, et. offre alors son premier degré de coagulation (d’où la roideur, musculaire après une grande fatigue). À ce premier degré de rigidité, le muscle peut revenir à son état normal PHË

‘une nouvelle circulation du sang. L’excitabilité peut éga- Jement être rétablie, dans ces cas, par un courant continu

“parcourant pendant quelque temps le muscle dans le sens de sa longueur (Heidenhain).

Il est rare que la fatigue musculaire ne cesse après quelque temps de repos, et par conséquent l'emploi des courants continus est fort peu employé dans ces cas. Cependant Remak à eu l’occasion de les employer dans ces circonstances. Voici les observations qu'il rapporte :

- Auguste Alberstadt, ébéniste, âgé de trente-huit ans, souffre depuis neuf jours, à la suite d’une grande fatigue, de fourmillement, d’engourdissement, de paralysie dans tout le domaine du nerf radial. En serrant le poing, la main se fléchit aussitôt, et le malade n’est plus capable d’étendre le poing. Il ne peut qu’exercer une faible pression en nous don- - nant Ja main, et il lui est impossible de pouvoir soulever une chaise. On a employé, mais sans aucun succès, des bains et des frictions. Déjà, * à la première séance, soulagement marqué ; mais ce n’est qu’à la suite (le la deuxième qu’il peut étendre sa main, et, après la troisième, il lui est possible de soulever une chaise le bras et la main étendus. J'ai ap- “pris plus tard, par un autre patient, que la Sa s'était parfaite- ‘À ment maintenue.

… Ilarrivetrès-fréquemment qu’à la suite d’excessifs travaux, les ouvriers éprouvent des douleurs et des faiblesses dans les muscles. L'application de courants stabiles, ou mieux encore des courants labiles, les enlèvent “immédiatement. Les douleurs paraissent se rattacher à une région ner- | veuse ou musculaire déterminée.

— L'ouvrier ébéniste Münchhofe, âgé de vingt-neuf ans, éprouvait depuis quelques jours, à la suite d’un fatigant travail, une nee et une faiblesse dans les mouvements du bras droit, dans le deltoïde postérieur, le trapèze et le long supinateur. Des courants stabiles de trente : éléments de Daniell, passant en direction descendante par les muscles -susnommés pendant deux minutes, guérirent instantanément le malade. …. — Lehmann, ouvrier en bateaux, âgéde quarante-trois ans, chargé d’un travail fatigant à une grue, souffre depuis de longues années de douleurs - et de faiblesses dans les deux bras, aux points d’insertions inférieures des

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deux deltoïdes. Depuis ces derniers temps, les douleurs sont plus vives. la nait, et chaque fois qu’il porte la main à la bouche, il se produit une. tension daus l'épaule droite ; au toucher, les muscles sont durs et rac-

courcis. Après la première séance, comme le malade me le rapporte

lui-même joyeusement, cinq jours après, les douleurs ont disparu à un

telpoint qu’il a pu travailler sans efforts. 11 n’existe plus qu’une faible

tension dans les muscles de l'épaule droite, tension que je fais dispa=. raître instantanément. On produit les meilleurs effets du courant en les.

promenant circulairement autour des points douloureux.

De la contracture. — Y est difficile de donner une défini-.

tion exacte de la contracture, car la contracture se distingue. de la contraction en ce que, la plupart du temps, elle est,

douloureuse et qu’elle produit un raccourcissement per.

manent de la fibre musculaire, qui jamais n’est aussi con=,

sidérable cependant que celui que détermine la contraction. C'est une sorte de raccourcissement passif de la fibre. musCulaire, tandis que la contraction en est le raccourcissement actif (1).

Nous croyons pouvoir expliquer de la manière suivante,

les conditions physiologiques de la contracture. L’ excitation permanente d’un nerf moteur, ou le manque de circulation

, . . 12 dans un muscle, amène nécessairement un raccourcisse-\ É.

(1) Ce qui semble confirmer que la contracture est un raccourcisse=

ment passif, c’est que la rigidité cadavérique apparaît beaucoup plus…

tôt pour les membres contracturés des hémiplégiques. Cette rigidité est

en même temps très-faible et de courte durée. Symonds et Sommer, el plus récemment M. Charcot, ont constaté ce fait plusieurs fois.

Tous ces phénomènes s expliquent très-bien d’après la théorie chimique d'Hermann. En effet, d’après cette théorie la contracture, ou" raccourcissement constant de la fibre musculaire, serait due au premier, f

degré de coagulation d’une substance gélatineuse, la myosine. La rigi=…

dité cadavérique est le dernier degré de la coagulation de cette sub»

stance. On comprend, par conséquent, que la rigidité cadavérique ar rive plus tôt pour des muscles dont la myosine a déjà, par suite de la | contracture, subi un commencement de coagulation que sur des muss cles sains où la myosine est encore combinée et à l’état liquide,

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