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FIG. 24. — Appareil Ruhmkorff.

| fate de mercure. Dans ces vases plongent une lame de zinc et un morceau de charbon rectangulaire. Ce der- | nier est recouvert d’un vernis très-épais sur trois de ses | faces; la quatrième, qui est placée vis-à-vis le zinc, est recouverte de poudre de platine. Au moyen d’une roue dentée d,d, on peut faire plonger les lames de zinc et de Charbon plus ou moins dans la solution de bisulfate de

mercure. Le courant peut se recueillir dans la première rangée en augmentant graduellement d'un élément; à partir de la seconde rangée, on recueille chaque fois l’électricité fournie par 7 éléments.

Les autres parties accessoires de l'appareil se trouvent placées au fond du couvercle de la boîte.

Cet appareil est donc construit sur les mêmes principes que ceux de Stohrer et de Smée; 1l offre, comme ceux-ci, l'avantage de ne point s’user aussi rapidement, de pouvoir être entretenu très-facilement, d'être facile à examiner dans toutes les parties; de plus, grâce à la poudre de platine, mise sur le charbon, les gaz formés n'adhèrent pas et l’appareil est constant pendant plusieurs heures.

Mais il possède d’assez graves inconvénients : 1l est bien difficile, en effet, d'obtenir le même niveau de liquide dans tous les vases; l’évaporation, de plus, fait chaque jour diminuer la quantité d’eau, et changer par conséquent la quantité de liquide. En même temps la solution devenant plus concentrée, l’action chimique ne sera plus la même pour la même surface de zinc en contact avec le liquide excitateur. Enfin, si l'appareil n’est pas placé bien d’aplomb, le niveau du liquide est différent dans les tubes de verre, ce qui rend encore l’intensité électrique variable. Lorqu'on a immergé complétement les zines, et si, pour plus diminuer la quantité, on ne veut en laisser ! plonger que le tiers de la surface, il faudra chaque fois, après avoir soulevé les zincs, attendre quelque temps, car les deux autres tiers du métal restent humectés assez longtemps par la solution de bisulfate de mercure.

L'appareil donne, il est vrai, un courant constant pour une même séance, mais 1l est difficile d’avoir à une séance

suivante exactement la même intensité. Cela n'est pas 1mpossible n1 bien difficile à obtenir sans doute, si chaque fois on veut mesurer exactement au galvanomètre la quantité de gaz dégagée en une minute. Mais toutes ces recherches ne sont pas possibles dans la pratique. Pour les médecins, 1l est plus avantageux d’avoir un appareil qui donne constamment la même quantité d'électricité et qui ne nécessite aucune recherche minutieuse.

L'appareil de M. Ruhmkorff est très-commode dans les recherches physiologiques, car il permet de varier d’un moment à l’autre la quantité d'électricité et d'étudier ainsi l'effet de cette propriété des courants électriques.

Appareil au proto-sulfate de mercure. — Nous avons cherché à établir un appareil à courant continu et con-

FIG. 25. — Élément de l'appareil.

stant, qui remplisse la plupart des conditions physiques et qui en même temps soit d'un prix modéré.

Cet appareil, construit par M. Gaiffe, se compose d’élé-

ments au proto-sulfate de mercure, auxquels nous avons donné la disposition suivante :

Dans un tube de verre plongent un morceau de charbon et une tige de zinc (fig. 25). Le morceau de charbon C plonge jusqu’au fond du tube de verre, où se trouve du proto-sulfate de mercure M. Le zinc Z ne pénètre point ce sel et reste suspendu au-dessus. L'espace qui sépare le charbon du zinc est rempli de sciure de bois S qui à pour but de maintenir l’humidité et en même temps d’empêcher que l’eau ne s'écoule en dehors des tubes au moindre ébranlement.

Dans les premiers appareils, pour que l'électricité ne

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Fi6. 26. — Appareil Onimus.

puisse se dégager directement entre le zinc et le charbon, celui-ci était recouvert d’un tube de caoutchouc dans la partie qui se trouve dans l’espace occupé par la sciure de !

bois, comme cela est encore représenté dans la figure cijointe. Depuis, pour diminuer lPaction chimique, nous avons enveloppé le zinc aux deux tiers d’une enveloppe de gutta-percha. Si l’on voulait augmenter dans ces appareils l'action chimique, 1l suffirait d'enlever ou de diminuer ce tube isolant.

Ces éléments, au nombre de A2, sont renfermés dans une boîte à double fond, où ils sont maintenus dans une case rectangulaire et disposés en sept rangées renfermant chacune six éléments. Une planchetie qui sert de collecteur recouvre tous ces éléments; cette planchette, dans la figure 26, est vue par sa face inférieure, tandis que dans la figure 27 elle est vue par sa face supérieure.

Sur cette plancheite se trouvent, à droite et à gauche, sept boutons métalliques qui, de chaque côté, forment un demi-cercle autour d’une manette M et M'. À ce bouton viennent se rendre les fils métalliques qui recueillent le courant des différentes piles; d’un côté, chaque bouton ne reçoit que le courant d’un seul élément, tandis que de l’autre côté chaque bouton reçoit le courant de 6 éléments. On peut ainsi graduer à volonté la force du courant.

Lorsque les deux manettes sont sur le bouton 0, aucun courant ne passe; c’est dans cette position qu’il faut toujours les ramener lorsqu'on ne se sert plus de l'appareil. Lorsque la manette droite reste sur o et qu'on amène la manette gauche sur le bouton 1, on recueille le courant d’un élément ; on obtient le courant de 2 éléments en mettant cette manette sur le bouton 2, celui de 3 éléments en la plaçant sur le bouton 3, et ainsi de suite.

Si la manette gauche reste fixe sur o et qu’on amène la

6h APPAREILS ÉLECTRIQUES.

manette droite sur le bouton marqué 6, on aura un courant de 6 éléments, et le courant serait celui de 12 ou de 18, etc., éléments si la même manette était placée sur le bouton 12 ou 18. Dans la figure ci-jointe on a donc, d’un côté, le courant de 4 éléments, et d’un autre côté celui de 30 éléments, ce qui fait un total de 34 éléments. Si l’on voulait, par exemple, avoir le courant de 15 éléments, on mettrait la manette droite sur 12 et la manette gauche sur 3. On peut donc donner au courant la force

FiG. 27. — Face supérieure du collecteur.

que l’on désire et le graduer depuis un jusqu’à 42 éléments. En P et N sont les deux boutons où l’on place les fils conducteurs ; le galvanomètre est placé dans le fond du couvercle de la boîte.

En C se trouve un interrupteur ; lorsque les deux tiges métalliques sont sur les boutons marqués C, le pôle positif est en P et le pôle négatif en N. Lorsque l’une des tiges de l'interrupteur est placée sur le troisième bouton métallique éloigné de C, N devient le pôle positif et P le pôle négatif. Les manettes sont terminées par une plaque de cuivre plus

longue que l'intervalle qui sépare deux boutons, et par conséquent on peut augmenter la force du courant saus déterminer de secousses, car:quand on quitte un des boutons, la manette est déjà en communication avec le bouton voisin. On a ainsi uu affaiblissement ou une augmentation de l'intensité du courant, selon le sens dans lequel on agit, mais on n’a Jamais d'interruption.

Pour pouvoir facilement nettoyer l'appareil, et enlever les sels qui se sont formés et qui recouvrent les éléments, la boîte est à double fond. Lorsqu'on veut nettoyer l’appareil on soulève la boîte intérieure, percée à jour près de chaque élément, et on lave alors les piles à grande eau. Il suffit, après cela, de remettre dans chaque élément quelques grammes de protosulfate de mercure el un peu de sciure de bois.

L'appareil peut marcher avec une grande constance pendant plusieurs semaines. Il donne un courant qui, grâce à la disposition des éléments, a fort peu d’action chimique et dont la tension est plus forte que celle de la pile Remak. — La différence d’action des deux pôles est très-marquée, et à la sensation produite sur la peau on peut fort bien reconnaitre le pôle positif du pôle négatif.

Les inconvénients de cet appareil sont dus à la formation du sulfate de zinc qui vient s'établir au-dessus des éléments et les metire en communication, ce qui use la pile plus rapidement. Le lavage à grande eau doit être employé alors. De plus, il faut, chaque fois que la pile a perdu de son intensité, enlever la sciure de bois, pour remettre du protosulfate de mercure dans le fond de chaque tube. Pour enlever la boîte inférieure, il faut détacher les fils qui font commu-

niquer les éléments avec le collecteur. Pour faciliter cette ONIMUS ET LEGROS: 5

opération, les piles qui reçoivent un fil conducteur possèdent des vis plus grandes et plus faciles à manier. Tout cela peut être fait par toutes les personnes, par un domestique même, sans qu'on soit obligé d’avoir recours chaque lois au fabricant. Comme nous le disons à la fin de ce Chapitre, nous ne croyons pas que ces piles soient les meilleures en électrothérapie, mais, parmi les appareils portatifs, nous sommes persuadés que cet appareil, tel qu'il est, ou modifié dans ses détails, est très-avantageux pour la plupart des médecins.

Appareil à polarisation de Jules Thomsens. — Cet appareil, qui a figuré à l’Exposition universelle de 1867, est tout nouveau, et fondé sur la polarisation du platine sous l’influence du passage d’un courant électrique. Il se compose d'une planchette très-épaisse de bois, sur laquelle se trouve placé au milieu un électro-aimant qui sert à faire tourner deux aiguilles métalliques pp/ et nn! sur un cadran dont la circonférence est formée par une sorte de rainure large de 3 à l centimètres et où se trouvent placéesdes petites tiges métalliques. De chaque côté de cet électro-aimant se trouvent deux petites auges M et M’ divisées chacune en 15, 20, etc., compartiments par des lames de platine. Chaque lame de platine est en communication avec un des boutons métalliques du cadran B. Ces petites auges sont remplies d’eau acidulée avec l'acide sulfurique.

Un élément E de Bunsen fait marcher l’électro-aimant qui fait tourner les deux tiges métalliques pp! et nn! qui représentent, l’une le pôle positif et l’autre le pôle négatif.

Voilà maintenant comment fonctionne cet appareil: l’électro-aimant, que l’on pourrait remplacer par un ressort qui ferait tourner également les deux tiges pp! et nn', fait

parcourir selon la vitesse voulue tout le cercle du cadran à ces deux sortes d'aiguilles; celles-ci représentant les deux pôles d’une pile E’ E’ et étant mises en contact avec les tiges métalliques qui se rendent aux lames de platine, font arriver le courant jusque dans les auges M et M’ par les communications € et d. À mesure que l’une ou l’autre des lames de platine reçoit le courant, l’eau acidulée qui se

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Fic, 28. — Figure schématique de l’appareil à palorisation.

trouve entre ces lames est décomposée. L’oxygène se rend au pôle positif et l'hydrogène au pôle négatif, et les lames de platine qui représentent ces pôles se trouvent ainsi électrisées par polarisation. C’est cette. électricité que lon recueille aux boutons g et /. Pour que le courant soit conlinu, les aiguilles métalliques pp' et #n! sont plus larges que la distance qui sépare deux tiges métalliques, de sorte que l'aiguille touche une seconde tige avant d’avoir cessé d’être en contact avec la première.

Le platine étant un métal très-cher, et le plomb possédant les mêmes propriétés de polarisation que le platine, nous avons cru pouvoir remplacer le platine par du plomb, ce qui diminuerait de près de moitié le prix de l'appareil. Nous avons prié M. Rasmussen, de Copenhague, qui fabrique

cet appareil de Thomsens, de nous construire un appareil de ce genre avec des lames de plomb. Malheureusement, le plomb se couvre bientôt d'oxyde et ne peut alors être polarisé régulièrement. M. Rasmussen à alors essayé d'employer les lames de plomb platiné, mais dans ce cas encore, l'appareil, au bout de fort peu de temps, devient défectueux, car sous l'influence des courants électriques il se forme également des oxydes de plomb entre la lame de plomb et celle de platine. On est donc obligé de conserver des lames entières de platine. |

Nous avons fait venir de Copenhague un appareil de ce venre, et nous l'avons employé en électrothérapie ; les résultats obtenus sont très-satisfaisants : mais, malheureusement, l'appareil est très-incommode. Il est difficilement transportable, car il faut en même temps emporter trois éléments de Bunsen (les éléments de Grenet, plus faciles à transporter, ne peuvent guère être employés); on est obligé de monter les piles chaque fois qu’on veut s’en servir ; On remplit l'atmosphère de la chambre du malade avec des vapeurs nitreuses, ete. Ce sont là de graves inconvénients, et qui sont à peine compensés par les autres avantages que donne cet appareil. |

Au point de vue physique, cet appareil est un des plus intéressants qui aient été construits, et peut-être pourra-t-il obtenir des perfectionnements qui en rendront l’usage plus facile. Dans tous les cas, il peut être utile au médecin, tant qu’il n’a pas besoin d’être déplacé, car il est préférable à la plupart des autres, lorsqu'on veut agir sur des organes délicats el situés à l’intérieur du corps, comme la vessie par exemple, car il n’amène que fort peu de cautérisation par les produits .électrolvtiques. Nous avons obtenu, dans les cas

de paralysie de la vessie, des résultats très-remarquables avec cet appareil.

Des avantages et des inconvénients des appareils à courants

constant et continu.

Nous avons déjà dit, dans la description de la plupart des appareils, la plupart des avantages et des inconvénients qu'offrent les appareils ; aussi nous ne voulons dans ce paragraphe qu'indiquer les faits principaux etles dispositions les plus avantageuses.

Les appareils le plus souvent employés sont l'appareil de Remak, l'appareil de Stohrer, l'appareil au sulfate de plomb, l'appareil au chlorure d'argent et l'appareil au protosulfate de mercure. |

Si l’on met de côté la question de transport des appareils, il n'en est pas qui puisse présenter des avantages aussi nombreux et aussi sérieux que l'appareil Remak. C’est celui qui fournit le courant le plus constant, c'est celui qui est le plus facile à entretenir, enfin c’est celui qui se dérange le moins. Voilà plus de quatre ans que nous avons toujours le même appareil Remak, et jamais encore nous n'avons eu le moindre dérangement. 11 suffit tous les ans de démonter une seule fois les éléments et de les laver à grande eau. Tous les trois où quatre mois, sans rien modifier à la disposition des piles, il faut également mettre un peu d’eau et quelques cristaux de sulfate de cuivre dans chaque élément.

Malheureusement cet appareil n’est nullement portatif, et présente ainsi le grand inconvénient de ne pouvoir être employé pour les malades qui ne peuvent se lever. Mais dans les hôpitaux comme pour les cabinets de médecins, c’est,

nous le répétons, le meilleur appareil que l'on puisse établir.

Tous les autres appareils ont plus d’inconvénients. Ainsi, l'appareil de Stohrer a une action chimique très-considérable, il est moins constant et également fort peu portatif. L’appareil au sulfate de plomb a les mêmes inconvénients que les appareils au protosulfate de mercure, il s’y forme des sels desulfate de zinc quisurmontent les éléments, et établissent des communications entre eux; l’action chimique est assez forte, et de plus, il n’y a pas l'avantage des piles au protosulfate de mercure où le zinc est constamment amalgamé.

Enfin, l'appareil de Gaiffe, au chlorure d'argent, s'il est de tous les appareils le plus léger et le plus portatif, a linconvénient de nécessiter l'intervention du fabricant dès que le chlorure d'argent est usé. De plus, une action qui nous a beaucoup frappés dans cet appareil, c’est que le pôle positif, au lieu d’être, comme cela a; lieu d'ordinaire, moins douloureux que le pôle négatif, est, au contraire, plus douloureux, ou dans tous les cas aussi douloureux que celui-ci. C’est là un très-grand inconvénient dans beaucoup de cas.

L'appareil de Ruhmkorff, comme nous l'avons déjà dit, est difficilement constant dans la pratique et d’un maniement assez compliqué. Pour le médecin praticien, il ne présente aucun avantage sur les autres appareils à courant

continu ; de plus, il est plus lourd que les autres LD portatifs.

D'un autre côté, beaucoup de ces appareils déterminent sur la peau une sensation très-vive, ce qui est une condition excessivement défavorable. La douleur par elle-mêmeest un

excitant oblige de changer souvent de place et détermine des contractions involontaires; conditions qui troublent la constance du courant.

Il ne faut pas croire qu'il soit indifférent d'employer tel ou tel appareil, et que du moment qu'on à un courant continu, il importe peu que le courant ait plus ou moins de tension, ou plus ou moins d'action chimique. Il y a plus, certaines actions physiologiques et thérapeutiques dépendent même de la disposition des éléments, sans tenir compte de la tension et de l’action chimique. En physique, on ne tient compte que de ces deux conditions, et d’ailleurs on n’a pas à tenir compte d'autre chose. Il est facile de combiner les surfaces des métaux et le nombre des éléments pour obtenir les mêmes effets physiques avec une pile au sulfate de plomb ou au chlorure d'argent que ceux que donne la pile Remak ; on a donc la même tension et la même action chimique, et cependant, au point de vue physiologique, on n'aura pas les mêmes actions. Cette différence, nous le répétons, ne peut presque pass’expliquer physiquement, mais cependant le fait est réel. Hiffelsheim, vers la fin de sa vie, employait de préférence dans les névralgies rebelles des éléments assez grands mais dans lesquels il ne mettait que des liquides agissant très-faiblement sur les métaux. Remak dit dans une note : « Je dois dire, pour les médecins qui voudraient répéter mes expériences, que l'effet curatf dépend de la surface des éléments de la pile, c’est-à-dire qu’?/ faut re- Jeter absolument les piles composées de petits éléments. »

Notre expérience vient à l’appui de ces deux savants, el nous avons toujours eu des résultats moins nets avec les appareils à petits éléments qu'avec les autres. C’est surtout lorsqu'on veut employer les courants continus du côté des

centres nerveux, et dans les cas où l’on veut obtenir un effet calmant, qu'il faut se défier des appareils portatifs à courant continu. Dans les cas de névralgies, d’excitation des nerfs périphériques ou d’excitation spinale, dans les cas d’hystérie, de chorée, en un mot dans tous les cas où il faut surtout agir sur le système nerveux, À nous répugne toujours d'employer d’autres courants que ceux de l'appareil Remak.

Quoique cette différence d’action paraisse imexplicable au point de vue physique, nous ferons cependant remarquer que dans un cas, dans les appareils à petits éléments, 1l se forme en un point trés-lmité, en 1 centimètre carré de métal, par exemple, la même force électro-motrice que dans les piles à large surface, mais à liquides peu actifs, sur 5, 10 ou 20 centimètres carrés. D'un autre côté, 1l est probable qu’au bout d’un temps très-court, les éléments à petite surface présentent moins de régularité dans le dégagement de l'électricité, qu’il s’y forme plus de courants dérivés, etc., ce qui expliquerait, d’après des lois physiques, la préférence à donner aux appareils à grande surface. Dans tous les cas, ce qui nous importe comme médecins, c’est de savoir que pour obtenir des effets calmants, c’est-à-dire les effets les plus avantageux des courants continus, il est préférable d'employer des piles à large surface.

À défaut de la pile Remak, la pile de Daniell serait celle qui, dans ces conditions, serait la plus avantageuse, mais ilne faut pas espérer pouvoir jamais rendre ces appareils portatifs.

Il est important d'être bien fixé sur ces conditions, car déjà au commencement de ce siècle, malgré tout l’eninousiasme suscité à ce moment, on a abandonné les

courants de la pile à cause de cet emploi inconsidéré de

ÉLÉMENTS À COURANT CONSTANT ET CONTINI. Te

toute espèce d'appareils. Pour toute médication, il faut tenir compte de la provenance, du mode de préparation, du mode d'administration, etc. Si un médecin donne un médicament mal préparé ou mal prescrit, on ne pourra pas en tirer la conséquence que ces médicaments n’ont aucune utilité, mais bien que le médecin n’a pas su les employer. Si, à une certaine dose, ou dans une préparation spéciale, un agent thérapeutique peut être calmant par exemple, celui qui emploiera ce même médicament sous des formes différentes ne sera pas en droit d'en conclure que le médicament n’a aucune action calmante. Il enest de même pour les courants continus, etil y a sous ce rapport deux exagérations à craindre, celle de vouloir en faire une panacée universelle, et de vouloir tout guérir par ce moyen; il ne manque pas de personnes et peut-être de médecins pour tomber dans cette erreur. La seconde exagération sera peut-être de douter des avantages thérapeutiques de ces courants, parce que quelques médecins, en les employant à tort et à travers avec de mauvais appareils, et sans tenir compte des différences d'intensité et de direction, n'auront pas obtenu les succès qu'ils en attendatent.

Des excitateurs. — La plupart des excitateurs employés dans les applications médicales de l'électricité sont suffisamment connus pour que nous n'ayons pas à les décrire. En général, on se sert surtout de cylindres de cuivre dans l'intérieur desquels on place une éponge mouillée. Ces excitateurs ont de grands inconvénients. L'eau qui se trouve dans les éponges est dans les premiers moments trop abondante, et pour peu qu’on presse un peu sur la peau elle s'écoule tout autour des excitateurs, De plus, le rehord des

7h APPAREILS ÉLECTRIQUES.

cylindres de cuivre arrive facilement à être en contact avec la peau, ce qui est très-douloureux.

Il est préférable de se servir de tampons métalliques, recouverts de toile ou de peau humectée d'eau. La surface de ces tampons varie dans leurs formes et dans leurs dimensions selon les points du corps où 1ls doivent être appliqués. En général, sur les parties externes du corps, il est préférable d'employer des tampons très-larges.

Au lieu de tampons métalliques, on se sert également de tampons au charbon. Ces derniers ont le grand avantage de.ne pas s'oxyder.

Pour électriser des parties profondes, telles que la vessie, le rectum, etc., il est toujours préférable de ne pas mettre le métal directement en contact avec les muqueuses, à cause des effets électrolytiques. I faut avoir soin de mettre entre la surface des tissus et le métal une couche d’eau plus ou moins épaisse.

Pour électriser la vessie par exemple, nous employons le moyen suivant. Sur une sonde ordinaire nous appliquons un petit appareil d'argent, consistant en un petit robinet. La sonde irtroduite, on vide la vessie, puis on injecte de l'eau tiède, on ferme le robinet, afin de maintenir l’eau dans la vessie et la sonde, et par une légère ouverture qui se trouve près du robinet on introduit un mandrin d’argent qui est en communication avec un des pôles de la pile. L'autre pôle est placé sur l'abdomen. Le courant ne se propage donc à la paroi vésicale qu’en traversant l’eau renfermée dans la sonde et la vessie.

On peut également, dans ces cas, employer un procédé plus simple. On introduit dans la vessie une sonde ordinaire, On injecte doucement de l’eau, qui remplit la sonde

et la vessie. On place alors dans le pavillon de Ïàa sonde un petit fausset de bois et l’on pousse dans la sonde le mandrin qui traverse le fausset (1).

Pour le rectum, il est plus difficile de maintenir l’eau près de l'extrémité de l’excitateur, mais par contre, on peut l’envelopper d’un linge humide.

Il est très-avantageux d'employer des instruments recouverts d’une couche de nickel, car on évite ainsi les oxydations.

Quelquefois, surtout chez les enfants, ou lorsqu'on doit agir sur tout un membre ou sur tout le corps, nous faisons plonger les mains ou les pieds dans de l’eau dans laquelle on maintient un des pôles. Ce procédé a lavantage de diminuer notablement la douleur locale que détermine l'application directe des rhéophores. En même temps on humecte ainsi complétement une certaine étendue de la peau, et par conséquent le courant pénètre plus facilement dans le corps.

Mais il ne faut pas confondre ce procédé avec les bains électriques. Les bains électriques sont, à notre avis, un mauvais mode d’électrisation; en effet, la surface électrisée est tellement grande que le courant perd beaucoup de son énergie. D'un autre côté, on n’électrise en général que les parties superficielles, et surtout celles qui sont en contact avec le niveau de l’eau, car le courant passe plutôt par l’eau que par le corps. Enfin on ne peut jamais agir spécialement et avec discernement sur les parties malades. Ces bains sont toujours employés avec les courants induits, et d'apres les lois physiques les plus simples, ils ne peuvent

(1) Voyez Traité des opérations des voies urinaires, par le docteur Reliquet. Paris, 1869.

qu'agir en excitant plus ou moins la peau. Leur emploi n’est donc logique que dans certains cas d'hystérie ou dans certaines formes de l'anémie. M. le docteur Laillier les a, employés avec avantage dans quelques affections hystériques. Mais, nous le répétons, ces bains n’agissent que comme excitants de la peau, et peuvent être remplacés par d’autres bains de ce genre, tels que ceux au sel de Pennès, etc. C’est donc une nouvelle forme de bains, mais non un nouveau mode d’électrisation.

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