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temps froid et venteux, rentra chez lui avec une paralysie de presque tous les muscles de la joue gauche.
La paupière supérieure ne pouvait s'abaisser que jusqu’au niveau de la pupille; linférieure, retirée en bas, et renversée vers son tiers interne, laissait voir la conjonctive qui la tapisse intérieurement ; les larmes n'étant plus retenues par les paupières écartées l’une de l’autre, et n'étant plus dirigées vers les points lacrymaux, tombaient continuellement sur la joue.
Les lèvres étaient obliquement dirigées, en s’élevant de gauche à droite ; déplacement qui augmentait lorsque le malade ouvrait la bouche pour parler ; alors la lèvre inférieure ne s’écartait point de la supérieure du côté gauche, pour donner passage aux sons : ajoutons que le issu cellulaire des paupières et de la joue était infiltré.
Cette maladie ayant été négligée pendant plusieurs jours, la conjonctive se phlogosa : l'œil devint douloureux ; l’épiphora augmenta, la vue devint trouble : effet qu'on ne doit attribuer qu’à l'abondance des larmes ; les cils se collèrent pendant la nuït, quoique les paupières ne se touchassent point.
Le 12 floréal, douzième jour de ja maladie, le citoyen Soliet fut appelé et fit usage de différents remèdes qui ne firent que dissiper linfiltration, sans changer l’état paralytique. 11 conseilla l'emploi de l'électricité, et adressa le malade au citoyen Hallé, qui jugea utile, comme lui, l’application de ce moven, et tout de suite en commença l'usage par:
de simples étincelles ; les muscles ne se contractaient point, et la partie
exposée aux étincelles devenait seulement un peu rouge; ce qui fit
qu’on substitua aux étincelles la commotion dont on fixait l'intensité au . moyen de l’électromètre de Lane, adapté à la bouteille de Leyde.
La distance qu’on observait était d’une à deux lignes. De légères contractions se firent d'abord apercevoir, mais le relächement succéda presque aussitôt, et pendant tout le temps qu’on fit usage de l’électricité le malade n’obtint pas le moindre soulagement.
C’est alors quele citoyen Hallé se détermina à l'emploi du galvanisme ; la colonne de Volta, composée de cinquante étages (argent et zinc), fut substituée à la bouteille de Leyde. On forma la chaîne au moyen de deux excitateurs, dont un, communiquant à la partie supérieure de la pile par
- une chaîne de cuivre, était posé sur le nerfsous-orbitaire, et l’autre, en “ rapport avec la partie inférieure, était placé vers l’angle de la bouche :
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aussitôt après cette application, fous les muscles du côté malade entrèrent dans une contraction beaucoup plus forte que celles qui jusqu'alors avaient été le resultat de l'électricité : on continua l'expérience pendant = cinq minutes, en promenant les conducteurs sur différents points de la partie malade et surtout sur la partie antérieure de l'oreille.
Une des observations qu’on fit avec le plus de plaisir fut que la contraction n’était point d'aussi peu de durée que celle suivait la décharge électrique.
Dans le journal de la Société philomathique, messidor « an IX, Hallé, rendant compte de ce malade, s'exprime ainsi : L:
Un homme dont tous les muscles de la face du côté gauche étaient paralysés par l'action du froid avait été électrisé plusieurs fois : il M ; n'éprouvait aucune sensation ni contraction, lorsque la partie affectée n recevait l’étincelle : à peine même apercevait-on une faible contraction dans le muscle jugo-labial (grand zygomatique) lorsqu'on appliquait l'électricité par commotion. On soumit cet homme à l’action galvanique- 1 d’une pile de cinquante étages, en faisant communiquer, avec différents M points de la joue malade, les deux extrémités de la pile. Au moment du « F contact fous les muscles de La face entrèrent en contraction. K
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Nous avons rapporté cette observation tout au long parce À qu'elle montre d’abord que c’est Hallé qui, le premier, a vu. que dans les cas de paralysie rhumatismale du nerf facial, les courants de la pile agissaient plus efficacement que les : autres modes d’électrisation. En second lieu, nous savons … À par cette observation que l'électricité statique agit dans ces * cas comme les courants induits, et qu’elle n’a que fort peu d'influence sur la contractilité musculaire, quand les nerfs = périphériques sont lésés. :
La première observation bien précise sur ce sujet k Le. “) F4 faite par Baïerlacher-Schulz. Sur plusieurs cas de para- | lysies faciales il arriva aux résultats suivants : ANS
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- Un courant très-faible de huit éléments Daniell produit - des contractions à la fermeture et à l’ouverture de tous . les muscles du côté du nerf facial paralysé. Ce même courant appliqué sur les muscles du côté sain ne donne lieu a - aucune contraction. Pour obtenir de ce côté la même con- - traction musculaire, 1l faut employer un courant trois fois » plus fort. Le traitement change cet état de choses, car . l'exagération de l’excitabilité des muscles paralysés dimi- … nue de séance en séance, et pour obtenir les mêmes con- “ tractions, il faut chaque fois augmenter le nombre des élé- » ments.— Cette diminution de l’excitabilité pour les courants à continus est un signe d'amélioration, et la guérison arrive … d'autant plus vite que cette diminution de l’excitabilité a eu ÿ eu plus rapidement. En même temps, les contractions, sous l'influence des courants induits, apparaissent peu à peu et * finissent par être aussi prononcées que du côté sain ; à ce ; moment la guérison est obtenue.
—. Ziemssen, quelques années apres, eut l’occasion d’obser- + ver les cas suivants :
Paralysie faciale rhumatismale (1). — Marcus Windisch, âgé de - dix-huit ans, garçon menuisier, fut atteint le 3 novembre 1863, à la - suite d’un refroidissement, d’une paralysie rhumatismale du nerf facial - gauche Trois semaines après, il se présenta à la clinique du docteur Ziemssen, qui constata une paralysie complète de tous les rameaux du 4 4 nerf facial; la luette est légèrement deviée.
- La sensibilité paraît être exagérée du côté gauche, car les courants $ … continus, de même que les courants d’induction, déterminent plus de — douleur à gauche qu'à droite.
1 Le courant induit, localisé sur tous les muscles et sur tous les rameaux du nerf facial de la moitié paralysée du visage, ne donne pas la moindre ntraction, même avec des courants très-forts.
Lo Liemssen, Die Electricität in der Medicin. Berlin, 1866, p. 77 et
Le courant de la pile, localisé sur les muscles ou appliqué sur les … rameaux nerveux, donne à chaque interruption des contractions trèsfortes ; celles de fermeture sont plus prononcées que celles d'ouverture, -
Pendant les douze premières séances, on constate que les contractions des muscles du côté sain ne sont jamais aussi fortes que celles du côté paralysé. Un courant de six à huit éléments de l’appareil de Sthorer ne détermine aucune contraction du côté sain, tandis que ce courant pro= duit la contraction des muscles paralysés. En augmentant l'intensité du courant, on finit par obtenir de faibles contractions du côté sain, mais ce même courant détermine des contractions très-fortes du côté paralysé.
L'application du courant de la pile ne change en rien l’état d’excitabi- « lité des muscles paralysés par les courants induits, et ceux-ci ne parviennent jamais à les faire contracter. De plus, on n’obtient aucune contraction en employant des courants induits à interruptions très-lentes. à
Aussi longtemps que les muscles du côté paralysé ne se contractent" pas sous l'influence du courant induit ou de la volonté, lexcitabilité pour les courants de la pile est augmentée. Mais peu à peu, la paupière SUpÉ-. rieure et le muscle zygomatique paraissent obéir légèrement à l'action de la volonté, et en même temps on détermine une légère contraction en électrisant ces muscles avec des courants d’induction. 4
Au bout de dix semaines, la déviation du visage est moins prononcée, et en même temps l’excitabilité des muscles sous l'influence des courants de la pile est beaucoup diminuée. Ÿ
Au bout de quatorze à seize semaines, on ne remarque plus aucune déviation du visage pendant l’état de repos, ce n’est que dans le jeu de # la physionomie qu’on distingue encore des différences de contraction entre le côté sain et le côté paralysé. Le courant de la pile employé pris mitivement ne donne plus de contractions. Au lieu de six éléments, il faut en employer vingt-quatre pour obtenir des contractions. Enfin, FR guérison devient complète, et à ce moment ni les courants de la pile, ni £ les courants induits ne peuvent déterminer de contractions. Mais quel ques mois plus tard, les courants d’induction provoquent des contrac: tions dans tous les muscles du côté du visage qui avaient auparavant été paralysés. Les courants de la pile assez intenses ne produisent que de. très-faibles contractions, c’est-à-dire le contraire de ce qui Me au momeht de la paralysie, … : D :
Paralysie faciale traumatique (1). — Me Barbé Seifert, âgée de dix-neuf ans, fut opérée par le ER Thiersch d’une tumeur e qui.
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(1) Loc. cit:, p. 81, 2.
. se trouvait au-dessous de l'oreille gauche. Le nerf facial fut coupé par cette extirpation, et il en résulta une paralysie complète de tous les muscles du côté gauche de la face. Au bout de vingt jours, la plaie fut complétement guérie, et la sensibilité maintenue normale.
Les courants d’induction ne donnent aucun indice de contractions pour tous les muscles du côté paralysé, que les interruptions soient fortes
» ou faibles, rapides ou lentes. Le courant de dix éléments de l'appareil de Sthorer donne lieu à des contractions de tous ces muscles; les contractions sont plus fortes en plaçant le pôle négatif sur ces muscles et le pôle positif à la nuque que lorsqu'on emploie la disposition inverse. Le:
. contractions des muscles paralysés sont cependant moins fortes et plus
lentes que celles que l’on obtient pour les muscles sains.
Au bout de trois semaines, l'excitation des rameaux du nerf facial ne détermine plus de contractions, ni sous l'influence des courants induits, ni sous l'influence des courants de la pile. Mais l’électrisation directe des muscles donne lieu à des contractions très-prononcées avec les cou- rants de la pile, mais non avec des courants induits.
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Dans d’autres cas de paralysie faciale, M. Meyer, de Berlin (1), a vu que lorsque la contraction musculaire est encore produite par des courants induits, les courants contnus déterminent des contractions plus faibles que dans les cas où les courants induits ne peuvent amener aucune con- - traction. Ces cas, en général, guérissent plus promptement. » Nous avons eu l’occasion d'observer trois cas de paralysie * faciale, deux d’origine rhumatismale, et l’autre traumati- - que, où celte différence d’action des courants induits et des » courants de la pile était très-remarquable.
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=. Paralysie faciale rhumatismale. — M. G...., marchand, avait pen- — dant une nuit laissé ouverte une des fenêtres de sa chambre à coucher —… (juin 1867). Le lendemain matin, il se réveille avec toute la moitié droite … de la figure complétement paralysée. La bouche est déviée fortement du 4 côté gauche, tout mouvement dans les muscles de la joue droite est im- . possible ; il ne peut ni souffler, ni siffler ; quand il mauge, il est obligé
4 (1) Die Electricität in ihrer Anwendung auf praktische Medicin. Ber- - lin, 1868.
D Pt 5: dun À once cv
. vimes trois ans après l'opération, c’est-à-dire après la paralysie trauwr
à chaque instant de ramener les aliments vers la j joue gauche en se ser : vant de ses doigts. Il ne peut fermer les paupières. 7
La sensibilité est très-bien conservée. Électrisés avec un courant de > la pile très-faible (dix éléments Remak), tous les muscles de la face du. Li côté paralysé se contractent parfaitement. Les courants d’induction au É cont#aire ne déterminent aucune contraclion. “
A mesure que la guérison, qui à été complète au bout de vingt séances, arrive, il faut employer, pour obtenir des contractions des muscles de la face, un courant plus fort (douze, quinze, puis vingt éléments). Pendant tout ce temps, les courants d’induction, aussi forts que peut les supporter le malade, n’amènent aucune contraction.
À F3 de Le ©
Nous avons eu l’occasion de revoir ce malade plus d’un an apres sa guérison, et tandis que dans les premières semaines de sa paralysie faciale un courant de dix éléments
Remak provoquait des contractions, nous n’obtenons au-« jourd’hui que de tres-faibles contractions avec 25 éléments. \
Paralysie faciale traumatique. — Mademoiselle H… avait été opérée, x il ya cinq ans, d’une tumeur siégeant le long de la branche du maxil-« laire inférieur, au-dessous de l'oreille droite. Avant l'opération, traits de la figure étaient parfaitement réguliers ; aussitôt après l’opé tion, elle eut une paralysie complète du côté où se trouvait Ja tumeur" (côté droit). Nous ne l'avons pas vue à cette époque, mais la malade. prétend que la déviation de la bouche était plus prononcée qu’actue ment, et qu'il lui était plus difficile de parler et de manger. Nous
tique du nerf facial droit, et nous pûmes constater tous les phénomènes qui accompagnentla paralysie faciale. Elle avait plusieurs mois auparave ‘1 suivi un traitement par les courants d’induction. Les courants continus n’eurent pas plus de succès ; seulement, pendant quelques heures après. l’électrisation, les muscles du côté paralysé se maintenaient plus 7 courcis, et par conséquent la figure semblait prendre son apparel nce > normale, Cet effet n’était que passager, et était surlout très-net inmé diatement après l’électrisation.
Les courants d’induction, comme nous nous en sommes assurés, iLy a deux ans et tout récemment encore, ne peuvent déterminer de contractions appréciables sur les muscles du côté ane Les courants. 4
continus, au contraire, produisent toujours, et même avec une faible
intensité, des contractions très-marquées. Ces mêmes courants, et avec . la même intensité, ne provoquent aucune contraction sur les mêmes . muscles du côté sain. Donc, plus de quatre.ans après le début de la pa- . ralysie, on observe encore cette différence d’action des courants électri- . ques, et, sous ce rapport, ce cas nous paraît avoir une assez grande importance (1).
Disons tout de suite, que ces différences d’action n’exis- + tent pas seulement dans les cas de paralysie du nerf facial, : elles s’observent également dans d’autres paralysies rhuma- * tismales et traumatiques, comme le prouve l'observation suivante empruntée à M. Ziemssen (2) :
Une petite fille, en tombant d’une chaise, s'était fracturé l’avant-bras gauche vers le tiers inférieur du cubitus. L'accident avait eu lieu au mois de mars 1866, mais l'enfant n’entra à l'hôpital que le 17 mai. L’avant-bras est déformé et sa partie inférieure est proéminente ; la malade soutient son bras gauche avec la main droite et ne peut que ] très-difficilement faire des mouvements volontaires.
» Pendant que la malade est soumise à l'influence du chloroforme, on é ctrise les muscles avec les courants d’induction et les courants continus. Les courants d’induction déterminent des contractions dans tous les muscles de l’avant-bras, excepté dans l’extenseur commun des doigts. même muscle reste immobile en électrisant le nerf radial. Le courant
ntinu, au contraire, produit la contraction de ce muscle, plus forte “que pour le même muscle du côté droit.
Le 22 mai, on obtient encore les mêmes phénomènes.
È 2 mai, la motilité des muscles du bras paralysé s’est améliorée. | L: L'enfant saisit mieux les objets et les tient plus fermement et plus P longtemps —. Après avoir humecté pendant quelque temps l’épiderme de l’avant- È bras, afin de faciliter la conductibilité de l’épiderme, on observe qu’un courant de dix éléments détermine des contractions sur le muscle
CAE
extenseur commun paralysé, et non sur le même muscle du côté sain.
(1) Voyez l’observation de paralysie faciale que nous mentionnons plus loin.
n (2) Loc. cit., pp. 92 et 98.