‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 97 sur 173 · I. — Il existe des cas de paralysies périphériques où les · texte numérisé non relu

I. — Il existe des cas de paralysies périphériques où les

. muscles ne se contractent ni sous l'influence de la volonté,

ni sous l'influence des courants induits et des courants

continus. | II. — Dans quelques cas, la motilité est en partie conservée, mais ni les muscles malades, ni leurs nerfs moteurs

(1) Voy. Archives de physiologie (novembre 1869). Analyse faite par … M. Vulpian.

ne sont excitables, soit par les courants induits, soit par les

courants de la pile (Eulenburg (1), Ziemssen). TT. — La motilité peut être complétement éteinte, tandis

que l’excitabilité musculaire pour les deux sortes de courants

est affaiblie et égale (Meyer).

IV.— Les muscies et les nerfs moteurs ont perdu tonte excitabilité sous l'influence de la volonté et des courants induits, tandis qu'elle est augmentée pour les courants de la pile.

Dans ce cas, les observations donnent pour résultats les phénomènes suivants :

a. Pendant l'absence de la motilité.

1° La contractilité par le courant de la pile est augmentée ; un courant très-faible, qui ne détermine aucun indice de contraction pour les muscles homologues sains, pro-

duit d’énergiques contractions dans les muscles paralysés

(Baierlacher, Schulz, Neumann, Eulenburg, Ziemssen). 2° L’excitabilité pour le courant de la pile augmente dans le cours du traitement, atteint rapidement un maximum pour diminuer ensuite (Ziemssen).

8 L’excitabilité pour le courant de la pile n'est pas tou-

jours rehaussée en même temps, dans tous les rameaux du

nerf paralysé. Dans les muscles et les rameaux de nerfs moins excitables, elle augmente et diminue plus tard que

dans les muscles et dans les rameaux de nerfs plus excitables M

(Ziemssen).

h° La contraction produite par les courants de la pile est, Ê|

moins rapide pour les muscles paralysés que pour les muscles

sains.

(1) Zur Therapie der rheumatischen Facial-Paralysen (Deutches Archiv für klin. Medicin, 1866).

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5° La contraction ne naït souvent que par l’irritation du

“ nerf moteur correspondant (Neumann, Ziemssen).

b. Avec le retour de la motilité.

6° L’excitabilité sous l'influence du courant de la pile se perd peu à peu avec le retour.du mouvement volontaire, pendant que l’excitabilité par le courant d’induction revient

peu à peu (Schulz, Ziemssen).

7° L’excitabilité par le courant de la pile se perd peu à peu avec le retour de la motilité, mais l’excitabilité par le courant d’mduction reste éteinte malgré le rétablissement com-

plet de la motilité.

L’excitabilité par les deux sortes de courants ne rede-

vient normale que peu à peu et dans lesmêmes proportions

après plusieurs mois ou plusieurs années (Ziemssen). 8° L’excitabilité par les courants induits, tout en repa-

raissant, reste plus faible “ pour les muscles homologues

du côté sain.

9° L’excitabilité par les courants de la pile reste la même, et l’excitabilité par les courants induits ne revient plus jamais (Eulenburg, Ziemssen).

Des états pathologiques où l’on constate cette différence d'action

des courants électriques.

Ces conclusions ne se rapportent pas seulement aux paralysies traumatiques et aux paralysies rhumatismales du

. nerf facial, elles sont également vraies dans d’autres cas.

M. Ziemssen (1) a observé les mêmes phénomènes dans un

cas de paralysie des muscles du voile du palais, à la suite d’une angine diphthéritique. Chez un malade atteint de cette

(É} Loc, cit, p. 112.

58/} RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES. k. affection, la parole devint nasillarde, et chaque fois qu'il À voulait avaler des liquides, ceux-ci revenaient par les fosses nasales. Les mouvements, soit volontaires, soit réflexes, des muscles du voile du palais étaient complétement abolis. Lapplication des courants induits ne détermine aucune contraction de ces muscles. Par contre, les courants de la pile de huit éléments Sthorer font contracter très-énergi- F: quement les muscles glosso-staphylin et pharyngo-staphylin et le constricteur supérieur du pharynx. Aprèstrois séances, les mouvements volontaires réapparaissent faiblement, et, M après neuf séances, la guérison est presque complète. Les à liquides peuvent être avalés et la voix n’est plus nasillarde. M Après cinq autres séances, la guérison est complète et se maintient. La différence entre les deux sortes de courants se continue invariablement, c’est-à-dire que l'excitabilité par les courants de la pile ne diminue pas, et qu'elle resief nulle pour les courants induits. Le courant produit par un M appareil magnéto-électrique, où le sens du courant reste le même, ne donne également aucune contraction surlesmuscles du voile du palais, tandis qu’il peut faire contracter les M muscles de la face. Un courant de huit éléments, qui ne peut 4 déterminer la contraction des muscles de la face, fait con- M tracter les muscles du voile du palais. | $ M. Bruckner (1) a observé dans des cas de dégénére ll Ÿ cence des muscles que, tandis que le courant d’induction « reSlait sans effet sur ces muscles, le courant de vingt élé-" ments y déterminait des contractions à chaque fermeture, « # et, en même temps, que des interruptions lentes avec le de

(1) Brückner, Ueber das Ausbleiben der Zeitung gelähmter Nerven un É Muskeln bei momentaner Untersuchung des constannten electrischen Fr 1865,

courant de là pile produisaient des contractions plus fortes gue des interruptions rapides.

Nous avons pu constater cette même différence d’action . des courants d’induction et des courants de la pile, dans un . cas de dégénérescence graisseuse des muscles :

M”° C...., âgée de trente ans, a commencé, il y a cinq ans, par éprouver une difficulté dans l’extension du doigt annulaire de la main » droite. Les autres doigts ont été successivement atteints. Il y a deux ans que la main gauche à également été prise, et, aujourd’hui, la malade se trouve dans l’état suivant : les muscles extenseurs ont gardé à peu près leur volume normal, mais ils n’ont plus aucune consistance et ne peuvent se contracter que très-légèrement sous l'influence de la volonté. Les - deux mains sont à moitié fermées et aucun des doigts ne peut être sou- … levé. Les muscles fléchisseurs sont également un peu affaiblis, mais la » malade peut fermer la main complétement.

: Les courants induits appliqués sur les muscles fléchisseurs donnent des contractions assez fortes, mais moins énergiques pour la même intensité de courant que celles qu’on détermine sur des muscles parfaite- . ment sains. Ces mêmes courants, sur les muscles extenseurs, ne prodr D uisent qu’une contraction très-faible ; tandis que les courants de la pile » déterminent sur ces mêmes muscles, et relativement aux courants induits, . des contractions bien plus fortes, En promenant un des pôles sur la

… peau qui recouvre les extenseurs, on maintient avec les courants con- … stants la main dans l’extension.

me À 218.

« Cette différence d'action entre les courants de la pile et “ les courants interrompus a été également observée par nous. . dans un Cas de paralysie saturnine, chez un ouvrier, entré à l'hôpital Beaujon, dans le service de M. Axenfeld. Ce … malade avait déjà, une première fois, été atteint de para-

lysie saturnine des extenseurs, il y a douze ans, et avait élé — complétement guéri à cette époque; cette même affection “était revenue depuis deux mois. Les deux bras étaient atteints, mais surtout le bras droit. Les courants induits,

PSN ERA NON PT TN de it ren D ‘ |

mêmeassez faibles, déterminaient des contractions dans tous les muscles de l’avant-bras, excepté dans les muscles exten- …

seurs des doigts ; avec un fort courant induit, on obtenait.

cependant sur ces muscles une légère contraction. Quand : à lee L ‘ la peau est bien mouillée et que le courant induit est assez

fort, le courant traverse le bras et va agir sur les fléchisseurs;.

la main se plie sur le bras et les doigts se fléchissent. Nous « avons essayé, dans ce cas, et sans obtenir de différence … d'action, les courants des appareils électro-magnétiques et »

magnéto -électriques. Les courants de quinze éléments

Marié-Davy ne déterminaient, au contraire, aucune con-

traction sur tous les muscles sains, et ne font contracter que le muscle extenseur commun des doigts, l’extenseur M propre de l’index et les extenseurs du pouce, c’est-à-dire ceux-là seulement sur lesquels les courants induits n’ont au- « cuve action. M. le professeur Axenfeld et M. Duchenne . ë

ont été témoins de ce fait.

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Nous avons cherché si nous retrouverions cette différence «

d'action des courants de la pile et des courants induits, dans £

d’autres cas de paralysie saturnine, mais nous ne l’avons

plus observé aussi nettement que dansle cas ci-dessus. Ce

pendant, dans la plupart des autres cas de paralysie satur-«

nine, 1l y à une différence d’action sur les muscles en

faveur des courants continus, et cette différence tient sur" tout, d’après nos observations, à la durée de la maladie et au moment du traitement pendant lequel on examine M la contractilité musculaire. Nous ne pouvons encore sur ce

point donner des indications très-précises.

Ce qui ressort de tous ces faits, c’est qu’il y a une diffé. : rence d'action très-grande entre les courants de la pile et” les courants induits, et que cette différence ne tient nulle

ment, comme le veut M. Duchenne, à une succession trop rapide d’intermittences.

. Comme les courants dela pile ne donnent pas d'effets aussi énergiques et aussi douloureux que les courants induits, plusieurs médecins veulent à toute force ne voir dans les effets des courants de la pile que ceux produits par des “courants induits très-faibles ; ils répètent sans cesse qu'il nya là qu'une question de plus ou de moins d'intensité. Si nous avons tant insisté sur ces faits pathologiques, c’est “parce qu'ils montrent d’une manière palpable et grossière, “de manière que personne ne puisse s’y tromper, qu'il y a entre ces deux courants électriques des différences d'action “iellement grandes, que l’un agit pour ainsi dire contraire- - ment à l’autre.

- L'importance de cette différence d'action est très-grande pour le diagnostic, car, comme on le comprend, il est impossible, pour connaître exactement l’état d’un muscle, de s'en tenir à lexploration de la contractilité par les courants induits.

“ Erb (1), Hugo Ziemssen et Auguste Weiss (2), ont “cherché à reproduire sur des animaux quelques-unes des “diverses espèces de paralysies périphériques que l’on observe “chez l'homme, soit en coupant, soit en écrasant les nerfs. I y à entre ces auteurs quelques différences d'observation, mais elles n’ont lieu que pour des questions de détail, et 1ls se trouvent d'accord pour les faits principaux. …. Après la section ou l’écrasement d’un nerf périphérique

… (1) Zur Pathologie und pathologischen Anatomie peripherischer Para- “lysen (Deutsches Arch. für klin. Med. Bd. IV et Bd. V, 1868).

… (2) Die Veründernugen der elektrischen Erreyburkeit bei traumatischen Lühmungen (Deutsches Arch. für klin. Med., Bd. IV, 1868).

Lu: tu pr. AE Ce

(les expériences ont été faites surtout sur le tibial antérieur), on observe très-rapidement la perte de l'excitabilité. Souvent déjà après vingt-quatre heures, et au plus tard après quarante-huit heures, le nerf n’est plus excitable par les courants électriques, qu’ils soient induits ou qu’ils prod viennent de la pile. ë

"La durée de la perte de l’excitabilité varie de trois semaines à sept mois. Une simple section du nert demande quatre à huit semaines pour que l’excitabilité reparaisse, il faut au contraire six à sept mois quand on a enlevé une portion du nerf, longue de 3 à 4 millimètres. |

Lorsqu'on ne fait qu'une contusion légère du nerf, la perte de l'excitabilité n’est que de peu de durée ; mail l'excitabilité, diminuée pour les deux espèces de courant, l’est surtout pour les courants induits.

Le retour de l’excitabilité du nerf lésé a toujours io pour le bout central, plusieurs jours avant son np pour le bout périphérique. Fi

Tandis que, pour le bout central, les courants induits et les courants continus déterminent la même force d’excita= tion, pour le bout périphérique l'excitation produite par les: courants continus est supérieure à celle produite par les courants induits. E

Le retour de l’exeitabilité du nerf coïncide avec le retour” ; de l'excitabilité musculaire par les courants induits, et avec la diminution de l’excitabilité musculaire par les courants. continus. Le

Ces faits peuvent se résumer dans le tableau suivant :

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