COURANTS INDUITS
L’excitabilité musculaire diminue « presque immédiatement après la section … oula compression d’un nerf périphérique.
$ Quelquefois cependant elle existe en- - core à l’état normal plusieurs jours après … Ja lésion du nerf. Dans ce cas, la lésion … a été faite très-loin du muscle.
= Plus la lésion du nerf est éloignée du muscle, plus le muscle reste de temps “ sans perdre son excitabilité.
| La perte de l’excitabilité varie entre - quatre et vingt-huit semaines.
- Le retour de l’excitabilité se fait trèslentement et atteint difficilement l’état
… Elle ne réapparaît quelquefois qu’a- … près des années.
COURANTS DE LA PILE, (Courants dits constants et continus.)
Presque immédiatement après la section du nerf, l’excitabilité musculaire est augmentée.
Dans la moitié des cas, il y a une légère diminution de l’excitabilité le deuxième jour, qui ne dure que quelque temps.
L’excitabilité tend à augmenter pendant plusieurs semaines, si bien que les courants les plus faibles déterminent des contractions sur ces muscles, et qu’ils n’en déterminent pas sur les muscles sains.
Pour les muscles sains, le pôle négatif détermine des contractions plus énergiques; c’est-à-dire, qu'en mettant directement sur le muscle le pôle positif, s’il faut pour obtenir une contraction cinq éléments , il n’en faut que quatre lorsqu’on met le pôle négatif directement sur le muscle.— Pour les muscles lésés le contraire a lieu, et il faut employer deux à six éléments de plus lorsqu'au lieu du pôle positif on place le pôle né:
gatif sur le muscle.
L’excitabilité des muscles diminue, lorsqu'elle revient sous l'influence des courants induits.
Cette excitabilité reste cependant pendant longtemps supérieure à celle produite par les courants induits.
L Si l'on représentait graphiquement la plus ou moins
“rants, on aurait à peu près la figure ci-jointe (fig. 79). La
ee SE TR SN RE ENT SDS ER SECRET { BEEN aie PAR ET TE TOR CENRENNES TOR RU
ligne AB montre l'augmentation de l’excitabilité par |
prononcées du côté paralysé que du côté sain. Avec six éléments Ren
courants de la pile, la ligne AC la diminution de lexci bilité sous l'influence des courants induits. Leur action € en sens inverse l’une de l’autre.
Recherches sur les causes de ces différences d'action ae courants induits et des courants de la pile.
* Le docteur Neumann est le premier qui ait cherché, à
l'occasion de l’observation suivante, siles interruptions Pl 1 ou moins rapides étaient la cause de cette différence d’ac = À tion si remarquable, entre les courants induits et les cou 1rants de la pile.
Un homme de soixante ans est atteint d’une paralysie faciale chumè a tismale, qui dans les premiers jours est accompagnée de douleurs ti violentes. Pendant un mois et demi, les courants induits furent employés tous les jours pendant une demi-heure et sans aucun succès. Neumann employa alors les courants continus qui produisirent une amélioration très-grande. Avec le rétablissement de l’action de la volonté sui muscles apparurent de nouveau, des légères contractions sous rites des courants induits, mais elles étaient toujours beaucoup és ee ple que du côté sain. |
Les courants continus déterminent des contractions bascoiil plus |
on provoque des contractions des muscles paralysés, tandis qu'il faut | es dix à douze éléments pour faire contracter les muscles sains.
Neumann a cherché dans ce cas la cause physique de cette différence d’action des deux sortes de courants, el prétend la trouver uniquement dans la différence de rapiditém des courants continus et des courants induits. Éliminant là supposition que l'intensité du courant pouvait agir (C ar | l'intensité d’un courant de six éléments ne peut être COMEM parée à celle d’un courant induit énergique), 1 Mes
CAUSES DE CES DIFFÉRENCES D'ACTION. 091 les trois influences suivantes : là courte durée des intervalles qui séparent les courants induits, leur direction alter nativement en sens opposé, et la rapidité de leur passage.
Pour les deux premières influences, il est facile de les étudier, car, avec tout appareil médical, il est possible de faire des interruptions lentes ou rapides ; quant à la direction alternative des courants induits, il suffit d'employer l'exira-courant pour avoir un courant dirigé dans un même sens.
Les complications d'appareils qu'a employées Neumann, sont donc inutiles, et dans tous les cas il est arrivé aux résultats obtenus par tous les auteurs, c'est-à-dire à n’obtenir aucune contraction des muscles paralysés avec les courants induits à rares intervalles, ni avec ceux dirigés dans le même sens.
Pour juger de l'influence, de la rapidité du passage des Courants induits dans les tissus, Neumann aurait dû employer, comme nous l'avons fait depuis, des courants fournis par l'appareil de Clarke. I n’a fait qu’expérimenter si de nombreuses interruptions du courant de la pile influaient sur l’énergie des contractions. Il a ainsi observé qu'avec des courants de la pile interrompus très-rapidement, les contractions étaient beaucoup moins fortes, ce qui démontre ce que Bezold et Fick avaient déjà établi, qu'un courant faible, mais prolongé pendant un-certain temps, agissait plus énergiquement qu’un courant fort très-rapide, et par conséqueut qne l'intensité devient, dans ce cas, un élément accessoire, landis que la durée est le facteur essentiel.
Après Neumann, Brückner a observé des faits du même genre dans les atrophies musculaires graisseuses. Tandis que les courants induits ne déterminaient aucune contrac-
tion dans les groupes musculaires malades, les courants de la pile, comme nous l’avons déjà dit plus haut, yprovoquaient #: des contractions à chaque fermeture du courant. Brückner … remarqua également que les contractions étaient plus fortes … lorsqu'on interrompait le courant une ou deux fois par seconde, que lorsqu'on faisait cinq à six interruptions par seconde, et enfin qu'elles disparaissaient presque complétement avec des interruptions plus rapides.
Il semblerait, d’après ces observations, et c’est l'avis de tous les auteurs qui se sont occupés de ce sujet, que la rapidité des interruptions des courants induits est la seule cause u de cette différence d'action des courants induits et des … courants de la pile. Mais, comme nous le prouverons plus « loin, si la rapidité des interruptions est une des causes de à cette différence, et peut même la créer à elle seule, 1l est ; important de faire remarquer tout de suite, que des cou rants de la pile interrompus plus souvent que des courants induits déterminent des contractions, alors que ces derniers |
ne produisent aucune réaction.
Des courants induits ayant, par exemple, dix ou même seulement deux ou une interruption par seconde, ne détermineront aucune contraction, alors que des courants de a À pile en produiront, malgré dix, vingt interruptions par seconde. es
Il est vrai que ce n’est pas autant dans l'interruption que ce dans la rapidité du passage du courant dans les tissus que e. les courants induits différent des courants de la pile. Si, avec ces derniers courants, on fait par seconde dix interruptions égales, les tissus auront été influencés pendant près de -5 de: seconde, tandis qu'avec les courants induits des appareils électro-magnétiques, lors même qu’il n’y aurait eu qu'une
+ Cu
AS
CAUSES DE CES DIFFÉRENCES D'ACTION, 593 interruption par seconde, le passage d’un courant n'aurait eu lieu que pendant un temps infiniment petit, car les courants induits se produisent et durent pendant un temps infiniment petit.
La question importante est done d'employer des courants induits qui aient une durée plus longue, et c’est ce que l’on obtient plus facilement avec les courants produits par les
. appareils magnéto-électriques, car le courant dure pendant tout le temps où l'électro-aimant est voisin du fer doux, et comme on peut maintenir ce contact assez longtemps en tournant l'appareil très-lentement, les courants induits qui
se forment peuvent avoir une durée assez grande, d’un tiers
de seconde par exemple.
Ces courants ainsi produits peuvent donc être comparés, comme durée de temps, à celle des courants de la pile. Nous avons fait ces recherches dans le cas de paralysie fa- ciale suivant :
sa at lt
… M. Julien Foiret, ouvrier fileur, âgé de cinquante-quatre ans, n'ayant eu aucune maladie antérieure, s’est réveillé, le 2 janvier 1870, ayant … toute la moitié droite de la figure paralysée. Un mois auparavant il avait eu un violent rhume de cerveau, qui avait duré trois semaines, et qui. … avait cessé vers le 25 décembre 1869. Vers cette dernière époque, en se .mouchant très-fortement, il éprouva dans l'oreille droite la sensation . d’un choc très-violent, comme d’un coup de pistolet, selon son expression. En même temps, il eut un étourdissement qui dura quelques - secondes. JT n’éprouva à la suite de cet étourdissement aucun accident ni aucun phénomène paralytique. Deux jours après, il ressentit dans les gencives du côté droit une douleur assez vive, et vers la nuit il éprouva un tintement violent dans l’oreille droite, qui disparut pendant le som- -meil. La nuit suivante, le même tintement reparut accompagné de …. douleurs, et il ne put se coucher du côté droit. Ces symptômes dispa- … raissent de nouveau dans la journée, mais le lendemain matin en se … réveillant, toute la moitié droite de la figure se trouve paralvsée. Le … malade ne soupçonne aucune cause de refroidissement,
% ONIMUS ET LEGROS. | 38
inférieur. Tous les autres muscles de ce côté de la face restent complé- Ë
Il se présenta chez nous le 10 janvier, c’est-à-dire huit jours après. le. à début de la maladie, et nous pâmes constater tous les symptômes de Ra, + paralysie du nerf HE La bouche est fortement déviée à gauche, il ne 4 peut ni souffler, ni siftier, ni fermer les paupières. L’œil droit est toujours ‘4 plein de larmes. Aucun mouvement n’a lieu du côté droit, ni pendant qu’il parle, ni quand il rit, ni dans aucune des expressions mimiques de la face; en un mot tous les muscles qu’innerve le nerf facial sont complétement paralysés. La luette n’est point déviée et les muscles du voile » du pâlais fonctionnent régulièrement.
La sensibilité, surtout pour les courants Feu nes pra être un peu exagérée du côté paralysé. LÉ
Le sens de l’ouie est diminué et le tic-tac : d’une montre ne s'entend plus à 15 centimètres, tandis que de l'oreille gauche, ce bruit s'entend encore à A0 centimètres. ee
Cette diminution de l’ouïe, donnée par Landouzy comme un signe de. paralysie faciale de cause Hvébrale, et les autres phénomènes accusés « par le malade, tels qu’étourdissement, tintements dans les oreilles, ete, 1
nous firent un instant supposer que la cause de cette paralysie pouvait M être centrale. L'examen de la contractilité électro-musculaire nous fit « immédiatement rejeter ce diagnostic. À
Les courants induits appliqués sur les muscles paralysés ne donnent … pas lieu à la moindre contraction ; nous les faisons aussi forts que le malade peut les supporter, et, en les appliquant sur les différents muscles ! de la face, on n’apercoit de contraction que dans le muscle masséter. Ce muscle, en effet, ne reçoit passes ner fs du facial, mais du maxillaire.
tement immobiles, quoique le courant employé soit tellement fort, qu’appliqué du côté droit il détermine des contractions dans les muscles du côté opposé. Appliqués directement sur les muscles homologues. sains, FA ces Courants produisent des contractions très-énergiques. 7m. Les courants continus (10 à 16 éléments Remak) déterminent des
contractions de tous les muscles du côté paralysé, excepté du masséter.M
Ces courants, appliqués sur le trajet du nerf facial, ne donnent lieu qu "a des contractions très-faibles, mais placés sur les muscles ils proies localement des contractions très-apparentes.
Les courants continus du côté sain amènent des contractions des. muscles de la face, mais surtout lorsqu'on agit sur les filets nerveux: Pour déterminer localement la contraction d’un muscle sain, il faut employer un courant plus fort que pour un muscle paralysé. Pour les
muscles zygomatique, releveur de la paupière supérieure, canin, orbiculaire des lèvres du côté paralysé, il faut, pour produire une contrac-
tion, un courant de 8 à 12 éléments Remak ; tandis que pour les mêmes
muscles du côté sain, il faut 16 à 48 éléments.
La contraction par les courants continus des muscles paralysés n’a pas le même aspect que celle des muscles sains. Tandis que celle de ces derniers est brusque et rapide, l’autre est plus lente et plus longue.
Ce cas est des plus nets pour indiquer la différence d'action des courants induits et des courants continus.
Nous avons cherché à constater si tous les courants induits agiraient de la même façon. Nous avons d’abord employé les courants des appareils médicaux ordinaires. Avec aucun d'eux, nous n'avons obtenu de contractions des muscles paralysés.
Ni l’extra-courant, ni les courants de la seconde hélice, que ces courants soient fournis par des appareils voltaélectriques, ou magnéto-électriques, n'ont déterminé de
contractions. | Nous avons alors employé des courants induits, dont les propriétés se rapprochent le plus des courants de la pile.
Les courants de la pile donnent, en général, une grande quantité d'électricité et peu detension, tandis quela plupart
des courants induits ont une grande tension et fort peu de quantité. Les seuls courants induits qui donnent une quan-
tité d'électricité un peu plus grande sont ceux de l'appareil Clarke et surtout ceux de l’appareil de Ladd. Pour l'appareil de Clarke, il faut choisir le courant donné
par le gros fil, car plus le fil est gros et court, plus la quan-
… tité d'électricité est grande. Néanmoins l’apphication de ce
(Am ; 4 , L CL] … courant n’a déterminé aucune contraction des muscles para- — lysés, tandis qu’il en produisait de très-fortes sur les muscles homologues sains.
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L'appareil de Ladd, mventé récemment, est remarquable par la quantité d'électricité qu'il donne; cette quantité est égale à celle de dix éléments de Bunsen, elle rougit facilement un fil de plate. et les interruptions sont tellement rapides que la lumière produite conserve une intensité constante. M. Rhumkorff a eu l'’obligeance de mettre cet appareil à notre disposition. Sur les muscles des membres, comme sur les muscles sains de la face, nous avons obtenu avec ces courants des contractions très-énergiques, mais sur les muscles paralysés, malgré un courant très-fort, il nous à été également impossible d’oblenir la plus légère contraction. Le malade était très- -COurageux et supportait très-bien des courants très-douloureux.
Donc, avec les différents appareils magnéto-électriques ou électro-magnétiques construits jusqu'aujourd’hui, 1] nous a été impossible, dans ce cas, d'obtenir des contractions des muscles paralysés (1).
Pour étudier l’influence de la rapidité des courants, nous avons déjà dit qu'il ne fallait pas se servir des courants induits des appareils électro-magnétiques, car leur production est toujours excessivement passagère. Avec les appareils magnéto-électriques, on peut arriver à produire des n courants induits ayant une durée assez longue ; il suffit »
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(4) I ne faudrait cependant pas conclure de ces faits qu’il y a plu- “sieurs espèces d'électricité, mais seulement qu’il y a, selon les sources électriques, selon les propriétés (tension, quantité, rapidité de production),des effets physiologiques différents.On pourrait peut-être construire un appareil induit qui aurait les mêmes propriétés que la pile. Pour cela, il faudrait un appareil de Clarke avec un fil très-gros, un aimant très-fort et un mouvement de rotation assez lent: Cet appareil n’est encore que théorique, et n’a pas encore été construit ; mais alors même … qu'on parviendrait à l’établir, il n’en resterait pas moins inférieur, sous. bien des rapports, aux appareils à courant continu.
pour cela de tourner lentement le fer doux devant l’aimant. car le courant à lieu ainsi pendant tout le temps que le fer doux est voisin de l’aimant. On peut, par ce moyen, ne faire que trois ou quatre interruptions par seconde, et agir sur les muscles pendant un temps assez long. L'application de ces courants, avec des interruptions très-rares, ne détermine cependant aucune contraction des muscles paralysés ; tandis qu'avec les courantscontinus on obtient des contractions en faisant près de quarante interruptions par seconde.
Nous avons alors cherché, au moyen des modifications à apporter dans les appareils à courant continu, quelle influence exerçait d’un côté la quantité et de l’autre la durée de chaque courant. | ;
On sait que la quantité varie avec la surface du métal attaqué ; on peut donc obtenir une quantité plus ou moins grande, en faisant plonger les métaux plus où moins dans les liquides excitateurs.
Avec l'appareil à courant continu de Ruhmkorff, on peut à volonté faire plonger le zinc plus ou moins dans la soluton de bisulfate de mercure, et c’est avec cet appareil que nous avons cherché à étudier l'influence de la quantité. En employant 28 éléments, et en ne laissant plonger qu’une irès-petite partie deszincs, nous déterminions des contractions moins fortes sur les muscles paralysés que lorsque nous nous servions d’un courant de 14 éléments, les zincs étant complétement immergés. Le contraire a lieu pour les muscles sains.
La quantité d'électricité a donc sur les muscles dans cet état pathologique plus d’action que sur les muscles sains, et tandis que la tension est l’agent principal qui, sur les muscles sains, provoque les contractions, le contraire a lieu pour