PARALYSIE FACIALE ; OBSERVATIONS
Employé de bureau, âgé de 41 ans, a eu, il y a huit jours, par suite d'un refroidissement, une paralysie de la partie droite du visage; paralysie complète de toutes les ramifications de la face ; réflexes supprimés; pas de trouble du goiU; le voile du palais est libre. Excitabilité faradiqiie et galvanique complètement normale. Traitement galvanique : onzième jour de la maladie, amélioration notable. Dix-septième jour, guérisou presque complète. Vingttroisième jour (après o séances), renvoyé guéri. L'excitabilité électrique n'a jamais montré d'altération quelconque.
o7° Obs. personnelle. — Paralysie faciale rhumatismale, forme moyenne, — Garde forestier, âgé de 41 ans, atteint d'une paralysie faciale au côté gauche, par suite d'un refroidissement. État le dix-huitième jour: paralysie faciale complète du cûté gauche. Luette et voile du palais normaux, pas de trouble du goût. DR partielle, faradiquement, à gauche dans les branches nerveuses, il faut de 8 à iO millimètres de distance de rouleaux de moins qu'à, dvoïle; galvaniquemcnl, dans les ramifications nerveuses, faible diminution ; aux muscles, augmentation caractéristique et modifications qualitatives; AnFS > KaFS (augmentation de l'excitabilité mécanique). Traitement galvanique : Vingt-deuxième jour : aujourd'hui déjà, évidente amélioration. Cinquante-sixième jour: guérison presque terminée; l'excitabilité des nerfs de rechef presque normale. Soixante-cinquième jour : sorti guéri.
08° 06s. personnelle. — Paralysie rhumatismale du facial, forme moyenne. — Passage â une forme plus grave. — Étudiant, 21 ans, atteint depuis quatre jours, à gauche, d'une paralysie de la face, rhumatismale ; paralj'sie de toutes les branches de la face; luette et voile du palais normaux; ouïe normale ; trouble du goût en avant, sur la moitié gauche de la langue. Excitabilité électrique encore parfaitement normale. Septième jour: diminution notable de l'excitabilité faradiquo des ramifications nerveuses (distance des rouleaux, de 7 à 16 millimètres). Pas de traces de DR. Treizième jour: l'excitabilité faradique a encore diminué, surtout dans les branches du menton ; galvaniquement aujourd'hui, DR très accentuée, dans les muscles du menton. En môme temps, traces du retour de la motilité dans le muscle frontal.
Le patient fait un voyage. Deux mois 1/2 après, motilité de la région frontale, complètement rétablie, mais encore très défectueuse dans les muscles delà mâchoire supérieure et au menton. Sensation du goût, de nouveau normale. L'exploration électrique donne encore toujours une DR partielle, sensible surtout dans les muscles précités. On reprend le traitement galvanique et, après chaque séance, on constate une amélioration prononcée de la motilité. Au bout de quatre semaines, guérison.
o9° 06s. personnelle. — Paralysie faciale rhumatismale, forme grave. — Femme, 62 ans; elle vient, le deuxième jour après l'apparition subite d'une paralysie faciale rhumatismale droite, pour se faire examiner et traiter. Paralysie complète de toutes les branches du visage ; luette et voile du palais normaux. Chez la malade, par une observation presque quotidienne, on reconnaît et l'on constate le développement et le parcours de la DR complète et cela de la manière la plus exacte et la plus typique. Simultanément, à partir du premier jour, on commence un traitement galvanique régulier (la Ka labile sur les nerfs elles muscles; l'An derrière l'oreille). C'est seulement au
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soixanle-sixième jour de maladie que se produit la première trace de molilil6 sur le muscle frontal ; mais elle progresse lentement. Le cent quarantecinquième Jour, l'aniélionilion est très iiolahle, mais il s'est manifesté une légère contracture des muscles, surtout autour de l'angle buccal . L'amélioration continue, mais très lentement. Môme treize mois après le commencement de la maladie, on constate encore des difficultés dans la motilité des muscles du visage, des contractures, des mouvements concomitants et des spasmes spontanés.
00° Obs. personnelle. — Paralysie faciale rhumatismale, forme grave. — Un homme de 30 ans arrive cinq jours après l'apparition subite d'une paralysie faciale du cûlé droit. 11 demande à être examiné. Paralysie complète des ramifications du visage, participation de l'auriculaire postérieur, trouble du goût, légère hyperacousie, voile du palais normal. Dans les (jualorze jours suivants, se développe la DR complète. Traitement galvanique (deux fois par semaine). C'est seulement au bout de deux mois que reparaissent les premières traces de motilité, sur le frontal ; mais c'est seulement après trois autres mois que la guérison peut être déclarée complète ; ici encore, il resta un peu de contracture.
La méthode du Irailcmenl électrique, dans les paralysies rhumatismales de la face s'effectue d'après les principes généraux et d'après nos théories sur Je siège et la nature du mal. Le premier point est le traitement direct de la lésion elle-même ; il s'ohtient au moyen du courant galvanique, surtout par un courant transversal par les fosses auriculo-maslO|ïdiennes,éventuellementpar les os du rocher, pour combattre la névr'ile pi'obable : immédiatement après, action stable de l'An (principalement dans des cas récents'*, puis, action plus ou moins longue de la Ka, pendant une ou deux minutes ; de 6 à 10 éléments suffiront; déclinaison de l'aiguille de 20 à 30° ; il n'y a d'ailleurs pas de difficulté.
Par contre, la suppression de l'obstacle à la conductibilité, dans le nerf, n'est pas aussi simple qu'on le croit, précisément parce que nous ne pouvons pas appliquer le courant, avec la sûreté nécessaire, au centre par rapport au siège de la lésion ; nous ne pouvons pas faire entrer en excitation visible le nerf facial, dans l'intérieur du rocher ou mémo à la base du crâne et les tentatives faites pour l'exciter systématiquement, en partant de la cavité du tympan, au moyen d'une électrode enfoncée profondément dans le conduit auditif externe, abstraction faite de l'incertitude du résultat, sont si dégréables et douloureuses, qu'on n'ose guère y recourir. Toute observation impartiale nous oblige à avouer que 1 electrisation périphérique ordinaire des ramifications nerveuses et des muscles, ne peut guère contribuer à rendre cette indication. Par bonheur, nous sommes, dans ces formes de paralysie, en état de disposer d'un arc réflexe extraordinairement actif, qui nous facilite beaucoup l'établissement de l'excitation désirée, eu partant de
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la lésion comme cenlre. Le trijumeau est complètement intact ; entre lui et le facial existe une relation réflexe tout à fait directe qui, par l'effet d'innombrables phénomènes physiologiques, est constamment employée et est souvent enjeu. Toute excitation énergique des branches faciales du trijumeau doit donc produire une vive excitation centrifuge dans le tronc du facial et c'est de cela que nous avons besoin. La déclaration, peu motivée d'ailleurs de Russel Reynolds « dans une paralysie faciale rhumatismale, l'emploi du pinceau faradique est la meilleure méthode de traitement », me paraît moins fausse qu'elle ne me semblait de prime abord. FA quoique je sois fort loin de plaider en faveur de ce remède si cruel pour le visage, je crois cependant que la faradisation et la galvanisation périphérique (du visage) peuvent être d'une utilité très notable et que le résultat indubitable de ce procédé qui n'atteint seulement, à ce qu'on présume, que les faisceaux nerveux de la face et les muscles, doit être attribuée principalement à l'excitation du trijumeau.
Ce procédé se confondavec celui que nous employons pour remplir la dernière indication, pour faire disparaîlre des troubles nutritifs délicats et grossiers dans les nerfs et muscles paralysés, en même temps que pour rétablir en eux la conductibilité. En tout cas, ce procédé est d'une utilité positive dans les formes légères et moyennes ; que dans les formes graves il n'arrête en rien la marche de l'atrophie dégénérative et qu'il ne serve vraisemblablenient pas beaucoup à abréger la durée générale de la maladie, c'est ce que mes recherches et, depuis, des expériences confirmatrices multiples, ont démontré ; mais il peut être utile, dans ces cas, pour hâter la reconstitution, rétablir plus rapidement et plus complètement les muscles, et on ne doit conséquemnient pas le négliger. Et comme il sert simultanément à combattre la paralysie (par la voie des réflexes) je dois retirer le conseil que j'ai donné ici antérieurement, de n'employer que rarement (environ une fois par semaine), à l'origine, la galvanisation ou faradisation périphérique, dans les paralysies faciales graves, et je liens maintenant un traitement périphérique comme aussi fréquemment utilisable ; par conséquent tous les jours à l'occasion.
Ce traitement périphérique consiste en ce que vous appliquez — yalcaniquemmt /"An moyenne derrière l'oreille, du cùté paralysé et, qu'avec la \{.^ petite, mais labile, vous traitez d'une manière suffisamment énergique les branches nerveuses et les muscles. Passez doucement tout d'abord sur le plexus zygomatique et ses principales branches ; occupez-vous ensuite des muscles isolés qui, d'ordinaire, donnent, en ce cas, des secousses labiles très intenses ; il est très utile de traiter directement l'orbiculaire des paupières pour relever sa tonicité et préparer, à courte échéance, la fermeture de l'œil ; vous passez là, circu-
J'ARALVSIE ET ATROPHIE
Inirement sur Jcs paupières, Jes lermanl, h l'aide de l'électrode ellemême, el par une légère pression ; naturellement avec les plus grandes précautions, afin de ne pas tomber avec l'électrode dans l'œil ouvert ! Des forces de courant telles que des secousses vives en résultent et qu'une cuisson Iraiiclie, vive sur les paupières, apparaisse (G-lO élém. sont le plus souvent suffisanls ; déviai, de l'aig. W-do"). Durée, une à trois minutes.
Faradiquemenl, le traitement est tout à fait analogue ; dans les formes légères et moyennes on excite directement les ramifications nerveuses et les muscles, en même temps naturellement que les branches du trijumeau; dans les formes graves, nulles contractions ne se produisant, vous vous laissez guider, pour le choix des forces de courant, parles sensations du malade, qui tout au moins doivent être alors bien vives et vous pouvez ainsi passer sur tout le visage avec la petite électrode.
Les résultats de ce traitement sont certes très différeiils, suivant la gravité des cas ; jamais vous ne pourrez espérer transformer par un traitement hâtif, une forme grave en une moyenne ou une légère ; les affirmations en ce sens, données par quelques auteurs, sont absolument fausses. La gravité et la durée moyenne de la paralysie sont des données auxquelles, du moins par le traitement, vous ne pourrez pas beaucoup changer. Toutefois je crois que, dans les formes légères et moyennes, on peut hâter la guérison à l'aide du traitement et, dans les formes graves, prévenir l'incurabilité de l'affection, favoriser la complète reconstitution et s'opposer à l'apparition des contractures secondaires et états spasmodiques. En fait, dans les formes légères, vous pouvez constater, après chaque séance, une amélioration manifeste et cela même dans les formes moyennes, qui alors arrivent en peu de temps à la guérison ; dans les formes graves, en revanche, il faut électriser souvent durant des semaines et des mois avant que Tamélioration ne se produise et encore toujours pendant très longtemps, jusqu'à ce que la guérison survienne. En vérité on peut ordinairement constater que les premières traces de motilité se manifestent immédiatement après la galvanisation ou en général deviennent plus nettes après elle, et cela surtout dans l'orbiculaire des paupières et dans le frontal.
L'électrothérapie est habituellement assez impuissante contre les contractures secondantes du visage, surtout quand elles sont très invétérées; j'ai d'ordinaire vainement essayé contre elles la galvanisation stable et labile, la faradisation des antagonistes, etc. ; le plus souvent, vous devrez, outre cela, recourir à d'autres moyens (extension mécanique, massage, etc.).
Le traitement électrique des autJ'es formes de la paralysie faciale ne