‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 121 sur 210 · PARALYSIE FACIALE ; AUTRES FORMES /|,H · texte numérisé non relu

PARALYSIE FACIALE ; AUTRES FORMES /|,H

nécessite plus maintenant de longues explications. Ces formes peuvent être produites par les causes les plus diverses et, par suite, doivent amener certaines modifications du traitement ; il en est qui proviennent d'inflammations des parotides ou d'érj'sipèle, d'influences traumatiques (coups de couteau, opérations, pression du forceps dans les accouchements), de lésions dans le rocher et à la base du crâne ; d'autres, de maladie des noyaux du facial, dans la moelle allongée, (la paralysie bulbaire, etc.), ou du trajet du facial dans le cerveau (les apoplexies, les hémiplégies cérébrales) et enfin aussi des centres moteurs du facial dans les circonvolutions cérébrales (dans les abcès, tumeurs, etc.). C'est d'après le siège de celte localisation que s'établit le tableau symptomatique de la paralysie, sa corrélation avec tous les autres troubles possibles et c'est aussi de cela que dépend l'état de l'excitabilité électrique. Dans la paralysie purement cérébrale, cette excitabi- . lité est absolument intacte ; dans la paralysie bulbaire il peut se produire une simple diminution dans les ramifications correspondantes du facial, bien des fois aussi la DR partielle se manifeste ; dans toutes les paralj'sies basilaires du rocher et autres paralysies périphériques, l'excitabilité électrique peut se montrer très différente; le plus souvent la DR (partielle ou complète) existe, souvent aussi il y a un simple aflaiblissement, très rarement accroissement (Brenner) et encore plus rarement cette excitabilité reste-t-elle complètement intacte. Toutes ces choses n'ont habituellement de la valeur que pour la détermination de la gravité de la lésion.

Pour le traitement électrique de toutes ces formes de paralysie, il ne se produit que certaines modifications qui sont nécessitées par le siège de la lésion. Ce dernier même doit, en première ligne, être l'objet de l'application électrique; ainsi dans les lésions périphériques traumatiques à la place en question, de même dans les affections du rocher, de l'oreille et de la base du crâne ainsi que dans la forme rhumatismale ; dans la paralysie bulbaire, comme nous l'avons indiqué (p. 326), on doit appliquer le courant transversalement par les processus mastoïdiens, ou diagonalement à partir de la région antérieure auriculaire au côté opposé de la nuque ; dans une affection spécialement cérébrale, c'est suivant le siège présumé dans les ganglions centraux ou les circonvolutions que vous choisirez les méthodes d'application convenables, en y comprenant la galvanisation du sympathique. Le traitement périphérique peut être le môme pour tous ces cas, galvanique ou faradique.

4° Paralysies du nerf accessoire.

Ce sont en somme des lésions rares, surtout en ce qui concerne la branche externe du nerf, pour les muscles sterno-cleido-mastoïdien et trapèze; les paralysies de la branche interne, qui innerve le larynx,

412 l'AHALYRir: et athoi-iue

les muscles do Ja déglulilion £l d'une partie du voile du palais, j'en parlerai ensemble plus lard.

Les5 paralysies du sterno-cieido-masloïdieu et du Irapè/.e sont l'aciles à reconnaître ; mais leur cause et leur siège exact ne peuvent pas toujours être trouves avec c.erlitude. Elles peuvent exister avec ou sans atrophie des muscles, avec ou sans DR ; le plus fréquemment vous devez songer à une lésion périphérique du nerf, en dedans ou en dehors du canal vertébral, ensuite à une-lésion bulbaire; il n'est pas rare encore qu'elles soient aussi une manifestation partielle de l'atrophie musculaire progressive, surlout de la forme « juvénile » récemment signalée.

Le trailement électrique s'institue absolument d'après les principes développés à propos du nerf facial, modifiés seulement suivant le siège de la lésion et les muscles atteints; ainsi, traitement causal à travers les processus mastoïdiens, ou galvanisation des apophyses cervicales, etc.; ensuite le traitement dii'ect périphérique aux endroits connus. On ne sait rien des relations réflexes; il importe surtout, à cet eiïet, d'attirer la peau sur les muscles paralysés.

o" Paralysies du nerf hypoglosse.

Elles ne sont pas rares, mais elles ne se présentent le plus souvent que comme manifestations partielles d'affections centrales, telles que la paralysie bulbaire progressive, eten outre, très régulièrement, dans les hémiplégies cérébrales ordinaires, plus rarement dans les lésions corticales. De l'ensemble du tableau symptomatique, on peut le plus souvent tirer avec facilité le diagnostic local afférent. Les paralysies périphériques de l'hypoglosse surviennent bien aussi à lasuitede blessures, opérations, pression de tumeurs, cicatrices, etc., mais n'ont aucune, signification pratique spéciale.

Dans la paralysie de l'hypoglosse purement cérébrale, il n'y a jamais d'atrophie de la langue, ni de changement de l'excitabilité électrique ; mais aussitôt que le noyau est atteint dans la moelle allongée ou que la voie de conductibilité périphérique de l'hypoglosse est endommagée, l'atrophie de la langue ne fait jamais défaut et il se produit ensuite aussi une diminution de l'excitabilité électrique de la langue et même de la DR. Bernhardt la constata dans un cas de section et dans un cas de compression de l'hypoglosse; moi-même, j'ai observé une DR partielle dans une paralysie bulbaire progressive.

Le traitement s'efl'ectue ici encore d'après les principes généraux : directement, quand il y a une lésion cérébrale, transversalement à travers les processus mastoïdes, quand c'est une affection bulbaire, mais il faut s'arranger de façon à ce que laKa soit introduite profondément à la place d'excitation de l'hypoglosse (voir fig. 29, p. 264), au coin de la mâchoire inférieure, l'An appliquée en haut à la nuque.

l'ARALYSIE DU NERF HYPO»iU)SSE 413

Pour le Irailement périphérique au moyen du courant galvanique, vous placez également l'An à la nuque, la Ka à la place que nous venons d'indiquer, avec action labile ou fermetures réitérées de la Ka ; ou bien la Ka directement sur la langue tirée au dehors ou appliquée contre le plancher de la bouche ouverte, de la môme façon.

Il convient de prendre à cet elTet une électrode isolée jusqu'au bouton en éponge (à cause des dents et des lèvres), qui soit, si c'est possible,pourvue d'un interrupteur. Par une application externe, on provoquera aussi des mouvements de déglutition, mouvements qui sont utiles pour beaucoup de muscles linguaux. Vous vous servirez d'une électrode semblable pour le courant faradique, et avec son aide, vous pourrez aisément exciter le tronc du nerf à l'endroit indiqué, et faire contracter la langue elle-même. Le courant doit être toujours pris assez fort pour que des contractions franches se produisent.

On ne sait rien de l'excitation réflexe de la langue, en dehors des mouvements de déglutition complexes qui sont amenés d'une manière réflexe.

Page 1