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VINGT-QUATRIÈME LEÇON

Sommaire: Ëlectrotliérapie des formes de paralysie isolées (suite). — 6. Paralysies du cou et du tronc-, pathogénie; observations; mélliodes de traitement, — 7. Paralysies aux extrémités supérieures ; pathogénie ; symptomatologie ; électrodiagnostic ; observations à l'appui; méthodes de traitement électrique; résultats. — 8. Paralysies des extrémités inférieures ; pathogénie et formes distinctes ; électrodiagnostic : observations à l'appui; méthodes de traitement; résultats.

B° Paralysies au cou el au tronc.

Je comprends sous ce titre les formes de paralysie, isolées ou combinées, de tous les muscles du tronc, des muscles de la poitrine, du dos et du ventre, particuhèremcnt des muscles grands et petits, qui meuvent l'omoplate, des extenseurs de la nuque et du dos, enfin du muscle d'inspiration, le plus important, du diaphragme.

Ce sont là, à tout prendre, des formes de paralysie qui ne sont pas très fréquentes ; les unes se produisent d'une façon tout à fait isolée, par des lésions traumatiques ou inflammatoires de leurs nerfs, par compression, dans les affections des vertèbres, etc.; mais le plus souvent il s'agit de cas plus compliqués, de la paralysie multiple et simultanée de différents muscles et de groupes entiers de muscles, comme symptôme el manifestation partielle d'affections centrales et surtout spinales. Ces muscles sont relativement assez souvent paralysés et atrophiés dans l'atrophie musculaire progressive, particulièrement dans la forme « juvénile » déjà plusieurs fois mentionnée, forme dans laquelle se manifestent souvent les combinaisons les plus remarqua-

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bles d'atrophie de ces muscles; piir contre, dans Ja l'orme typique, elle se maniresle seulement dans les périodes tardives, et la paralysie du diaphragme est assez souvent un symptôme d'une signification fatale ; les paralysies des muscles du dos (extenseurs des reins) sont aussi très ordinaires dans ce qu'on appelle la pseudohypertrophie des muscles.

(Juclques-unes de ces paralysies sont d'une très haute importance, en ce qui concerne l'aptitude des malades au travail (par exemple la paralysie du dentelé, des extenseurs des reins et du diaphragme); d'autres, par contre ne provoquent que des troubles et des difformités insignifiantes et ces anomalies disparaissent en partie et d'une manière presque complète, grâce à la fonction vicariante des muscles intacts. Il m'est impossible de m'appesantir ici sur une symptomalologie plus exacte de ces étals.

Il n'y a pas, non plus, grand'chose à dire sur la façon dont se comportent ces paralysies envers l'électricité. Sauf un petit nombre d'exceptions (dentelé, rhomboïdaux, angulaire de l'omoplate, diaphragme), il n'y a de possible qu'un examen direct du muscle, à l'aide, il est vraide quelques points moteurs. Alors se manifeste quelquefois une simple diminution de l'excitabilité électrique; dans d'autres cas, une DR fortement accentuée ; mais, bien des fois, on ne trouve pas de modification ; cela dépend naturellement en entier du siège de la cause de la paralysie et des troubles de nutrition consécutifs, et n'exige pas d'autre explication. Son importance comme diagnostic est ici la même que partout.

61° Obs. de 0. Berger. — Paralysie du grand dentelé droit, après un cas dHléotyphus, — Soldat âgé de 26 ans. Il est atteint du t3'phus abdominal ; vers la fin de la quatrième semaine de cette maladie, apparaissent tout à coup de vives douleurs dans la région des épaules; ces douleurs rayonnent vers le haut du bras et le long de la ligne des aisselles. En même temps, se manifeste une espèce de paralysie du bras droit, qui ne peut plus se dresser verticalement. Les douleurs cessèrent peu à peu. Six mois après, on trouve une paralysie isolée, totale, du muscle (jrand dentelé droit. Tous les autres muscles paraissent intacts ; nulle part on ne trouve de l'anesthésie; la pression sur le plexus brachial n'est pas douloureuse. Le muscle dentelé ne parait que peu atrophié; l'excitabilité faradique et galvanique du muscle et celle de son nerf sont affaiblies à un degré modéré. Traitement électrique: courant galvanique à travers le nerf long thoracique jusqu'au muscle; faradisation locale du muscle. Après %m court traitement, il se manifesta utic amélioration remarquable, subjective et objective. Après deux mois et demi, le bras peut s'élever avec facilité jusqu'à un angle de 120«; l'excitabilité électrique s'est améliorée. Toutefois uno entière guérison ne fut pas obtenue par la continuation du traitement.

620 Qis. de Buchcnne. — Paralysie et atrophie du diaphragme. Guérison par

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faradisation. — Mécanicien, i.-i ans, atleinl d'atrophie musculaire progressive généralisée, avait de grandes difficultés pour respirer, surtout en marchant et au moindre effort; est immédiatement hors d'haleine en pareil lias. A chaque respiration plus forte correspond un mode de respiration inverse ; k chaque inspiration, l'épigastre est resserré en même temps que les hypochondres ; pendant l'expiration, il y a de nouveau voussure. Ces phénomènes, persistant depuis quatorze jours, sont attribués à une faiblesse du diaphragme. La faradisation régulière des phréniques fit disparaître en peu de semaines les incommodités, la respiration redevint normale et le patient put reprendre ses occupations.

63° 06s. personnelle. — Atrophie musculaire progressive (forme juvénile).— Domestique, 44 ans, stature véritablement gigantesque, a déjà remarqué à l'âge de Ib ans, que son bras droit était plus faible que l'autre et amaigri. A toujours pu s'en servir pour travailler. Ce n'est que depuis un an qu'il croit avoir constaté une faiblesse croissante de divers mouvements de ses extrémités supérieures et aussi une diminution de la force fonctionnelle de ses jambes. Jamais il ne se produisit de douleurs ni de paresthésies. Pas d'antécédents héréditaires.

L'exploration (novembre 1880), indique en résumé : faiblesse et atrophie c^es muscles de la nuque; faiblesse des trapèzes et grand dorsal ; paralysie et atrophie des deux dentelés; les deux pectoraux complètement détruits dans leurs parties inférieures. Les deltoïdes très bien développés, puissants, le gauche franchement hypertrophique, de même les sus et sous-spinaux . Fléchisseurs et extenseurs de favant-bras atrophiés et parésiques, surtout à droite. Les muscles de l'avant-bras (à l'exception du long supinateur) et des mains tout à fait normaux et bien développés. Les extenseurs des reins, des deux côtés de la colonne vertébrale, atrophiés et parésiques à un hautdegré ; lordose consécutive de la colonne lombaire. Marche vacillante ; aux extrémités inférieures, faiblesse et amaigrissement des fessiers du cû té droit-, faiblesse dans i'ileopsoas des deux côtés, surtout à droite; paralj'sie et atrophie du tenseur du fascia lata droit; faiblesse dans toute la région péronière des deux côtés, région tibiale antérieure complètement paralysée; fai" blesse légère dans la région crurale, surtout à droite.

Sensibilité, sphincters, nerfs cérébraux, etc., tout à fait normaux. Excitabilité électrique, dans les muscles atrophiés, abaissée à haut degré; aucune trace de DR. Le malade est soumis aux courants galvaniques: galvanisation du dos, le long de la colonne vertébrale ; en outre énergique galvanisation périphérique des muscles affectés et de leurs nerfs. 11 se produisit une amélioration inattendue : après un traitement de plus d'un mois, le patient put exécuter de rechef tous les mouvements avec plus de force, est très satisfait du résultat obtenu, parce qu'il peut de nouveau, comme auparavant, travailler avec force et continuité, D'unè guérison des altérations anciennes, stables, il ne pouvait naturellement être question.

En ce qui concerne les méthodes du traitement électrique, je vous renverrai aux principes généraux desquels vous déduirez facilement ce qui vous sera nécessaire. Le traitement de la lésion paralysante, sera

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dans cerlaiiics circonslances, Iros Hifficilo à mellre en praliqiu;: à l'occasion, l'applicalion doiL èli'f; faito, pour une lésion neiirilique ou traumaliqiic, an plexus brachial, ou une action doit Atre exercée sur la moelle épinière, depuis le renflement cervical jusqu'au renflemont lombaire. Le plus souvent pourtant, vous devrez vous borner au Iraitument direct des mur-cles paralysés (et atrophiés) eux-mêmes, que vous pourrez exécuter, conlbrmémenl aux principes de la laradisation locale, avec le courant faradique ou avec le courant galvanique. On ne sait rien des actions réflexes dans ces muscles. Des courants puissants, de grandes électrodes, une grande durée de traitement sont ici le plus souvent indiciués. Quelques particularités peuvent en outre faire l'objet d'indications spéciales.

Dans la pajmlysie du grand dentelé, le mieux est de placer l'An sur la colonne cervicale et d'exciter avec la Ka le nerf long thoracique longitudinal dans la fosse sus-claviculaire (v. fig. 29), dans le creux de l'aisselle et le long de son trajet sur les côtes; le muscle lui-même n'est que difiicilement accessible à une excitation directe, excepté cependant en faisant tenir le bras soulevé et soutenu.

Dans la paralysie des sacro-lombaires, l'excitation doit être pratiquée avec de grandes électrodes et des courants très puissants (fermeture, commutation), galvaniques ou faradiques ; au mieux, le malade étant penché et appuyé quelque peu en arrière, pour rendre possible une complète contraction des muscles.

Dans la paralysie du diaphragme, une excitation directe du muscle est absolument impossible, les traînées de courant pouvant à peine être assez puissantes pour l'atteindre ; si vous voulez la tenter, il y a lieu de recommander une transmission transversale par la région des côtes ou à partir du dos jusqu'à l'épigastre et les attaches du diaphragme. (Dans cette application, on pourrait, du reste, imaginer aussi un réflexe inspiratoire partant de la peau.) Mais, le plus souvent, vous ferez bien de procéder de manière à poser un pôle sur l'épigastre ou le long des attaches du diaphragme, aux côtes, et d'exciter avec l'autre (la Ka), galvaniquement ou faradiquement, les phréniques, à l'endroit connu du cou (fig. 29). Suivant les circonstances, on peut aussi appliquer le pôle positif sur la nuque, en d'autres termes, on peut établir un traitement direct de la moelle cervicale ou allongée.

La paralysie des muscles abdominaux exige toujours une excitation locale des muscles et cela sur tous les différents points moteurs qu'ils possèdent en grand nombre. L'An étant sur le dos, il faut toucher avec la Ka successivement les dilTérents points, de sorte qu'il surgisse des contractions étendues.

1° Paralysies à lexlrcmilé supérieure.

C'est à peine si aucune partie du corps n'est aussi souvent l'objet

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