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DOULEUR, NÉVRALGIE

toujours, nous ne savons même que très rarement sur laquelle de ces deux voies la douleur commence, dans les maladies. Mais il est probable que, dans les cas pathologiques, il s'agit le plus souvent d'une trop grande excitabilité, causée par des troubles délicats de la nutrition des appareils de la sensation, de telle sorte qu'il suffit des excitations ordinaires, légères et physiologiques, des mouvements du sang et des parties du corps, de la tension des tissus, peut-être aussi de la présence de matières chimiques dans le sang et dans les liquides des tissus, pour produire la force nécessaire du phénomène d'excitation ; mais nous ne savons rien au delà de ces conjectures.

Il est encore plus difficile de comprendre ce qu'on entend par névralgie et de reconnaître les relations délicates qu'elles ont avec les causes qui les font naître. On entend par névralgie des douleurs d'une grande intensité et d'une nature multiple et étrange qui, naissant dans le corps même, spontanément, par l'elfet de phénomènes pathologiques, sont confinées dans une ou plusieurs régions nerveuses, se font sentir dans toute leur étendue et présentent de notables exacerbations et rémissions, et même de complètes interruptions. Ces douleurs paraissent être provoquées, dans bien des cas, par des tt^oubles délicats de la nutrition des nerfs, qui échappent encore tout à fait à notre exploration histologique (comme les névralgies idiopathiques, les refroidissements, la malaria, les poisons de toute espèce, l'anémie, l'hystérie, la névrosthénie, l'irritation spinale); dans beaucoup d'autres cas, ces douleurs sont la suite ou du moins accompagnent les modifications ' anatomiques grossih^es aux endroits les plus divers de l'appareil sensible (traumatismes, corps étrangers, compression, inflammation et dégénérescence dans les nerfs périphériques, névromes, maladies de la moelle épinière, tabès, vraisemblablement aussi maladies du cerveau, syphilis, etc.). Mais une étude plus approfondie nous apprend que toutes ces causes ne produisent nullement, par voie directe, les douleurs névralgiques et que la névralgie diffère totalement des excitations sensibles produites directement par leurs causes ; l'on se voit ainsi forcé d'admettre que, par l'action de ces causes, il doit se développer, dans le nerf, quelque chose d'autre, qui produit et crée lanévralgie, et l'on en est venu à la conclusion, il est vrai encore hypotétique que la névralgie est une forme précise, spéciale, de troubles de la nutrition dans l'appareil des nerfs sensibles (modifications pour lesquelles Mobius a employé le nom de modifications névralgiques;. C'est seulement cette modification particuhère du nerf qui produit la névralgie et qui en détermine l'apparition caractéristique. Tant qu'elle dure, la névralgie dure aussi ; si ses causes persistent, la modification névralgique persiste aussi ; en d'autres termes, si l'on a réussi à faire disparaître transitoirement la névralgie, ses causes premières la font toujours re-

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