NATURE ET ÉLECTROPHYSIOLOGIE DE LA NÉVRALGIE
venir. Celle modiflcalion peut aussi acquérir une certaine existence indépendante et, continuer après Ja cessation de ses causes (névralgie habituelle). Cette modification peut s'élablir, à. ce qu'il paraît, sur difîérents points des fibres sensibles, dans son parcours tantjpcriphérique que central. En tout cas rien ne prouve qu'elle reste toujours à une place déterminée (par exemple dans les racines spinales postérieures ou dans les cellules ganglionnaires des colonnes postérieures grises, comme le prétendent maints auteurs). Nous savons encore moins en quoi consiste réellement cette modification névralgique ; en tout cas il n'est guère vraisemblable qu'elle ait, toujours et dans toules les circonstances, pour base, une hypérémie ou une légère névrite.
Ma tâche ne me permet pas de traiter ici avec plus de détails la symptomatologie des névralgies ; je veux seulement affirmer brièvement qu'il importe aux électrothérapeules de s'enquérir exactement du siège de la névralgie, dans tel ou tel groupe de nerf et, s'il est possible aussi de la hauteur de ce siège dans la voie de conductibilité nerveuse, de ses causes éventuelles et grossières, delà douleur fondamentale, etc. Les thérapeutes ne doivent pas négliger d'étudier euxmêmes l'absence ou la présence des points de pression de Valleix ; ils devront apprendre que, dans bien des cas, il est utile de chercher des points de pression plus éloignés, surtout dans le voisinage delà colonne vertébrale (points apophysaires. Trousseau).
L'exploration électrique, en ce qui concerne les névralgies, n'a pas acquis jusqu'ici, en aucune façon, ce qu'on pourrait appeler une certaine importance ; elle n'a pu non plus contribuer en rien à nous faire connaître les modifications moléculaires intimes qui ont lieu dans les nerfs sensibles, peut-être parce qu'on n'a pas encore fait des recherches exactes dans ce sens ; la négligence que l'un a apportée dans le traitement des troncs nerveux sensibles (v. p. 88 et suiv.) se fait aussi sentir sur ce terrain ; quant aux variations de la loi de secousse sensible, ou de l'accroissement et de la diminution de l'excitabilité électrique dans les troncs nerveux névralgiquement affectés, c'est là un sujet sur lequel on ne sait jusqu'ici rien de positif. Ce que l'on a jusqu'ici obtenu à l'aide de l'exploration électrique, reste borné à des connaissances extérieures, que l'on peut également acquérir à l'aide d'autres méthodes d'exploration tels, par exemple, que la démonstration de l'hyperesthésie ou de l'anesthésie dans la région cutanée névralgiquement affectée; celle des points douloureux du tronc nerveux ou de ses rameaux, ou enfin celle des points douloureux galvaniques le long de la colonne vertébrale (M. Meyer, Brenner) ; objets qui, pour ne pas être tout à fait sans importance, ne sont en tout cas que peu profitables à la pathologie des névralgies.
A la suite de ces remarques préalables, la première tâche électro-