ACTIONS DE COURANT UTILISABLES DANS LES NÉVRALGIES
nerveuses identiques, soit dans les voies symétriques ou celles qui sont éloignées : mcaintenant que cela ait lieu par suite de transformations moléculaires ou par suite de surexcitation et d'épuisement, ou par la voie d'actions d'arrêt centrales (peut-être aussi par la voie de variations réflexes de circulation et autres analogues), nous ne savons encore à cet égard rien de positif; mais en tout cas le courant électrique est un des modes les plus sûrs et les plus énergiques, et en outre un moyen tout à fait inoffensif, de produire une forte contre-irritation.
Maintenant les actions du courant, sont elles seules utilisables contre les névralgies ou bien d'autres actions du courant encore inconnues à notre époque, jouent-elles un certain rôle ; quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins certain que la littérature médicale, tout aussi bien que l'expérience personnelle de chaque électrothérapeute, nous présentent de nombreux exemples des excellents résultats curatifs de l'électrothérapie, contre les névralgies, exemples auxquels il faut d'ailleurs opposer les assez nombreux insuccès obtenus en pareil cas.
Je vais vous exposer de la façon la plus brève quelques cas, afin de vous faire connaître les résultats curatifs que l'on peut obtenir à l'aide de différentes méthodes.
89° Observ. de Wcise (Hitzig). — Névralgie sus-orbitaii'e droite typique. — Fin décembre 1866, à la suite d'un rhume de cerveau, névralgie supra orbitale, qui prit le caractère typique et reparut par accès aigus, quotidiens, très violents, lesquels se terminaient par une abondante transpiration. Quinine et arsenic, sans action. Le 17 janvier 1867, traitement galvanique : An sur les fosses sus-orbitaires, Ka à la nuque, stable, 8 éléments, 3 minutes. — Aussitôt, notable soulagement; après la terminaison de la séance, lanévralgiea disparu d'une manière durable. — Douze ans plus tard, nouvelle atteinte de névralgie, qui derechef ne céda pas à la quinine et cette fois fut également guérie par une seule application de l'An stable,
90° 06s. personnelle. — Névralgie sus-orbitaire droite typique. — Voiturier, • î)0 ans ; malade depuis quatorze jours, localisation sus-orbitaire bien nette, point de rhume de cerveau, point de fièvre intermittente supposable. Douleur violente de 8 heures du matin à 3 heures de l'après-midi, ensuite rémission, durant la nuit repos. — Point douloureux violent. 17 février 1882. Traitement galvanique avec An stable. A la suite, trois jours sans accès. Le 20 février, de nouveau douleurs: Deux traitements : douleur de nouveau passée, ne réapparaît ensuite encore que sous forme de légères atteintes. Guérison durable par le fait de deux séances ultérieures.
91° 06s. personnelle. — Névralgie du nerf trijumeau droit (ram. III.) — Femme de 40 ans, a eu dix ans auparavant une semblable affection à gauche, pendant un an. — Depuis deux mois, douleur dans la zone du nerf sous-maxillaire droit et auriculo-temporal, se produisant avec une grande intensité, spécialement vers le soir et dans la nuit. Points douloureux au trou mentonnier et devant l'oreille. 16 février 1866: courant galvanique stable, descendant à travers le nerf auriculo-temporal et le long de la mâchoire infé-
4bU DOULEUH, NÉVRALGIE
rieure, pendant environ deux à trois minutes. — La nuit suivante, pour la première fois depuis bien des semaines, pas de douleur. Cinq traitements semblables ultérieurs amènent une guérison durable,
92» Obs. personnelle. — Névralgie du nerf trijumeau droit (Tic douloureux) — Paysanne mariée, 47 ans, afl'ectée depuis quatre an» d'une violente névralgie de la face qui va en augmentant et est principalement localisée dans le nerf sous-orbitaire, mais atteint aussi l'os malaire, la mâchoire supérieure, le nez et les dents d'en haut et au moment des paroxysmes de l'accès elle rayonne fort bien aussi dans la mâchoire et les dents inférieures. A chaque accès, vive secousse spasmodique à la commissure buccale. — Cas très pur, d'ailleurs point de manifestations plus étendues. Cause inconnue ; pas de points douloureux manifestes. — Tout d'abord, traitement galvanique : PP. stable, avec entrées et sorties de traînées de courant, aux mâchoires supérieure et inférieure et devant l'oreille, 3 et 4 minutes. A.près cinq séances, nulle trace d'amélioration. — Ensuite : 8 élém. du front à la nuque, galvanisation stable du sympathique et An stable devant l'oreille ; trois séances n'amènent aucune amélioration. — Ultérieurement : Faradisation transversalement par la tête, Ka àdroite, avec courants grossissants. — Il se produit aussitôt une amélioration, qui fait durant les quatorze jours suivants des progrès tout à fait notables, de sorte que la patiente repose tranquillement pendant la nuit, que la crampe réflexe a disparu et,'que, durant le jour, il ne se produit plus que de rares et légers accès. La patiente est obligée d'interrompre sa cure.
93° Ohs. de Mor Meyer. — Névralgie du nerf trijumeau. — Dame de 35 ans, souffre depuis environ trois mois d'une violente névralgie da trijumeau gauche, principalement dans ses trois branches et qui se manifeste par de violents accès, cinq et six fois par jour. La quinine, l'arsenic, la pommade de vératrine restent sans effet. — Le pianeau faradique àla nuque (avec moxa électrique) amène tout d'abord une notable augmentation de la douleur, durant une demie-journée ; mais ensuite atténuation surprenante. Après deux applications ultérieures guérison durable.
94° Obs. de Wiesner. — Névralgie du nerf trijumeau (Tic douloureux) . — Homme de 64 ans, souffrant depuis quatre ans d'une névralgie du trijumeau au côté droit (os malaire et profondeur du crâne) ; des opérations diverses n'ont toujours amené qu'un soulagement momentané ; finalement nouvel accès d'une violence effroyable, 20 et 30 fois par jour; emploi quotidien de 50 centig. de morphine. Le Traitement galvanique (Introduction des points spécialement douloureux entre les électrodes éponges, deux fois par jour, durant 5 minutes), amène déjà, après trois jours une amélioration qui fait de lents progrès ; après deux mois il ne se produit pour ainsi dire plus de tics; le patient est renvoyé comme étant provisoirement guéri.
9b° Obs. de Mor Meyer. — Névralgie occipitale droite. — Officier, 32 ans, souffre depuis deux mois (comme aussi précédemment à plusieurs reprises déjà) de violentes douleurs dans la partie postérieure droite de la tête et à la nuque, qui paraissent être sous la dépendance d'une névralgie occipitale. — Pinceau faradique énergiquement promené sur la nuque ; aussitôt, rémission des douleurs; après deux séances ultérieures, guérison complète.
96" 005. personnelle. — Névralgie du nerf médian. — Femme de 28 ans, souffrant depuis six semaines de violentes douleurs névralgiques, dans la région du nerf médian droit, du coude jusqu'aux doigts. Exacerbation nocturne de la douleur. — Traitement galvanique, stable descendant à travers le médian, 3 et 4 minutes durant. Sur ce nerf beaucoup moins de doulenr pendant la nuit. — Après la deuxième application, guérison.
97° 06s. personnelle. — Névralgie du nerf radial. — Petite fille de 8 ans, affectée depuis n«uf semaines d'une vive douleur et d'une hyperesthésie violente du pouce droit ; la douleur s'étend le long du bord radial du pouce etdel'avant-bras, surlaface extérieure de l'avant-bras jusqu'à l'épaule; points douloureux très caractérisés, en plusieurs endroits. Le pouce lui-même est extraordinairement sensible au contact le plus léger ; incapacité complète de la main; point de gonflement ni d'intlammation ou autres états. Traitement galvanique ; 8 et 12 éléments stables, descendant depuis le nerf radial au bras jusqu'au pouce et à l'articulation de la main; 8 éléments An, stable sur le plexus. — Après deux séances amélioration déjà notable; après sept séances, guérison complète, sensibilité du pouce complètement disparue, main est derechef utilisable.
98° 06s. de Seeligmidler. — Névralgie du nerf cutané brachial interne. — Femme de 43 ans, affectée depuis huit ans de douleurs névralgiques dans le bras gauche, qui persistent, depuis quelque temps, avec une intensité plus ou moins grande ; l'exploration indique qu'il s'agit d'une névralgie localisée sur le nerf cutané brachial interne petit. Point douloureux, près de la colonne vertébrale. — Traitement galvanique : Ka sur le point douloureux, An sur les nerfs du bras, stable, avec entrées et sorties de traînées de courant, durant six à dix minutes. t\près la première séance, le patient, pour la première fois depuis huit ans, n'a absolument ressenti aucune douleur pendant vingt-quatre heures. — Après un petit nombre de séances interrompues par un érésypèle à la face, le patient put revenir guéri à son domicile.
99" 06s. personnelle. — Névralgie intercostale . — Herpès zoster. — Jeune fille de Ib ans, souffre depuis quatre jours d'un zoster intercostal, embrassant quatre ou sept nerfs intercostaux (du dos aux glandes mammaires, face postérieure du bras), avec douleurs névralgiques dans la même région. — Ces douleurs persistent encore, môme après quatre jours de traitement par la morphine. — Traitement galvanique: Après cinq jours, les douleurs sont absolument calmées. Suspension du traitement; au bout de cinq jours, réapparition des douleurs. La reprise da traitement galvanique amène, dix jours après, la guérison.
100° 06s. personnelle. — Névralgie intercostale. Mastodynie. — Servante, 26 ans ; depuis huit ou neuf mois environ, atteinte de douleurs lancinantes aux seins, avec sécrétion lactée ; les douleurs apparaissent sous forme de fréquents accès, maintes fois très violentes, avec de fortes rémissions; elles rayonnent aussi dans le dos et la paroi interne du bras. Sensibilité de la plupart des apophyses dorsales. Anémie. Traitement galvanique ; An sur les vertèbres dorsales, Kasur le sternum, 14-20 électrodes, stables, traînées de courant. Au bout de peu de jours, amélioration prononcée, mais qui dès lors ne progresse plus. A la suite, traitement faradique (forts courants, avec grandes électrode?
'iBâ DOULEUH, NÉVItALGIE
liurnides) ; sur ce également, amélioration notable, les douleurs sontréduites il deux faibles accès pur Jour. Une guérison complète n'a pas été obtenue.
101» Obs. personnelle. — Névralgie scialique. — Homme de 23 ans, atteint depuis deux jours de douleurs névralgiques dans les deux jambes, depuis la hanche jusqu'aux pieds, lixacerbatioii durant la nuit, de manière que le patient ne peut dormir. l^aresLhésies des pieds. Traitement galvanique : descendant de six en six pouces à travers les nerfs sciatiques ; quelques interruptions. Surce, douleur moindre, le patient dort assez bien, sa jambe est assez indolore. Après le deuxième traitement, pendant la nuit, point de douleur. Après le quatrième traitement, guérison.
d02o 06s. personnelle. — Névralgie scialique. Homme de ans, souffre depuis trois mois d'une sciatique du côté droit ; localisation caractéristique des douleurs, avec plusieurs points douloureux; violents accès, surtout la nuit ; sommeil très troublé ; la jambe gauche quelque peu amaigrie ; marche très diflicile. Des injections sous-cutanées de morphine n'ont aucun succès. Trailement galvanique : Descendant, stable à travers les nerfs; pour terminer, quelques interruptions de courant. Déjà, après le premier traitement, amélioration essentielle, qui progresse de jour en jour, de façon qu'après neuf séances, le patient put être renvoyé complètement guéri.
103° 06s. de Mor Meyer. — Névralgie sciatique. — Négociant, 44 ans, souffre depuis six mois d'une sciatique du côté droit, à la suite d'un accident de chemin de fer, très vives douleurs. Points de douleurs à l'émergence du nerf sciatique. Pinceau faradique promené dans celle région ; la douleur disparaît aussitôt ; le jour suivant elle est plus faible. — Après deux séances ultérieures, guérison.
104" Obs. de Brenner. — Névralgie du sciatique. — Le malade, garçon de café, souffre depuis quatre mois d'une scialique très violente. A l'origine, il a dû garder le lit pendant un mois. Un trailement électrique périphérique soulage les douleurs de la jambe, mais point celles de la partie supérieure du sciatique etduN. iiéo-hypogaslrique. L'e.\ploralion provoque, lors du contact avec la Ka, une douleur insupportable des reins et des vertèbres lombaires insensibles à la pression. — Le traitement de cette place avec la Ka a pour résultat immédiat un allégement notable et, après huit séances ultérieures, le patient est presque débarrassé des douleurs névralgiques; le point douloureux galvanique a disparu.
105° 06s. personnelle de Brenner lui-même. Douleurs névralgiques dans le pied^ à la suite de rhumatisme articulaire. — A l'occasion d'une polyarthrite rhumatismale aiguë, dont les deux articulations du pied furent ainsi atteintes, Brenner soutl'ril de douleurs violentes, rayonnant dans le pied, paroxystiques, qui résistèrent à tous les remèdes et rendirent absolument impossible le sommeil durant trois semaines. Une seule application de courants faradiques modérément forts, dirigés à travers les articulations des pieds à l'aide de larges électrodes humides, fit disparaître aussitôt et d'une manière durable ces terribles douleurs.
Consulter en outre les observations 2b, 26, 29 et 31 (névralgies dans le tabès); les observations 44, 40 et 48 (névralgies du trijumeau et de l'occipi-
TIIAITEMENT ÉLECTROTHÉRAPEUTIQUE DES NÉVRALGIES 463
tal,) les observations 36, 42, 43 et 47 (névralgies de l'extrémité supérieure) et l'observation 4b (sciatique).
Il résulte avec certitude de ces observations que beaucoup de névralgies sont guéries, d'une façon extraordinairement rapide, par le courant électrique, et que ce résultat peut être atteint à l'aide de méthodes très diverses ; mais il ne ressort en aucune façon de tout cela la supériorité de telle méthode sur telle autre et on ne peut tirer aucune opinion des données fournies par ceux qui ont mis en pratique, plus ou moins exclusivement, telle ou telle méthode. Dans certains cas, il semble cependant que lorsqu'une méthode a échoué, une autre a pu présenter de l'efficacité : mais le fait n'est nullement fréquent et j'ai aussi à ce sujet très souvent constaté que ces formes de maladie qui cèdent principalement au traitement électrique, sont heureusement influencées par chaque sorte de courant et par tout procédé d'application, même absurde.
Dans l'institution d'un traitement électt-othérapeutique des névralgies, vous devez, dans bien des cas, considérer comme votre premier devoir, de vous occuper de la suppression de l'affection causale. C'est à peine si j'ai encore, à cet égard, quelque chose à ajouter à mes indications des leçons précédentes (16-21" leçons). En première ligne, il faut s'occuper du traitement électrique de ces maladies du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs périphériques, qui font naître la névralgie ou les douleurs névralgiformes ; ce traitement s'opère suivant les principes et les méthodes ci-dessus indiquées, et c'est aussi celui qui, dans les névralgies dites symptomatiques (tabès, méningite, névrite, etc.), doit être tout d'abord employé ; dans la règle, il s'agira là d'une application convenable du courant galvanique, plus rarement d'une utilisation du courant faradique pour des actions réflexes à partir de la peau.
Mais comme un assez grand nombre de néwalgies se développent aussi sur le terrain des névroses générales (hystérie, neurasthénie, irritation spinale, diabète, etc.) ou sur celui des anomalies constitutionnelles générales (anémie, chlorose, cachexies de tout genre), un traitement électrique, tout à fait en dehors du traitement curatif ordinaire, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, peut à l'occasion être utile contre ces afl'ections et ici peuvent trouver leur application, la « faradisation universelle » celle de Beard et Rockwell, qui est précisément très recommandée contre ce genre de névralgies, de même que la galvanisation générale ou centrale. Je reviendrai d'ailleurs là dessus dans les leçons ultérieures.
Mais la chose principale qui est de nature à rendre service, en toute circonstance, dans les névralgies idiopathiques et symptomatiques et qui peut môme être tentée dans ks maladies fondamentales basilaires
'io* DOULEUR, NÉVRALGIE
tout à fait incurables, et bien des fois s'ennpioyer avec profit comme palliatif, c'est la suppression de l'état pathologiqui: dans le nerf sensible lui-même, la suppression de la modification névralgique, c'est-à-dire l'in- Iroduclion de l'action calmante, antinévral^irpie du courant électrique. Cet efl'el peut être obtenu par voie directe ou indirecte.
La première, la voie directe, vient naturellement tout d'abord ; nous la rencontrons aussi en général la première, et nous pouvons, pour cola, nous servir aussi bien du courant galvanique que du faradique. Le but est toujours ici d'affaiblir l'excitabilité et d'agir, en la modifiant, sur les conditions de nutrition des nerfs sensibles et, dans un certain sens, d'une façon calaly tique. Il faut essayer ici, avant toute chose, l'action active stable du courant galvanique et vous aurez à appliquer tout d'abord Vaction stable de l'An, sur la partie malade, vu son action électrotonisanle, notoirement calmante ; la Ka doit être appliquée sur le foyer propre de la maladie, en tout cas sur le tronc nerveux douloureux dans sa plus grande étendue possible, éventuellement, sur les places douloureuses et points de pression ; une application modérément forte, mais s' élevant peu à peu en intensité et quelque peu prolongée, est celle qu'il faut adopter ; ici, toute excitation trop forte, particulièrement toute interruption de courant, doivent être soigneusement évitées et, dans beaucoup de cas, il paraît précisément indispensable et décisif pour le résultat, de fah^e sortir le courant par traînées à la fin de la durée de l'An, afin d'éluder l'excitation d'ouverture et la modification positive d'excitabilité qui lui succède ; cet effet se produit très facilement par une diminution graduelle du nombre des éléments ou au moyen d'un rhéostat convenable. L'application de la Ka peut être ici tout à fait indifférente et en tout cas, il faut la choisir de manière à ce que l'An, conformément aux lois de distribution de courant, ait une action aussi intense que possible et polylatérale ; la Ka peut éventuellement aussi être simultanément appliquée sur des points douloureux déterminés. — Ce procédé ne conduit pas toujours au but désiré et alors une tentative avec Vaction stable de la Ka n'est nullement défendue ; il est certes possible que les actions catalytiques de ce pôle aient une plus heureuse influence sur la transformation névralgique et par suite agissent dans le sens de la guérison ; en tout cas, une expérience multipliée nous apprend que l'action de la Ka sur les points douloureux (même alors que l'An n'est pas directement placée sur le tronc nerveux) peut avoir une action favorable contre les névralgies ; moi-même j'ai souvent vu les douleurs lancinantes du tabès s'évanouir d'une façon merveilleuse, surtout quand elles étaient liées à une hyperesihésie circonscrite de la peau, par le fait d'une application de la Ka sur ces places de la peau {Vkn étant sur la colonne vertébrale).
TRAITEMENT ANTINÉ VBALGIQUE CAUSAL ET DIRECT 465
Comme il s'agit fréquemment d'agir sur de grandes étendues de nerfs, par exemple sur les nerfs des extrémités, on peut aussi appliquer les deux pôles sur les nerfs et laisser ainsi traverser les nerfs par le courant, suivant une direction ascendante ou descendante ; d'ordinaire, à cet effet, on préfère la direction descendante du courant, à laquelle on attribue une action calmante plus grande; nous ne savons guère si c'est avec raison, toujours est-il que cette action tient vraisemblablement à ce que l'An se trouve sur le segment central des nerfs ; l'action stable est aussi ici la chose essentielle, en y ajoutant le fait d'éviter les actions excitatrices inutiles. L'An devra être appliquée le plus au centre possible sur le tronc nerveux ou la colonne vertébrale, la Ka à une place plus périphérique, spécialement sur les points douloureux isolés ; sur les nerfs très longs, on peut aussi faire plus d'applications semblables allant successivement du centre à la périphérie, avec une distance d'électrodes d'environ 20-25 centimètres (ainsi particulièrement dans le sciatique). — S'il s'agit de névralgies des nerfs mixtes, accompagnées de raideur, faiblesse et de mouvements douloureux, il peut alors être utile, à l'exemple de Remak, de produire, à la fin de la séance, des secousses musculaires par le moyen de quelques fermetures de courant ; ce procédé fait en général disparaître ces manifestations collatérales.
Une méthode efficace, dans le même sens, est finalement encore V application continue de courants galvaniques faibles (voir p, 2oS), qui est recommandée de divers côtés. Je n'ai point d'informations particulières et nombreuses à ce sujet, mais je crois pouvoir à l'occasion recommander ce procédé, surtout pour des personnes très excitables, pour des névralgies plus fugitives ou réapparaissant souvent, soit en particulier pour l'irritation spinale et l'hystérie. Quant au choix des points d'application, il ne faut pas oublier ici que, dans les éléments galvaniques simples, la plaque de zinc est le pôle positif.
Mais le passage d'un assez fort courant faradique^ au travers des nerfs malades (au moyen d'électrodes humides) peut servir au même but ; il est difficile de dire comment l'effet se produit, mais le fait de son efficacité est indubitable. Vous commencez tout d'abord de préférence avec des courants assez forts qui sont dirigés, durant 3-10 minutes, avec une force égale, à travers les nerfs ; cela amène tout d'abord un grand soulagement, et en recommençant plus fréquemment, cela amène même la guérison. Si le résultat ne se produit pas, il faut employer un courant plus fort, éventuellement sous la forme de courants dits grossissants.
On peut également, dans les névralgies, obtenir un succès d'une manière différente, par la voie indirecte. Tout d'abord par l'établissement d'une vive contre-excitation à l'aide du pinceau faradique. Cette mé- Erb. — Électrothérapie. 30
■'"1" DOULEUll, NÉVHALGIE
Ihodc, surtout développée par Uuchenne et Mor Meyer, est souvent appliquée avec un brillant succès, quoi qu'elle ne soit pas très agréable pour le patient, parce qu'il est très douloureux d'exciter la peau d'une façon très énergique au moyen du pinceau électrique (Caradique ou galvanique). Suivant Duchenne, la flagellation de la peau est pratiquée de la manière ordinaire dans le voisinage de la place douloureuse, ou quand celle-ci n'est pas suffisamment sensible, à un autre endroit; Mor Meyer prétend n'avoir ainsi obtenu de succès que quand, à côté de la névralgie, existait simultanément une aneslbésie de la ;)eau ; d'après lui, l'action de ce qu'on appelle le moxa électrique (fixalion du pinceau électrique sur une place déterminée de la peau, ou, d'une manière encore plus énergique, passage d'étincelles provenant du pinceau maintenu à une distance de 1 millimètre de la peau) sur les points douloureux principaux du nerf ou de son point d'émergence de l'organe central, est encore plus efficace ; cette application dure de quelques secondes à une minute. Si elle n'amène pas sans retard (après 2-S séances) un résultai, on peut essayer d'appliquer celle violente contre-réaction à des places symétriques du côté .sain, ou dans le domaine des nerfs cutanés voisins ou à des places de la peau même tout à fait éloignées (hélice, ailes du nez, mamelon de la poitrine, cou, etc.). Mais pour cet effet, une excitation très forte et très douloureuse est toujours nécessaire.
Qu'il y ait également lieu d'utiliser le pinceau galvanique (Ka), peutêlre encore plus douloureux, c'est ce que nous apprend un cas communiqué par Wiesner. Un collègue plus âgé que moi et que je connais, guérit une très sérieuse névralgie supraorbitale, vieille de plusieurs années, par l'application du pinceau galvanique sur le front, mais il sut, ici du moins, adoucir quelque peu le désagrément de cette application, à l'aide d'un papier brouillard humide interposé. Seeger a employé un procédé tout semblable dans une scialique ; il promène à volonté le pinceau négatif sur les grandes places de la peau, au-dessus des nerfs malades, jusqu'à ce que de la rougeur et des phlyctènes s'ensuivent, (on utilise ensuite ces dernières places rendues par là conductrices pour y appliquer du papier brouillard humecté et introduire le courant par ce dernier au moyen des électrodes ordinaires.
On doit considérer le Irailement galvanique des point douloureux de la colonne vertébrale, etc., comme un traitement indirect des névralgies. Mor Meyer, Seeger, Brenner y ont porté leur attention et l'ont trouvé tout à fait utile dans maintes graves névralgies (névralgies brachiales et intercostales, sciatique, etc.). La méthode consiste dans l'action stable de l'An d'un courant d'une force modérée.
En ce qui regarde l'intensité et la durée de toutes ces méthodes de traitement, les principes généraux et naturellement encore plus les
TRAITEMENT ANTINÉ VRALGIQUE DIRECT ET INDIRECT 467
particularités des cas spéciaux, serviront de mesure. En toutes circonstances, il convient de commencer avec de faibles courants et par de courtes séances, d'éviter toute action excitante inutile, les brusques fermetures et ouvertures de courant et autres choses analogues, de ne pas oublier de faire sortir le courant en glissant et de n'augmenter que . peu à peu l'intensité et la durée de l'action. Plus de 3-5 minutes d'action galvanique et 5-10 minutes de faradique sont à peine nécessaires ; plusieurs séances quotidiennes sont quelquefois utiles.
En ce qui concerne le plan général de traitement, il y a lieu de recommander tout d'abord de commencer par des procédés plus doux, surtout quand il s'agit de personnes encore inconnues et peut-être très excitables. Ainsi tout d'abord, à côté du traitement causal, s'il y a lieu, application stable de l'An ou de courants galvaniques faibles, descendants, éventuellement de courants faradiques faibles qui, surtout pour des personnes particulièrement sensibles, peuvent fort bien être introduits au moyen de la main électrique. Mais quand ces moyens sont infructueux, alors on emploie des courants plus forts, le pinceau faradique ou le moxa.
Les résultats de ces divers modes de traitement sont souvent très brillants et en général on peut dire que les névralgies de la nature la plus diverse et de n'importe quelle région font partie des états les plus favorables pour l'électrothérapie. Souvent, et presque dans tous les cas un succès momentané est obtenu ; pendant la sortie du courant, les malades ressentent un soulagement et, après la fin de l'application la douleur est sinon complètement évanouie, du moins réellement adoucie. Pourtant tel n'est pas toujours le cas. En effet, il y a des formes dans lesquelles on n'obtient pas môme un soulagement momentané où es douleurs font rage avec une invariable violence, même après que e courant électrique a été augmenté. Il est rare qu'une telle exagéra- HK oo^'''î;'^''"' ultérieurement suivie d'un soulagement durable Ubs. 93). On ne devra donc pas, en de tels cas, poursuivre longtemps le traitement. - ^
Dans les cas favorables, cette amélioration momentanée peut se maintenir durablement, et la maladie être guérie par une ou deux applications ; après un temps plus ou moins long la douleur répara t b.en qu'avec moins de force ; chaque séance nou^.lle ramène tolur^
sln es la o • ê'-^^d nombre de ■
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regretter la peine que vous donne un traitement lon^temos orolon-é
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progrès n est reahsé et la névralfrip rpcio ui ,. .
iiLvrajgie reste mcurab e ; ordinairement les
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causes en sont dans la nature et l'incurabilitô de la maladie principale elle-même ; mais nous ne sommes pas toujours en état de reconnaître rigoureusement celte aflection et des névralgies, qui, en apparence, semblent idiopatliiques et favorables, peuvent opposer an traitement électrique une résistance tout à l'ait inattendue.
Il n'est pas facile de prédire si une névralgie est curable par l'élec- • Iricité ou si elle sera sûrement guérie. A cet égard, nous sommes d'abord souvent trop peu sûrs de notre diagnostic ; mais l'expérience nous enseigne que les probabilités sont relativement favorables en faveur des névralgies purement idiopathiques, des formes rhumatismales ou névritiques, dans les cas provenant d'anémie, de neurasthénie et d'hystérie; peut-être aussi dans maintes névralgies provenant de fièvre intermittente ; elles sont défavorables en revanche et laissent tout au plus entrevoir des résultats palliatifs, et ces derniers encore très douteux et inconstants, dans la plupart des névralgies symptomatiques, qui accompagnent les affections cérébrales et de la moelle épinière, les graves lésions nerveuses périphériques, l'hystérie très invétérée, la neurasthénie et ensuite surtout les graves névralgies faciales que l'on désigne du nom de tic douloureux invétéré ; pour ces dernières, vous pouvez bien tenter un essai de traitement électrique, mais vous ne devez ni vous, ni le malade, en concevoir de trop grandes espérances.
YINGT-SBPTIÈME LEÇON
Sommaire: Formes dioersea de névralgies . 1. Névralgie du trijumeau. Remarques pratiques sur les diverses méthode de traitement. — 2. Névralgie cervico-occipitale. — 3. Mal de tc'le et migraine. Méthodes de traitement. — 4. Névralgies cervico-brachiales . — 5. Névralgies intercostales. — 6. Névralgies du plexus lombaire. — 7. Sciatique. Méthodes diverses de traitement galvanique et faradique. — Névralgies des organes urinaires et sexuels. — Coccygodynie. — 8. Névralgies des articulations. — Névralgies viscérales ; névralgies de la gorge et du larynx. — Angine de poitrine. — Gastralgie. — Entéralgie ; colique de plomb. — Névralgies dans la zone des nerfs du bassin.
Après les indications que je vous ai données précédemment sur l'électrothérapie des névralgies en général, je puis m'occuper brièvement de la description de leurs formes isolées et me borner à un petit nombre d'observations d'une importance pratico-technique et spéciale.
d° La névralgie du trijumeau et de ses branches oppose au traitement électrique de très notables difficultés, à cause de la situation profonde du nerf et de ses rameaux, fréquemment aussi à cause de la gravité et l'incurabilité de l'affection (maladies de la base du crâne,
NÉVRALGIES DU TRIJUMEAa ET DE SES BRANCHES 469
anévrismes de la carotide). Une simple observation nous montre à première vue qu'il n'est d'aucune façon facile d'atteindre à l'aide du courant galvanique le tronc du nerf situé dans la profondeur de la fosse moyenne delà cavité crânienne, le ganglion de Gasser et les trois rameaux principaux et la môme réflexion s'impose pour une partie du trajet de ses branches profondément enfoncées et placées à la base de la cavité orbitaire et dans la fosse ptérygoïde. Il n'est pas facile ici de développer une action polaire énergique et à plus forte raison on devra renoncer à établir dans le nerf une direction de courant déterminée et efficace. Pour obtenir des actions polaires, ce qu'il y aura de plus conforme au but sera toujours d'imprimer au courant une direction oblique ou transversale à partir du milieu de la région temporale immédiatement au-dessus de l'os malaire jusqu'à l'autre côté ou derrière l'oreille vers le côté opposé de la nuque ; or pour produire une direction de courant déterminée dans les troncs principaux, le trajet du courant, de la nuque aux divers points d'émergence de ces nerfs, est réellement à peine suffisant. On doit sous ce rapport se comporter du mieux que l'on peut et je crois qu'il est préférable, d'amener la partie du nerf que l'on suppose malade dans la sphère d'action des traînées de courant les plus denses, par conséquent directement entre les deux électrodes ou le plus près possible de l'une d'entre elles. Quelques branches périphériques du trijumeau, particulièrement le susorbitaire,rauriculo-temporal et aussi le maxillaire inférieur, sont beaucoup 23lus favorablement placées ; elles peuvent être facilement et sûrement atteintes aussi bien par les actions polaires que baignées par un courant descendant; la chose est toutefois moins facile pour le sous-orbitaire dont la branche terminale la plus extrême peut seule être énergiquement touchée ; et justement ce nerf est le siège de prédilection de la névralgie épileptiforme qui est le véritable tic douloureux.
Tout d'abord le mieux sera de commencer le traitement de ces névralgies par Taction stable de l'An sur les branches isolées et les points d'émergence, éventuellement dans le voisinage du tronc nerveux. La Ka peut être alors placée au sternum, sur la main du côté opposé, éventuellement aussi à la nuque, en arrière ou latéralement ; forces de courant, d'abord modérées, ensuite plus élevées ; supposez-vous que le siège de 1 affection soit à la base du crâne, vous devrez monter à des forces de courant assez élevées ; à l'aide de cette méthode, 0. Berger a obtenu de très bons résultats ; elle suffit à la plupart des cas légers. — Si elle ne suffit pas, vous pouvez essayer, tandis que l'An est fixée à la nuque de traiter à l'aide de la Ka stable, chaque point d'émergence (le courant prétendu descendant de maints auteurs !) ou d'envoyer un courant descendant au travers des rameaux périphériques isolés, ce qui est pos-
DOULEUn, NÉVRALGIE
sible d'apri^s quelques auteurs ci-dessus nommés ; ou bien vous pratiquez celle même application à l'aide de courants faradiques faibles, qui augmentent peu à peu ; à cet efleL Bnr/.élius l ecommande des séances de très longue durée (10-30 minutes). Finalement reste encore à essayer :avec le pinceau faradique ou le moxa faradique (éventuellement aussi avec le pinceau galvanique). Ces points d'émergence sont d'ailleurs, au visage, à peine accessibles; pourtant je l'ai essayé à plusieurs reprises. Il est par suite plus convenable d'entreprendre la faradisation delà nuque par le pinceau. M. Meyer prend, .à cet effet, deux pinceaux, dont l'un est fixé à la nuque tandis que l'autre, placé dans le voisinage et le plus près possible du premier, est maintenu à un éloignemenl de la peau d'environ l millimètre; afin de permettre aux étincelles de jaillir, on peut aussi dans le même but, promener le pinceau faradique sur l'hélix .
Mais il ne sera pas rare que vous rencontriez des cas, dans lesquels toutes ces méthodes de traitement manquent leur effet ; particulièrement les tics peuvent, sous ce rapport, désespérer le praticien ; là un succès durable est très rare et je reconnais franchement que pour ces névralgies graves, vieilles de plusieurs années, quelque méthodiquement et longuement que je les aie traitées, je ne puis me vanter d'un seul succès brillant et durable ; ce que j'ai obtenu de mieux, a été une rémission temporaire des accès ou un soulagement d'une durée plus ou moins grande ; d'ailleurs ilpeul aussi se produire des améliorations dans quelques cas. Pour cela, je laisse à votre perspicacité, après que vous aurez essayé les méthodes indiquées, le soin de tenter encore quelque chose de nouveau, de découvrir de nouveaux points d'appui pour la méthode électrothérapeutique ; je rappellerai seulement à ce sujet que, dans l'espèce, un traitement dirigé le long et à travers ledit cerveau, le traitement du sympathique, la galvanisation centrale, aussi la faradisation générale, le traitement'des points de pression douloureux, de même que l'application de courants faibles continus sont des moyens à votre disposition. — Je ferai encore observer que, dans bien des cas, deux séances et plus, en un seul jour, m'ont semblé utiles.
2° Le traitement électrique de la névralgie cervico-occipilale ne présente pas la moindre difllculté, parce qu'il s'agit ici de troncs nerveux situés à la surface, et assez longs, qui, jusqu'à leur entrée dans l'organe central, sont faciles à atteindre et dont les points les plus fréquemment affectés sont habituellement aussi faciles à traiter. Les méthodes sont par suite très simples à fixer: en première ligne. An stable sur les points d'émergence, par conséquent les veiçtèb.res cervicales les plus hautes, Ka sur le sternum , ou courant descendant stable tandis que i'on place la Ka sur le vertex bien humecté ; de la même façon, emploi