NÉVROSES GÉNÉRALES
sont ellicaces ; il s'agit, dans tel ou tel cas, de trouver l'application nécessaire. Si vous rencontrez des troubles périphériques {pArésie, atrophie de certains muscles, névrite, anesthésie, etc.), vous traiterez ces an'ections en premier lieu ; mais s'il existe une névrosthénie caractérisée, c'est elle cpie vous devez commencer par traiter.
Pour le reste, vous devrez vous borner au trailement direcA ; alors, ce qui est le plus indiqué est une action sur tout l'appareil moteur, depuis l'écorce du cerveau jusqu'aux muscles, si ce n'est en une seule fois, du moins successivement et méthodiquement. Ainsi d'abord, Irailemenl galoanique de la tête (transversalement, longitudinalement et obliquement avec les méthodes connues et de forts courants) ; viendra ensuite le trailement du sympathique du cou et tout particulièrement de la moelle cervicale, d'après difTérenles méthodes, chaque fois suivant lanature du cas (soit stablement, de façonàce quelaKa agisse d'une façon prépondérante sur la moelle cervicale, soit encore un traitement par l'An, comme nous l'avons recommandé pour d'autres formes de crampes (voir p. 498). Enfin à cela vient s'ajouter encore la galvanisation périphérique des nerfs et des muscles (soit surtout labile, dans la forme avec tremblement, et paralytique, ou de préférence avec des courants stables, dans la forme spastique). En tout cas, il faut toujours préférer des courants relativement faibles et éviter tout excès d'excitation de l'appareil moteur.
Mor Meyer a obtenu de très beaux résultats par le traitement des points de pression de la colonne vertébrale, du plexus brachial, etc. ; il est seulement regrettable que ces points de pression ne s'observent que dans le plus petit nombre des cas ; de toute façon recherchez-les avec zèle, pour ne pas échapper cette chance d'un traitement heureux? — Le fait de porter de simples éléments galvaniques, au bras et à la nuque, suivant divers modes d'application, s'est montré, pour moi, dans ces cas particuliers du moins, comme un utile palliatif.
Maints cas peuvent aussi être propres au traitement faradique, surtout lors d'affections locales périphériques des nerfs et des muscles. Le plus souvent la faradisation locale doit être faite, dans ces cas, avec des courants de force modérée ; le badigeonnage farado-cutané l'est seulement dans des cas très particuliers. Pour les diverses formes de ces névroses professionnelles (crampes des écrivains, des couturières, des pianistes, des violonistes, etc.), ces applications doivent naturellement être modifiées d'une façon adéquate à chaque cas.
Les succès sont en somme très minimes. On voit à la vérité se produire, durant la galvanisation et après, une amélioration de la crampe de l'écrivain et pour un temps plus ou moins long ; mais cette amélioration ne persiste pas, et ce n'est que dans la minorité des cas qu'une amélioration progressive et une guérison définitive sont obtenues. El,
GHANOI-: CHOHRE 545
même alors, un Irailemenl de très longue durée eL rigoureux esl toujours nécessaire et doit être accompagné, de la part du malade, d'une obéissance stricte aux autres prescriptions et, particulièrement, d'une abstention aussi absolue que possible de l'occupation nuisible.
6. La grande chorée est une névrose très spéciale qui oiïre, à la vérité, nue certaine parenté avec l'hystérie et les psychoses, mais qui, cependant, peut indubitablement revendiquer une individualité propre et qui présente un tableau symptomalique bien caractéristique. C'est une affection, à tout prendre, très rare et qui devient très rarement l'objet du traitement électrique. Elle se manifeste par des accès de perte de connaissance, unis à de l'extase, à des mouvements intenses et rythmiques et des spasmes (cris, danses, chants, sauts, tournoiements, etc.) qui prennent des formes très variables et peuvent présenter une durée et une ténacité surprenantes.
Vessence de celte névrose, qui se manifeste surtout à l'âge de la puberté et sous l'influence d'un état névropathique, est encore tout à fait obscure pour nous ; mais, en tout cas, il s'agit d'un trouble fonctionnel du cerveau.
La première lâche de l'électrothérapie est d'agir sur le système nerveux en le tonifiant dans son ensemble et d'empêcher ainsi le retour des accès (par une faradisation ou par une galvanisation générales, par des bains électriques, etc.) ; l'action de l'électrothérapie doit être généralement tonifiante. Ultérieurement, on serait justifié d'essayer un traitement galvanique et prudent de la tête ou la galvanisation centrale, de façon à calmer le système nerveux central excitable et par conséquent à guérir directement la maladie ; c'est ce que vous pourrez bien essayer dans des cas particulièrement opiniâtres et invétérés.
Peut-on, par des méthodes convenables de galvanisation, abréger directement les accès eux-mêmes, comme on fait pour les grands accès hystéro-épileptiques? Je n'en sais rien ; mais on pourrait en faire l'essai.