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TRENTE-DEUXIÈME LEÇON

So.MMAiRE. Petite chorée \ son sièg'e et sa natui-e, trailement électrique. — S. Tétanos, expériences, méthodes de traitement. — 9. Tétanie, sa caractéristique, son excitabilité électrique, nature et siège de la maladie, traitement électrique. — 10. Catalepsie. — i\ . Tremhlement (tremor). —12 Paralysie agitante. — Ki. Athéthose. — 14. Maladie de- Basedow, caractéristique et siège de la maladie, méthodes de traitement électrique. — 13. Vertige. — 16 Diabète sucré et insipide.

7. Petite chorée. Cette névrose, extraordinairement fréquente, a déjà Erb. — Électrothérapie. 35

3™ NÉVItOSES GliNÉnALES

«Ht; bien des Ibis l'oljjeL d'expériences électrolljéiapeutirjue.s, et cela avec un succès incoiileslé.

La pelile chorée est encore une mal-idie ohscure inexpliquée, à beaucoup de points ; aussi bien en ce qui concerne son siège que sa nature, la discussion n'est pas encore close et de grandes contradictions jellciit le désarroi parmi les savants. Elle est, vraisemhlahleiaenl , une névrose localisée dans le cerveau; mais ce n'est pas encore cerlain, et l'on ne doit pas encore exclure tout à fait l'idée d'une participation de la moelle épinière ; il est probable que, dans les cas ordinaires, ce n'est qu'un trouble fonctionnel nulritil"; cependant on trouve çà et là aussi de plus fortes lésions anatomiques. Nous ne savons même pas si le mode d'apparition de cette névrose spastique, si la forme spéciale des contractions musculaires anormales, sont gouvernées par une espèce déterminée d'excitation ou plutôt par un siège détérminé de l'affection excitante ; il est assurément vraisemblable qu'un siège déterminé de la lésion est la condition essentielle. Aujourd'hui, on a coutume de penser d'abord à la substance grise des ganglions centraux et des parties corticales motrices.

L'ensemble des symptômes de la petite chorée, depuis les manifestations les plus faibles, sous forme de secousses distinctes des muscles, jusqu'aux formes de spasmes les plus colossales et les plus graves, est si caractéristique qu'il est rare qu'on s'y trortipe. Il est vrai que l'exploration électrique n'offre pas de résultat caractéristique ; on a répété bien des fois que dans la chorée il existe une exagération de l'excitabilité faradique et galvanique des nerfs moteurs (Bénédikt, M. llosenthal, Gowers), et que cette exagération peut être très facilement constatée, particulièrement dans des cas récents d'hémichorée. Je n'ai pas pu m'en convaincre, malgré des recherches minutieuses ; le fait n'est donc certainement pas encore positivement établi. Les points douloureux de la colonne vertébrale et des différents nerfs périphéri- ([ues ne peuvent se constater que dans le plus petit nombre des cas ; ces points ont été constatés par Rosenbach, dans un cas particulier, au moyen du courant galvanique.

Pour le traitement électrique de la petite chorée, on a proposé et employé différentes méthodes. Les uii|S galvanisent de préférence le cerveau et c'est là aussi ce que je regarde comme le procédé le plus correct dans l'état actuel de la science. Je conseille maintenant d'exercer sur la tête un traitement régulier, de telle sorte que les parties motrices du cerveau susnommées soient placées directement entre les électrodes, c'est-à-dire obliquement, en allant de la région des circonvolutions centrales (voir fig. 29, p. 264, An, grande électrode cépbalique) au côté opposé de la nuque (Ka grande électrode) ; des deux côtés de 1/2 minute à 1 minute, courant faible, de 4 à 8 élémenfs, Slohr,

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iO-lo" de déclinaison de raiguillo ; ou bien encore, comme 0. Berger l'a indiqué, avec l'An partagée sur les deux réglons du vertex, la Ka, étant dans la main ou sur le dos, pendant S à 10 minutes ; on peut encore galvaniser le sympathique et la moelle cervicale, pour agir catalj'liquement d'une façon indirecte.

D'autres ont recommandé de préférence le traitement de la moelle épiniere et cela avec des courants faibles et ascendants, qui doivent agir les uns stablement, les autres labilement, sur la colonne vertébrale ; on insiste surtout pour dire qu'il faut préférer des courants faibles et des séances courtes. Essayez cela à l'occasion. Par contre, Mor Meyer a traité ces cas avec des actions, répétées 24 à 30 fois, d'un courant énergique, et Leube a appliqué avec succès un très fort courant .

Si l'on peut diagnostiquer des points de pression, il est habituellement d'une grande utilité de les traiter suivant la méthode connue (An stable) (M. Meyer, Rosenbach).

Le courant faradique, spécialement, a été, dans ces derniers temps, fort essayé, mais il n'a point produit de très grands résultats ; je conseillerais plutôt des tentatives au mo^en de la faradisation générale, surtout dans les cas de rechutes de la chorée, chez des enfants à tempérament nerveux. Les résultats de ces méthodes de traitement sont difficiles à apprécier, dans une maladie d'une intensité et d'une marche aussi variables que celles de la petite chorée. Quelques savants prétendent avoir obtenu des succès ; d'autres n'ont pas pu en constater. Mes propres expériences ne me permettent pas non plus de parler de résultats brillants, surtout dans des cas invétérés de chorée, chez des adultes, je n'ai jamais rien obtenu ; par contre, il me semble que la chorée récente, chez des enfants, peut être influencée d'une manière très favorable par le traitement électrique et être considérablement abrégée dans beaucoup de cas. Cependant je ne saurais donner à cet égard des indications plus précises.

8. Jusqu'ici le tétanos n'a été que très rarement l'objet d'un traitement électrique. Il semble eneffet qu'il faut une certaine témérité pour traiter par l'électricité, remède excitant par excellence, une maladie spastique aussi effroyable, accompagnée de phénomènes si graves, présentant une marche si dangereuse, dans laquelle chaque excitation de la peau est ordinairement suivie de nouvelles apparitions de crampes. Cependant on a pu oser la chose, en s'appuyant comme base sur la connaissance des actions calmantes du courant galvanique et de son influence modératrice sur les réflexes, sur la moelle épiniere (Ranke) ; on a donc dans cette grave maladie fait une tentative avec le courant galvanique. Efl'ectivement on rapporte quelques résultats étonnamment favorables, obtenus par ces expériences (Mendel) ; toutefois, en

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appréciant ces résultais, il faut iisor de la plus grande circonspection, parce que des cas trop nombreux de véritable tétanos ont eu par euxmêmes luic issue favorable.

Aujourd'hui même, nous cherchons encore à connaître le siège el. la nature du tétanos, malgré que de nombreuses recherches aient été faites déjà sur ce sujet. Les tentatives souvent répétées, pour ramener le tétanos à des processus inflammatoires dans la moelle, n'ont pas encore abouti à un résultat universellement accepté ; malgré celail est de beaucoup le plus vraisemblale que cette affection a son siège dans l.i moelle en y comprenant naturellement certaines parties de la moelle allongée (trismus '), on n'y trouve cependant pas d'altérations matérielles ; néanmoins il faut diriger, vers ces parties, en première ligue, les tentatives thérapeutiques.

Déjà quelques essais isolés ont été faits par des savants italiens, contre le tétanos, à l'aide de l'électricité ; on fait couler de forts courants galvaniques depuis le verlex jusqu'au siège ou aux pieds, pendant des heures entières et ils prétendent en avoir obtenu quelques succès (comme pour l'hydrophobie). Mais Mendel, le premier, a vu guérir deux cas non douteux de tétanos, à l'aide du courant galvanique appliqué d'une manière systématique. Il a appliqué le pôle positif sur les muscles, en d'autres termes sur la peau des extrémités ; le pôle négatif, sur la colonne vertébrale au cou et au renQement lombaire (quelquefois aussi le courant dirigé en sens inverse) et il employa des courants faibles et stables pendant quelques minutes. Grâce à cela, la rigidité tétanique disparut assez promptement ; l'amélioration fut durable après la séance et aboutit insensiblement à une guérison complète. Comment la guérison s'efTectua-t-elle dans ces cas; fut-ce l'eflet de l'action du courant sur la moelle épinière, sur les muscles ou sur les nerfs sensibles périphériques; nous n'en savons rien, mais on serait tenté de croire que ces dernières prirent une part considérable à la guérison. On trouve ensuite chez Legros et Onimus une observation, remplie de détails minutieux sur le tétanos, qui fut traité et guéri grâce à de fortes doses de chloral employées concurremment avec le courant galvanique ; il résulterait de cette observation que l'application à la colonne vertébrale, de courants galvaniques descendants et labiles, cause une influence heureuse sur le spasme lui-même, rend les muscles plus flasques et soulage les malades. Les séances durèrent d'une heure à deux heures et furent réitérées deux à trois fois par jour. Il faut, à cet effet, que le courant ne soit pas trop fort, mais que les électrodes aient de grandes dimensions. Mais toutefois, il ne résulte pas de cette observation qu'il y ait eu une action curative certaine.

1. Voir Fr. Scluilize, Des Oafcn analom. du tétanos, Mendels Neurol. Cenlralb. 1882, no 6.

TÉTANOS. — TÉTANIE

Ces quelques faits ne permettent guère encore de tirer des conclusions positives sur la valeur thérapeutique de l'électricité contre le télanos en général, et sur les méthodes à employer en particulier ; notre ignorance sur la nature de la maladie ne permet guère non plus d'essayer une méthode rationnelle, établie a priori. S'il s'oiïrait à moi un cas à traiter, j'emploierais l'aclion directe des couinants galvaniques sur lamoelle épinière, en première ligne, et d'abord avec le pôle positif et, en cas de besoin, je choisirais le courant descendant, stable, prolongé et faible. Les résultats obtenus par Mendel montrent de prime abord une action simultanée sur les parties périphériques, principalement sur les troncs nerveux périphériques, mixtes et sensibles ; sur ces derniers aussi, il faudrait appliquer le pôle positif et l'essai fait, dans chaque cas distinct, nous apprendrait si l'emploi accidentel du pôle négatif sur la partie correspondante de la moelle épinière ou plutôt sur un point indifférent mérite la préférence. En tous cas des recherches ultérieures, dans ce sens, ne seraient pas inutiles.

9, Tétanie. Un objet plus favorable pour les expériences électrothérapeutiques nous est offert par la forme spastique, spéciale et assez fréquente, que l'on appelle tétanie et que j'ai déjà mentionnée à plusieurs reprises, à cause du vif intérêt qu'elle inspire par sa valeur diagnostique.

On entend par tétanie, comme chacun sait, une maladie spastique, qui se manifeste par les spasmes de certains groupes de muscles, spasmes périodiques, s'élevant au paroxj'^sme, douloureux et toniques. Cette alTection frappe de préférence les extrémités supérieures, plus rarement les inférieures, quelquefois aussi d'autres régions musculaires, sur le tronc et sur la tête.

Des observations très exactes ont prouvé que, dans cette maladie, on peut constater une augmentation de l'excitabilité des appareils nerveux et moteurs atteints. Elle se démontre de plusieurs façons, et se manifeste par l'apparition de crampes caractéristiques, à la suite de la compression des gros troncs nerveux ou artérielsdesextrémités (symptôme Trousseau), et non moins par la surexcitation de l'excitabilité rnécanique des nerfs et des muscles, surexcitation constatée, pour la première fois par Chvostek, confirmée par N. Weiss, Fr. Schultze, etc., et enfin par l'exagération de l'excitabihté électrique des appareils moteurs, constatée pour la première fois par moi d'unefaçon exacte, et qui, depuis ce temps, fut considérée par beaucoup d'observateurs (Chvostek, Pr. Schultze, Eisenlohr, N. Weiss, etc.), comme un phénomène presque constant dans la tétanie. Une investigation électrique faite avec soin est donc indispensable pour établir la diagnostic exact de cette maladie.

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Vous trouverez danc presque toutes les rf'igions ner veuses du corps, comme je l'ai déjà mentionué plus haut et corroboré par des exemples (9" leçon, p. 15(5 et suivantes) une augmentation simple, mais extrême de l'excitabilité électrique, surtout dans les régions atteintes de spasme. Lors de l'exploration laradique, les nerfs répondent déjà à des forces de courant extraordiuairement faibles ; lors de l'examen galvanique, la secousse de fermeture de laKa apparaît d'une façon précoce, ainsi que la secousse d'ouverture de l'An ; bientôt se présentent le tétanos de fermeture de la Ka ainsi que celui de la fermeture de l'An et, ce qui est particulièrement important et caractéristique, un tétanos très aisé à provoquer de l'ouverture de l'An ; à la vérité Chvostek prétend également avoir observé, dans deux cas, un tétanos d'ouverture de l'An. Cette élévation de l'excitabilité se montre tout d'abord dans tous les nerfs du tronc, mais pas toujours dans la région faciale ; pourtant le fait a été tout récemment constaté à plusieurs reprises (Chvostek, N. Weiss); et cette élévation ne se rencontre pas seulement à l'acmé de la maladie et durant les attaques, mais aussi aux périodes sans accès et souvent même pendant des espaces de temps plus longs de santé apparente ; elle peut, tout aussi bien que le phénomène de Trousseau, aidera diagnostiquer la maladie encore latente.

En ce qui concerne la nature et le siège de l'afTection, les pièces du procès ne sont pas encore toutes rédigées ; l'investigation anatomopathologique n'a jusqu'ici fourni aucune donnée indubitable; l'examen critique approfondi du tableau symptomatique rend pourtant vraisemblable qu'il s'agit d'un élat d'excitabilité exagé?'é à un haut degré d'une grande partie de l appareil moteur, état fondé essentiellement sur des troubles nutritifs, intimes et moléculaires, dont le siège propre et le point de départ se trouvent sans doute dans la substance grise antérieure de la moelle épinière (avec ou sans participation du noyau gris moteur de la moelle allongée). Mais tout ce qui irait au delà et qui concernerait tout ce qui se passe dans la profondeur des tissus lors de cet accroissement d'excitabilité, tout ce qui aurait rapport à ses causes premières (troubles circulatoires, inflammatoires ou toxiques ?), ne serait rien qu'hypothèse.

Provisoirement, nous devons faire de la conception que nous venons d'exprimer la base de notre méthode de traitement. Il résulte de là très simplement que, pour le traitement électrique de la tétanie, c'est particulièrement le courant galvanique, dans ses effets modifiants, qu'il faut essayer.

Ce qui paraît le plus rationnel, est donc une action stable de l'.^n, avec sortie de traînées de courant, sur les parties qui présentent le siège de la maladie, à savoir particulièrement, la moelle cervicale, toute la moelle épinière et les différents troncs nerveux ; la Ka sera

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