MÉTEODES SPÉCIALES DE TRAITEMENT
compromettriez, du même coup, dans l'autre oreille, ce que vous auriez gagné dans la première par le traitement. Pour ce fait la meilleure méthode est que les deux oreilles soient armées simultanément d'une électrode partagée et qu'ensuite, le reste du traitement s'effectue exactement de la manière décrite plus haut. Cela peut conduire au but avec une grande promptitude. Vous pouvez employer les mornes procédés en présence d'une hyperesthésie modérée, simple et affectant les deux côtés.
Mais si le bourdonnement d'oreilles se combine à une hyperesthésie^ lors du renversement de la formule normale, vous trouverez souvent que ce bourdonnement est amorti par l'action de la KaD tandis qu'il est augmenté par l'AnF etl'AnD. Dans ce cas, vous devrez agir tout à fait en sens inverse, forcer autant que possible l'action de la KaP et de la KaD et les prolonger, éviter laKaO au moyen de la sortie par traînées, et également prévenir l'action irritante de l'AnF par l'introduction des tramées ; pour le reste, le processus est tout à fait le même que celui de la simple hyperesthésie.
Mais les conditions deviennent plus difficiles quand d'autres anomalies de la formule normale se produisent avec ou sans hyperesthésie, par exemple quand, à tous les agents excitants, répondent des sensations de son. — Alors il faut bien des fois laisser au tact et à l'heureuse chance du thérapeute le soin de décider du procédé qui, dans les cas particuliers, devra conduire au but. Ce qu'il y a de mieux à faire alors, c'est d'instituer des essais systématiques et rationnels. Laissez-vous guider ensuite par les considérations suivantes : la méthoflo no vise qu'à un but, celui d'étouffer le bourdonnement, que ce soit par l'AnD ou la KaD ; aussi il faudra régler le traitement en conséquence. Ensuite il est important de savoir si les agents irritants pathologiques sont déjà devenus plus forts que les excitants normaux et si l'on se rapproche oui ou non du renversement de la formule ; dans le premier cas, il faudrait attacher plus de poids au même traitement que celui du renversement de la formule, dans le dernier cas, il faudrait organiser le traitement comme s'il s'agissait d'une simple hyperesthésie. Enfin vous pouvez essayer par un traitement galvanique régulier de ramener peu à peu le nerf acoustique à la formule normale, d'éviter les excitants pathologiques, pour favoriser les excitants normaux, et déterminer peut-être ainsi une réaction bienfaisante sur l'affection nerveuse.
Mais, quoi qu'il arrive, ne vous laissez pas détourner de vos expériences thérapeutiques par des scrupules théoriques, ni de telle ou telle méthode, avant d'avoir épuisé toutes les méthodes disponibles. En tout cas, tous les moyens de guérison sont permis ; l'électrotonus lui-môme ne restera pas seul maître de ce terrain, son domaine incontesté, et il
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n'est pas du loiil impossible que, par lesaclions calalytiques continues du courant, à direction alternante, on produise des résultats qui ont été refusés à son action directement modifiante. C'est ce qui fera peut être comprendre l'étrange assertion de Dénédikt, d'après laquelle des commutations do courants seraient peut-ctre les remèdes les plus efficaces, aussi bien pour la dureté d'oreille que pour les bourdonnements.
Ces principes concernent pareillement toutes les anomalies de la réaction plus rares et non encore mentionnées, les formules tout à fait irrégulières, avec liutemenls d'oreilles, ainsi queles casoii l'investigation galvanique ne donne pas de résultats positifs. Dans ces cas, <jui ne sont pas rares, vous pourrez, après avoir suffisamment éprouvé et épuisé les autres méthodes oLriatiques, en vous appuyant sur les expériences acquises, essayer, vous aussi, sans hésitation un traitement électrique même vague et incertain en apparence, et le continuer pendant quelque temps d'une manière logique el systématique. J'ai vu à plusieurs reprises qu'en procédant ainsi on a obtenu, à force de persévérance et de patience, une amélioration notable. Chez des malades de celte catégorie, je regarderais même comme justifiée une expérience faite avec le courant faradique, attendu que lui aussi (Schivardi, etc.) a fourni de remarquables résultats. Il n'est en effet nullement impossible qu'il produise une action thérapeutique aussi bien sur l'appareil auditif que sur le cerveau, les nerfs vaso-moteurs, etc.
Pour ajouter un mot à la technique de ces méthodes de traitement, nous dirons qu'elles exigent, dans la plupart des cas, un très haut degré d'exactitude et de netteté dans le maniement, des appareils auxquels on puisse se fier, que l'on sache habilement diriger, que l'on utilise convenablement, ainsi qu'une connaissance exacte des phénomènes que l'on veut combattre et une idée claire de ce que l'on veut obtenir. Comme toutes ces conditions ne se trouvent que rarement réunies, on s'explique aisément pourquoi maints observateurs et particulièrement certains médecins spécialistes, qui ne sont pas ou presque pas familiarisés avec les opérations électrothérapeutiques, n'ont obtenu qu'un si petit nombre de résultats satisfaisants. Yous vous servirez de préférence du mode extérieur de recherche (voir p. 146), l'électrode B étant placée dans la main opposée, moins bien sur la nuque. Une bonne fixation des électrodes est nécessaire ; les intervertisseurs de courant et toutes les parties d'appareil doivent être confectionnés de telle sorte qu'on puisse éviter autant que possible les interruptions involontaires de courant et les chocs. Il faut apporter un soin extrême à l'opération de l'entrée et de la sortie par traînées ; ce dernier point surtout vous donnera souvent beaucoup de peine, vu que quand l'hyperesthésie est intense, une faible diminution de la force du courant