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MALADIES DES ORGANES DU MOUVEMENT, ETC

de la rate elle-môme (électrodes humides, courant énergique) une diminution du volume do ces tumeurs ; dans la première séance, il obtint le maximum de résultai ; il eu eut moins dans les séances suivantes. Mader parle semblablement de résultats très favorables dans deux cas diiïérents.

Il est donc hors de doute que la faradipation cutanée et percutanée de la région de la rate et des gonflements pathologiques de la rate, surtout de ceux produits par la malaria, mais moins des leucémiques, peut déterminer leur diminution et leur rétrogradation ; jusqu'ici on n'a pas encore obtenu d'action notable du courant galvanique. On pourrait donc recommander peut-être d'associer ce moyen curalif à d'autres médications de la rate, la quinine, l'eucalyptus, etc., dans tous les cas où ces tumeurs présentent une certaine opiniâtreté et résistance aux actions ordinaires, particulièrement dans la cachexie malarienne, dans les tumeurs chroniques de la rate, après le typhus, etc.

Je n'oublierai pas défaire remarquer que les expériences ayant pour but d'agir sur les paroxysmes de la fièvre inlei'mil lente elle-même, par le courant galvanique ou faradique, ont été assez infructueuses et, en tout cas, ne nous engagent pas à des tentatives semblables.

Affections des organes de la poitrine.

Jusqu'ici on n'a encore essayé que dans un très petit nombre de formes morbides, un traitement électrique des maladies des poumons et du cœur ; aussi y a-t-il très peu de choses à dire sur ce point. Si je fais abstraction de la tentative de Bastings, ayant pour but d'améliorer et de guérir la phtisie pulmonaire, en fortifiant les muscles de l'inspiration au moyen d'une gymnastique faradique, procédé qui a été plus lard vanté par Schwalbe, je constate que ce sont principalement des troubles nerveux ou du moins considérés comme tels, des organes de la respiration et de la circulation, qui ont provoqué des expériences électrolhérapeuliques.

En première ligne, l'asthme nerveux. 11 est vrai que nous rencontrons ici, à cause de notre ignorance persistante sur l'essence et le siège de l'asthme, de sérieuses difficultés en ce qui concerne le choix du siège et du mode d'application des courants électriques. Qu'il s'agisse d'une crampe des muscles des bronches ou môme du diaphragme, ou bien d'un gonflement vaso-moteur de la membrane muqueuse des bronches, ou bien d'un trouble dans la zone d'innervation du vague ou du sympathique, ou d'une excitation directe de ses rameaux, ou d'une provocation réflexe des phénomènes asthmatiques, et enfin de l'endroit où il faut réellement commencer le siège de cette irritation directe ou réflexe, tout cela est encore plus ou moins obscur et peut

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vraisemblablement varier suivant, Irs c.is. Les conceptions nouvelles sur la produclion éminemment fi'éijuciito de l'aslhme par des excitations provenant de la membrane muqueuse du nez, des organes de la gorge et du larynx, ne sont pas encore si généralement acceptées et démontrées pour qu'on puisse en faire, sans hésitation, la base d'un traitement thérapeutique.

Nous sommes donc presque toujours condamnés à un traitement empirique, qui doit cependatil reposer sur quelques conceptions théoriques. Mais ce qui résulte du petit nombre d'observations connues jusqu'ici, c'est qu'on peut obtenir, pour l'asthme bronchial, des résultats satisfaisants avec l'électricité, et môme avec des méthodes très différentes les unes des autres. Gaspari a guéri un cas de ce genre, qui durait depuis plusieurs années et cela au moyen du courant galvanique. A cet effet, il fixa laKaau sacrum et, avec l'An, il frotta lentement la colonne vertébrale depuis la nuque jusqu'aux vertèbres lombaires, l'espace de 10 à 20 minutes ; au bout de 25 séances, guérison. Brenner vit, dans un cas grave d"asthme, une notable amélioration due à l'application du courant galvanique sur le vague (l'An à la nuque, Ka entre le larynx et le sterno-cleido-mastoïdien. Neftel a traité systématiquement une série de cas par la méthode galvanique et il prétend avoir obtenu, de la sorte, des résultats surprenants. Parlant de l'hypothèse que l'asthme ne se produit qu'avec la participation du nerf vague, il a fait de ce nerf l'objet spécial de son traitement et cela d'après la méthode polaire. Il arriva que, dans la plupart des cas, l'action de l'An sur le vague eut un brillant succès; il est vrai que, dans beaucoup de cas, II en fut de même de l'action de la Ka.

Cette dernière aurait môme une vertu spéciale pour arrêter des accès isolés. Neftel commence parfaire agir un courant faible, dont il augmente peu à peu l'intensité à l'aide du rhéostat, jusqu'à ce que l'accès soit calmé, puis il fait sortir le courant insensiblement. La durée de la séance est de 2 à 10 minutes, d'abord tous les jours, ensuite plus rarement. Schmitz utilisa aussi le courant galvanique dans un cas d'asthme et d'emphysème, dans lequel les accès étaient accompagnés régulièrement d'un catarrhe intense du nez et des bronches. Par l'application des électrodes, des deux côtés, sur le cartilage du corps thyro'ide, sur le bord interne du sterno-masto'ïdien, on obtient une aclion éclatante, savoir : un soulagement immédiat de la respiration et une expectoration abondante. Par contre Schaffer prétend que, dans le traitement de l'asthme le courant galvanique a constamment trahi ses espérances, tandis qu'il alTirme avoir obtenu de brillants résultats de l'emploi du courant faradique. Il signale ce dernier comme un remède des plus importants pour couper court l'accès asthmatique. Assez souvent, dit-il, les accès d'asthme les plus violents Erb. — Électrolliérapie. 39

MALADIES DKS OUGANKS DU MOUVEMENT, ETC.

disparaissent, grâce à lui, comme par enchantement. Conformément à son opinion que l'asthme se produit le plus souvent, par suite de l'excitation des nerfs des parties supérieures de l'organe respiratoire (nez, gosier, larynx, cordes vocales), il dispose les deux électrodes du •courant faradique plus haut ou plus profondément (soiL tout au-dessous de l'angle de la mâchoire, on dans le haut du cartilage thyroïde^ et fait passer de puissants courants faradiques durant 1/4 à 1/2 heure -'les soulfrances diminuent immédiatement et les malades peuvent aisément s'en aller. Le traitement s'effectue de celte manière, deux fois par jour; plus tard les séances sont plus rares et plus courtes. Schalfer a guéri de la sorte un grand nomhre de cas et Bresgen aussi a obtenu de bons résultats de ce procédé.

A^ous voyez, Messieurs, qu'il n'est guère possible de tirer de solides points d'appui pour le traitement électrique de l'asthme, d'un aussi petit nombre de faits. Naturellement, dans tous les cas, il faut d'abord tenter un traitement de la cause première de l'afTeclion et de tous les autres phénomènes concomitants (catarrhe nasal, polypes, emphysèmes, etc.) ; et là seulement où vous avez des motifs pour croire ù l'existence d'un asthme purement nerveux, vous pourrez employer immédiatement et exclusivement le traitement électrique, d'après la méthode de Schafl'er ; outre cela vous pourrez aussi essayer de faradiser à travers la poitrine et depuis la nuque jusqu'à la région du cœur et à la racine des poumons. Si cet essai est iii l'ructueux, je conseillerai de recourir au courant galvanique. Vous traiterez par exemple le vague sympathique d'après différentes méthodes : action de l'An, puis de la Ka ; ou bien courant stable descendant depuis la nuque jusqu'à ces nerfs et la région du cœur ; vous pourrez aussi éventuellement utiliser le procédé Caspari. Va\ tous cas, accordez à chacune de ces tentatives assez de temps et d'espace.

Mais de nombreuses observations ultérieures pourront seules servir à préciser la valeur et les indications spéciales des différents modes d'action.

De quelle manière faut-il traiter électriquement l'angine de poitrine ? Pour cette réponse, je rénvoie à ma 27« Leçon, p. 468.

Les troubles moteurs du cœur, en tant qu'ils doivent être considérés comme ayant une origine nerveuse, ont été, jusque dans ces derniers temps, l'objet de rares essais électrothérapeutiques ; du moins on n'a pas encore publié grand'chose sur eux. Peut-être cela changera-t-il à l'avenir, grâce au travail de V. Ziemssen sur l'excitabilité électrique du cœur.

En tout cas, ce ne serait pas chose illogique que d'essayer tout d'à-

PALPITATIONS NERVEUSES DU COEUR GlI

bord une fois l'aclion de l'électricité sur les baltemenls nerveux du cœur si fréquents. Flies seul paraît, dans une grande série de cas, avoir fait celte tentative ; dans 24 cas de palpUalions du cœur, parmi lesquels 5 seulement provenaient d'une maladie organique du cœur, lia constaté d'ordinaire une atténuation de raffectiou, dans des cas nombi-eux (sans affection du cœur), et même, au bout de S à 6 séances, il a obtenu une guérison complète. Sa méthode consistait dans l'emploi de courants galvaniques d'une intensité modérée, sur chaque vague, tous les jours, pendant 1 ou 2 minutes ; le courant descendant aurait un meilleur effet que le courant ascendant. L'effet ne fut d'abord que subjectif; mais on reconnut bientôt après qu'il était devenu objectivement perceptible par la diminution de la fréquence et de l'intensité de l'action du cœur.

.Moi-même j'ai traité une fois un cas de fortes palpitations du cœur, avec irrégularité dii cœur et asthme cardiaque porté à un haut degré (résultant sans doute d'une affection organique), avec un résultat palliatif relativement très favorable, en galvanisant (le vague, au cou, à la nuque, à la région du cœur). Je n'ai pas jusqu'ici eu connaissance d'autres observations analogues.

Il est naturellement tout à fait logique d'invoquer, dansdescas semblables, en premier lieu, l'action d'arrêt du vague et d'exciter ce nerf à l'aide du courant. Mais n'existe-t-il pas aussi des cas oij, par une action déprimante sur le sympathique du cou, c'est-à-dire sur les centres e.x.cito-moteurs de la moelle cervicale (l'An stable sur la moelle cervicale) l'on puisse obtenir quelque chose d'analogue ? Des expériences idtérieures répondront à cette question.

Il faudrait en outre étudier l'action directe du courant galvanique sur les nerfs intracardiaques, d'après le procédé de V. Ziemssen : courants très forts dirigés transversalement, de la colonne vertébrale à la région du cœur, avec de très grandes électrodes et des commutations de courant exécutées avec mesure, à des intervalles déterminés, pour régulariser les pulsations du cœur. On peut ainsi obtenir aisément une augmentation de la fréquence des mouvements du cœur ; mais pour diminuer cette fréquence, il faut, du moins sur un cœur normal, des courants d'une grande énergie ; cependant, en pathologie, la chose se présentera sous un autre jour. Qu'il faille beaucoup de circonspection dans ces expériences, cela se conçoit aisément ; mais uoi qu'il arrive, elles promettent toujours certains résultats.

Il semble également justifié de procéder à des expériences semblables, dans la débilité et rirrégularité du cœur. Ici encore, il faudrait employer d'abord la méthode de V. Ziemssen, faire passer surtout de forts courants galvaniques stables à travers le cœur (môme sans commutations de courants), courants qui partiraient de certains points dé-

6i2 MAr.ADIIÎS DES OHGAMCS DU MOUVRMK.VT, ICTO.

tfniuiiés, .sillon aiiriculo-vcnlrir^ulaire el Voisinage, et détermineraienl uno accélération <lo.s haltenni^nls du cœur suivant un rythme réçulifir (vraisemblablunient par l'excitation directe des ganglions du cœuri. D.? plus on peut eiïectuer aussi la galvanisation de la moelle cervicale et (lu vague-sympathique; la méthode nécessaire à cela, devrait être déterminée empiriquement, d'après les principes physiologiques.

TRENTE-SIXIBMË LEÇON

SoMMAïaE: Maladies des organes du la dineation. Paralysie de la dégliilition. —

Névroses de l'œsophage. — Affections de l'estomac : vomissements nerveux.

Cardialgic. — Dyspepsie nerveuse ; mélhod ;s électriques de traitement. — Atonio cl dilatation de l'estomac.

Mala'/ies 'le L'intestin.. Entéropatliie nerveuse. — Enléralifie. — Atonie et paralysie du muscle intestinal : 1 . Occlusion de l'intestin par l'avrét atoniqiie des excréments. Pathologie; cas divers; méthodes de traitement électrique. — Invagination de l'intestin. — 2. Constipation chronique par atonie de l'intestin. — Cas divers;

faradisation percutanée ; faradisation recto-abdominale ; galvano-faradisatiou.

Prolapsus anal. Parésie du sphincter d; l'anus. — .^scites : leur traitement faradiquo.

Les organes abdominaux ont nécessité plus que d'autres, à beaucoup de points de vue, un Irailement électrique, car ils sont en partie de nature musculaire et par suite ils paraissent devoir être bien plus accessibles à l'influence directe du courant électrique. Pourtant ils présentent bien d'autres troubles sensibles, vaso-moteurs, sécrétoires etc., anomalies qui peuvent aussi être l'objet de l'électrothérapie.

Nous, notre intérêt se concentre tout d'aboi'd et surtout sur Jes

Affections des organes de la digestion,

Surtout celles du canal digestiflui-mème, dans ses divers segments, tandis que les glandes avoisinantes, grandes ou petites, seront pour nous d'une bien moindre importance.

Je me suis déjà ci-dessus occupé de la question, spécialement en ce qui concerne les formes variées et fréquentes de paralysie de déglutition et leur traitement (voir 23" Leçon, p. 432).

Le spasme el la paralysie de l'œsophage isolés sont des phénomènes pathologiques très rares, mais peuvent devenir à l'occasion l'objet d'un traitement électrique. Il devra s'elTectuer absolument d'après les principes généraux, avec une méthode appropriée au.x circonstances locales. Il faudra donc introduire une électrode (sondu pharyngienne, munie d'un bouton métallique) dans l'œsophage momo jusqu'à diiïérentes hauteurs, tandis que l'autre électrode restera sur la nuque, la colonne vertébrale, ou sui' le sternum. On peut employer à cet effet des courants galvaniques et faradiques, mais on conseille une grande

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