AFFKCTIONS DES ORGANES LA DIGESTION
circonspection dans le choix de la force du courant, vu la proximité des vagues, dont l'excessive excitabilité pourrait aisément entraîner des conséquences dangereuses.
Une nf'i'?we sensible de l' œsophage, une sorte de brûlure nerveuse de la gorge sans aucune autre manifestation dyspeptique (névrose du vague ?)aété guérie promptement par Brenner(Unlers. u. Beob, p. 83) à la suite de l'application du courant galvanique sur la région du nerf vague (An à la nuque, Ka entre le lai-ynx et le sterno-mastoïdien, pendant 3 minutes, avec quelques interruptions).
Plus nombreuses et plus importantes sont les expériences et les recherches faites j.usqu'ici sur l'électrolhérapie dans les maladies de l'estomac, .l'ai fait connaître précédemment (page 117 et suivantes) les recherches physiologiques qui lui servent de base. Leurs résultats précaires en somme, n'ont pas été précisément élargis par un travail de Bocci venu depuis à ma connaissance. Ce savant a trouvé qu'une excitation directe des parois de l'estomac, au moyen du courant faradique provoque des contractions manifestes, tandis qu'une excitation mdii'ecte, à travers les téguments du ventre, nê fait naître que des contractions insignifiantes, d'une valeur thérapeutique très douteuse. Par contre, l'application directe intérieure du courant faradique (au moyen d'une sonde stomacale convenable), outre les contractions, provoque encore une congestion vasculaire et une abondante sécrétion de suc gastrique.
Parmi les conditions pathologiques, il faut naturellement compter, d'une manière exclusive, les affections fonctionnelles, les troubles nerveux (et musculaires) de la fonction de l'estomac. Nul ne s'avisera de vouloir traiter avec le courant électrique un catarrhe stomacal, un ulcère ou une néoformation de l'estomac, mais ce courant promettra difl'érents succès dans les états qui émanent d'une disposition morbide des nerfs sensibles de l'estomac, ou d'un spasme et d'une faiblesse des muscles de l'estomac ou enfin d'un fonctionnement insuffisant des nerfs de la sécrétion de l'estomac. Nous possédons effectivement sur toutes ces questions une quantité considérable d'expériences.
Contre les vomissements nerveux tels qu'on les trouve chez les hystériques, dans la grossesse et pendant les couches, dans la migraine, la dysménorrhée, etc., difl'érents observateurs (Seramola, Lente, Popper) ont jugé que le courant électrique pouvait être utile. Les méthodes à employer sont plus ou moins empiriques ; ou bien une faradisalion de la région gastrique, du dos jusqu'à l'épigastre ou depuis la nuque jusqu'à l'épigastre (Lente), ou bien les deux pôles appliqués à la région gastrique (Popper) avec de grandes électrodes et des courants assez Inrts ; ou bien la galvanisation de la même façon, après s'être assuré préalablement si l'An ou la Ka est plus utile à l'épigastre. Mais ce qui
014 MAUIJIKS MIS OHOA.NKS l)V MOUVKMENT, ETC.
paraît lo plus cilicace est certainement la f/alvanisalion au cou et à la moelle cervicale, mode dans lequel on exerce le plus d'action sur les nerfs les plus rapprochés, le vague, le sympathique, le phrénique et les centres nerveux de la moelle allongée ; en tout cas, il faut essayer du inoins la galvanisation depuis le cou jusqu'à la région gastrique (Seniniola). Les succès publiés sont en partie très brillants ; quebjuefois même, une amélioration se produisait instantanément.
Nous avons dit (27° Leçon, p. 408) de quelle manière il fallait traiter la cardialgie nerveuse.
Un intérêt particulier s'attache, depuis très peu de temps, à ce (ju'on appelle la dyspepsie nerveuse et déjà plusieurs voix ont réclamé pour elle un traitement électrique. Il est vrai que les théories sur l'essence réelle de la dyspepsie nerveuse n'ont pas encore élucidé la question. Si l'on voulait, avec Leube, ranger simplement sous ce nom les cas oij, sous le rapport du temps et de la chimie, la digestion suit nn cours normal, mais oij, soit par TefTet d'une excitabilité anormale des nerfs de l'estomac, ou de l'ensemble du système nerveux, toutes sortes de symptômes désagréables et importuns, locaux ou généraux, apparaissent pendant la digestion, on renfermerait, à mon avis, la dyspepsie nerveuse dans des limites trop étroites. En effet, il y a aussi, incontestablement, des cas où, par suite précisément du système nerveux, par suite d'une innervation défectueuse des glandes de l'estomac ou d'une activité insuffisante de ses muscles, il se produit une digestion chimiquement et temporairement anormale^ sans aucune altération de slruclu e de l'estomac et donne alors lieu aux symptômes d'une dyspepsie nerveuse. Ainsi, dans une série de cas, les troubles nerveux dyspeptiques émanent d'un acte digestif, normal en soi, tandis que dans l'autre série, l'acte digestif lui-même devient anormal, par suite de pertubations nerveuses primaires. Mais les deux formes ont évidemment une connexion intime et, certainement, on ne peut pas les séparer dans la pratique aussi bien qu'en théorie. Pour les deux, le courant électrique peut devenir souvent un remède efficace, à côté d'autres remèdes qui sont réclamés particulièrement par l'état général des malades.
Le diagnostic de ces étals n'est pas toujours facile, tant s'en faut, mais par une observation, et une exploration exacte, par l'exclusion des maladies organiques de l'estomac, ou de celles ex juvantibus et nocenlibus (aggravation par Carlsbad et cures analogues), vous pourrez reconnaître ces étals avec certitude; ils sont, en tout cas, bien plus nombreux qu'on ne l'a cru jusqu'ici et c'est particulièrement parmi les malades si nombreux atleinls de névroslhénie qu'on en trouve beaucoup qui soutirent de cette dyspepsie nerveuse. Peut-être ([uele symptôme, récemment décrit parBui-karl, de la sensibilité, à la
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pression, des plexus du sympathique abdominal (plexus hypogaslrique supérieur, ou aortique alDdominal), présenle une certaine importance pour la connaissance de ces étals.
Pour leur traitement électrique, vous pourrez vous servirdes deux espèces de courant et naturellement aussi employer différentes méthodes, d'après les phénomènes les plus remarquables. Beard et Rockwell, qui ont parlé les premiers, avec beaucoup de détails, du traitement électrique de la dyspepsie nerveuse, recommandent en première ligne la faradisation générale et ils ont certainenient raison, la plupart des malades dont il est ici question souffrant en môme temps d'une névrosthénie générale. De cette façon d'ailleurs l'estomac se trouve ains traité directement.
Les sav^ants précités recommandent, ultérieurement, aussi la galvanisation du vague, celle du sympathique et de la colonne verlébrnie cl plus tard encore la galvanisation centrale. Leube emploie, lanlôl de forts courants faradiques (depuis le dos jusqu'à l'épigaslre), lanlôl le courant galvanique, mais seulement, il est vrai, en application externe, l'An sur l'épigaslre, la Ka sur la colonne dorsale, avec des coura i'sassez forts. L'application intérieure, au moven d'une électrode stomacale, ne lui paraît pas plus efficace que l'application extérieure. Burkarl obtient des résultats très satisfaisants de l'emploi du courant galvanique, d'après une méthode analogue. Ordinairement il enfonce l'An aussi profondément que possible dans la région des plexus abdominaux, sensibles à la pression, et il applique la Ka sur le dos, avec courant stable. Slein, à son tour, a donné la préférence au courant faradique, qu'il dirige avec une force moyenne, à l'aide de grandes électrodes en forme de plaques, simplement à travers le ventre, d'un hypochondre à l'autre. Fr. Richler cite aussi l'électricité, parmi les remèdes de la dyspepsie nerveuse et Kussmaul a constaté l'effet favorable de la faradisation de l'abdomen, dans diverses formes de cette affection. Pour ma part, je n'ai jusqu'ici rassemblé qu'un très petit nombre de documents sur cette question spéciale, mais je ne doute nullement que l'électrothérapie soit souvent d'un très bon usage contre les diverses formes de dyspepsie nerveuse. Il faudrait peut-être essayer tout d'abord le courant faradique, en particulier lorsqu'il se manifeste simultanément une atonie stomaco-intestinale ; mais si les sensations anormales, l'hyperesthésie des nerfs de l'estomac, prédominent, une tentative avec le courant galvanique paraît tout d'abord indiquée (actions de l'An), surtout quand la sensibilité du plexus abdominal à la pression, est très accentuée. Vous pouvez aussi employer alternativement les deux sortes de courant. On peut en outre essayer les procédés le plus fréquemment et le plus généralement employés contre la névrosthénie et, dans tous les cas rebelles possibles, on ne doit pas-
Offi MAI.ADIKS DES OllUANES JJU MOUVKME.NT, ICIC.
n(';^liger un Irailcineiit du vague ol du KympiiUii(|uft du cou, un Irailo menl longitudinal d(i la colonne verloijrale, évenluellemenl au.-t^i la galvanisation centrale et la faradisaiion génf^'rale.
Il n'est pas rare que l'on observe, en étroite corrélation avec la dyspepsie nerveuse, Valonie de l'estomac et la dilatation de l'efilomac. 11 va sans dire rpie ces perturbations font tout, particulièrennent sentir la nécessité d'un traitement électrique, puisque ce dernier est le moyen curalif le plus important contre tous les étals de faiblesse motrice possibles.
L'atonie de l'estomac est une manifestation très liabiluelle de toutes les aiïections du système nerveux, surtout, je le l'épèle, dans les asthénies nerveuses générales et maintes maladies centrales. Mais elle peut aussi se présenter à la suite de maladies chroniques de l'estomac, d'une surcharge persistante et souvent renouvelée de l'estomac par suite d'une nourriture trop abondante, etc. Dés qu'elle existe depuis un certain temps, elle conduit régulièrement à une dilalaiion de l'eslomac et celle-ci peut être' d'autre part rattachée à diverses causes pathogéniques. Ainsi il y a des cas d'origine traumatique, par suite de coups reçus à l'épigastre ou de chute sur cette région, spécialement chez les personnes nerveuses, hystériques; d'autres, qui arrivent à la suite de caturrhe stomacal et d'alonie musculîiire consécutive, d'autres qui proviennent d'une charge relativement trop forte imposée aux. parois stomacales, par introduction trop copieuse d'aliments, ou d'une extension desdiles parois et, par suite, de développements de gaz ou de stagnation des ingesta; les dernières formes sont tout particulièrement fréquentes dans les rétrécissements pyloriques produits par une cause quelconque.
Pour tous ces cas, le traitement électrique peut être essayé, dans le but d'exciter les contractions de l'estomac, de faire disparaître l'atonie qui, en toutes circonstances est une des conditions fondamentales du maintien de la dilatation stomacale. Il va de soi que, contre cette dernière, d'autres moyens curalifs valent naturellement aussi la peine d'être employés (spécialement la pompe stomacale) et qu'avant tout il faut s'efforcer de remplir l'indication causale et de la combattre. Mais, même dans des cas semblables, l'éleclricilé vaut la peine d'être employée comme adjuvant de la médication et là où il s'agit d'une atonie purement nerveuse et d'une alaxie de l'estomac, l'électricité est certainement le remède souverain.
Les méthodes recommandées par chaque auteur, en pai ticulicr, ne sont pas toujours identiques. Onimus préconise le courant galvanique (de l'épigastre au dos et de la petite à la grande courbure) et, tandis que Lenbe déclare seulement, en ])eu de mots, qu'il a obtenu de bons résultats du courant galvanique, presque tous les autres praticiens se
ATONIH DK l'estomac. —