OCCLUSION INTESTINALE
se manifester subitement une obstruction absolue provoquée par une indigestion, surcharge de l'estomac, un catarrhe intestinal, etc., obstruction accompagnée d'une accumulation de substances fécales, avec un méteorisme intense, de vives douleurs et, assez souvent, avec des phénomènes très menaçants, qui peuvent empirer jusqu'à l'iléus. Il est naturellement difficile de distinguer celle forme d'avec les autres formes d'occlusion intestinale (par invagination, pincement interne ou rotation): la constipation précitée, la constatation de masses fécales volumineuses, l'absence prolongée de la fièvre et d'autres étals semblables antérieurs peuvent faciliter ce diagnostic. En outre une excitation électrique de l'intestin, dans les autres formes d'occlusion, ne pourrait guère être nuisible et il ne faudi'ait s'en abstenir qu'en présence d'une péritonite nettement développée. Bien plus, Gurci recommande directement, dans de pareils cas d'obstruction intestinale, dont les causes sont inconnues, l'emploi de rélectricilé comme moyen de préciser le diagnostic ; si d'après lui, il n'y avail, nu bout d'une ou deux séances, aucune évacuation ou aucun soulagement, il faudrait croire que l'occlusion est mécanique.
Nous avons quantité d'observations, particulièrement faites dans les paj's étrangers, d"oii il résulte que, dans ces cas aigus, après que toutes les médications désobstruantes et tous les procédés possibles se sont montrés absolument impuissants et que les phénomènes se sont on partie élevés à une grande intensité, l'emploi énergique des courants électriques suffit pour raviver les mouvements péristaltiques de l'intestin et l'établir les selles normales, en d'autres termes, pour ramener la guérison.
163» 06.S. de Oltm. Ilofinann. — Typhlile stercorale. Paralysie des muscles intestinaux. Iléus. — Chez une femme àg-ée de 72 ans, se manifesta, pendant une longue constipation, du météorisnie, des renvois nidoreux et finalement de fréquents vomissements exhalant une odeur fécale. Les purgatifs et les lavements se monti'èrent impaissants.
Faradisation de iintesiin. Un pôle dans le rectum, l'autre sur la l'égion iliaque droite ; au moyen d'un puissant courant fonctionnant pendant \ d'heure, il se produisit une selle et la guérison.
16i" 06s. de Mario Giommi. — Obstruction rebelle. Guérison par faradisation. Paysan robuste, bl ans, douleurs intestinales qui commençèrent le 22 juillet et furent suivies d'un petit nombre de selles peu abondantes, auxquelles succéda une constipation intense et résistant à tous les remèdes. Entre à l'hôpital le 8 août: vives souffrances, météorisme énorme, circonférence du ventre 99 centimètres, nombreux renvois de gaz inodore, respiration difficile,, langue sèche, etc., sonorité à la percussion.
On peut se rendre compte avec certitude qu"uue ancienne hernie scrotale n'était pas la cause de l'aifection. On admit donc une simple atonie des muscles de l'intestin cl Ton résolut d'employer l'électricité. Auparavant on avait
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cssiiM" sans succès (ics injections d'eau, de la coloijulnle el de la noix voniique.
Traitement furadifjue : line électrode sur le rectum, l'autre sur la paroi alidotninalc, sur le colon transversc , courant trés^énergiijue. Première séance, li) minutes; pas de succès. Le lendemain matin, deuxième séance de 20 minutes; fail)le selle, évacuation de masses jaunâtres ; l'état du malade est pire (pi".iii|iaravant. Le soir, après la troisième séance, deux évacuations abondantes avec lieaucnup de gaz ; la circonférence du corps est réduite à 82 centimètres Après la quatrième séance, nouvelles évacuations, puis amélioration croissante et finalement guérison. Renvoi de l'hôpital, le 22 septembre. Circonférence du corps, 72 centimètre.
1C;)0. 06s. deJ. Simon [dans Ballouhey). Obstruction r/rave de l'intestin. — Colique et iléus. Guérison rapide jour l'électricité. — Homme, -ti ans ; le i;i juin vomissements subits avec des coliques très douloureuses.
Point de fièvre. Une constipation opiniâtre commence et les douleurs augmentent. Insensiblement du météorisme. Les clystères et les purgatifs de toute catégorie restent impuissants. On ne constate ni hernie ni cause mécanique. Le corps grossit de plus en plus, anxiété, constipation absolue. Vomissements réitérés: pouls fréquent filiforme ; expression du visage inquiète. Les phénomènes deviennent de plus en plus intenses. Dans la soirée du 17 juin, on prescrit l'emploi de l'électricité qui est mise en œuvre par le D'' Onimus: fnradisation de l'abdomen et de l'intestin, alternant avec des courants galvani(jues labiles ; 20 minutes. Immédiatement après, les vomissements cessent et deux selles liquides ont lieu. L'état du malade s'améliore. Trois heures après, deux séances électriques ; alors il se produit dans la nuit 12 selles et des gaz abondants s'échappent du rectum. Plus de vomissements, l'oppression diminue. Le 18 juin, continuation des évacuations liquides ; la sensibilité du corps est moindre ; plus de nausées, pas de fièvre, le malade entre directement en convalescence sans rechutes.
La majorité des auteurs s'est servie exclusivement du courant faradique pour le but qui est ici en cause i^Duchenne, Hofmann, Maiicini, Sanlopadre, Curci, Chouet.Giomiui, Scarpari) ; Wharton seula employé le courant galvanique, également avec succès; un pôle étant introduit dans le rectum, il plaçait l'autre dans la région caecale et faisait passer, durant 10 minutes, un courant de 14 éléments avec fréquentes interversions. Dans le traitement faradique, on introduit également un pôle dans le rectum (Gurci seul semble s'être borné à une application exclusivement externe) et avec l'autre (Ka), on promène sur toute la paroi abdominale, mais de préférence sur la région du cœcum et successivement sur tout le gros intestin, un courant très fort, de telle sorte qu'il se produise des contractions très énergiques des muscles de l'abdomen. Durée de la séance : 5-20 minutes. Ballouhey décrit, d'après le procédé d'Onimus, un traitement mixte : d'abord emploi percutané^ labile du courant galvanique sur l'abdomen. An, le plus près possible du point d'occlusion ; ensuite faradisation abdomino-rectale, à la façon
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habiliielle, et comme terminaison, galvanisalioii identique (Ka dan? le rectum) avec nombreuses interruptions; on recommence plusieurs fois ce cycle, dans une même séance. Suivant de Watleville, on pourrait aussi essayer ici la galvano-faradisation.
Les séances peuvent être reprises 2 et 3 fois parjourjusqu'à ce qu'un mieux se produise. Ce mieux se manifeste par une évacuation et de gaz et de selles plus ou moins abondantes, souvent très copieuses, qui apparaît assez souvent immédiatement après la faradisation, mais le plus souvent quelques heures après. En tout cas ce procédé» qui a été en Allemagne presque complètement négligé, est digne d'un emploi plus étendu.
En terminant, je signalerai encore que Bucquoy a traité avec succès par la faradisation, d'après une méthode absolument identique, VinvafjinaUon de l'intestin, telle qu'on l'observe si souvent chez les enfants ; il en attend des mouvements péristaltiques, produit ainsi la rétrogradation de l'invagination, mais il conseille d'employer l'électricité à temps et avant toute complication inflammatoire. L'électricité est bien supportée même par de tout petits enfants ; 2-3 séances de 10 minutes suffisent le plus souvent à déterminer une évacuation et faire disparaître l'invagination. Naturellement il ne faut pas néanmoins négliger ici les autres méthodes de traitement.
2. La constipation chronique par atonie de l'intestin est une manifestation très fréquente et journalière. On l'observe très fréquemment dans toutes les maladies nerveuses possibles, chez les hystériques et les hypocondriaques, spécialement aussi chez les névrosthéniques conjointement avec la dyspepsie nerveuse, ou même sans elle ; en outre dans presque toutes les affections spinales chroniques (myélite, tabès, etc.), maintes affections cérébrales, l'épilepsie, etc. Cette affection est surtout fréquente chez les femmes, souvent par suite d'une façon mal comprise de vivre ou de se nourrir, d'un manque de mouvement, de mets trop fortement épicés, assez fréquemment aussi à haut degré chez de toutes jeunes filles, à l'époque où s'établit la puberté ; elle se présente encore à la suite de catarrhes intestinaux chroniques, d'hémorroïdes, de péritonite chronique, etc., etc.; enfin une cause importante et habituelle de l'affection qui nous occupe, est l'abus si fréquent ou l'usage trop longtemps prolongé des purgatifs, surtout des drastiques.
Tout pathologiste ayant une certaine expérience, et certainement tout spécialiste des maladies nerveuses, doit savoir combien cette affection est pénible, combien elle sait braver tous les effoi-ts thérapeutiques, combien elle aggrave toute une série de symptômes, particulièrement ceux des névroses fonctionnelles. Avec cela, tous les symptômes d'une maladie intestinale peuvent faire défaut ; c'est une simple