‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 70 sur 210 · BAINS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

BAINS ÉLECTRIQUES

parle fait d'une addition de sel ou de soude ou par une légère acidification.

La température de ces bains peut être élevée ou baissée à volonté, conformément aux indications générales du cas; on peut aussi approprier aux conditions individuelles la force des courants que l'on emploie ; ordinairement, on modérera cette force, assez pour cjue l'on éprouve une légère sensation provoquée par le courant qui traverse la baignoire ; la durée des bains varie entre dix et trente minutes.

On a aussi employé des bains électriques locaux (Weisflog), qui se caractérisent en ce qu'une électrode est remplacée par une écuelle remplie d'eau, dans laquelle il faut plonger la partie malade. Il ne faut absolument pas repousser à priori l'idée que le bain électrique puisse produire des effets très notables ; c'est à ce bain, préférable à tout autre procédé, qu'appartient en tout cas, comme Schweig a raison de le faire remarquer, le titre d'électrisalion « générale », vu que, dans le bain électrique, presque tout le corps est simultanément soumis à l'influence du courant électrique (à la seule exception de la tète et du visage). Bien qu'on doive s'attendre à priori à ce qu'une excitation de toute la surface de la peau, générale, uniforme et cependant pas très intense, à ce que l'irrigation du corps entier par le courant, dans un sens ou dans l'autre, ne manquent pas d'exercer une puissante action sur les fonctions du corps, la circulation, la respiration, l'échange moléculaire et la nutrition, les conditions vaso-motrices, les actes du système nerveux, le sommeil, etc., nous n'avons malheureusement pas encore de recherches exactes et il serait fort à désirer qu'on y procédât bientôt d'une façon systématique et fructueuse, de manière à élucider pour nous la question des effets physiologiques du bain électrique.

Au reste, les expériences thérapeutiques, dont jusqu'ici on a publié les comptes rendus, ne sont pas de nature à inspirer une confiance extrême dans les effets si prônés du bain électrique.

Les résultats les plus brillants paraissent avoir été ceux obtenus dans certaines formes de tremblement, surtout le tremblement mercuriel et le tremblement alcoolique (Chapot-Duvert, G. Paul.) Puis sont venus les effets obtenus dans des rhumatismes articulaires, chroniques et invétérés (Bouillon-Lagrange, Barth, Schweig) ; une sciatique grave et tenace fut guérie par Barth à l'aide du bain galvanique. Schweig recommande vivement le même remède pour la névrasthénie cérébrale, lorsqu'elle est accompagnée d'une grande excitabilité, au moyen du courant descendant, sans cela avec le courant ascendant ; Weisflog a constaté l'utilité des bains faradiques locaux très prolongés, dans desphlegmasies anciennes et traumatiques des articulations. Les effets curatifs pour toutes les névroses possibles, les troubles généraux de nutrition, etc., manquent jusqu'à ce jour d'une base de faits suffisante.

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Ici donc encore des essais tliérapeuliques exacts, comme ceux que l'on pourrait instituer aisément dans tout grand hôpital, seraient très désirables, dans lo but d'obtenir dos indications plus précises.

Pour terminer, j'ai maintenant encore à mentionner deux méthodes de traitement, bien propres à Être appliquées d'une façon plus générale et en faveur desquelles existe déjcà toute une série de faits recommandables.

1° La première est le trailement (jalvaniqua des points de pression et douloureux, c'est-à-dire des points do pression qui, étant plus ou moins exempts de douleur, ont une influence évidente sur la production ou l'apaisement des névralgies et des crampes, ou encore des points douloureux qui se manifeslent sous la pression des doigts, ou l'exploration électrique et sont constatés conjointement avec les autres symplùmes de crampes, névralgies, tabès dorsalis et autres, sans développer, lors de la pression, une influence sensible sur l'état momentané des symptômes.

R. Remak a le premier appelé l'attention sur ces points et leur haute importance thérapeutique. Il les a rencontrés dans maintes névralgies, sur ou dans le voisinage de la colonne vertébrale, ainsi que dans les douleurs névralgiformes des tabétiques et, cà la suite d'une application stable du pôle positif, sur ces points, il a constaté fréquemment un efl'et merveilleusement calmant. Il observa la même chose dans maintes formes de crampes, notamment dans le spasme facial, quand il appliquait le courant sur des points par lesquels, à l'aide d'une pression, on pouvait effectuer un arrêt ou une augmentation de la cranape et que l'on pouvait trouver souvent, à une dislance plus ou moins éloignée du tronc de nerfs attaqués, particulièrement sur la colonne vertébrale et sur les apophyses transverses du cou. Il attribue ces derniers effets, en partie à l'influence exercée sur les ganglions du sympathique et à la catalyse indirecte. Onimus et Legros parlent de plusieurs observations de ce genre faites dans le tabès.

Plus lard Mor Meyer a fixé son attention sur ces points de pression et de douleur de la colonne vertébrale, correspondants aux apophyses épineuses et plus souvent encore aux apophyses transverses et il les a trouvés dans un grand nombre de névroses. Il croit qu'il doivent leur naissance à difl'érents processus analomiques (périostite, névrites, petits abcès glandulaires, exsudations inflammatoires, etc.), et qu'ils sont dans le rapport le plus intime avec les manifestations névrotiques que souvent ils provoquent et entretiennent ; il trouva pareillement, dans le traitement galvanique de ces points de pression, à l'aide du pôle positif, un excellent remède thérapeutique pour différentes névralgies, spasmes (chorée, crampe des écrivains) et même dans le tabès dorsalis. Tout récemment Mor Meyer a trouvé des semblables points

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