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QUINZIÈME LEÇON

Sommaire : Principes généraux ei préceptes techniques relatifs au traitement électrique.— Traitement in loco morhi.— Techniquede la localisation du courant ; faradisaiion locale des nerfs et des 77niscles moteurs. — Plan de traitement. — Connaissance personnelle des efîels de courants. — Choix de la force des courants. — Choix et direction des électrodes. — Éviter les excitations inutiles. — Durée et fréquence des applications distinctes. Durée totale du traitement. — Exercice de ce traitement par des gens qui ne sont pas médecins.

Avant de passer à la partie spéciale, de vous éclairer sur les indications électrothérapeutiques et les modes d'application dans les difTérentes formes de maladie, je voudrais vous communiquer d'abord, d'un côté, une série de principes généraux, qui doivent diriger vos premiers essais électrothérapeutiques, d'autre part un certain nombre de préceptes spéciaux techniques, que j'ai reconnus comme pratiques durant ma longue expérience et sur lesquels j'ai dû insister toujours, parce que mes élèves m'en donnaient assez souvent l'occasion. Il me semble qu'inculquer exactement ces principes et ces préceptes, puis se familiariser complètement avec eux, avant de commencer les expériences thérapeutiques, sont des choses désirables au plus haut degré, qui peuvent vous préserver de maintes méprises et de nombreux insuccès. Vous en serez récompensés, si vous accordez toute votre attention à ces choses qui vous paraîtront peut-être indifférentes.

Je pose comme principe suprême le traitement in loco inorbi, c'està-dire l'application de l'électricité sur la partie malade elle-même. Nous sommes heureusement à même de pouvoir appliquer ce remède directement sur la partie malade et avec une force et une densité que nous pouvons déterminer exactement par nous même, contrairement à ce • qui se passe pour d'autre's médicaments que nous ne pouvons faire agir que par des détours et sous une forme très atténuée. Il ne peut y avoir aucun doute que, dans la grande majorité des cas, ce qui vaut le mieux c'est d'agir directement sur le foyer de la maladie. Ce précepte a beau être évident, on ne le viole pas moins tous les jours, malgré son ancienneté et ce n'est pas uniquement par l'ignorance du diagnostic.

Cette règle ne trouve malheureusement que trop de limites dans l'étroitesse de nos connaissances diagnostiques ; car la première condition de cette règle est un diagnostic local et solide ! Combien ce diagnostic laisse-t-il encore à désirer, que de fois nous sommes dans le doute sur la localisation la plus exacte des troubles nerveux I Que de fois nous sommes même hors d'état de déterminer d'une manière exacte le locus morbi ! C'es\. ce que sait tout névropathologiste expé-

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rimenlé ; mais, pour le moment, nous ne pouvons pas aller plus loin. Toutefois (piaud nous pouvons déterminer le loyer delà maladie, la première rèf^le h suivre c'est assurément de faire agir sur ce foyer de maladie, le courant électri(iue pour peu que ce dernier soit indiqué, — Dans les cas d'incertitude diagnostique sur une localisation plus précise, il ne nous reste pas autre chose à faire, que de soumettre à l'action du courant et d'une manière systématique, les différentes localisations possibles ; en faisant ces expériences, le mieux, est d'aller de la périphérie vers l'organe central.

Il n'y a qu'une exception apparente à ce principe essentiel, c'est quand nous cherchons à guérir maintes affections par voie indirecte, par exemple en utilisant les voies réflexes, en procédant à la catalyse indirecte, en procédant à ce qu'on appelle la galvanisation du sympathique. Par ce procédé, nous cherchons aussi à modifier le foyer de la maladie, quoique par un détour, et nous atteignons ce but assez souvent. C'est là tout autre chose que de chercher par exemple à guérir, par la faradisation des muscles paralysés, une paralysie émanant du cerveau.

C'est aussi dans le traitement plus symptomatique de quelques suites d'une maladie locale (par exemple de paralysies, d'anesthésies, de contractures, de douleurs, etc.) qu'il importe de tenir compte de ce principe essentiel et de s'y conformer le mieux possible (en choisissant avec discernement les lieux d'application).

Dans certains cas de névroses plus disséminées ou générales, de maladies constitutionnelles ëTaûlres semblables, ou, pour atteindre un but déterminé, en agissant sur l'ensemble du système nerveux ou sur toute la nutrition, il est naturel d'éviter un traitement électrique local. Ici les méthodes récemment décrites (voir la 14« leçon) de la faradisation et de la galvanisation générales, du bain électrique, etc., rentrent en possession de leur droit.

La conséquence nécessaire du principe sus-mentionné est de rechercher la technique la plus exacte joour la localisation du courant, afin d'atteindre complètement et totalement le but désiré.

Pour cela il vous faut, en première ligne, une solide instruction de physique et avant tout une intelligence pratique des lois d'Ohm. Il faut que vous sachiez à chaque instant, où et comment vous devez appliquer les électrodes, quelles doivent èti'e leurs dimensions, quelle force de courant vous devez employer pour soumettre à l'action désirée et nécessaire du courant telle ou telle partie déterminée du corps ; j'espère vous avoir suffisamment pénétré par mes leçons antérieures, de cette nécessité.

11 faut de plus pour cela c/t's connaissances anatomiques approfondies. 11 faut que vous ayez une connaissance exacte de la situation des différentes parties, particulièrement du .système nerveux; il faut que

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VOUS sachiez avec certitude quels sont les rapports des parties plus profondes du corps avec la surface; spécialement pour ce qui concerne les différents segments du cerveau et de la moelle épinière.

Il faut donc que vous sachiez où l'on doit placer les électrodes, pour laisser atteindre ces parties par les traînées les plus denses du courant. Ce sont là des notions que l'on ne peut acquérir que par des études consciencieuses, principalement par des excercices nombreux et pratiques sur des corps vivants et, vous ne feriez pas mal, sur votre propre corps.

Vous aurez le plus souvent, en procédant à cette localisation exacte du courant sur les nerfs et les muscles, à tenir compte des enseignements que Duchenne a donnés le premier, et qui ont été développés par Ziemssen. Pour toutes les études exactes, dans ce sens, je vous renvoie aux excellents travaux de ces savants ; vous y trouverez quantité de notions sur les effets physiologiques de la contraction des différents muscles du corps.

Ici, je vous donnerai seulement une esquisse courte et schématique de la « faradisation locale « des nerfs moteurs et des muscles, au moyen de quelques dessins et de remarques courtes et pratiques.

Sur la tête (voir fig. 28), c'est naturellement la zone du nerf facial qui importe le plus et qui est très souvent l'objet d'une sérieuse expérimentation électrique. On peut aussi l'exciter aisément et avec succès. L'esquisse donne à peu près l'idée des ramificalions du facial ; les points les plus gros indiquent les principaux lieux d'excitation. Dans les explorations plus exactes, on fera bien de chercher d'abord le tronc du nerf; on y réussit surtout à l'aide d'une fine électrode que l'on pousse sous le conduit auditif externe d'arrière eu avant, en dedans et en haut, vers le bord de la mûchoire inférieure. Quand le courant est fort, il se produit alors une contraction totale de la région faciale, d'une manière frappante. On peut arriver au même résultat, du conduit auditif externe, en poussant une fine électrode de dehors et d'en haut fortement en dedans en bas et en en avant.

Pour une exploration comparative et plus exacte, j'ai l'habitude de partager le facial en trois rameaux principaux (ou plutôt en trois ramifications), et de les examiner chaque fois sur deux points, immédiatement avant l'oreille et à peu près au milieu de son parcours. Le rameau supérieur appartient aux muscles d'au-dessus de la fente palpébrale. Le rameau ■( moyen » appartient aux muscles situés devant la mâchoire supérieure, entre la fente des paupières et celle de la bouche. Le rameau inférieur appartient aux muscles de la mâchoire inférieure. Je sais que les nombreuses variétés des ramifications faciales ne permettent pas un examen sérieux et uniforme; cependant j'ai éprouvé ce procédé d'une manière pratique un nombre incalculable de fois. Les points d'excitation pour l'examen des parties situées devant l'oreille se trouvent sur l'os zygomatique, immédiatement audessus de cet os et enfin sur le bord de la branche ascendante de la mâchoire inférieure.

-"2 ÉLECTROTIIÉIUI'IE GÉNÉIUI.E

Pour l'excitation au milieu du parcours, je choisis trois points placés l'un suil'autre sur une lif,'nc presque droite : à la tempe (c'est en môme temps le point (l'excilatiou pour le rameau frontal, qui est choisi pour l'examen général quantitatif, d'excitabilité) au coin antérieur et tout près du bord inférieur do l'os zygomatique, enfin, au milieu du bord inférieur de la partie horizontale de la mâchoire infiM ieure.

Fifrni'c 28

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Musf'Ics hyoïdiens.

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M. temporal

l)r«nclietemporofaciale devant l'oreille

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Br. faciale moy.

I!. faeia. inf.

M. splenius

M. (.terno-eleidonia.<toldien.

N. acccffoirc

\ï. anirulaire de

l'omoplate M. trapèze

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