‹ Traité de l'amaurose ou De la goutte-sereine ouvrage [electronic resource]Chapitre 20 sur 35 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

VARIÉTÉS ÉTIOLOGIQUES.

Nous nous proposons, dans cette partie de notre travail, d'envisager un grand nombre d'affections amaurotiques sous le rapport des causes qui leur ont donné lieu. Il ne suffit pas, en effet, de savoir apprécier si une amaurose est sthénique ou asthénique, et quel est son point de départ le plus probable; la recherche des influences qui ont pu présider à sa constitution est d'autant plus nécessaire qu'elle fournit pour le diagnostic, pour le pronostic et pour le traitement, des données précieuses et rationnelles.

ARTICLE PREMIER

Amaurose suite de la suppression du flux menstruel.

La cessation de l'évacuation périodique, cause de tant de maux chez la femme, doit occuper une place importante dans le cadre étiologique de la goutte-sereine. Elle est généralement plus grave chez celle qui n'a point encore atteint l'époque de la vie où la menstruation doit s'arrêter, que lorsque l'écoulement tarit suivant le vœu de la nature, alors, et quand la femme surtout a vécu avec sagesse et a mené une conduite active et laborieuse, les fonctions de la matrice peuvent arriver à leur terme presque sans trouble, le plus habituellement, dans nos climats, de quarante-cinq à cinquante ans, les vaisseaux utérins subissait! un affaissement graduel. Rappe-

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Ions, passant sous silence bien des causes organiques d!aménorrbée, que la suppression menstruelle est susceptible de s'établir, cbez les femmes non parvenues encore à l'époque de la ménopause, tantôt plus ou moins lentement, et par suite d'un état, chlorotique de la constitution, secondé par l'habitation dans des lieux humides et malsains, par une vie sédentaire, par une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, tantôt brusquement, par l'impression de certaines influences, sévissant au moment des menstrues ou à leur approche : la frayeur, le chagrin, la colère, l'administration d'un purgatif, l'exposition du corps à la pluie, à un vent glacial, l'immersion des pieds ou des mains dans l'eau froide.

Observation 59.— Madame Schel, âgée de quarantesept ans, fut en proie à des désordres de tout genre, après la cessation du flux périodique. Le 17 septembre 1844, époque à laquelle elle me consulta, elle éprouvait des maux de tête, des étourdissements, un sentiment de serrement dans la poitrine, et un trouble considérable de la vision, avec perception de flammes et de roues de feu, même quand elle fermait les yeux. Des éruptions apparaissaient fréquemment à la peau.

Une application de sangsues au fondement, l'eau de vSedlitz souvent répétée, les pédiluves, les affusions réfrigérantes, dissipèrent peu à peu ces accidents. Leur reproduction au bout de quelques mois milita pour la prescription de moyens analogues, dont je ne connus pas le résultat.

Observation 60. — Madame Dourlay, âgée de trentedeux ans, qui demanda mes conseils le 10 avril 1848, était en retard, sous le rapport menstruel, de près de trois semaines, quand elle fut prise d'une angine, d'une polyœmie

ltM> fMITÉ Dfi l'àmaurose.

encéphalique et d'une amblyopie. Elle venait de poser, de son chef, des sangsues à l'anus. Je prescrivis des pilules aloétiques, des bains de pieds sinapisés , et des lotions froides sur les yeux et les parties limitrophes.

La période étant arrivée, le 13 du même mois, et s'étant montrée très abondante, les maux de tète se calmèrent, et la vue s'éclaircit notablement. La guérison était à peu près accomplie quelques jours après.

Madame Liévens, qui me consulta, en 1847, pour une conjonctivite , me dit que sa vue était abolie, il y avait quelques années, quand elle se reconstitua par suite d'une saignée du pied qui lui fut conseillée par le docteur Couronné (de Rouen), et qui eut pour résultat le rétablissement des règles.

Observation 61. — Mademoiselle Lefort, qui me fut adressée le 7 avril 1848 par le docteur Dupré de la Tour, présenta cela de particulier, que sa vue était bonne tant que le flux sexuel était remplacé chez elle par une héinorrhagie pulmonaire mensuelle. La malade prétendit qu'elle rendait ainsi périodiquement près d'une demicuvette de sang. Cette femme ayant quitté, depuis quatre mois, la vie sédentaire, le flux anormal fut suppléé par une évacuation utérine, qui n'apparut qu'une fois sans se reproduire, non plus que l'ancienne hémorrhagie, et mademoiselle Lefort fut attaquée de maux de tête, de photophobie, de photopsie, d'un trouble considérable de la vue, et d'une injection coujonctivale.

Observation 62. — Chez mademoiselle Antoinette, habitant les environs de Mantes, qui se présenta à mon dispensaire en mai 1849, je constatai Une aniaurose avec récité complète, survenue par l'effet d'un refroidissement, lors du temps des règles.

VARIÉTÉS ÉTIOLOGlQUES. lb/ On a nïéterïdU qu& <U^s feklïies étaient sujettes à des oeciUés périodiques, qui, précédant chaque époquemens* truelle, disparaissaient lorsque Y écoulement était établi. Je n'ai jamais constaté ce phénomène.

ARTICLE II

Aniaurose suite de la suppression d'némorrlioïde» ou d'un dux hémorrhoïdal habituel.

C'est chez les hommes surtout, et après l'âge de quarante ou quarante-cinq ans, que cette cause d'amaurose sera plus particulièrement l'objet d'un examen spécial. On peut citer, comme notamment enclins aux hémorrhoïdes, les sujets qui ont subitement passé d'une vie active à l'oisiveté, qui se nourrissent de viandes noires, de mets épicés, qui sont adonnés à la bonne chère et aux boissons excitantes, qui, habituellement constipés, ont, pour combattre cet inconvénient, abusé des préparations aloétiques. L'hypochondrie, la mélancolie, y prédisposent. La fréquence des affections hémorrhoïdales, et l'enchaînement qui existe entre elles et les conditions de beaucoup d'organes, ont porté Alberti et les disciples de Stahl à rattacher le plus grand nombre des dérangements du corps humain aux hémorrhoïdes. Qui ne sait que les flux de ce genre, exhalés par la membrane muqueuse du rectum ou versés par des hémorrhoïdes internes, se renouvellent, chez quelques uns, à chaque garde-robe, s'opèrent, chez d'autres, indépendamment de cette évacuation, et, périodiques parfois; se manifestent avec autant de régularité que les règles. Le sang, dont la quantité peut varier depuis quelques grammes jusqu'à plusieurs livres, dit-on, est tantôt d'un rouge vermeil,

100 TRAITÉ liK L'AMAUBOSE.

tantôt noirâtre; il se coagule partiellement en caillots, quand il a stagné un certain temps dans le rectum. L'observation démontre que, si ces effusions sont susceptibles de cesser, sans que l'état de la santé en éprouve la moindre altération, il arrive aussi que leur disparition, tantôt sans cause appréciable, tantôt par des lotions de la région anale avec de l'eau froide, par des lavements astringents ou tout autre topique , peut engendrer des troubles graves. La congestion cérébro-oculaire, d'où l'amaurose, le glaucome, mérite d'occuper ici le premier rang.

Observation 63.— Roger, tonnelier, âgé de soixantedix ans, fut conduit à mon dispensaire le 3 juin 1844.

A l'œil droit, l'amaurose est complète ; la vue y a été abolie avec rapidité, il y a un mois, sous l'influence de maux de tète violents ; une saignée du bras ne produisit aucun résultat. Vers la même époque, le globe gauche fut envahi, bien qu'à un degré moindre ; la faculté visuelle y perd de jour en jour ; le malade ne distingue, de ce côté, qu'un brouillard épais.

Or, depuis vingt années, Roger avait souvent rendu du sang par l'anus, et il en trouvait fréquemment des taches sur son linge. Des hémorrhoïdes très volumineuses se manifestaient, quand il forçait à la marche, suivant son expression. Ces phénomènes avaient cessé, lors de l'apparition des accidents visuels.

Je prescrivis 15 sangsues au fondement, des pilules d'aloès et de soufre ; tous les soirs, un pédiluve à l'eau de cendres ; des frictions, sur le front et les tempes, avec de l'onguent napolitain, et des affusions, sur ces mêmes parties, avec de l'eau froide.

Le 6 juin, l'état est stationnaire. (6 sangsues à la marge

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de l'anus, tous les cinq jours. Continuation des autres moyens.)

Le 24, Roger distingue, bien qu'avec peine, une pièce de 5 francs.

Le 28, il prétend qu'il aperçoit les chevaux et les voitures, qu'il ne pouvait voir auparavant. Il a compté, sans erreur, le nombre des doigts que je lui présentai. Il n'est plus revenu depuis cette époque.

Observation 64. — Chez Desplais, âgé de soixante ans, la cessation d'hémorrhoïdes anciennes avait été suivie de vertiges, de bourdonnements d'oreilles et d'une détérioration considérable de la vue , avec perception de mouches et d'étincelles. J'ordonnai l'aloès tous les cinq jours; les jours libres, une prise, soir et matin, d'une poudre composée de soufre sublimé, de crème de tartre, de carbonate de magnésie et de sucre ; des fumigations tous les soirs, vers le siège, avec de l'eau très chaude et additionnée d'un verre de fort vinaigre ; l'introduction, après ces fumigations, d'un suppositoire aloétique; des bains de pieds; des affusions réfrigérantes.

Huit jours après (27 juin 1846), le malade accusa de l'amélioration ; il avait rendu, la veille, un demi-verre de sang par le fondement.

Observation 65 . . — Sous l'influence de sangsues à l'anus et des expédients qui figurent dans l'observation précédente, M. Chevalier, ancien professeur de belles-lettres, obtint en une semaine un succès inespéré. Son œil gauche, qu'il considérait comme perdu, et qui, le 22 août 1846, pouvait à peine distinguer le jour de la nuit, aperçut, le 5 septembre suivant, une horloge, une glace, deux doigts et d'autres objets. L'œil droit, am-

170 T11AITK BÈ l'am'AIJKOSK.

blyopiqne, n'avait ('prouvé qu'un amendement léger* La disparition d'hémorrhoïdes fluentës était l'origine de ces accidents qui existaient, depuis six son mines, et qui s'associaient à des symptômes de polysémie encéphalique.

Observation 66, — Le 8 juillet 1850, je prescrivis à madame Héruenne, âgée de soixante-quinze ans et aveugle depuis quinze jours, les sangsues au fondement^ l'aloès, les poudres précédemment indiquées, les fumigations aromatiques vers l'anus, les pédiluves irritants, les cataplasmes sinapisés aux extrémités inférieures, et les fomentations réfrigérantes.

Le 25 du même mois, j'appris que j'avais atteint le but que je me proposais, les hémorrhoïdes ayant de nouveau surgi chez la malade. Les docteurs Delavallade, représentant du peuple, Hervé, Otto Rcehrig, Roussel, constatèrent que la vision s'était reconstituée chez celle femme, bien encore qu'à un faible degré.

J'eus la satisfaction, le 12 août suivant, de la voir arriver seule au dispensaire, tandis qu'auparavant elle était obligée de s'y faire conduire.

Observation 67. — J'ai été consulté, en juillet 18/18, par un cuisinier atteint, depuis quinze jours, d'une amaurose congestive. Le trouble de la vision s'était manifesté presque tout à coup. Cet homme était autrefois sujet à des hémorrhoïdes fluentes, supprimées depuis trois années. Plusieurs fois après cette cessation, des hémorrhagies copieuses avaient eu lieu par le nez et par la bouche.

ARTICLE III

Amaurose suite de la suppression d'hémorrliagics nasales

liabitnelles.

Le molimen hémorrhagique des anciens auteurs se fait jour, chez quelques sujets, bien que communément à des périodes irrégulières, par la membrane olfactive, et sa suppression peut entraîner le trouble des fonctions visuelles. Cette condition étiologique de Y amaurose nous a paru infiniment plus rare que celle qui a trait à la disparition des flux menstruel et hémorrhoïdal.

Disposée jadis aux épistaxis et n'y étant plus sujette, une jeune femme aveugle, que cite Richter, recouvra la vue à la suite d'une hémorrhagie nasale abondante.

Le comte de Mirabeau fut subitement atteint, dans l'espace d'une demi-heure, d'une cécité complète. Une céphalalgie habituelle avait précédé cet accident; elle s'était, ce jour-là, déclarée plus forte au lever du malade. « Quand ma cécité momentanée s'est dissipée, » écrivait celui-ci à Demours père, j'ai cru voir les ob- » jets à travers de la fumée, et je ne distinguais rien net- » tement. Maintenant je discerne fort bien, même de » très petits caractères ; mais il semble que mes yeux » étincellent par moments, et les objets me paraissent, » aussi par moments, enflammés ou rendre des émana- » tions électriques. Je ne puis donner une idée plus juste » de cet effet bizarre, qu'en le comparant à ces points » de feu qu'on semble voir lorsqu'on se frotte vivement » les yeux fermés. Peut-être est-il nécessaire de vous » dire que j'ai été sujet, jusqu'à ce printemps, à des hé- » morrhagies terribles , au commencement de cette sai- » son, et que je n'en ai point eu cette année. Cette

l'2 TRÂlTÉ UV L'AMAtîtlOSE;

«attaque ne serait -elle qu'un engorgement de vais^ » seaux ? »

Demours père pensa que les désordres visuels dépendaient, en grande partie, de la suppression des épistaxis. Il harmonisa son traitement avec cette indication, et les accidents se dissipèrent.

ARTICLE IV

Aniaurosc suite de l'omission d'une saignée habituelle.

J'ai vu plusieurs fois l'omission d'une saignée, à laquelle le malade était périodiquement accoutumé, avoir pour conséquences une congestion cérébro-oculaire et l'amaurose.

Observation 68. — Madame Jean, domiciliée à Mousseaux et âgée de cinquante-six ans, se plaignit, le 12 avril 1845 , de maux de tète , de vertiges , de détérioration de la vue, de photophobie et de photopsie. Ses conjonctives étaient injectées. Or, non réglée depuis six ans, cette femme était dans l'usage de se faire saigner à chaque printemps ; une année s'était écoulée depuis la dernière émission sanguine.

Les sangsues au fondement, les pédiluves, les purgatifs salins et quelques autres moyens doux, firent disparaître avec rapidité ces accidents. Le 25 avril, la guérison était complète.

Observation 69. — Tourmenté depuis dix ans par des palpitations, un sculpteur avait contracté l'habitude des fréquentes déplétions sanguines. La saignée avait autrefois lieu tous les deux ou trois mois ; elle eut lieu tous les mois plus tard, puis tous les quinze jours; il en vint, pour se procurer quelque soulagement, à se

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faire saigner tous les dix ou douze jours. Justement alarmés de son état de faiblesse, deux médecins furent d'avis qu'il devait renoncer à cette pratique; se conformant scrupuleusement à ces conseils, le malade passa neuf mois consécutifs sans se soumettre aux évacuations sanguines ; c'est vers la fin de cette période que surgirent les accidents nouveaux dont il fut affligé.

Le 25 août 1850, la vue subit instantanément un trouble grave, qui ne fit que s'exaspérer depuis lors. Un oculiste consulté prescrivit une saignée du bras qui ne servit, d'après le dire du malade, qu'à l'affaiblir. Une seconde saignée, conseillée par le même praticien, ne fut pas faite.

Le 28 novembre de la même année, je constatai une double amaurose, inégalement répartie dans les rétines ; un objet présenté séparément à chaque œil était distingué, couvert d'un brouillard, du côté du nez, et n'était pas aperçu du côté de la tempe. Cet homme pouvait se conduire encore, mais il disait que l'horizon était à deux pas de lui. Il était tourmenté par des mouches et par des étincelles. La vision était moins mauvaise à un demijour. Les pupilles étaient contractées.

Ce qui l'affligeait surtout, c'était que les nuits, loin de calmer ses souffrances, lui préparaient de nouveaux supplices. Chacune d'elles était marquée par des hallucinations de toute sorte. Tantôt sa chambre se tapissait de noir et se remplissait de monceaux d'ossements ; tantôt des serpents rôdaient autour de son lit , et approchaient successivement de sa tête leur gueule béante. Il serait trop long de relater les bizarreries dont cet homme, dans un état voisin du désespoir, vint souvent nous étaler le tableau lugubre. Les anticongestifs, dont j'exclus

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les émissions sanguines, at-quelques sédatifs du système nerveux, parvinrent, dans le principe, à changer la nature des objets de ces Mucinations, qui se transformèrent, d'après le malade, en dessins de tapisserie ; mais les figures dégoûtantes, pour me servir de ses expressions, ne tardèrent pas à reparaître, et la vue n'avait éprouvé aucune amélioration, quand ce malheureux ne se représenta plus à ma consultation.

ARTICLE V

Àmaurosc suite de la répercussion des maladies cutanées.

Les exemples d'amauroses occasionnées par la disparition subite d'irritations cutanées, aiguës ou chroniques, sont nombreux dans les fastes de notre art. Quel est l'ophthalmologiste qui n'en ait point rencontré dans sa pratique ?

J'ai vu la cécité amaurotique avoir pour point de départ la suppression d'une éruption morbilleuse, qui n'avait point accompli ses périodes habituelles. Parfois aussi ce phénomène s'est manifesté dans la scarlatine, le plus souvent sous l'influence d'un refroidissement, et a été fréquemment accompagné de coma, de délire et de convulsions.

Chez Joséphine Bouquin, âgée de deux ans et demi, dont j'ai publié l'observation au tome XXI des Annales d'oculis tique, l'œil droit fut attaqué d'un haut degré d'exophthalmos, par suite d'une infiltration du tissu cellulo-adipeux de l'orbite, survenue lors de la période de desquamation d'une scarlatine. Les bains de vapeur (bains assis, la fête dehors)} les frictions, derrière l'o-

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reille droite, avec l'huile de erolon, les onctions sur le [Vont avec l'onguent napolitain camphcé, les poudres de Plummer, l'infusion de bourrache, avec addition de teinture de semences de colchique, le soin surtout de tenir l'enfant aussi chaudement que possible, ne tardèrent pas à faire rentrer le globe dans ses limites primitives.

La Gazette médicale de Berlin a relaté, en 1838, l'histoire d'une jeune fille de huit ans, qui, portant un suintement puriforme derrière une oreille, devint radicalement aveugle du même côté, après qu'on eut provoqué la suppression de la sécrétion accidentelle. L'œil était exempt d'inflammation et de douleur. La vue se rétablit au bout de six jours , pendant lesquels on fit , dans la région où la suppuration était tarie, des frictions avec la pommade d'Autenrieth animée avec l'euphorbe ; les évacuants et les mercuriaux avaient été administrés à l'intérieur. Billard, qui considère ce suintement comme favorable à la santé des enfants, range l'encéphalite au nombre des désordres qui peuvent résulter de sa brusque cessation. S'il se supprime tout à coup, dit Gardien (1), il survient des accidents qui mettent leur vie en danger.

On a observé l'amaurose, à la suite de la suppression dirigée sans ménagements , d'éruptions au cuir chevelu. Prodest porrigo capitis, disaient nos pères , qui regardaient ce tribut de l'enfance comme un phénomène purificateur, destiné, par la sortie du résidu excrémentitiel, à soulager l'organisation.

Observation 70. — Le 11 mars 1850, premier jour où Matins, tailleur sur cristaux, demanda mes conseils,

(1) Gardien, Traité d'accouchements, t. IV.

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