‹ Traité de l'amaurose ou De la goutte-sereine ouvrage [electronic resource]Chapitre 22 sur 35 · VARIÉTÉS ÉT10LOG1QUES · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS ÉT10LOG1QUES

dantes ; le sang est toujours pâle ; l'écoulement n'a pas lieu pendant la nuit. (Préparations martiales; cataplasmes sur les parties génitales ; frictions stimulantes aux cuisses.)

» Le 20, mieux; pas de maux d'estomac.

» Le 27, amélioration marquée , sous tous les rapports ; la vue est plus satisfaisante ; moins de mouches et moins d'étincelles.

» Le 3 septembre. Il n'y a plus de flueurs blanches, plus de maux d'estomac ; toujours un peu d'essoufflement.

» Le 24, vue meilleure, et se fatiguant moins; pas d'étincelles. (Même traitement. Frictions sur le front et les tempes avec un mélange d'alcoolat de mélisse et de baume de Fioraventi ; la malade devra, en outre, exposer ses yeux à la vapeur de ce mélange.)

» Le 13 novembre, amélioration des plus marquées. La malade n'éprouve plus d'essoufflement en montant les escaliers. Les régies ont paru il y a quelques jours; elles ont été très abondantes. La vue a fait des progrès sensibles ; elle ne se trouble que le soir et aux lumières artificielles.

» Le 8 février 1850. Très bien réglée; teint coloré; plus de souffle dans les vaisseaux du cou ; vue très bonne, disposée toutefois à se troubler par un travail assidu.

» On cesse l'usage des préparations ferrugineuses. »

Observation 78. ■ — Je vois de temps à autre , à mon dispensaire , mademoiselle Aymar, chez qui une double amblyopie chlorotique, datant de trois années, avait été méconnue, quant à sa nature. Aux émissions sanguines, à l'onguent napolitain en frictions sur le front et sur les tempes, qu'on lui avait prescrits, je me hâtai de substi-

tuer le fer et tes toniques, ^demoiselle Aymar est aujourd'hui dans un état voisin d'un tétahJîsseïûent (toJfr plet. A la pâleur, aux palpitations* à la leucorrhée, à la dysménorrhée, se joignait chez elle un phénomène spasmodique, qui, consistant dans une constriction delà gprge, dans un sentiment d'étranglement dans cette région, se présentait très fréquemment dans la journée, surtout pendant les repas , et gênait alors l'acte de la déglutition. Il disparut complètement au bout de vingt jours, et avant tous les autres accidents chlorotiques.

Observation 79. — Mademoiselle Célénie, âgée de vingt-cinq ou vingt-six ans, demanda, pour la première l'ois, mes conseils le 27 août 1850. Affligée d'une amaurose chlorotique, avec détérioration considérable de la vue et perception de sco tomes divers, elle avait été saignée sept fois, avec les résultats énoncés dans le fait recueilli par le docteuif Marchai.

Sous l'influence d'un opiat ferrugineux, dont il sera question plus tard, et d'un régime fortifiant, cette femme jouit d'une vue assez bonne pour se livrer à des travaux de couture ; presque tous les accidents qui la tourmentaient , les spectres même qu'elle croyait voir souvent à côté d'elle, ont disparu. Elle annonça, à la consultation du 19 décembre suivant, que les règles étaient régulières et abondances, les taches de sang n'offrant plus l'auréole blanchâtre qu'elles présentaient avant le traitement.

ARTICLE XH.

Amaurosc rhumatismale.

Parmi les causes les plus fréquentes de la paralysie des nerfs de l'œil, il faut citer le froid humide, et son

VARIÉTÉS, ÙTIOLOGIOUES.

impression surtout , quand on sort d'un lieu fortement échauffé les brusques mutations de l'atmosphère, les çonrants d'air, notamment lorsqu'on est en sueur, les lotions à l'eau froide de la tête ou de la face en transpiration, toutes les influences, en un mot, qualifiées de

rhumatismales.

En décembre 1762,1a marquise de Pompadour, après avoir pris froid dans le parc de Versailles, fut très étonnée le lendemain, àson réveil, de ne plus distinguer que la moitié des objets qu'elle regardait de son œil gauche. En examinant une personne, dit Demours, qui relate ce fait, elle ne voyait ni la joue droite , ni le côté correspondant du nez. 11 annonce que son père triompha de l'accident au bout de deux mois ; en insistant sur les moyens capables d'exciter l'action du tissu cutané.

Observation 80. — J'ai été consulté par un horloger, qui attribua l'amaurose partielle dont il é.tait frappé, à l'œil gauche , à l'imprudence qu'il avait eue de dormir une nuit, la tète découverte, ce qui ne lui arrivait jamais. La chambre qu'il habitait était humide et froide. En se réveillant le matin , il s'aperçut d'une grande détérioration dans la vision de cet organe.

Des malades ont été attaqués d'amaurose pour avoir quitté une perruque à laquelle ils étaient habitués depuis longtemps. Demours cite un cas de ce genre.

Beer paraît avoir rencontré l'amaurose rhumatismale chez des sujets qui , ayant la tète et le front en sueur, avaient ô té leur chapeau, et laissé leur tète longtemps à découvert.

Le docteur Ghavériat rapporte, dans sa thèse inaugurale (Montpellier 1850), qu'un homme, âgé de quarante ans, appartenant à une famille, dans laquelle le rhuma-

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tisme est héréditaire, est affligé d'une goutte-serein, presque complète à un œil et d'une amblyopie dans son congénère. C'est après qu'il eut souffert pendant plusieurs années de douleurs rhumatismales qui avaient porté tour à tour sur les membres, le cœur, etc., que le principe morbifique envahit ses yeux et jy engendra l'affaiblissement progressif de la vision. Avant que l'amaurose du globe atteint le premier fût aussi avancée, le malade ressentait, aux changements de temps, des variations dans les souffrances orbitaires et dans l'étendue, dé sa vue.

Un sujet affecté depuis dix ou douze ans de rhumatismes, et à qui le docteur Gérardin donna des soins (1), fut pris de douleurs dans les orbites, de difficulté dans les mouvements des muscles oculaires et d'une détérioration considérable de la faculté visuelle. Les objets lui semblaient entourés d'une auréole rouge et plus rapprochés de lui qu'ils ne l'étaient en réalité. Le retour des anciennes douleurs dans les membres paraît avoir été suivi de la cessation des accidents du côté delà vue.

Irritation sut generis, pour la plupart des médecins, du tissu fibreux blanc ou rouge, ou des tissus fibro-séreux, et susceptible conséquemmentde surgir dans tous les points où les éléments de ces tissus existent, le rhumatisme, affection d'un cachet spécial^ pourrait bien n'être, dans la pensée de M. Reveillé-Parise, qu'une névrose localisée soit dans les gros troncs nerveux, soit dans leurs ramifications, soit dans leurs expansions in ter-cellulaires ou inter-fibrillaires, des masses musculaires. L'auteur émet cette opinion sous forme dubitative , et comme la plus

(1) Bibliothèque médicale, t. LUI.

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