‹ Traité de l'amaurose ou De la goutte-sereine ouvrage [electronic resource]Chapitre 3 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE LA NÉCESSITÉ DE s'ÉCARTER DES PRATIQUES DE LA ROUTINE DANS LE TRAITEMENT DE l'aMAUROSE.

« Chercher des remèdes contre la goutte-sereine, c'est » chercher la pierre philosophale , » a dit Maître-Jan , et telle est encore aujourd'hui l'opinion d'un grand nombre de praticiens.

Un chirurgien distingué écrivait en 1847 (1) :

« J'ai toujours éprouvé le sentiment le plus pénible » à l'aspect d'un amauro tique. J'ai traité quelques uns » de ces malades ; j'en ai observé un plus grand nom- » bre, traités par d'autres, et jamais je n'en ai vu guérir.»

Les paroles d'un autre oculiste, auteur d'un livre justement estimé (2), ne sont guère plus rassurantes.

« L'amaurose , dit-il , est une des maladies les plus » rebelles ; aussi longtemps qu'elle est incomplète, on .» est déjà assez heureux lorsqu'on parvient à en arrêtetE

<\) Annales cVoculislique, t. XVII.

(2) Stoeheu, Manuel d'ophthalmologie ; Paris. 1834.

2 TRAITÉ DE l'aMÀUROSE.

» la marche; lorsqu'elle esl complète, on peut La consi- » dérer comme incurable. »

•le me propose de démontrer ctue La goutte sereine est, beaucoup plus souvent qu'on ne le pense, dans les 1 imites des ressources de notre art.

De ce que les rares expédients, banalement employés contre l'amaurose, n'ont pas été couronnés de succès chez un malade , faut-il toujours en conclure que la science doive rester muette, et n'ait plus qu'à confesser son impuissance? Je le croyais autrefois; l'expérience m'a démontré le contraire. Citons quelques faits.

Observation l,e. — Héloïse Froux, âgée de dix-huitans, languissait àl'hospice des Incurables, quand elle me fut amenée, le 13 avril 18/i8, par une respectable sœur de cet établissement. Parmi les médecins qui fréquentaient ma clinique, à -cette époque, je me plais à citer le docteur Dupré de la Tour, qui exerce aujourd'hui avec distinction à Valence (Drôme). Le trouble des fonctions visuelles remontait à plus d'une année; de la céphalalgie, la perception d'étincelles et de mouches en avaient signalé le début; la vue avait baissé peu à peu et avait fini par s'éteindre. Les pupilles étaient dilatées ; le regard était morne et sans but; l'ombre de la main n'était constatée que vaguement.

A l'IIôtel-Dieu de Paris , où la malade avait fait naguère un séjour de quatre mois , on avait administré des purgatifs et le tartre stibié à doses vomitives, et placé des vésicatoires aux oreilles, un séton à la nuque et un cautère au bras; cette jeune fille porte encore sur le front les stigmates des moxas qui lui fui ent appliqués dans le même hôpital. Elle en sorti! aveugle pour entrer aux Incurables.

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