COMPLICATIONS
Citons encore deux variétés d'hémorrhagies rares : rotori'liagie due à la déchirure du tympan, rhématome engendré par une rupture musculaire (grand droit de l'abdomen).
Exceptionnelles, mais intéressantes sont les hémorrhagies méningées (un cas de Cazin avec autopsie) et les hémorrhagies cérébrales,, capables de provoquer ïaphasie (Henoch), ou la cécité (Alexander) ('), Sebregondi (cité par Stefï'en, Ziemssen''s Handbuc/i), la p'u-alysie des sixième et septième paires (Frederik et Craig, Brit. med. J., 1896).
Hydropisies. — La bouffissure de la face peut aller jusqu'à l'œdème véritable. Quant à l'hydrocéphalie aiguë signalée par J. Frank et par Lombard, elle n'était probablement qu'une manifestation tuberculeuse. Rilliet et Barthez ont vu deux cas d'œdème de la glotte, suivis de mort malgré la trachéotomie. L'anasarque accompagnant la cachexie n'a pas à nous occuper ici.
Crampjes, contractures. — On peut voir, pendant les quintes, se produire des crampes dans les membres, dans le tronc, dans les muscles du visage et inème les muscles moteurs de l'œil. Ces crampes peuvent aussi se manifester dans les intervalles des crises. Elles sont dues peut-être, de même que les ruptures de muscles, aux violentes contractions qui accompagnent l'effort.
Empliysème pulmonaire et sous-cutané. — Cette complication est moins rare que ne le prétendent Rilliet et Barthez, se basant sur une théorie pathogénique erronée de l'emphysème. Cet emphysème peut être alvéolaire ou interlobulaire, car les vésicules peuvent se rompre sous l'effort. Roger a cité un cas où la mort a été la conséquence d'un emphysème interlobulaire, puis sousrutané généralisé.
Ruptures du tympan. — Nous avons vu cette complication figurer parmi les causes rares d'hémorrhagie consécutive à la quinte; Triquet, Gibb, Cadet de Cassicourt, Bouchut en citent des exemples. Le plus souvent, la plaie du tympan se cicatrise avec rapidité; parfois il se déclare de l'otite.
A part l'ulcération du frein de la langue, les complications consécutives à la quinte tiennent dans la formule suivante : pendant la quinte, les muscles raidis par l'effort peuvent se rompre ou se contracturer ; l'air comprimé dans les voies respiratoires tend à faire issue (emphysème, rupture du tympan) ; le contenu abdominal, à se vider (vomissements, hernies, etc.) ; le sang ou la sérosité, à s'échapper des vaisseaux (hémorrhagies, œdèmes).
11. Complications inflammatoires broncho-pulmonaires. — La coqueluche est une des maladies de l'enfance qui se compliquent le plus fréquemment d'inflammations broncho-pulmonaires ; la rougeole seule lui est comparable à ce point de vue. La fréquence de ces complications varie suivant les épidémies et augmente dans les saisons froides. C'est généralement en pleine période d'état que ces accidents éclatent; il est rare de les voir survenir à la période de déclin, plus rares encore sont-ils à la première période.
Une statistique de Rilliet et Barthez montre la fréquence relative des complications broncho-pulmonaires et leur degré de gravité. La trachéo-bronchite est fréquente, mais bénigne; la bronchite cctpillaire ou la broncho-pneumonie se montrent dans 1/7'- des cas environ, et sont mortelles plus d'une fois sur deux. Le pronostic est d'autant plus sévère que les enfanis sont plus jeunes;
(*) Deutsch. med. Wocli., 1888.
[LE GENDRE
COQUELUCHE
de trois à cinq ans, il commence à être moins défavorable. La pneianonic lobaire avec crachats rouilles, la pleurésie séreuse sont rares et peuvent être bénignes (')
Ces diverses complications présentent les signes qui leur sont propres. Il faut savoir qu'à la première période elles rendent plus difficile le diagnostic de coqueluche, car alors elles retardent l'apparition des quintes ; quand celles-ci se manifestent, elles alternent avec des accès de toux grasse qui appartiennent non à la coqueluche, mais à la complication. A la troisième période, la broncho-pneumonie peut simuler la phtisie pulmonaire.
Le début des diverses complications est toujours plus ou moins insidieux, aussi faut-il ausculter fréquemment les malades pour dépister les lésions naissantes. On devra surtout (ce précepte est d'une grande importance) tenir le phts grand compte des élévations de la température qui surviennent au cours de la coqueluche; elles indiquent presque à coup sûr, même en l'absence des signes physiques, une complication broncho-pulmonaire (Cadet de Gassicoui't).
L'influence des complications fébriles de cet ordre sur l'élément convulsif et sur l'évolution de la coqueluche est des plus intéressantes. Les quintes perdent leur caractère spasmodique, ou du moins (car cette dernière formule serait trop absolue) les quintes deviennent plus rares, faisant place à une toux commune; elles diminuent d'intensité; elles peuvent perdre la reprise. La coqueluche est plus nettement modifiée par la complication inflammatoire, lorsqu'elle est déjà en voie de décroissance.
Les complications précédentes ont une durée variable ; elles peuvent emporter l'enfant, surtout s'il est très jeune, en 4 ou 5 jours; plus souvent, elles se prolongent jusqu'à 10 et 45 jours.
Elles causent la mort soit par asphyxie progressive, soit par suffocation dans le cours d'une quinte, soit en favorisant le développement des convulsions, soit enfin par le passage à l'état chronique et la cachexie lente qui s'ensuit. Dans ce dernier cas pourtant, on assiste parfois à des guérisons inespérées.
IIL Complications nerveuses. — Nous avons déjà cité les crampes qui peuvent survenir non seulement pendant la crise, mais en dehors des ci'ises. Il nous reste à étudier les convulsions, qui sont tantôt internes et localisées (spasme de la glotte), tantôt externes et généralisées (éclampsie).
Spasme de la glotte. — Cette complication, dont M. du Caste! a fait le sujet de sa thèse (J872), avait déjà été signalée par William Hug-hes. Au milieu des quintes, quelquefois en dehors de toute quinte, un accès de suffocation apparaît, produisant rapidement l'asphyxie. La glotte est fermée, et la cage Ihoracique immobilisée en expiration. La mort peut survenir plus ou moins longtemps après l'accès de suffocation, par suite des lésions cérébrales qui résultent de l'asphyxie prolongée. Cette complication appartient surtout aux coqueluches à quintes intenses et multipliées.
Certains cas de mort rapide peuvent être dus à l'arrêt du cœur ; Wintrich a démontré expérimentalement qu'une série d'expirations énergiques et précipitées peut arrêter le cœur en diastole, et, grâce à une observation clinique attentive, M. H. Huchard (^) est arrivé à constater par la percussion l'augmentation
(') Pierre Boulloche, Remie .des maladies de l'enfance, 1893. (^) Tlièse d'agrég. de Pitres, 1878.