COMPLICATIONS
de volume du cœur pendant et après les accès de toux de la coqvieluche qui produisent ainsi la dilatation aiguë du cœur(').
Les convulsions généralisées appartiennent également aux coqueluches intenses et parvenues à leur acmé. Elles atteignent de préférence les très jeunes enfants. Tantôt elles succèdent immédiatement à la quinte, tantôt elles se montrent dans les intervalles des quintes. Elles sont annoncées souvent pendant quelques jours par un état d'irritabilité nerveuse. Parfois isolée, la crise de convulsions se répète d'ordinaire en s'aggravanl, à quelques heures ou à quelques jours d'intervalle, laissant ^souvent à sa suite vm état comateux plus ou moins marqué. Le pronostic n'est pas fatal, mais très grave. La mort survient tantôt pendant la crise, tantôt au milieu du coma qui lui succède.
Un choc nerveux, une émotion peut faire éclater une crise convulsive, qui est alors plus bénigne que les crises spontanées.
Habituellement, les convulsions ne modifient pas les quintes; parfois pourtant elles les suppriment; inversement, on a vu la coqueluche suspendre des attaques convulsives antérieures.
11 est probable que les convulsions sont de nature diverse; peut-être dans certains cas l'hystérie est-elle à incriminer. Une étude plus approfondie des convulsions de la coqueluche, de leurs modalités et de leurs causes, serait utile et servirait à fixer le pronostic. Parfois l'autopsie révèle une tuberculose méningée.
M, Baumel a vu chez un enfant d'un an les accidents comateux et convulsifs alterner avec des accidents syncopaux, qui éclataient au début d'une quinte « avant même qu'elle eût le temps de se produire, se substituant, pour ainsi dire, à elle. La quinte s'effectuait ensuite, lorsque la vie, un instant su.spendue en apparence, reprenait son cours (-). »
On peut observer divers désordres nerveux plus ou moins passagers de la vue, de l'ouïe, de la parole, qui s'expliquent par des troubles circulatoires des organes nerveux. Troïtzky a observé de la cécité psyc/n'qnc, de ïapJia><ie partielle, une paralysie de la main droite.
IV. Complications d'ordre infectieux. — • Parmi ces complications il en est peut-être qui sont causées dircclemenl par l'agent infectieux de la coqueluche; d'autres relèvent d'une infection secondaire, telle est la diphtérie. Enfin, il en est, comme la rougeole, qui sont tantôt antérieures, tantôt postérieures à l'appa rition de la coqueluche.
A. Lésions localisées. — La. pleurésie indépendante delà broncho-pneumonie est rare; la péricardite plus rare encore.
P. Hausshalter {Arcli. de méd. cxpér., 1890) signale trois cas d'infection par le staphylocoque doré dans le cours de la coqueluche; les enfants avaient eu de la broncho-pneumonie, on trouva les microbes dans le sang pris à la pulpe du doigt.
La coqueluche, comme la rougeole, favorise la production des suppurations diverses : adénites, otites, leucorrhées, etc.
La gangrène, surtout celle de la bouche, peut apparaître dans le cas où la maladie aboutit à la cachexie.
(') O. SiLBERMANN. Ubcr Scliadiguiigeii des reclitcn Hertzens in Verlaufe der Keucliliiisteiis (Arch. f. Kiriricrhrilk., ISOi. — Knight. Clinical study of pertussis with spécial référence lo Lhc heart and circulation. {New-York Med. ./., 1893.)
(-) Revue des maladies de l'eafarire, 1891, p. 7.
(■■■) R.^cCHi, Arch. di palli. inf., 1885, fasc. 4 et 5.
[LE OENDBE.I
COOUELUCHE.
La néphrite aiguë a été observée par Scheltema ( Centralbl. f. med. Wi>>îiench., 1888, n" 20), par Mettenheimer {Jahrb. f. Kinderheilk., 1891), par Lokkenberg {Wratch, 1892). L'albuminurie est plus fréquente qu'on ne le croyait à l'époque où on n'analysait pas systématiquement les urines. Knight l'a trouvée 66 fois sur 86 examens {New-York Med. J., 1895). Elle peut être soit la conséquence de l'infection, soit celle d'une stase veineuse rénale (Polétaïeff, Soc. de pédiatrie de Moscou, 1892). L'urine serait généralement riche en acide urique libre, attribuable à l'exagération de la leucocytose (Blumenthal et Hippus, VratcJt, 1892). Elle contiendrait assez souvent du sucre et de l'acétone (Knight).
B. Maladies générales. — La rougeole présente pour la coqueluche une affinité singulière, qui a frappé beaucoup d'observateurs. Rilliet et Barthez onl relevé l'association des deux maladies dans 104 cas, sur lesquels la coqueluche s'est montrée secondaire 58 fois, primitive 46 fois. Ces auteurs pensent néanmoins que les deux infections ne s'appellent pas réciproquement, et ils attribuent leur coïncidence fréquente à ce qu'elles sont toutes deux très communes dans le jeune âge. Certains observateurs (Volz, J. Frank) ont, au contraire, admis entre ces maladies non seulement une tendance à l'association, mais une identité de nature. 11 suffit, pour infirmer cette opinion, de faire observer que la rougeole et la coqueluche ne confèrent aucune immunité l'une pour l'autre. La coqueluche secondaire éclate de préférence pendant la période de desquamation de la rougeole; elle présente une tendance remarquable aux complications broncho-pulmonaires, et celles-ci sont relativement précoces. La rougeole venant compliquer la coqueluche exerce sur les quintes la même influence apaisante que les accidents fébriles broncho-pulmonaires.
Les autres exanthèmes, scarlatine, variole, érysipèle, compliquent rarement la coqueluche; il en est de même de la fièvre typhoïde, de la fièvre internrit tente. Ces diverses maladies fébriles tendent à supprimer les quintes.
La diphtérie et la coqueluche, lorsqu'elles coïncident, exercent peu d'action l'une sur l'autre (Sanné).
La tuberculose aiguë n'est pas rare après la coqueluche. Nous en parlerons à propos des suites de la maladie.
V. Suites ou Séquelles. — Certaines des complications directes de la quinte peuvent laisser des traces indélébiles ; c'est ainsi que la rupture de la membrane du tympan peut déterminer une surdité durable, une otite chronique. De même une hémorrhagie cérébrale pourrait avoir causé quelque paralysie définitive. Peut-être Vemphysème pulmonaii'e persévère-t-il parfois et devient-il plus tard une cause de dyspnée habituelle.
Nous avons vu que les complications broncho-pulmonaires passent quelquefois à l'état chronique. La bronchite chronique avec dilatation des bronches, Vadénopathie bronchique peuvent persister longtemps.
On a noté, à la suite de la coqueluche, l'apparition de certains troubles nerveux dont la pathogénie est obscure, et qui peut-être sont d'origine infectieuse : Rilliet et Barthez ont cité un cas de sclérose en plaques; Mœbius a observé une paralysie ascendante qu'il attribue à une jjolynévrite. Neurath a vu ti'ois fois l'hémiplégie cérébrale (Club méd. de Vienne, 1895).
La persistance de l'élément névrosique se traduit par la toux quinteuse qui souvent accompagne des rhumes contractés assez longtemps après la guérison
ÉTIOI.OGIE.
de la coqiieluclie, à moins ([uc celte toux coqueluclioïde ne poit liée à un retovud adénopatlîie tracliéo-bronrhique.
La tuberculose est une suite trop frécjuente de la coqueluche; tantôt localisée dans les méninges et revêtant des allures aiguës, tantôt fixée dans les poumons ou les ganglions bronchiques, elle assombrit beaucoup le pronostic de la coqueluche. Souvent il s'agit d'une tuberculose antérieure à la coqueluche, et recevant de cette dernière une impulsion qui la met en évidence.
La cachexie coquelucheme est le plus souvent la suite des coqueluches très prolongées, dans lesquelles les vomissements se répètent avec persistance et entravent la réparation physiologique nécessaire pour faire face aux fatigues inhérentes aux accès multiples. Elle commence généralement à vine époque avancée de la maladie. Elle entraîne le plus souvent la mort, soit par elle-même, soit en provoquant le développement de la tuberculose. Le malade succombe dans le marasme le plus profond, maigre, couvert d'éruptions, la peau souvent lUcérée par places, pitoyable à voir. Cette terminaison ne s'observe guère d'ailleurs que chez les enfants de la classe pauvre.
Étiologie. — La coqueluche se transmet i^ar contagion directe. Cette opinion, incontestée aujourd'hui, n'a pas toujours eu cours, puisque Laënnec dit que le refroidissement est la seule cause manifeste de la coqueluche.
La puissance de contagiosité est très grande; il a suffi qu'un enfantait été en contact pendant une demi-heure (Blache), moins de cin(j minutes (H. Roger) avec un coquelucheux pour être contagionné. La transmission peut au contraire être très tardive, puisqu'on a vu un enfant vivant avec deux coquelucheux n'être atteint qu'après cincj semaines.
La maladie est surtout contagieuse dans la période de sa plus grande intensité (Guersant, Roger).
On ne sait pas exactement si la contagion peut s'exercer rl distance, le contage étant transporté par les objets (vêtements, meubles, jouets) ou par les individus. J. Frank déclarait qu'elle se faisait souvent par les médecins; Rosen, Roger ont pensé en avoir été une fois les vecteurs involontaires. Il est possible que l'air ait quelquefois servi de véhicule à l'agent pathogène.
Rilliet et Barthez ont observé un cas de coqueluche congénitale; un enfant, dont la mère avait la coqueluche depuis un mois, présenta le jour même de sa naissance des quintes caractéristiques. — Blache cite un fait analogue, la maladie était évidente au sixième jour de la vie.
Pourtant on s'accorde à reconnaître que le minimum de fréquen''e correspond aux six premiers mois de la vie, ce qui s'explique aisément puisque les enfants sont d'autant plus surveillés et tenus loin des contages qu'ils sont plus jeunes. Le maximum serait de deux à cinq ans. Mais aucun âge n'a l'immunité. 11 n'est pas très rare que les grands-parents jusqu'à l'extrême vieillesse, 80 ans, contractent la coqueluche de leurs petits-enfants.
L'influence des saisons, de la lempér'ature chaude ou froide, est fort contestable. Aucun pays n'est exempt de la maladie. Quand on considérait encore la coqueluche comme une névrose, on a cru qu'elle pouvait être transmise par imitation; les faits qui ont pu faire naître cette opinion sont des exemples de simulation. Les filles sont plus souvent atteintes que les garçons.
Une constitution faible (sujets anémiques, rachitiques, lymphatiques, scrofuleux) prédispose manifestement à la coqueluche.
[LE GENDRE
COQUELUCHE
Elle sévit davantage sur la classe pauvre, ce qui tient aux mauvaises condilions hygiéniques, aux chances plus grandes de contagion propres aux habitations misérables.
La maladie peut éclater d'une façon sporadique, dans certains centres de population où elle est endémique, à Paris par exemple; ordinairement elle procède par épidémies.
Quelques auteurs ont cru remarquer une certaine périodicité dans le retour des épidémies (Ranke pour Munich, Spiess pour Francfort.) Les épidémies peuvent durer de deux mois à une année et plus (Hirsch). On a admis une coïncidence fréquente entre les épidémies de coqueluche et celles de rougeole. Pourtant Hirsch, sur un relevé de 416 épidémies de coqueluche, n"a rencontré la rougeole associée à cette dernière que dans le quart des cas.
Anatomie pathologique. — Calarrhe des voies respiratoires supérieures, telle est la seule caractéristique anatomique de la coqueluche, Copland, Beau. Biermer, etc., ont constaté à l'autopsie ces lésions catarrhales, qui ne diffèrent pas, comme aspect, de celles qui accompagnent un catarrhe vulgaire. 11 en est de même quant aux résultats de l'examen laryngoscopique (Beau, Rehn, etc.). Les auteurs assignent à l'inflammation de la muqueuse un siège ou une prédominance différents, ou plutôt ce siège est en réalité variable ; tantôt c'est le larynx, tantôt ce sont les bronches ou la trachée; c'est peut-être quelquefois la cavité nasale.
D'autres altérations sont le résultat des complications : noyaux de bronchopneumonie, dilatation cylindrique des bronches (Laënnec), etc. L'hypertrophie des ganglions bronchiques, constante suivant des auteurs comme Guéneau de Mussy, n'est, suivant d'autres, qu'une coïncidence fortuite.
Certains observateurs ont signalé des lésions nerveuses; telle est l'hyperémie ou l'inflammation du pneumogastrique (Jahn, Autenrieth, etc.) que Guersant, Albers de Bonn ont patiemment et vainement recherchées; sans doute on a pris parfois pour rougeur inflammatoire ce qui n'était qu'imbibition cadavérique.
Les troubles de la vue, de l'ouïe, de la parole, les paralysies seraient ducs suivant Troïtzky [Jahrb. f. Kind.., 1890) tantôt à l'œdème cérébral, tantôt à des hémori'hagies capillaires du cerveau ou des méninges. Il s'agit d'altérations secondaires de cause mécanique.
Nature et pathogénie de la coqueluche. — Nous ne saurions reproduire ici toutes les opinions qui ont été émises sur la nature de la coqueluche. Ce serait là d'ailleurs œuvre d'érudition pure, la plupart des théories professées à ce sujet n'ayant été que le reflet des doctrines générales successivement régnantes, et ne présentant plus qu'un intérêt historique. Nous nous contenterons d'indiquer, parmi ces théories, les plus récentes. On peut, à l'exemple de Tordeus, les ranger sous trois chefs principaux :
1° La coqueluche est une bronchite.
2" La coqueluche est une névrose.
T)" La coqueluche est une maladie infectieuse.
I. La coqueluche catarrhe non spécifique. — Une théorie proposée par Gendrin, puis, avec cjuclques modifications, par Beau, est fondée sur les faits qui montrent la muqueuse du larynx plus ou moins enflammée, soit à l'autopsie, soit pendant la vie, et cela tout spécialement dans la région sus-