‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 2)Chapitre 43 sur 77 · LES BRONCHITES PSEUDO RE EMBRANEUSES · texte numérisé non relu

LES BRONCHITES PSEUDO RE EMBRANEUSES

Remarques générales sur les bronchites pseudo-membraneuses. — Les

concrétions pseudo-membraneuses des bronches, reproduisant le moule des ramifications bronchiques, ont été signalées par Hippocrate, Galien, et un très grand nombre d'auteurs anciens. Mais ces polypes des bronches, ainsi qu'on les appelait, apparaissaient comme des raretés, et de plus on les considérait comme caractérisant une seule et même espèce morbide. Sur ce point, la confusion n'a guère commencé à se dissiper que de nos jours.

On a isolé d'abord la bfonclnte pseudo-membraneuse diphtérique. Celle-ci, signalée par Bretonneau et Trousseau, fut étudiée par M. Peter et M. Millard. Malgré la description très nette de ces auteurs, on confondit longtemps encore avec la diphtérie bronchique la bronchite pseudo-membraneuse pneumonique, et la bronchite pseudo-membraneuse chronique. D'autre part, quelques auteurs, en particulier Nonat (1857) et Remak (1845), avaient montré que, dans la pneumonie, il peut y avoir expectoration de moules bronchiques fibrineux. Ce phénomène peut s'observer dans toute pneumonie ; mais il s'observe surtout dans la pneumonie massive (Grancher). En outre de ces deux ordres de faits, on a vu que l'exsudat de certaines bronchites pouvait, accidentellement, devenir pseudo-membraneux. Dans la variole, par exemple, l'éruption trachéo-bronchique peut aboutir à la formation d'une couenne. Gubler a vu, dans un cas cVérysipèle grave, le malade cracher un polype des bronches dans lequel le microscope décela en abondance le champignon du muguet ('). Mader a observé un cas de pemphigus compliqué de bronchite pseudo-membraneuse et considère celle-ci comme le résultat d'un pemphigus des voies respiratoires.

On a décrit enfin une bronchite pseudo-membraneuse primitive, essentielle, n'ayant aucun rapport avec une maladie connue, et présentant une forme aiguë et une forme chronique. Que faut-il penser de cette affection? La réponse est •difficile à fournir, à l'heure actuelle. Ni l'histo-chimie ni la bactériologie n'ont encore éclairci la question. L'histo-chimie montre que la bronchite diphtérique et la bronchite pneumonicjuo donnent naissance à des moules fibrineux; elle montre aussi que la bronchite pseudo-membraneuse idiopathique est fibrineuse dans sa forme aiguë; mais pour la forme chronique, celle que P. Lucas-Championnière a bien décrite, l'examen histo-chimique donne des résultats très différents; tantôt l'exsudat est muco-albumineux (Grancher), tantôt fibrineux (Caussade), tantôt graisseux (Model)(^). La bactériologie montre qu'une même forme clinique peut être en relation avec des microbes divers.

Caractères généraux des moules broncldques. — Voici, d'après Remak, les

(') Caneva, Thèse de Paris, 18.52.

C^) Grancher, in thèse rie P. Lucas-Cliampionnière. De la bronchite psciido-mcmbr. chronique, 1876, Paris. — Caussade, Sociélc anatomique, 1889. — Model, Bronciiite fibrineuse; Dissertation inaugurale de Fribourg, 1890. — Regard, Thèse de Berne, 1887. — Roques, Un cas de bronch. pseudo-membr., Province méd., 1890, sepl.

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