DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS CEREBRALE
n'a pas de valeur absolue, et qu'il ne doit pas faire négliger la recherche des autres facteurs ctiologiques. Nonne déclare que l'erreur qui consiste à proclamer syphilitique une affection cérébrale étrangère à la syphilis est bien plus souvent commise par les médecins que l'erreur inverse. yVinsi un syphilitique peut être atteint de méningite tuberculeuse ; un individu atteint de sténose mitrale peut contracter la syphilis, et faire ultérieurement une hémiplégie par embolie d'origine cardiaque.
Des manifestations multiples que nous venons de passer en revue, il n'est pas une seule qui soit pathognomonique de la syphilis. Ayant indiqué à propos de chacune d'elles les particularités dignes d'être relevées en vue du diagnostic, nous résumerons seulement ici les considérations générales qui doivent guider le clinicien.
1° Importance de la période prodromiqiie. — Rappelons seulement que la céphalée avec ses caractères très spéciaux, figure parmi les antécédents, dans plus des trois quarts des cas.
2° Signifîcatmt de quelques symptômes 'partkidiers. — Ceux-ci se rattachent aux localisations habituelles des lésions syphilitiques du côté de la base du cerveau; ce sont les paralysies des nerfs crâniens, et tout particulièrement des nerfs moteurs de l'œil.
3° Manifestations en rapport avec la forme disséminée des lésions syphilitique-^. — Nous avons eu maintes fois l'occasion de signaler certaines associations symptomatiques qui à elles seules déjà sont de nature à faire soupçonner la syphilis : telles Tépilepsie partielle et les troubles oculaires; les paralysies des yeux combinées aux troubles mentaux, à l'hémiplégie, aux paralysies partielles des membres; la coexistence d'une affection médullaire.
4" Évolution de la maladie. — D'une façon générale la syphilis cérébrale n'a pas l'évolution fatalement progressive qui appartient à un grand nombre de processus différents (tuberculose, tumeurs malignes, paralysie générale). Elle est essentiellement une maladie à épisode-, à poussées, entre lesquelles on peut observer des intervalles de répit complet. Cette remarque s'applique tout particulièrement aux néoplasies méningées.
•V Uépreuve thérapeutique enfin peut être d'un grand secours; mais, pour qu'on soit en droit de lui reconnaître quelque valeur, il faut que les résultats favorables en apparaissent bien clairement ; en outre l'on ne saurait trop répéter que les diagnostics de syphilis cérébrale, qui sont exclusivement fondés sur elle, ne doivent être, en règle générale, acceptés qu'avec réserve.
6° Rappelons enfin que Vexamen cytologique du liquide céphalG-rachidien, pratiqué suivant la méthode de Widal et Ravaut, est appelé ici à rendre de grands services. La présence exclusive de lymphocytes en abondance paraît être un fait habituel dans la syphilis cérébrale. Cette lymphocytose, si elle n'est point pathognomonique de la syphilis, n'en constitue pas moins un argument sérieux en faveur de la nature syphilitique d'une affection cérébrale dont le diagnostic est douteux. Ceci s'applique en particulier à l'hémiplégie. On sait combien souvent l'hémiplégie syphilitique ne se différencie par aucun caractère objerttif des autres paralysies du même genre; or Widal et Lemierre(') ont montré que la lymphocytose céphalo-rachidienne était presque constante dans l'hémiplégie syphilitique, alors qu'elle faisait défaut dans les autres.
(') Widal et Lemuîrre. Soc. méd. des hop., 15 mai 1905.
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SYPHILIS DES CENTRES NERVEUX