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PATHOLOGIE DE LA RÉGION DES TUBERCULES OUADRIJUMEAUX

diagnostiquer une lésion des tubercules quadrijumeaux : 1" une démarché incertaine, titubante, surtout quand elle se montre comme première manifestation de rafï'ection; 2°une ophtalmoplégie qui intéresse les deux yeux, mais non d'une façon absolument symétrique. La paralysie manifesterait une prédilection pour les muscles droits supérieurs et inférieurs. Les deux symptômes donnés par Nothnagel ne sont pas pathognomoniques des tumeurs des tubercules quadrijumeaux ; ainsi chez un des malades de Nissen ces deux phénomènes avaient fait complètement défaut et cependant lautopsie montra l'existence d'une tumeur localisée exclusivement aux tubercules quadrijumeaux. De plus, l'association d'une ophtalmoplégie double et de l'ataxie peut se voir dans les tumeurs du cervelet.

Les rapports de contiguïté entre les noyaux de la troisième paire et les tubercules quadrijumeaux, les connexions anatomiques multiples entre ces noyaux el les parties voisines, expliquent la fréquence relative des jxtralysies oculaires dans les lésions de la région des tubercules quadrijumeaux. L'ophtalmoplégie complète est rare, on observe des paralysies partielles et incomplètes des muscles de l'œil, elles portent de préférence sur les mouvements d'abaissement et d'élévation du globe de l'œil, plus rarement sur les mouvements de latéralité. Le ptosis est fréquent. D'après von Monakow, en général les troubles des mouvements des yeux ne seraient pas associés, ils seraient limités à l'œil du côté correspondant au siège de la lésion. Raymond insiste au contraire sur ce fait que les lésions de la région des tubercules quadrijumaux amèneraient des paralysies des mouvements associés des yeux et orincipalement des mouvements de latéralité. Les paralysies des mouvements associés sont le plus souvent incomplètes, elles se traduisent par de petites saccades qu'exécutent les globes oculaires quand le regard se porte dans une direction déterminée. Il s'agit somme toute d'une ophtalmoplégie extra-nucléaire. Le nystagmus est signalé dans quelques observations.

Les troubles pupil la ires sont assez variables, ils peuvent être limités à un seul œil; ils consistent dans une mydriase paralytique et dans une abolition plus ou moins complète des réflexes lumineux et d'accommodation (Raymond).

Les troubles de la vision ne paraissent pas appartenir à la symptomatologie normale des lésions des tubercules quadrijumeaux. Sans doute on a noté chez les animaux des troubles de la vision, sans doute Rastian, Reynolds, Griesinger ont observé des tumeurs des tubercules quadrijumeaux avec cécité, mais tous ces faits ne sont pas très probants. Il existe en elTet des cas négatifs nombreux, les malades de Ruel, de Eisenlohr, de Weinland, par exemple, malgré leurs lésions des tubercules quadrijumeaux n'avaient pas de troubles de la vue, étaient capables de lire. D'un autre côté les cas de tumeur avec troubles de la vue ne prouvent pas que ces derniers soient sous la dépendance de la lésion des tubercules quadrijumeaux, car nous n'ignorons pas que les tumeurs cérébrales amènent de l'hypertension intracrânienne, des troubles papillaires, etc. De plus, il ne faut pas oublier que les lésions des tubercules quadrijumeaux peuvent atteindre soit le corps genouillé, soit la bandelette optique, c'est-à-dire la voie optique elle-même.

Les désordres nlaxiques sont fréquents. Le malade exécute avec maladresse les mouvements intentionnels, parfois il existe un tremblement provoqué par l'exécution des mouvements volontaires. On peut voir aussi une véritable ataxie cérébelleuse, des troubles de l'équilibration et de la marche. Les mouvements

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atliélosirormes et choréilormes ne sont pas rares. Sorgo a observé une lésion tuberculeuse d un tubercule quadrijuineau qui avait déterminé dans les membres supérieurs des réactions motrices rappelant la myoclonie. Cet auteur admet des centres sous-corticaux pour les divers muscles et les groupements musculaires fonctionnels. Ce sont ces centres qui, d'après lui, sont le siège de la myoclonie, de l'athétose, de la chorée. Pour von Monakow l'incoordination motrice provient de la lésion du ruljan de Reil: Starr croit à la lésion du noyau rouge ; Eisenlohr met Tincoordinalion sur le compte de l interruplion des fibres nerveuses au niveau de l'entre-croisement des bras des tubercules quadrijumeaux ; Bruns pense à une compression exercée sur le bulbe. Je crois que l'ataxie, lesmouvements choréiformes, alhétosiformes, appai'tiennent beaucoup plus à la pathologie de la calotte pédonculaire qu'à la pathologie des tubercules quadrijumeaux eux-mêmes. Dans la calotte du pédoncule cérébral en effet peuvent être irrités les pédoncules cérébelleux supérieurs, les noyaux rouges, les voies parapyramidales. C'est à l'irritation et à la lésion de ces faisceaux pédonculo-médullaires, pédonculo-cérébelleux et des centres nombreux de cette région qu'il faut attribuer les différents troubles de la motililé (jue je viens de mentionner.

Les lésions des tubercules quadrijumeaux postérieurs se traduiraient, d'après certains auteurs, par des troubles de raiidition. Pour Ruel, ils ne seraient pas rares. Weinland, ayant réuni dans la littérature 19 cas de tumeurs des tubercules quadrijumeaux a vu que 9 fois des troubles de l'audition avaient été signalés. Dans cinq d'entre eux, les troubles auditifs étaient bilatéraux, dans les quatre autres ils n'existaient que pour l'oreille du côté opposé à la lésion. Weinland a insisté sur ce que les troubles de l'audition passent souvent inaperçus en raison de leur faible intensité. Raymond a constaté aussi chez un de ses malades cette diminution de l'acuité auditive et pour lui c'est un argument en faveur d'une lésion des tubercules quadrijumeaux postérieurs. Il existe d'autre part plusieurs observations négatives; dans le cas de Eisenlohr, où le tubercule quadrijumeau postérieur était détruit, l'audition était normale. Il est possible que l'altération des corps genouillés joue un rôle dans la production des troubles auditifs.

Des troubles de la sensibilité sont assez fréquemment observés. Ce sont des paresthésies (sensation d'engourdissement, de fourmillement), de l'hypoesthésie, de l'anesthésie qui peut être profonde, articulaire et musculaire. Nissen pense que les lésions des tubercules quadrijumeaux se manifestent particulièrement par des troubles de la sensibilité et des douleurs irradiant vers la portion dorsale du rachis, ce qui cadrerait assez bien, pour cet auteur, avec l'opinion d'après laquelle le ruban de Reil se terminerait en partie dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs.

Les troubles de la mastication sont exceptionnels. -Von Monakow les mentionne; ils ne peuvent être expliqués que par une extension du processus morbide au noyau moteur du trijumeau ou à la racine issue de ce noyau.

Slawyk et Oestreich ont observé chez leur malade une augmentation de volume du pénis. Biancone a relevé dans son cas une sorte de priapisrne, une augmentation considérable du senx génésique. Ce symptôme correspond à ce que l'on observe chez les animaux vertébrés autres que les mammifères après l'ablation de ce qui correspond chez eux aux tubercules quadrijumeaux (lobes optiques ou tubercules bijumeaux).

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