PATHOLOGIE DE LA RÉGION DES TUBERCULES OUADRIJIMEAI X
Tels sont les mulliples symptômes que l'on peut constater dans les lésions de la région des tubercules quadrijumeaux. Leur groupement suivant les malades est très variable et Ton ne peut fixer aucune règle à ce sujet. De plus, il ne faut pas oublier que souvent on observe en même temps des lésions de la voie motrice se traduisant par une hémiplégie plus ou moins accentuée. Dans un cas observé par Raymond ('), voici par exemple le complexus symptomatique constaté : une hémiparésie motrice s'établit, sans ictus préalable, dans tout le côté gauche, doublée d'une hémianesthésie beaucoup plus accusée et associée à une paralysie des mouvements de latéralité des globes oculaires avec une ébauche du signe de de Graefl'e lors des mouvements d'abaissement des yeux. En outre, du côté paralysé, les réflexes tendineux sont exagérés, les doigts sont le siège d'une agitation athétosiforme incessante, les mouvements intentionnels trahissent un certain degré d'ataxie.
Diagnostic. — Le diagnostic différentiel entre les tumeurs des tubercules quadrijumeaux et les tumeurs du cervelet est très dil'licile. Il existe cependant un certain nombre de particularités symptomatiques qui, suivant les cas, pourront orienter la diagnose vers l'une ou l'autre de ces tumeurs. La céphalalgie, qui, chez les sujets atteints d'une tumeur du cervelet, affecte toujours la nuque, est moins tenace et plus inconstante comme siège, lorsqu'il s'agit d'un néoplasme des tubercules quadrijumeaux. Dans les tumeurs du [cervelet, les vomissements sont très fréquents durant toute l'évolution de l'afl'ection; dans les tumeurs des tubercules quadrijumeaux, d'après Nissen, les vomissements se montrent principalement au début pour devenir très espacés ou même disparaître tout à fait au cours de l'évolution de la maladie et faire de nouveau leur apparition peu avant la mort.
D'après Bach(-), une paralysie symétrique des muscles de l'œil serait un bon symptôme d'une lésion des tubercules quadrijumeaux. Dans les affections du cervelet les paralysies symétriques de la troisième et de la quatrième paires sont rares. Le nystagmus est plus fréipient dans les lésions du cervelet que dans celles des tubercules quadrijumeaux.
La limitation de l'ophtalmoplégie au nerf oculo-moteur commun et au pathétique est en faveur d'une affection des tubercules quadrijumeaux. La participation de l'oculo-moteur externe peut se voir dans les cas de tumeurs des tubercules quadrijumeaux et de tumeurs du cervelet (Bruns), mais il est évident que la paralysie des nerfs situés plus bas que le moteur oculaire externe parle en faveur d'une lésion cérébelleuse. La marche de la maladie peut aussi fournir des indications. Le début par des phénomènes ataxiques et la prédominance de ceux-ci sont en faveur du siège <le la lésion dans le cervelet, au contraire le début par l'ophtalmoplégie et sa prédominance dans l'ensemble des symptômes est en faveur d'une lésion des tubercules quadrijumeaux. D'après lîruns, l'incoordination motrice et les désordres choréiformes parlent plutôt en faveur d'une lésion cérébelleuse; je ne crois pas qu'avec les seuls phénomènes ataxiques il soit facile de localiser la lésion. L'état du fond de l'œil peut donner aussi des renseignements, la névrite optique est relativement rare dans les
(') R.VYiMOND. Sur un cas de lésion en foyer de la région des tubercules quadrijumeaux. Clin, des mal. du .s(/s<. nerveux, o" série, p. S'î'i, l!)01.
(*) Bach. Die okularen Symptôme bei lirkrankungcn des Kleiidiirns. aer Vierhugcl und dcr Zirljeldriise. Zeits. fur Augenticilk. août HKI'J. Fascicule -', p. •l\~i-'2ôl.
IGEORGES CUILLAIN ]
PATHOLOGIE DE LA RÉGION DES TUBERCULES OL"Al>RIJUMEAUX.
tiimours des lubercules quadrijumeaux. elle semble au conlrairc très fréquente dans les lumeurs du cervelet. En ce qui concerne l'acuité visuelle, elle diminue de bonne heure et assez rapidement dans les tumeurs cérébelleuses où il n"esl pas rare de rencontrer même la cécité complète, tandis que les lésions de>; tubercules quadrijumeaux laissent la vision longtemps intacte.
Uliyslérie, comme certaines lésions de la région des tubercules quadrijumeaux, peut donner lieu à des hémiplégies sensitivo-motrices et à des ophtalmoplégies. Raymond, à propos d'un de ses malades, a été amené à discuter ce diagnostic. Les signes sont nombreux qui permettent de reconnaître la névrose. Le.-^ paralysies dans l'hystérie s'établissent avec soudaineté, elles se déplacent et disparaissent ainsi. Elles se traduisent par l'abolition complète des mouvements volontaires dans les parties paralysées et non par une simple ataxie, comme on l'observe dans les lésions de la calotte du pédoncule. La démarche des hémiplégiques hystériques est caractéristique, les malades traînent coiuine une masse inerte leur membre paralysé, le pied balaye le sol. tandis que le bras reste pendant le long du corps. L'hémispasme facial appartient à la symptomatologie de l'hystérie. Quant à l'hémianesthésie hystérique, elle est sensitivosensorielle. On aura, de plus, pour compléter ce diagnostic les difTérents signes sur lesquels Babinski a attiré l'attention. Les paralysies oculaires d'origine hystérique ne portent que sur les mouvements volontaires. Demande-t-on aux malades de regarder dans telle ou telle direction, ils ne peuvent exécuter le mouvement, mais si on les distrait, si on détourne leur attention de Texamen. le mouvement commandé s'exécute très bien, d'une façon automatique. Somme toute, il sera toujours facile de différencier ces paralysies hystériques d'avec une lésion de la région des tubercules quadrijumeaux.
Pronostic et traitement. — Le pronostic des lésions de la région des tubercules quadrijumeaux est toujours très sérieux, il est tout à fait inutile d'insister sur ce point. Les tumeurs de cette région sont inopérables, on doit se borner à un traitement symptomatique.