‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 3)Chapitre 64 sur 153 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

riiypoglosse sans aucune paralysie des membres. Il existe quelques rares cas de paralysies alternes limitées à la sphère d'innervation des nerfs crâniens.

Les paralysies des mouvements associés de>^ yeux sont parfois observées. J'ai consacré à ce sujet un chapitre spécial (voir page 458).

La déviation conjuguée de la tète et des yeux, sur laquelle Vulpian, Prévost, Landouzy, Grasset ont attiré l'attention, s'observe dans les lésions delaprotnbérance. Landouzy, au sujet de ces dernières, est arrivé à ces conclusions : a) un malade qui tourne ses yeux vers ses membres paralysés est atteint d'une lésion protubérantielle de nature paralytique ; b) un malade qui détourne les yeux de ses membres convulsés est atteint d'une lésion protubérantielle de nature convulsive.

Les troubles de la parole se constatent parfois. Raymond et Artaud ont rapporté l'observation de trois cas de ramollissement de la protubéi-ance avec dysarthrie et paralysie de la langue, les lésions occupaient la partie postérieure et interne des pyramides motrices. Markowski (') qui a fait une étude d'ensemble des troubles de la parole dans les lésions de la protubérance est arrivé à ces conclusions : un foyer de ramollissement gauche unilatéral n'amène pas de troubles de la parole, même si la totalité du faisceau pyramidal est intéressé, mais quand le faisceau pyramidal gauche est détruit dans la protubérance, il suffit, pour produire l'anarthrie, d'un foyer détruisant la partie médiane-dorsale du faisceau pyramidal droit. L'auteur en déduit que les conducteurs moteurs de la parole passent dans les deux côtés de la protubérance, que les troubles de la parole sont surtout produits par les lésions protubérantielles siégeant dans la partiemédiane et dorsale de la voie pyramidale. L'anarthrie dans les lésions de la protubérance peut atteindre une grande intensité ; dans les lésions bilatérales on a la symptomatologie de la paralysie pseudo-bulbaire. Des troubles de la déglutition peuvent dans ce cas se constater, mais l'abolition complète de la déglutition ne s'observe que lorsque le bulbe lui-même est lésé.

Les lésions de la calotte de la protubérance amènent souvent des troubles de la sensibilité. On a observé des Itémianestliésies alternes (voir p. 478). Parfois, comme dans les cas de Spitzka, de Meyer, les troubles de la sensibilité existent seuls sans troubles moteurs. Ailleurs on observe une hémiplégie avec hémianesthésie. L'intensité des troubles de la sensibilité tactile, thermique, douloureuse du sens musculaire, est d'ailleurs variable. Parfois les malades accusent des paresthésies, des hyperesthésies, des douleurs dans leurs membres en même temps que se montrent des contractures douloureuses des muscles, ces phénomènes se voient principalement quand il y a irritation des voies sensilives ou motrices par un abcès, une tumeur. Le trismus a été observé dans certains cas, en particulier par Wernicke.

La fréquence des convulsions, des crises épileptiformes dans certaines lésions de la protubérance, a fait admettre à Nothnagel l'existence d'un centre convulsif. Dans un travail récent, Hans Luce (-) après avoir analysé les expériences de Nothnagel, Binswanger, Bechterew, et réuni un certain nombre d'observations, conclut à l'existence d'une épilepsie d'origine protubérantielle.

('j Markowski. Zur Casuislik der Hordei'krank. der Brûcke mil besonder. Beriicksichligiing der dufcli dièse verursaclil. anartli. Spraclisirtrungen. Arcli. f. Psyrii.. Bd XXIII. 18i>2.

(^) Hans Luci^. Zuin Kapilel der Ponsliaemot rh. Ein Beitrag zur Fragc nach der Existenz von NoUinageTs Kramplrenlruni in der \ arolsbruckc des INIenschen. Deutsclie Zeilsrhrift flir Nervenlieitlmiide, Bd XV, p. 3'27, I8'.)il.

GEORGES GUILLAIN

PATHOLOGIE DE LA l'HOTLBÉl'.A.XCE ANXLI.AlliE

h'ataxie esl rréquenle dans les lésions de la [)roluljéi-ance. L'alaxie du mouvement prédomine en général, elle esl liémilatérale, associée à des troubles du sens musculaire et à des troubles de la sensibilité. L"ataxie cérébelleuse, comme, dans les cas de Nothnagel, Leyden, Kahler peut aussi s'observer.

Babinski(') a montré qu'une lésion cérébello-protubérantielle unilatérale peut déterminer un syndrome consistant en des troubles de la motilité occupant le côté correspondant du corps. Ces troubles de la motilité se caractérisent principalement au membre supérieur par un tremblement, au membre intérieur par une perturbation de la faculté d'association des mouvements, la --^i/ncrgie nu/sculaire('). L'hémiasynergie peut s'associer à l'iiémianesthésie alterne et à l'hémiplégie alterne. Babinski a observé un malade présentant le syndi omede Millard- Gubler qui, du côté opposé à la paralysie des membres, avait des (roubles de la synergie musculaire. Babinski l'ait remarquer aussi que le nystagmus qui n'est pas rare dans l'hémiplégie alterne peut être considéré comme un tremblement intentionnel ou comme de l'asynergie et doit èlre causé par des lésions des fibres cérébelleuses. L'hémiasynergie peut exister sans phénomènes |)i-otubérantiels

(M Babinski. Hémiasynergie et hémitreiiiblcment (fniiginc céirbello-protiibéraiitielle. Ilenie neurologique, 1901, p. 260; idem, p. 422. — Bahinski. De l'asynergie cérébelleuse. lievur neurol.', 18!)9, p. 806.

(-) Le malade de Babinski avait une Lunieur cérébelleuse droite qui avait altéré aussi les 5°, 6', 7° et 8' paires crâniennes, puisque cliniquement on avait constaté une kéi-atile neuroparalytique, une paralysie du moteur oculaire externe, une [jaralysie faciale avec réaction de dégénérescence et une abolition de l'ouïe. Il existait de ])lus des troubles de la synergie musculaire dans le côté di'oit du corps, côté correspondant à la tumeur. .le crois devoir reproduire les différents modes d'examen pratif[ués par Babinski cbe/. son malade, car ils montreront, ce qui ne peut se résumer, comment il faut recbercher l'asynergie musculaire.

Babinski a examiné la motilité dans la position assise, dans le décubilus, dans la station, dans la marche. Dans la position assise, on constatai! que la furce musculaire était à peine au-dessous de la normale au membre supérieur el au membre inférieur qui n'étaient ni contracturés, ni en état d'hypotf)nicité. Au membre sujjérieur, existait un Iremljlemcnt intenlionnel. Ce tremblement se manifestait mèaie ([uaml, le malade étant assis, la main élait appliquée sur la cuisse ou encore quand le bras était i)endant, c'est-à-dire en apparence au repos; mais en réalité, dans ces attitudes, le membre supérieur n'était pas au repos complet et, dans le décubitus, lorsque le membre supérieur avait un ajipui fernie, le tremblement cessait complètement. Il apparaissait, au contraire, toujours lorsque le malade exécutait un mouvement et devenait très prononcé quand il cherchait à maintenir le bras dans une position incommode et fatigante.

Les mouvements élémentaires des divers segments du membre inférieur étaient exécutés d'une manière correcte, mais il n'en était pas de même pour des actes plus conqilexes. Si par exemple le malade portait la pointe du |)ied vers un point déterminé situé à ([uelques décimètres au-dessus du sol. il exécutait le mouvement avec précision et comme un sujet sain, mais pour replacer le pied sur le sol. voici comment il i>rocédait : au lieu de faire fonctionner synergiquement les divers sesrments du membre, il lléchissait d'abor<i la jaudjc sur la cuisse, et jjendant ce premier temps n'étendait (pie modérément la cuisse sur le bassin, puis, dans un deuxième tcmiis. il achevait l'extension de la cuisse el abaissait la plante du pied.

Lorsque, couché sur le sol dans la position horizontale, les bras croisés sur la poitrine, le malade cherchait à se mettre àur son séant, le tronc exécutait un mouvement de rotation le long de l'axe longitudinal qui passe par le côté gauche du corps et le membre inférieur droit se détachait légèrement du sol. Si le malade, après avoir lléchi la cuisse sur le bassin et la jambe sur la cuisse, replaçait le membre dans la position iirimitive, voici ce que l'on constatait : à gauche, le mouvement élait normal, l'exlension de la cuisse sur le iiassin et celle de la jamlje siu- la cuisse étaient cxccuLécs synergiquement et le talon glissait presque sur le sol d'arrière en a\ant: à droile, le muu\emenl élait bien dilïérent : dans un premier temps, la jambe s'étemlail sur la cuisse et le lalon était éloigné du sol par une distance de quelcjucs décimètres, puis, dans un se<'ond temps, la cuisse s'étendait sur le bassin et le lalon venait s'appli(|uer sur le sol.

Lorsque le malade étant debout cherchait à se mellie à genoux sur une chaise, \oici comment il s'y prenait : il saisissait d'abord de ses mains le dossier d<> la chaise, il plaçait ensuite successivement ses deux genoux sur le siège, en commençant indilTérenniicnl [lar

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