CHAPITRE V TUMEURS DE LA PROTUBÉRANCE
Les tumeurs de la protubérance annulaire ne sont pas exceptionnelles, elles sont plus fréquentes que les tumeurs du pédoncule cérébral ou du bulbe.
Les enfants sont plus souvent atteints que les adultes. Dans une statistique de la Ibèse d'Auvray on voit que sur 55 cas de tumeurs de la protubérance, 58 étaient survenues chez des enfants et t7 chez des individus adultes.
Les tubercules constituent les tumeurs le plus souvent observées. Hery(') en a réuni, en 1899, vingt-cinq cas. Des observations nouvelles ont été rapportées par Levaditi(-), Saiio (^), Redlich(*), Aubertin et Labbé ('), Terrien (").
Les tumeurs tuberculeuses ont le volume d'un pois, d'une aveline, d'une noix, certaines sont beaucoup plus étendues. Leur consistance est assez ferme, leur couleur est jaunâtre, ou jaune verdàtre, souvent d'un rouge violacé à la périphérie. Autour de la tumeur, la substance nerveuse est parfois normale, mais très souvent ou bien ramollie, ou bien infiltrée d'éléments embryonnaires. Sur le vivant il est certain que des troubles de la circulation sanguine et lymphatique existent autour et à distance de ces tumeurs, ces troubles ont une réelle importance pour expliquer certains symptômes cliniques, car il n'y a pas toujours un rapport direct entre l'étendue d'une lésion et les phénomènes enregistrés pendant la vie. Les examens histologiques permettent de reconnaître la structure classique des tubercules, ceux-ci sont fréquemment ramollis, parfois calcifiés. On peut rencontrer à l'intérieur des tubercules des bacilles, mais ils sont souvent en petit nombre et assez difficiles à colorer, il faut donc les rechercher avec un grand soin et ne pas craindre de multiplier dans ce but les préparations microscopiques.
Les tumeurs tuberculeuses peuvent siéger dans toutes les parties de la protubérance annulaire, mais on les voit relativement fréquemment dans la région de la calotte. Raymond et Cestan(') dans trois cas ont observé une tumeur tuberculeuse qui avait son point de départ dans la calotte protubérantielle immédiatement en arrière de la couche des fibres sensitives, en dessous de l'entre-croisement des pédoncules cérébelleux supérieurs, au-dessus du genou du facial, cette tumeur épargnait les noyaux de la troisième et de la sixième paire, elle était donc internucléaire, ce qui est important au point de vue de la symptomatologie. Cette variété de tumeur tuberculeuse de la calotte, qui semble être assez fréquente, oftre, dans les différents cas, une évolution anatomique
(') IIery. Contribution à l'étude des tubercules de la protubérance. Thèse de Paris, 1899. (-) Levaditi. Un cas de tubercule de la protubérance. Revue neuroL, 1899, p. 586. (') r'ANO. Tuberculose de la protubérance. Journal de neuroL, 1899, p. 228. (*) Hedlich. Wiener klin. Wock., 1900.
(^) AuBEKTiN et Labdé. Tumeur de la protubérance, hémiplégie croisée avec participaliou du facial supérieur. Gaz. liebd. de méd. et de chir., 1902, p. 757.
('') Terrien. Tuberculose de la protubérance: paralysie faciale. Soc. auat., 6 juin 1902.
(') Raymond et Cestan. Le syndrome protubérantiel supérieur. Gaz. des hop., 18 juillet 1905, p. 829.