TUMEURS DE LA PROTUBÉRANCE
caractéristique. Chez un sujet jeune apparaissent rapidement, sans cause apparente, les signes d'une tumeur cérébrale avec céphalées, vomissements, torpeur intellectuelle, névrite optique oedémateuse. Bientôt l'on constate des signes de localisation basilaire. La surdité bilatérale ayant tous les caractères de la svu'dité d'origine centrale, les troubles d'incoordination cérébelleuse sont les symptômes les plus importants à mettre en relief. Oppenheim, Von Monakow^, Sternberg, Henneberg et Koch, Cestan ont attiré l'attention sur cet ensemble symptomatique. On peut d'ailleurs observer d'autres signes relevant des localisations sarcomateuses sur les autres nerfs de la base: paralysie faciale du type tronculaire, strabisme, atrophie de la langue, tachycardie, etc.... Il est intéressant de remarquer que les localisations médullaires ont une histoire clinique parfois très pauvre: paraplégie légère, troubles sphinctériens, etc.... Chez les malades de Cestan il n'y avait même pas de symptômes médullaires. Cette discordance entre la symptomatologie et les résultats histologiques est encore plus marquée pour les nerfs périphériques. Ces nerfs seront parfois le siège de douleurs lancinantes, seront parfois hypertrophiés, mais leurs altérations sont le plus souvent des trouvailles d'autopsie. Le diagnostic sera souvent facilité par la présence de molluscums cutanés. L'évolution de la maladie est assez courte, elle dure dix-huit mois à deux ans, son évolution est fatale. La nature maligne des tumeurs, leur siège basilaire, la multiplicité des localisations rendent impossible toute intervention chirurgicale.
Dans un cas de P. Lereboullet un sarcome généralisé de la pie-mère bulboprotubérântielle et spinale avait simulé la méningite tuberculeuse, maisl'apyréxie était constante et la lymphocytose du liquide céphalo-rachidien était absente.
Le.s- anévrlsnie-'^ du tronr basilaire comprimant la protubérance et le bulbe (voir p. 521) donnent parfois lieu à un bruit de souffle perçu à l'auscultation de la partie postérieure du criine. Des tumeurs vasculaires, comme dans un cas de Meyer, peuvent aussi donner naissance à un souffle systolique et en imposer ainsi pour un anévrisme.
Hallopeau et Giraudeau(') datis un fait de compression de la protubérance par dilatation anévrismale dii tronc basilaire ont noté le phénomène suivant: dès qu'on mettait le malade sur son séant, la tète s'inclinait en avant et immédiatement la respiration s'arrêtait en expiration, tandis que le pouls continuait à battre régulièrement pendant quelques secondes, puis se ralentissait insensiblement. Si, dans ces conditions, on renversait la tête en arrière, immédiatement la respiration se rétablissait et reprenait bientôt les caractères qu'elle offrait avant que le malade eût été déplacé. Les mêmes phénomènes se reproduisaient à volonté dans le même ordre, suivant que l'on inclinait en avant ou en arrière la tète du malade: pendant plus de douze heures on put les observer; la mort survint au bout de ce temps par asphyxie progressive. Hallopeau et Giraudeau expliquent cette singularité par ce fait que, quand la tète était en avant, la compression de la protubérance par l'anévrisme était à son maximum, tandis qu'elle était au contraire à son minimum quand la tête était renversée en arrière. L'arrêt en expirai ion serait probablement dû à une excitation du pneumogastrique.
Traitement. — Le traitement mercurielet ioduré intensif sera prescrit toutes
(') Hallope.vl" cl GiiiAiiDEAU. Encéplialc. 18X5. p. (ij7, cilc d'après Grasset. Traité prat. des mal. du nytit. nerveux, 1894, t. I, p. 560.
TRAITÉ DE MÉDECINE, 2' éflit. — IX. Titi
[GEORGES GUILLAIPf ]
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les fois que Ton soupeonncra une lunieui- s\ phililique. Dans les autres cas on fera une Ihérapeulique symptomatique. Les interventions cliirurgicales sont impossibles pour les lumeurs de la protubérance. ,