CHAPITRE IV TUMEURS DU BULBE
Les tumeurs du bulbe sont relativement rares. Dans un travail publié en 1898, Gianulli (') en a réuni vingt-sept observations. Ces tumeurs, dans la très grande majorité des cas, ne restent pas localisées au bulbe, elles compriment et détruisent dans leur évolution le cervelet, la protubérance. Nous avons vu déjà, en étudiant les tumeurs de la protubérance, que beaucoup de celles-ci se prolongeaient dans le bulbe rachidien.
Les tumeurs qui naissent autour du bulbe et qui le compriment sont souvent fort difficiles à différencier des tumeurs intrabulbaires. Aussi bien devra-t-on se reporter au chapitre des compressions bulbaires pour avoir des notions complètes sur la pathologie des néoplasmes de cette région.
Étiologie. — Anatomie pathologique. — On trouve dans l.e bulbe rachidien les mômes variétés de tumeurs que dans les autres parties du névraxe.
Les gimnes, les glio-sarcomes sont parmi les tumeurs le plus souvent constatées. Bischotf (^), Gôhlman (^), Becker (*), Linck ont décrit des gliomes du quatrième ventricule et du bulbe. Dans un cas de Marinesco (°), il s'agissait d'un glio-sarcome hémorragique. A l'autopsie, Marinesco constata que le bulbe était tuméfié, augmenté de volume. Le plancher du quatrième ventricule avait disparn, à sa place on voyait un néoplasme mou, s'étendant depuis la pointe du calamus jusqu'à la moitié supérieure du bulbe. Sur une section transversale le néoplasme avait un aspect gélatineux et la plus grande partie était transformée en une véritable hémorragie. Le glio-sarcome hémorragique avait détruit la partie supérieure du noyau de l'hypoglosse, le noyau dorsal (musculo-lisse du pneumo-gastrique), le faisceau longitudinal postérieur, la partie postérieure du ruban de Reil, de même qu'une partie de la substance réticulée. Les fibromes, les épilhéliomes sont exceptionnels.
Les tumeurs tuberculeuses du bulbe sont souvent la prolongation inférieure de tumeurs tuberculeuses de la protubérance. Ch. Lévi (') a vu un tubercule du volume d'un petit haricot siégeant à la partie supérieure du bulbe vers le noyau
(') Gianulli. Conlributo clinico e analoinico allo studio (loi lumori dcl I\' vcnliiroln. R'nHsla sperimentale di Freniatria, 1898, XXI\". p. 87-106.
(*) BiscHOFF. Zwei GeschwLilsle der Bciicke und des verlangcrion INIarkcs. Jahrbiirlier /. Psi/rh., 1897, XV.
- (^) Gôhlman. Gliome du plancher du IV' \ entricule. Allg. Zeilsch. f. J'si/ch., 1899. LVl. 1, 237.
('') Becker. Ein Gliom des 4 Vcntrilvels nobsl Untersuchungen iib(n' Degou. in den hinicreii und vorderen Wurzeln bei Ilirndruck utid l)ei Ztdu-ki'aid<beiten. yirch. f. l'si/ch.. 1902. X.\X\'.
(•') Linck. Zur Kcnniniss der ependyniareii Gliouio des I\' Vcnlrikels. Ziegler's BcHrarjc. 1905, XXXIII.
(") Marinesco. DiabèLe insipide dépendant d'un gliome du quatrième ventricule. XIII'' Congrès internalional de médecine, Paris, 1900. Comptes rendus de la seclion de neio-ologie, p. 399.
0) Ch. Lévi. Tubercule de la partie supérieure et latérale du bulbe chez un enfant. Hémiplégie faciale. Bull, de la Soc. anal., 1897, p. 699.