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TUMEURS DU BULBE

du facial. Spitzer(i) a constaté un tubercule solitaire de la grosseur d'une noisette sur le plancher du quatrième ventricule.

, Les gommes syphilUiques se rencontrent aussi dans cette région. E. W. Taylor(-) a rapporté récemment une intéressante observation anatomique et clinique d'une tumeur gommeuse syphilitique volumineuse qui avait détruit I tout le plancher du quatrième ventricule.

Dans un cas de Switalski ('■), il s'agit d'un angiome du plancher du quatrième ventricule. Cet angiome s'étendait depuis le bulbe, immédiatement au-dessus des noyaux du pneumogastrique, jusque dans le pédoncule cérébral.

Des cysticerques du quatrième ventricule ont été observés par Roger, Hammer, Meyer, Rothmann, Hensen. Ce sont là souvent des tumeurs anatomiquement extra-bulbaires, mais qui ne peuvent vraiment pas être décrites ailleurs que dans ce chapitre. Les cysticerques siégeant dans le quatrième venlricule ou dans l'aqueduc de Sylvius déterminent fréquemment l'hydrocéphalie et l'amaurose.

Je mentionnerai enfin quelques cas de tumeurs de^ plexus choroïdes du quatrième ventricule. Codd(''^) a vu sur le plancher du ventricule à la place des plexus choroïdes des kystes nombreux. Catola ('') a observé un gliome, Cha- I taloffC*), un cancer des plexus choroïdes du quatrième ventricule.

Symptômes. — Certaines tumeurs du bulbe, telles que les cysticerques qui se développent sur le quatrième ventricule, peuvent rester latentes durant presque toute la durée de leur évolution et ne se manifester par des symptômes graves que peu de temps avant la mort.

De même que les" tumeurs de la protubérance, les néoplasmes du bulbe se traduisent parfois .en clinique par des symptômes généraux d'hypertension crânienne et par des symptômes de lésion en foyer. Il est à remarquer cependant que les lignes généraux dliypertension crânienne manquent relativement fréquemment ; nous avons vu que ces signes faisaient défaut également dans nombre de cas de tumeurs protubérantielles. Quand ils existent, on peut constater : la céphalée, l'apathie, les vomissements, la névrite optique, etc....

Beaucoup plus importants sont les signes de lésion en foyer. Je crois inutile d'insister sur ces signes qui ont été décrits dans le chapitre consacré aux syndromes bulbaires. On observe chez les malades : des paralysies motrices et sensitives des membres unilatérales ou bilatérales, des troubles de la motililé de la langue, des lèvres, du larynx, c'est-à-dire le syndrome labio-glosso-laryngé avec la dysarthrie et la dysphagie qui le caractérisent, la paralysie faciale, la paralysie du nerf oculo-moteur externe, la surdité. L'angoisse, les vertiges peuvent se voir. On peut supposer des tumeurs qui, par leur siège, détermineraient le syndrome du noyau de Deiters, le syndrome de Babinski-Nageotte.

(') Spitzer. Ein Fall von Tumor am Boden der Rautengrube. Jahrbiich. f. Psych.,iS9d,XyUl (*) E. W. Tavlor. Gumma of thc obloiiKala. Journal of the Boston Sociéti/ of med. sciences. vol. IV, p. 111-118, January 1900.

(^) SwiTALSKi. Un cas de polyui'ie avec lésion du riualrième ventricule. Comptes rendus de j lu section de neu.ralo(iie du Congrès international de 1900, p. 401.

('') CoDD. Maladie kystique du quatrième ventricule. Brit. med. Jonrn., 26 février 189X. Catola. Un glioma dci plessi coroidei del IV ventricolo. Rivista di Patol. nervosa e mentale, 1901.

(") Chataloff. Cancer du ])lexii> choroïdien du qunlrième ventricule. Journal {russe) clin. 1901, juin, p. 571-58.").

IGEORGES GUILLAIN '\

PATHOLOGIE DU BULBE

BasLianelli ('), dans un cas de gliome du bulbe, a constaté un spasme rythmique des muscles de la respiration, de la langue, du voile du palais, des lèvres.

La glycosurie a été observée dans de nombreux cas de tumeurs du bulbe. Le diabète insipide se voit également. Chez le malade de Marinesco, il y avait une polyurie de douze litres avec azoturie et albuminurie sans glycosurie; chez le malade autopsié par Switalskion avait constaté de même un diabète insipide.

Les troubles du pouls, du cœur, de la respiration, les crises bulbaires appartiennent à la symptomatologie des tumeurs de bulbe et sont souvent la cause de la mort. Au sujet des troubles respiratoires, il faut remarquer que l'observation de Marinesco semble prouver, suivant la remarcjue de François Franck, que le véritable centre respiratoire bulbaire ne doit plus être localisé à la pointe du calamus scriptorius. La lésion bulbaire observée par Marinesco a pu envahir toute la région sans déterminer la mort. Les hémorragies qui dans ce cas ont dilacéré le bulbe (il s'agissait, nous l'avons vu, d'un glio-sarcome hémorragique) ont permis la survie, chafcune d'elles cependant déterminant un ictus bulbaire, mais ne supprimant pas la respiration. Le malade est mort subitement à la suite d'une hémorragie qui a envahi l'aqueduc de Sylvius et le troisième ventricule. E. W. Taylor, dans le cas de tumeur syphilitique du bulbe qu'il a rapporté, a fait aussi la remarque que les symptômes n'avaient pas été proportionnels aux lésions.

Évolution. — Le mode de début clinique des tumeurs du bulbe est assez variable. La céphalée, les névralgies, la raideur de la nuque, les mouvements involontaires dans les muscles de la face, les vertiges, la paralysie d'un des nerfs de la région, la polyurie, etc., peuvent se montrer indistinctement comme premiers symptômes de l'affection. Celle-ci est lente et progressive. Les périodes de rémission et de recrudescence des symptômes se voient parfois dans les tumeurs vasculaires. Certaines tumeurs peuvent rester latentes durant un temps très long.

La symptomatologie peut être limitée au domaine d'un des nerfs bulbaires. Ailleurs, dans les cas de tumeurs étendues, la symptomatologie est souvent bulbo-protubérantielle. Oppenheim, Gerhardt, Czylharz ont remarqué que les cysticerques du A" ventricule donnaient souvent des sjmptômes cérébello-lnilbaires.

La mort est fatale. Elle survient souvent dans une syncope au milieu d'une crise bulbaire. La mort subite est parfois causée par une hémorragie ou un ramollissement du bulbe.

Dans quelques observations on a rapporté l'histoire de tumeurs restées stationnaires durant des années. La maladie dure en général quelques mois, rarement un an.

Diagnostic. — Le diagnostic d'une tumeur du bulbe est facile, si l'on est en présence d'un malade qui a des symptômes d'une lésion du bulbe et des signes généraux d'une tumeur intra-crânienne. De tels cas ne sont pas très fréquents, car nous avons vu que souvent les signes d'hypertension faisaient défaut dans les tumeurs du bulbe.

(') Basti.vnelli. R. Accad. mcd. di Roma, séance 28 avril 190L

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