LES TRAUMATISMES ET LES COMPRESSIONS DU BULBE
Le bulbe peut être atteint })ar les blessi/rcx par armes à feu, il peut être lésé par des instruments piquants pénétrant par la membrane occipito-atloïdienne. Il peut être comprimé d'une façon brusque par une fracture de l'atlas, de Vaxis, par la luxation dr ces vertèbres. Je crois inutile d'insister sur ces faits dont la mort subite est la conséquence presque fatale.
Les compressions lentes sont produites par les ostéites de l'occipital, des vertèbres cervicales supérieures, le mal de Pott sous-occipital, les abcès ossilluents, par les tumeurs du cervelet, de la protubérance, du rocher, de l'occipital, des vertèbres cervicales, des plexus choroïdes, des méninges. Dans une observation de Perret (') la compression était causée par une tumeur kystique de la face antérieure du Inilbe, développée aux dépens des méninges. Dans un cas de Raymond(^) la compression était due à une sarcomatose secondaire de l'os occipital. Les exostoses syphilitiques, les méningites syphilitiques, les pachyméningites peuvent comprimer le Ijulbe.
(') I^EBHET. Tuiiiciir ky^iliquc du bull)e. Soc. des se. iiiéd. de Lyon, h IV'vrior 1806. (^) Raymond. Coniinc^^siori du bulbo inférieur dans un cas de sarcomatose secondaire de l'os occipiLal. Clin, des mal. du si/st. neru., a" série. 19(11. [t. 5'25.
IGEORGES GVILLAIN }
PATHOLOGIE DL" BULBE
Les dilaLTlioiis vasculaires simples, les anévrismes sont aussi des causes de compression. Les anévrismes du tronc basilairo sont plus fréquents que ceux des vertébrales. Des observations de comjjression par anévrismes ont été rapportées par Lebert, Griesinger, (ierhardt, Moeser, Oppenheim et Siemerling. Récemment Ladame et Von Monakow(') ont observé la compression du l)ulbe par un volumineux anévrisme de l'artère vertébrale gauche.
Dans les cas d'hémorragie cérélirale, le bulbe peut être comprimé par un mécanisme très spécial. Pierre Marie (-j a montré que, dans ces faits d'hémorragie abondante au sein d'un des hémisphères cérébraux el siégeant dans les noyaux gris centraux, surtout dans le lhalamus ou le lobe occipilal. il se produit un aplatissement de la face supérieure de l'hémisphère cérébelleux correspondanl el un déplacement en masse du cervelet vers en bas, de telle sorte que la face inférieure de cet organe, êt notamment sa portion amygdalienne. peut s'engager dans le trou occipital sous forme de coin; le bulbe se trouve comme bloqué dans le trou occipilal, de façon que les vaisseaux bulbaires courent le risque d'être comprimés et aplatis, au point de ne plus pouvoir assurer la circulation de l'organe, d'où des phénomènes graves d'anémie bulbaire qui jouent vraisemblablement un rôle dans les manifestations de l'apoplexie.
Anatomie pathologique. — Les grands traumalisraes peuvent amener des déchirures, des ruptures de la substance nerveuse. Les lésions créées par les compressions lentes sont identiques à celles qui ont été décrites dans les compressions de la moelle. Le bulbe peut être déformé, il est souvent ramolli sur une étendue plus ou moins grande. On a vu des anévrismes nés à la face antérieure du bulbe s'avancer en arrière jusqu'au quatrième ventricule. Le tissu nerveux est infiltré de corps granuleux. Oppenheim et Siemerling ont fait remarquer que les cellules nerveuses, celles des olives, par exemple, supportent mieux la compression que les fibres nerveuses.
On comprend que, suivant la partie du bulbe adultérée, on puisse observer des dégénéralions secondaires dissemblables.
Symptômes. — Formes cliniques. — Un type clinique souvent observé est celui de la compression du bulbe inférieur et de la moelle cervicale supérieure. Ce type clinique est déterminé par les lésions tuherctdruscs de faillis, de raxi.<. de l'os occipital, par les tumeurs, les méningites sypltilili(jiies, etc. Quelle que soit la nature de la lésion, la .symplomatologie nerveuse est à peu près identique.
' Une des premières manifestations de l'affection est souvent la raideur douloureuse de la nuque el de la partie avoisinante de l'occiput. La gêne des mouvements de la tête va en augmentant; à un moment donné les malades maintiennent leur tête dans une immobilité absolue. Des douleurs unilatérales ou bilatérales à caractère névralgique se montrent sur le trajet du nerf occipital. La région de la nuque est hyperesthésiée, les pressions même légères, exercées à ce niveau, occasionnent de très violentes douleurs. Les mouvements passifs imprimés à la tête sont eux aussi très pénibles.
(') LADA.ME el Von Mon.vkow. Anévrisme de l'artère vertélirale gauclie. Xov.c. Iroiuigr. île « Salpèlrière. 1900, p. 1.
(-) Pierre Marie. Sur la compression du ciM'velel par les loyers d'héniorrattie cérébrale. S'oc. de biol., séance du 1"^' juillet I89!l.