CHAPITRE YIII POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE AIGUË
Dans le cours de certaines maladies infectieuses ou de certaines intoxications graves on peut voir apparaître des paralysies bulbaires aiguës. La myélite bulbaire aiguë hémorragique de Leyden n'est qu'une des modalités des lésions observées dans de telles circonstances.
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POLIENCÉPIIALITE INFÉRIEURE AIGUË.
La poliencéphalile inierievire aiguë hémorragique est relativemenL rare. Cette afl'ectiou lut décrite par Leyden ; des cas nouveaux ont été rapportés par Etter, Dixonmann, Desplats, Reinhold, Dinkler. D'autres observations de paralysies bulbaires dans les maladies infectieuses ont été publiées par Eisenlohr, Hoppe-Seyler, Geronzi, Oppenheim.
Étiologie. — Parmi les trois malades observés par Leyden, deux étaient rhumatisants et l'un alcoolique chronique. Des paralysies bulbaires ont élé observées dans le cours ou la convalescence de maladies infectieuses : fièvre typhoïde, scarlatine, diphtérie, pneumococcie, etc., ou à la suite de certaines intoxications alimentaires.
Anatomie pathologique. — Les lésions constatées dans certains cas sont identiques à celles de la poliencéphalite supérieure hémorragique; d'ailleurs la poliencéphalile supérieure et la poliencéphalite inférieure aiguës coexistent parfois. On observe sur le plancher du quatrième ventricule et sur les coupes de bulbe des foyers hémorragiques petits, plus ou moins nombreux, et des ramollissements miliaires. Les lésions sont maxima sans doute au niveau des noyaux, au niveau de la substance grise, mais la substance blanche est également atteinte. Au microscope on voit que les vaisseaux sont dilatés, congestionnés, les gaines périvasculaires remplies de leucocytes, d'hématies, de corps granuleux ; l'infil- Iration embryonnaire s'étend à distance des vaisseaux. Les fibres nerveuses, adjacentes à ces foyers, présentent des altérations très apparentes des cylindresaxes et des gaines de myéline; les noyaux des nerfs bulbaires peuvent être complètement détruits par les hémorragies.
Les lésions bulbaires dans les maladies infectieuses n'ont pas toujours le caractère hémorragique, souvent elles sont bien moins accentuées. Il est nécessaire d'employer des méthodes cytologiques, telle que la méthode de Nissl, pour voir les modifications des cellules des noyaux. Riegel(') a' décrit des altérations cellulaires très apparentés.
Eisenlohr a trouvé des microbes dans le bulbe d'un typhique ayant succombé avec des signes de paralysie bulbaire.
Symptômes. — Parfois le début des paralysies bulbaires est masqué par les signes de la maladie infectieuse antérieure. Souvent ce début est annoncé par une céphalée violente, des vertiges, de la douleur de la nuque, des bourdonnements d'oreille, des frissons et de la fièvre.
Les signes de localisation bulbaire sont très faciles à reconnaître. Le malade a de la dysphagie, les liquides sont rejetés par les fosses nasales; la dysarthrie est très accusée. La langue, les lèvres, le voile du palais sont paralysés. Souvent les muscles de la face et des yeux sont aussi atteints. Il existe une grande faiblesse des extrémités. Le pouls est irrégulier et très rapide, le rythme respiratoire modifié, la température se maintient entre 58 et 59 degrés. Dès le début l'intelligence semble engourdie, le malade est -somnolent, l'état devient bientôt comateux. La mort survient en général dans un accès de sufTocation.
L'affection, dans les formes aiguës, dure de deux à six jours; elle peut se prolonger de deux à trois semaines.
(') RiEGEL. Ticrhcrclicn microscopiques dans le bulbe da»s b's imdddics infecliauscs aiguës. IIU Congrès des médecins et des nnluralistes Ichèques. Prague, 1901.
[GEORGES GUILLAIN
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Dans les paralysies bulbaires des maladies infeclieiises la guérison a été parfois observée. Ainsi, dans trois cas de fièvre typhoïde, Eisenlohr a observé des symptômes bulbaires, un des malades mourut, les deux autres guérirent.
Au cours des maladies infectieuses un grand nombre des accidents que Ton rapporte à la « myocardite aiguë » me paraissent appartenir à la pathologie bulbaire et non cardiaque ; je fais allusion à ces cas où Ton observe un tableau clinique qui se traduit par Taffaiblissement progressif des contractions du cœur, une chute considérable de la pression artérielle, une pâleur de cire de la face, des vomissements répétés, de la dyspnée sans signes d'auscultation.
Traitement. — En présence d'accidents bulbaires aigus il faudra surveiller avec un grand soin l'alimentation pour éviter des accès de suffocation mortels. Des révulsifs au niveau de la nuque, le calomel à l'intérieur sont à conseiller: on emploiera aussi les différents traitements des maladies infectieuses. La thérapeutique, devant des lésions buli)aires constituées, est bien souvent impuissante à conjurer la terminaison fatale.