‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 4)Chapitre 62 sur 73 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

Anatomie pathologique. — Les caractères ciiniipies de rarlin ile, si mobile, si fugace, du rhumatisme aigu permettent déjà de supposer que les lésions îinatomi(pies seront surtout et avant lout des lésions de congestion et d'hvper- 4'mie. En effet, elles ont parfois dis[)aru après la mort.

Les altérations analomi([ues des ailiculations ne diffèrent pas sensiblement, disent Coriiil et Ranvier, des articulations traumatisées expérimentalenienl .

Épanrlienien I a riirulaire. — Ouvre-t-on une" articulation entlammée, on voit s'en écouler un licpiide filant, visqueux, semblable à la synovie, mais j)lus ^ibon^lant. Ce li(piide se coagule par la chaleur quand on y ajoute de l'acide iicéti(pie. i\u microscope on y trouve des cellides semblables aux cellules du pus, <;ellules arrondies contenant un ou plusieurs noyaux, des granulations graisseuses, plus ou moins abondantes; celles-ci sont quelquefois si abondantes que la cellule prend tout à fait l'apparence d'un corpuscule de Gluge.

Ces divers éléments sont fréipaemment emprisonnés dans un véritable réti- <;ulum de fibrine ou de mucine; ce sont ces flocons qui apparaissent dans la

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RHUMATISME ARTICULAIRE AIGÙ.

synovie « comme des crachats de consistance muqueuse ou parfois presque purulente, ou même analogues aux crachats de la pneumonie ».

De coloration variable suivant la quantité d'éléments histologiques qu'il contient, l'épanchement articulaire, du moins dans le véritable rhumatisme, ne se transforme jamais en pus; il n'est qu'une synovie modifiée par la présence d'un exsudât muco-fibrineux.

La synoviale est rouge, épaissie, recouverte quelquefois d'un enduit fibrineux très léger. Les tissus périphériques eux-mêmes sont parfois aussi œdématiés. Les franges synoviales sont turgescentes, grâce aux capillaires qu'elles contiennent et qui sont dilatés et gorgés de globules sanguins.

Si l'on examine histologi(|uement la synoviale, ainsi que l'ont fait Cornil et Ranvier, on voit que les cellules sont en voie de multiplication; leurs noyaux contiennent plusieurs nucléoles brillants, en môme temps que ces noyaux sont eux-mêmes ou déjà divisés ou en voie de division. Il n'est point rare de compter dans une cellule de 10 à 12 noyaux; les cellules elles-mêmes sont plus ou moins volumineuses, déformées et contiennent des granulations graisseuses ou des gouttelettes fines de mucine.

La surface cartilagineuse, malgré son apparence, est le plus souvent atteinte; « dans les fluxions rhumatismales môme légères, disent Cornil et Ranvier, on trouve constamment des modifications du cartilage diarthrodial. » Bouillaud les avait déjà signalées. Ces lésions consistent macroscopiquement en un léger dépoli de la surface cartilagineuse, quelquefois en de fines fissures séparant les imes des autres quelques villosités.

Ilislologiquement cette lésion se caractérise par une multiplication des cellules cartilagineuses; à l'état normal, les capsules cartilagineuses les plus superficielles de la surface diarthrodiale sont arrondies et contiennent une cellule unicjue. Dans l'arthrite rhumatismale cette cellule prolifère se divise et les cellules nouvelles ainsi formées s'entourent à leur tour d'une nouvelle capsule.

Ce processus localisé par îlots à la surface se retrouve également dans les parties profondes du cartilage, de telle sorte que les capsules apparaissent non plus ovoïdes, mais sous forme de boyaux allongés remplis de capsules secondaires. En même temps la substance fondamentale perd son apparence hyaline, transparente et elle se segmente suivant un plan de clivage parallèle au grand axe des cellules cartilagineuses; de là, cette fragmentation du cartilage en petits lambeaux qu'on observe parfois dans certains cas de rhumatisme aigu ayant duré un certain temps.

En un mot, ces diverses lésions sont celles de l'arthrite aiguë; elles sont l'expression d'une réaction violente de l'organisme vis-à-vis d'un agent pathogène dont la connaissance est encore incomplète.

Au niveau des séreuses, telles que l'endocarde, le péricarde, les lésions, ainsii (|ue nous l'avons vu, sont avant tout des lésions inflammatoires aiguës, n'allant jamais, en aucun point du corps, jusqu'à la suppuration.

Altérations du sang. — On a décrit depuis très longtemps les caractères particuliers que présente le sang des rhumatisants; Sydenham le comparait au sang couenneux des pleurétiques; en efTet, le sang delà saignée se prend en un caillot de petit volume recouvert par une membrane résistante, de coloralion jaunâtre.

La fibrine est augmentée de quantité, A à 10 pour 1 000 (Andral et Gavarret), tandis que les matériaux solides du sérum descendent jusqu'à 80 ou même 60

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