ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE
pour 1000; riiémog-lobine est également diminuée de quantité et tombe, dans les cas graves, jusqu'à 7 pour 100, au lieu de 15, chiffre normal. L'analyse chimique n'a jamais démontré dans le sérum ni acide lactique, ni urée, ni acide urique.
A l'hématimètre, on trouve le nombre des globules rouges diminué, diminution assez sensible puisqu'elle peut aller jusqu'à un million par millimètre cube (Arch. Garrod) ; cette diminution des globules est à peu près parallèle à la diminution de l'hémoglobine; de sorte qu'on peut dire que chaque globule a conservé sa proportion normale d'hémoglobine, sauf cependant au début de la convalescence où, la quantité de globules rouges [augmentant, leur valeur propre diminue nécessairement.
En même temps que les hématies diminuent, le chiffre de globules blancs augmente et peut aller jusqu'à 20000 par millimètre cube, tandis que le chiffre normal est de 0 à 7 000; ce n'est pas du reste un processus spécial au rhumatisme, car on l'observe dans un assez grand nombre de maladies aiguës; c'est un argument à invoquer par ceux qui font du rhumatisme articulaire aigu une maladie infectieuse. On sait, en effet, d'après Metchnikoff, le rôle phagocytaire ([ue joueraient les leucocytes dans les maladies microbiennes.
Hayem, à qui nous devons la plupart de ces détails, a constaté encore un caractère important au sang du rhumatisant, c'est l'augmentation considérable de la fibrine qui se montre sous forme de réseaux abondants, lorsqu'on examine une goutte de sang au microscope.
Ce caractère seul aurait permis à M. Hayem de reconnaître, avant l'apparition d'arthropathies, un cas de rhumatisme grave dont le diagnostic sans ce fait aurait été impossible (').
Pathogénie. — Diverses théories ont été émises pour expliquer la pathogénie du rhumatisme articulaire aigu; elles peuvent se réduire à quatre principales, la théorie humorale, la théorie névrotrophique. la théorie embolique, la théorie parasitaire.
Dans la théorie humorale on attribuait le rhumatisme à la prédominance des acides. Tous les auteurs avaient fait remarquer, en effet, que les sueurs du rhumatisant, que l'urine, |Ia salive étaient acides à l'excès; pour les uns ce devait être l'acide urique (Haïg), pour les autres l'acide lactique (Prout, Williams, Todd, Fuller, Richardson, etc.). Foster, en 1871, n'avait-il pas provoqué expérimentalement l'apparition du rhumatisme chez deux diabétiques en leur faisant ingérer de l'acide lactique? Or, ni l'une ni l'autre de ces hypothèses ne semblent pouvoir être soutenues; elles ne se basent sur aucun fait probant; (iarrod n'a pas retrouvé l'acide urique en excès dans le sang, et Bartels n'a pas davantage constaté ce fait pour les urines.
(Juant à l'acide lactique, ce n'est pas seulement dans le rhumatisme qu'on b trouve en excès, et rien ne prouve qu'il soit susceptible de produire des arthrites ou des lésions des séreuses viscérales.
La théorie néorotrophique a été soutenue par Heymann, Mitchell, Froriep, Canstatt; pour eux le refroidissement, en agissant sur le système nerveux, produirait, par une sorte d'action réllexe trophicjiie, des arthrites comparables à
(') RuU. Sor. riif'fl. ries hôp., janvier 1886.
[W, ŒTTINGER ]
RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU
celles que Charcot et ses élèves onl décrites au cours de certaines maladies nerveuses; on a admis encore <(ue le système nerveux n'agirait que d'une façon indirecte en produisant des modifications profondes dans la vie cellulaire des éléments analomiques et en viciant la nutrition générale. L'altération humorale ainsi produite serait la cause directe du rhumatisme. C'est ainsi, ])i\v exemple, que le froid agissant sur la peau en état de sudation pourrait produire des troubles dans la sécrétion des glandes sudoripares, cl déterminer pairésoi'ption ou par rétention une modification chimic|ue des humeurs.
On ne peut, il est vrai, méconnaître, dans la symploinalologie du rhumatisme, le rôle joué par le système nerveux; les sueurs abondantes, les troubles de la sensibilité, l'alrophie musculaire sont l'indice tpie 1(> système nerveux est touché; mais ce n'est pas une raison suflisante |)our adnu'ttre qu'il joini un rôle pathogénique inq)orlanl. Nous en dirons autant de la théorie de Friedliinder (jui veut que les déterminations arliculaires soient des symptômes d'une alfeclion «lu système nerveux central irritant le centre !)ulbaire des jointuics, tpi il localise près des noyaux d'origine du pneumogastri(pu' et du glosso-]>liaryugien; si les complications du côté <lu cœur sont si fiéqiicnles, dit cet auteur, cela lient au voisinage du centre du piMnimogasIriipic.
La théorie cmbolique a été soutenue par Pfeufer et liucler; pour eux, l'endocardite est le premier phénomène du rhumatisme, et il s'agit d'une endo- < ardile déterminée par des microbes (pii pénètrent dans l'organisme par la |)eau et les orilices sudoripares dilatés. Des embolies capillaires à point de départ «•ardiaque vont émigrer jus(|ue dans les jointures et provoquer des arthrites.
11 est inutile de faire remarquer combien, pour >outenii- celle théorie, il faut admettre de faits peu démoMlri's.
La tfiéorie infectieuse <jui admet cpie le rhumatisme aurait pour cause l in- Iroduclion el le développement dans l'économie d'un microorganisme comj>t(^ aujourd'hui de nombreux adhérents (jui se basent, pour soutenir leurs idées, sur des faits cliniques el des arguments bactériologi((ues. Cliniciuemenl , en elVet, le rhumatisme se comporte connue une lièvre, une maia<lie inhu-tieuse ; il débute brusquement, souvent avec une élévation de la température tout à fait hors de pro[>orlion avec les manifestations articulaires. Parfois même la température est élevée el persiste plusieurs jours alors qu"aU('une articulation n'est prise. L'aballemenl est extrême, la langue est saburrah', |)arfois sèche: les urines sont rares, sédimenteuses ou (juehpu'fois albuniineuses. Ne sonl-ce pas là des caractères appartenant aux maladies infectieuses?
Les complications viscérales, l'endocardite surtout, sont encore des preuves c|iniqu(>s ipii militent en faveur de celle opinion: il en est de même des tkixions qui se produisent sur les grandes séreuses, la plèvre, le péricarde, les méninges ou des complications vasculaires (ju'on observe parfois.
H n'y a pas jus(|u'à l'éliologie du rhumatisme i\m ne |)uisse èli-e invo(pié(^ dans certains cas; c'est ainsi (jue le rhumatisme, 'comme la pneumonie, |)eut sévir |)lus frécpiemment à certaines époques île Tannée ([u à d autres, ou bien encore le rhumatisme, soit par lui-même, soil par ses conq)licalions, se montriï j)lus grave à certains moments. Plusieurs auteuis, Mantle, Ediefsen, ont de leur côté rapporté de vérilai^lrs pelile< (•pidcMnies de maison.
Enfin, si d'autres faits analogues à ceux raj)porlés par Pocock et Scliaefer